DE LA CIRCULATION
branches à l'estomac et an foie, aux organes de la génération et aux reins; l'artère mésentère naît à-peu-près vis-à-vis du pylore, et il y a plusieurs autres branches qui se distribuent sur le canal intestinal. L'aorte droite envoie vers la tête, avant de descendrederrière le cœur , une branche considérable, appelée par Cuvier artère collaire (ij: cette branche après avoir fournie les artères intercostales du cou , pénètre les muscles fléchisseurs de la tête , où elle se perd. Les carotides naissent du tronc de Taorte droite près de sa base: s'étendant le long de Tœsophage, elles se dirigent vers la tête, dans laquelle elle pénètrent après s'être divisées en de nombreuses branches, qui pourvoient de sang les organes situés à l'extérieur de la tête. Cette disposition des carotides, décrite d'après le Boa constrictor, est loin de se trouver la même dans les autres serpens, qui n'offrent ordinairement qu'une artère carotide unique (2) , celle du côté gauche; cette artère fournit à elle seule tout le sang de la tête de sang. Les carotides envoient une petite branche à la glande thyroïde, et d'autres branches aux organes renfermés dans la cavité du cou. Deux veines jugulaires, accollées aux carotides ou descendant le long de l'œsophage, rapportent le sang de la tête au cœur. J'ai observé chez un Boa constricteur trois veines impaires sortant de la colonne vertébrale: la première près de la tête, la deuxième vers le milieu du cou, la troisième dans la région abdominale ; il est évident que , pour se rendre au cœur, la dernière veine monte, tandis que les deux autres descendent. La veine qui transporte le sang des parties postérieures de l'animal, se divise pour former les deux rénales qui bordent dans toute leur longueur la face interne des reins, dont elles reçoivent un grand nombre de petites branches; après avoir donné naissance à la veine cave, la branche du côté droit se
(i) Arleria verlebralis, Schlemm, I. 1. — (2) L'arlèie carotide commune de Cuvier ; arteria cephalica de Schlemm,
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réunit à celle du côté gauche pour former une grosse veine; c'est la veine cave inférieure , qui pénètre dans le parenchyme du foie , pour recevoir le sang apporté par la veine porte ; en sortant de l'extrémité supérieure du foie, qui s'avance en pointe, cette veine cave parcourt une petite distance et entre comme partie principale dans la formation de ce sac veineux décrit plus haut, qui communique avec l'oreillette droite, et dans lequel plusieurs autres veines donnent: on ohserve de fortes valvules à l'embouchure de chacune de ses veines (i).
Le cœur des ophidiens porte constamment à sa face supérieure une glande conglomérée, plus ou moins développée et entourée de plusieurs autres glandes de forme et de nombre très divers selon les espèces : cette première glande a été regardée par plusieurs anatomistes comme l'analogue du thymus; d'autres , et je suis de ce nombre , l'ont comparée à ia thyroïde (2).
DE LA RESPIRATIOIV.
Pour se faire une idée juste de la respiration des ophidiens, il faut examiner avec attention un serpent dans l'état de repos. On observe alors que le tronc se contracte et se dilate alternativement par le jeu des côtes , et que ce
(ij La description des organes de la circulation a été en majeure partie dressée d'après le Boa constricteur : consultez pour des détails ultérieurs, les travasîx de Cuvier Leçons d' anat, comparée^ vol, 11; Schlemm dans TiEDEMANN Zeitschrift vol, U P. l PL 7, Retzius Schwed. Verhandl. i83o et Isis i832, /?. 5a4suiv; Meckel «Vj^Ye/w. koI, F p, '218 suiv. — (2) Consultez l'excellent mémoire de M. Haugstedt, intitulé Thymi descriptio ^ p. 162 suiv.
DE LA RKSPlllATK^N. .>3
iiiouveineut se répète avec lenteur et à intervalles réguliers; maison observe également, que les narines restent fermées durant cet acte, et ne s'ouvrent qu à des intervalles beaucoup plus éloignés, entre lesquels le corps se contracte souvent jusqu'à une trentaine de fois: il résulte de ces observations, que les poumons des ophidiens ont, outre leur fonction ordinaire, celle de servir de réservoir à l'air atmosphérique; ce réservoir rempli par une seule inspiration , contient une quantité suffisante d'air pour que l'oxydation du sang puisse se faire par les contractions des poumons, sans nécessiter une nouvelle inspiration, qui ne suit que lors de l'expiration de l'air contenu dans le poumon, et dont l'oxygène a été totalement absorbé.
