Beitr» 1 PL 3 p, 3. sqq
208 PSAMMOPIIIS MOXILIGER.
un peu déprimé: sa partie postérieure va en s'amincissant vers la queue, qui est passablement longue et très déliée au bout. La tôle est presque d'une venue avec le cou , comprimée et éiroite ; le museau est alongé, conique et obtus à 1 extrémité ; le sommet de la tète est assez étroit , un peu concave et garni de plaques , ressemblant à celles de ^'espèce précédente, excepté que les frontales antérieures et les occipitales sont beaucoup plus larges. Les cotés de la tête sotit canaliculés ; on voit une seule plaque au frein et au bord antérieur de l'œil.
Des caractères cependant (|ue nous venons d'énoncer, il en est peu que I on doive considérer comme constaut. Le tronc est quelquefois très ramasstt ; la queue, qui occupe le plus souvent un tiers de la longueur totale, n'en forme dans quelques sujets , que le quart ou munie le cin{}uième. Les écailles du tronc varient également pour la lorme et le nombre , car on en trouve tantôt i5, tantôt ij séries longitudinales; mais aucune de ces anomalies n'est aussi sensible que celle qui modifie la conformation de la tête et des plaques (pii la revêtent: cet organe ne se distinsfue souvent en rien de celui des autres Couleuvres comme on peut le voir par nos fig. 8 et 9; en les comparant aux figures 4 et 5 de la même planche et en s'imaginant toutes les formes intermédiaires , on se fera une idée plus Juste des variétés de ce Psammopbis , que ne le sauraient donner des descriptions d'un détail minutieux.
Les couleurs de ce curieux ophidien sont aussi fugitives que ses formes. Les individus originaires de l'Egypte ont les parties supérieures d'un brun olivâtre tirant sur le bleu ou sur le gris-vert ; le dessous est jaunâtre : ces deux teintes se tranchent sur la série des écailles qui avoisinent l'abdomen. Une raie jaune règne le long du dos, qui est souvent plus foncé. On observe quelquefois sur les flancs deux raies longitudinales jaunes et assez larges, qui se perdent vers l'extrémité de la queue (i). Les écailles sont quelquefois irrégulièrement bordées
(i) Deffcr. de VÉg, PL 2> fig. 4.
PSAMMOPIIIS MO.MLIGEU. 209
fie noir. La tête offre un dessin très joli: une raie longitudinale jaune et à bords foncés en occupe la ligne médiane du sommet ; plusieurs autres la traversent, de sorte que cette partie est divisée en compartimens de forme carrée. On observe la nieme distribution des teintes sur les côtés de la tête et ces figures, quelquefois au nombre de deux à trois sur les tempes, ont donné lieu à plusieurs dénominations, assignées à cette espèce. Nous possédons un individu, recueilli dans les environs du fort St. George del Mina sur la Côte d'or, qui offre la même distribution des teintes, mais dont les raies de la partie antérieure du corps sont fondues en taches œillées; la bgne jaune médiane est peu sensible, mais on voit une suture noire bordant les côtés de l'abdomen et delà queue. Un autre sujet de la même contrée est très jeune et a le dessous marqué de deux larges raies verdâtres et bordées de noir. Nous tenons de M. Eschricht une huitaine de sujets , originaires des possessions danoises sur cette côte : !es uns se rapprochent de la variété du Cap, les autres de celle de TEgypte. C'est particulièrement au Cap de Bonne Espérance, qu'on trouve les variétés, dont nous venons de parler plus haut; peut-être par la seule raieon, qu'on en connaît un grand nombre d'individus pris sur un même lieu. Les Psammophis chapelets de ce pays manquent souvent delà ligne médiane du dos; mais quelquefois cette partie est relevée par une bande longitudinale assez larofe. Les teintes des flancs sont moins tranchées et souvenl indistinctement fondues. La couleur dominante est, chez les uns le brun, chez d'autres l'olivâtre; il y a niême des individus qui sont d'un vert bleuâtre uniforme. Les teintes tirent tantôt sur le vert, tantôt sur le rou^e et même sur le jaune : elles sont pâles chez les uns et très vives chez d'autres; la dislributi(jn en est quelquefois tranchante, que quefois indistincte. Le corps est tantôt d'une nuance uniforme , tantôt rayé longitiidinalement tantôt irrégulièrement maculé et varié j tantôt enfin orné de 3 ou 5 suites détaches en rhombe et disposées en quinconce, absolument comme on l'observe chez la
2\i) PSAMMOPHIS MOXILIGER.
tîORONiiLLA RHO M RE AT A. Le clessous est souvcnt (Vune teinte uiiilonue, quel(|iief<)is raie <ju iiiarhré et plus ou moins foncé. La loi me et ia distribution des traits lonees , qui ornent la tête , sont modifiées à Tiiifini suivant les individus; il y en u qui en offrent à peine ([uel(|ues traces et ce dessin disparaît totalement chez la variété verdàtre.
Les jeunes offrent une distribution des couleurs aussi variée que les adultes, mais les teintes sont en général plus vives à cet àf^e.
Voici le nombie des plaques de plusieurs individus, qui m'ont présenté des diflérences considéi'ables. (i) Individus de l'Egypte: 164 *~ 109; 170 -+- ();i ; suivant Geoiïrov 16?. + 1 1 i. -- (-2) individus de la cote de Guinée: i58 -+- 9^) ; 160 4- yj. — (^3) Ind. du Cap : ijo-+-()v. ; i()8-|-().|; 162 + 84; 1^2 + 54; i6j -f- I ly ; i()2 -h I 18 ; 158 H- (jo ; 1 jCJ -+- yo ; 1 54 + 1^5 ; x48 :- y-i ; i î() 4- 62 ; i44 + 70 ; 14;^ 4- 67 ; i36' + 74. —
Le Psammopbis cbapeleL atteint juscju'à ([uatre j)ieds de longueur totale, connue ledémontre un sujet conservé dans la collection de 31. Rliiikenberg; mais le plus souvent on n en voit que de trois pieds environ, [.es liulividus de cette taille ont le tronc de la grosseur du petit doigt.
Les dents sont pointues et plus longues au bout antérieur des màclHjires; les dernières dents de la mâchoire supérieure sont très développées et sillonnées ; on voit en outre au dessous del'ooil une dent solide mai^ très longue, qui représente en quelque sorte une dent canine. Cette espèce à une glande nasale assez développée; mais la maxillaire est très mince à la partie antérieure.
Nous avons vu , que ce Psammopbis est répandu sur la plus grande partie de l'Afrique; vu qu'il a été observé au Gap , à la côte de Guinée, en Egypte et près de Tor (i) en Arabie. Les voyageurs français font rapporté du Sénégal, des environs de Thèbe et du Levant.
q| (^^jfeOjV'.eJt.'^.e R Y 31 \ N S Rfiss Mus. Senk, II p. 139. — ■
PSAMAIOPHIS PLLVERULEIVTA. 211
J'ai trouvé clans l'estomac des individus du Cap, que j'ai disséqués, des débris du Scincus trilineatus et de l'Agama aculeata.
M. M. Lesson et Garnot ont receuilli à île de France un Psannnophis, presque en tout semblal)le à la variété ordinaire du PS A M. MONiLiGERdu Gap de Bonne Esp, Les deux individus qu'ils ont rapportés et qui font partie du Musée de Paris , ont toutes les dents des mâchoires de semblable longueur; les plaques occipitales sont moins larges qu'ai ordinaire; ils offrent 192 -^- 94 ^^^ ^00 -+- 99 plaques et 19 rangées d'écaillés, et me paraissent former une troisième variété de climat du Psammopliis moniliger.
3 Esp. LE PSJMMOPHIS SAUPOUDRÉ.
PSA313IOPH1S FULVEMLLENTA.
PI. VIII fig. 10 et II.
Aucun des Psammophis n'a la taille si petite, la queue aussi courte et les dents aussi développées que celui du présent article. Sa tète n'est presque pas distincte tlu tronc; elle est conique, un peu alongée et revêtue au sonunet de plaques, dont Ja verticale est très étroite et effilée; les frontales au contraire imitent la forme du museau , qui est très court , bombé et terminé en pointe conique. Les yeux sont grands, les dents comme chez la précédente, mais plus minces et plus longues. Le tronc est un peu comprimé et plus gros que la queue qui est conique et pointue. L'abdomen est assez large et convexe. Les écailles sont carrées , lisses et déforme rhomboïde sur les parties antérieures: on en compte 17 séries longitudinales.