La structure des poumons des ophidiens prouve à 1 évidence ce que nous venons d'avancer : elle est notamment remarquable sous deux rapports, d'abord parce que le poumon se termine ordinairement en une vessie ou un sac sans cellules, formé simplement par une production de la membrane séreuse, enveloppant le poumon; et en second lieu, parce que les rameaux les plus considérables des conduits aériens s'ouvrent dans l'intérieur de la cavité du poumon même: par cette première disposition le poumon des ophidiens devient un réservoir assez spacieux poui- contenir un volume d'air suffisant à un grand nombre d'inspirations; par la seconde, l'air contenu dans ce réservoir peut être chassé dans les cellules, par des contractions du thorax, sans qu'une nouvelle inspiration soit nécessaire.
La configuration du poumon subit de nombreuses modifications dans les différentes races d'ophidiens. La fi)rme de cet organe est ordinairement celle d'un sac simple, conique et s'étendant depuis le cœur vers les régions inférieures de l'estomac, où il se ternnne en une poche membraneuse. La trachée, composée d'un grand nombre de demi-a:meaux qui sont réunis antérieurement par une membrane, aboutit
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clans la naissance du poumon par une ouverture coupée obliquement ; cet organe se divise cependant plus ou moins parfaitement en deux bronchies chez les boas^, chez la plupart des t o r t r i x , des d i p s a s et chez plusieurs autres ophidiens, où l'on aperçoit le vestige d'un second lobule du poumon, quelquefois de moitié aussi grand que celui de l'autre côté. Les cellules aériennes de la cavité pulmonaire s'étendent chez plusieurs ophidiens, sur la membrane qui réunit les anneaux de la trachée artère, de sorte qu'elles occupent quelquefois cette membrane dans toute sa longueur; il y a d'autres^ espèces, où cette membrane assez dilatée renferme un nombre de cellules aussi considérable que le poumon même; chez le Xénodon sévère, chez les serpens venimeux proprement dits et chez d'autres ophidiens , cette membrane élargie en sac assez spacieux, contient à elle seule toutes les cellules aériennes, de sorte qu'il résulte de la disposition particulière du poumon un déplacement complet de cet organe qui, contrairement à ce que l'on observe chez les autres ophidiens, est situé en avant du cou entre la glotte et le cœur. La disposition des organes de la respiration chez les serpens de mer est encore plus extraordinaire: dans I'h y dro phis colubrin la trachée artère se prolonge jusqu'aux hypocondres , où elle se termine en un sac membraneux qui s'étend jusqu'à une distance de deux pouces de l'anus ; mais au lieu d'une membrane qui réunit les anneaux de la trachée, c'est le poumon qui enveloppe ce tube dans toute sa longueur. Chez I'h Y D r o p II I s p E L A M I s la trachée artère s'enfle dès son origine pour se rétrécir vers le cœur , forme un canal très étroit, et descend derrière l'estomac pour s'élargir de nouveau en un sac très spacieux, dont le bout s'étend jusqu'à l'anus, en se logeant entre les apophyses épineuses inférieures de la queue; les cellules aériennes chez cette espèce sont beaucoup moins nombreuses que chez la précédente, quoiqu'elles bordent la trachée depuis son origine jusqu'au point
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ou elle forme cet nppeiulice spacieux. , qui tient probaMeinent aussi lieu de vessie natatoire.
Cette disposition diverse des organes de la respiration variant même chez les différentes espèces des ophidiens , prouve à l'évidence , que la forme de ces organes est de peu d'importance pour l'exercice de ses fonctions , et que l'on a eu tort de tirer de ces anomalies de forme, des caractères pour la classification des serpens, ou de regarder les espèces dont le poumon est divisé en deux lobes, comme consumant un volume plus considérable d'oxygène, et comme étant par conséquent d'une organisation plus parfaite.
Les cellules aériennes principales sont quelquefois supportées par des rubans cartilagineux et étroits, qui se perdent dans les petits tuyaux formant cette partie du réseau pulmonaire, où a lieu l'oxydation. Le bout supérieur du larynx est surmonté par les deux cartilages aryténoïdes, qui laissent entre eux une simple fente longitudinale, la glotte: cet appareil simple, mu par deux paires de muscles, représente chez les ophidiens , l'organe de la voix qui ne consiste qu'en un sifflement plus ou moins aigu , produit par l'air chassé des poumons. Cette ouverture correspondant avec l'ouverture intérieure des narines, est plus ou moins rapprochée de l'extrémité du museau, suivant que l'espèce fréquente les eaux ou la terre.