J'ai vu huit individus de cette espèce, décrite par Boie, dans \ Erpétologie de Java , sous le nom précité, et qui ont été rapportés de Java par nos voyageurs.
'21-2 PSAMMOPIIIS SEVCHELLEXSIS.
La ccnilcui (If)mliiante varie (lc{niis \c jaune roiigeatre au brun el juscjiiau noir. La lètcest souvent vmvc loni^iludinalenient do noii-; une raie senihhihlc reloue sur le dos ; elle est aceoinpagnée sur les (lanes d une suite de taches alternes, indistinctes et en croissant. Les lèvres sont marquées d'une raie blanchâtre. Cette espèce olïre de nombreu.ses variétés, (ju'il est difficile de décrire et dont nous nous proposons de publier les dessins fiiits sur les lieux. L'abdomen est quelquefois d'un jaune uniloriue.; d'autres l'ont moucheté de rouge; on en voit qui l'ont totalement rougeàtre; la variété noiie enlin a le dessous d'un blanc rose, marbré et tacheté de raies interrompues noires. Les teintes rouges et jaunes s effacent par I action de la li(|ueur forte.
i6o -h 5r) et 0,33 -j- 0,08 = 0,4 1 ou 146 -r 50 et 0,0,29 no.oy = o,36.
L'estomac de ce Psaujuiophis étant extrêmement effi'é , le canal intestinal se trouve reserré dans !a partie inférieure de la cavité abdominale.
BoiE a o])servé que cette espèce fréquente les lieux élevés et découverts, tels que des plaines et des champs.
M. Bélanger vientderapporter ce Psanunophis du Bengale.
4 Esp. LE PSJMMOPHIS DES SE YCH ELLES. PSA3I3IOPHIS SEYCin:LLi:XSIS.
On possédait au IMuséede Paris depuis longtemps un individu de cette nouvelle espèce, découverte par feu Péron ; mais il était sans indication de patrie; M. Dussumier vient d'en receuillir un autre sur les îles Seychelles.
Des écailles lancéolées et surmontées d'une forte carène, et une tète alongée, un peu conique, déprimée et fortement tronquée au bout , forment les traits propres à cette espèce.
PSAMMOPIIIS SEYCilELLENSIS. ^i;}
Elle offre un système de coloration semblable, au jeune âge, à celui tlu PSAMMOPIIIS pulv e r ulen t a, espèce qui préseute une légère ressemblance avec celle du présent article; mais qui s'en distingue facileiiient par sa moindre taille, par ses formes plus ramassées^ par une queue beaucoup moins effilée et enfin par la configuration de la tête.
Cette partie, cbez notre espèce , est très déprimée; elle a le sommet plat ou même un peu concave. Le museau , un peu anguleux sur les côtés, est coupé tout droit au bout, auquel se trouve adossée une plaque, à bords un peu saiilans et eu forme de parallélogramme très large. Les narines sont parfaitement latérales et assez spacieuses. Les plaques frontales postérieures descendent sur les côtés du uiuseau pour se réunir aux labiales et occupent ainsi la place des fréîiales qui manquent totalement. L œil est tle moyenne grandeur. La boucbe est hérissée de dents acérées et fort longues sur le devant des mâchoires inférieures.
Le tronc de cette espèce est assez svelte, un peu comprimé, à abdomen convexe , et terminé par une queue déliée.
La couleur dominante est un brun foncé assez terne, maculé et varié alternativement d'un «rand nombre de taches blanches ou d'un brun noirâtre; ce dessin fait encore entrevoir, sur le fond jaune, d'innombrables marbrures dont les parties inférieures sont également mouchetées. Deux raies d'un noir profond , (|ui renferment une raie blanchâtre composée de nombreuses lignes courbées, occupent les lèvres et se prolongent sur les côtés du cou pour se confondre avec la couleur du fond. Les jeunes ont les teintes très foncées, particulièrement vers les parties postérieures qui S{)nt d'un noir presque uniforme. Dimensions: 0,73 H- o.3i ou 0,49 + 0,18. — Plaques: 192 + iio ou 184 4- loT). — 17 Rangées d'écaillés.
214 PSAMMOPHIS A.\TILLE.\SIS.
5 Esp. LE PSniMOPiriS DES ANTILLES. PSA3IMOPIIIS AXTIIJ.EXSIS.
Pronre à ce qu il paraît aux Aiuilh^s , c^otteespèce nouvelle y a été découverte par plusieurs voyageurs français: M. Richard Ta envoyée .au Mus('e de Paris de l'île St. Thomas ; JM. Donzelot de la Guadeloupe; ]\1. Piée de la Martinique; M. Choris enfiu de St. Ja2fo à Cuba. Phisieurs de ces individus ont été cédés au Musée des Pays-Bas.
Cette espèce a le poit du psvaimophis moniliger, auquel elle se rapproche aussi un peu pour le syslèiue de coloration ; mais sa tète est beaucoup plus large à la base et très conique, vu que le museau élroit se termine en nue pointe émoussée. Les plaques de la tète sont ;i-peu-près comme chez le Psammophis moniliger, à 1 excepliou de la verticale qui est ordinairement inoiiis effilée.
Le Psammophis des Antilles a toutes les dents d'égale longueur et parvient aune taille de trois pieds; voici les dimensions de trois individus d'un âge divers: 0,76 H- o,:^^ ; 0,49 + 0,18 ; 0,18 +0,08. Les plaques varient depuis 178-+- too jusqu'à 204 H- i44- O'i compte I j à 19 rangées d'écaillés lancéolées et à surface lisse.
Les parties inférieures sont jaunes. Un brun jaunâtre occupe le dessus; le dos est orné de trois raies étroites et noirâtres, dont la médiane estcomposéede deux lignes fines et sériées ; on voit sur les flancs deux autres raies plus larges et composées d'un grand nombre de petits points: elles se prolongent sur les côtés de la tête en passant par l'œil. Mais ce dessin , tel que nous venons de le décrire, n'est apparent que chez les très jeunes individus: les raies s effacent presc[ue totalement avec l'âge en se fondant en un grand nombre de taches noires souvent linéaires et formées par les bordures noires des écailles.
PSAMMOPHIS DAlim. 215
6 Esp. LE PSJMMOPUIS DEIXJIJL. PSA3I. DAHLII.
PI. Vllliig. i-x et i3.
On voit par une figure, publiée par Savigny dans la Description de r Egypte [i)^ que ce Psanimophis n'habite pas exclusivement la Dalmatie, d'où il a été rapporté au Musée de Vienne par le zélé entomologiste dont il porte le nom (2). M. de Schreibers, directeur de cet établissement, a bien voulu céder au Musée des Pays-Bas quelques individus de cette espèce; nous en avons reçu depuis en grand nombre par les soins de M. M. Micbaheîles et C^ntraine: tous ces individus ont été pris aux environs de Raguse. Peut-être faut-il rapporter ici le col. DHARA de Forskal(3): l'espèce habiterait alors également l'Arabie heureuse.
Le Psammophis de Dabi a la physionomie des autres espèces du genre; mais ses dents et son port le rapprochent de ces serpens d'arbre que nous comprenons sous la dénomination de DENDROPHis. La têtc est un peu distincte du tronc et alongée ; les plaques, qui la revêtent, sont moins étroites que chez les précédentes; les occipitales sont môme très larges. Le museau moins conique, est un peu tronqué au bout. L'œil est grand et bordé antérieurement de deux plaques, dont l'inférieure très petite. Le tronc est assez effilé, mince et comprimé; Tabdomen très large, convexe et un peu anguleux. La queue occupe environ le tiers de la longueur totale: elle est assez effilée, pointue et blanche en dessous. Les écailles sont alongées , presque lancéolées, lisses , un peu obliques et disposées sur 19 séries longitudinales.
Les dents offrent toutes les mêmes dimensions. Les glandes salivaires ne diffèrent pas de celles des Psammophis lacertina
(i) Suppl. PI. i\fig. 4. — (2) t'y R 1 A t) A H 1. 1 I FiTz. Class. /?. Go.
(3) Desci\ (tu. p. \ /,.
21 G PSAMMOPIIIS ELKGAXS.
et Tiioniliger ; mais 11 existe , dans l'espèce du présent article , une grosse glande snrnMinéraire , située derrière la lacryniale , j)artleularité (jue je n'ai observée dans aucun autre ojilildien. Nonobstant ses formes effilés , cette espèce a le canal intestinal assez spacieux et plissé en divers sens.
Le dessus est d'un gris olivâtre tirant , vers les parties antérieures, tantôt sur le brun, tantôt sur le rouge ou sur le verdàtre. Les parties inférieures , les lèvres et les plaques oculaires sont d'un blanc jaunâtre. Les cotés du cou sont souvent ornés de 3 a 5 tacbes noires , œillées ou bordées de blanc et diminuant InsensibbMnent en étendue vers le corps. Les petits ressemblent parfaitement aux atiultes à légard des teintes.
Dimensions de l'adulte : (),(So -+- o,34 -= i5i4î du jeune: 0,26 4- 0,10 = 0,36. Nondjre des phujues : 212 f. 124; 210 4- 120.
7 Esp. LE PSAMMOPHIS GRACIEUX. P. EF.EGAXS.
On ignorerait jusqu'à ce jour , quelle est la patrie de ce bel opbidien , si le professeur Escbricbt de Kopenhague ne nous en avait cédé un individu, pris dans les possessions danoises à la cote d'Or.
Les seules notions, que l'on ei^t de cette espèce, se bornaient à la figure , qu'en a publiée Séba (i) et à une description succinte de Shaw (2). J'ai adopté les vues de feu Boie en rangeant cette espèce dans le genre p s a m im ophis , quoiqu'elle mérite éminemment d'être rapprocbée des dry 10 puis et notamment du dryi ophis argenté, espèce avec laquelle elle offre les rapports les plus intimes. C'est un de ces êtres intermédiaires , qui ne peuvent être classés avec certitude dans
(i) Thés. H 60. I. — (2) Gen. ZooL vol. Ill P. II p, 536 : c o l u-
PSAMMOPHIS ELEGAINS. 217
aucun des genres connus et qui font , pas ces raisons , le passage d'une de ces coupes imaginaires à l'autre.
Cette espèce a le port et les formes des dr yiophis ; mais sa physionomie la rapproche des psammophis. Son système de coloration est si analogue à celui du dr. argenté, que l'on serait tenté sans un examen rigoureux, à réunir ces deux ophidiens : il sulHt cependant d'avoir égard à la conformation de la tête et particulièrement à celle du museau pour ne pas les confondre.
L'espèce du présent article a le système dentaire du psammophis siBiLANs. Son corps un peu comprimé est en forme de fil très mince et sa queue extrêmement déliée. La tête est asse:'^ alongée, étroite, déprimée et terminée par un museau conique, à sommet plane, arrondi au bout, obliquement tronqué en dessous et un peu retroussé. Le dessus est d'un brun pale couleur de terre. Une raie assez large et foncée règne le long du dos jusqu à la pointe de la queue ; elle se perd sur l'occiput. Une autre raie plus étroite occupe les flancs; mais elle s'étend, en traversant l'œil, jusqu'au bout du museau. Le dessous est d'un beau jaune; mais les quatres raies serrées , marbrées et bordées de vert , qui en occupent presque toute l'étendue , font que cette teinte ne s'aperçoit que sur les côtés de l'abdomen et de la queue sous forme d'une raie large et très distincte. Les sujets dépouillés de lépiderme ont la teinte du fond d'un gris argenté.
La tête offre les différences suivantes de celle du dr. arg ENT É : des plaques moins alongées ; un museau de forme diverse , beaucoup plus court , garni de lames très ramassées et excavé aux cotés ; la présence d'une plaque frênaie et de g labiales ; un système dentaire divers et plusieurs autres traits distinctifs.
Nos deux individus sont de la même taille. Dimensions: Oy^o -+• o,i3 et o,3o H- 0,17. — Plaques : 190 -f- i44 ^^ 192 -h i')4. — On leur compte 17 rangées d'écaillés petites, un peu lancéolées et à surface unie. Le Musée de Paris possè-
218 PSAMMOPHIS TEAIjIIIXCKII.
de (les sujets pris au Sénégal et longs de 0,68 -h 0,49; le nombre des plaques dans ces individus est environ de 202 -+- 9.2?).
8 Esp. LE PS/MM()P///S DE TEMMINCA.
PSAMxMOlMllS Ti:3131IN<:ivII.
PI. VIII. fig. 14 et i5.
J'ai dédié cette espèce inédite à riioninie , auquel j'ai le plus d'obligations dans ce niondi', a i'illustrc savant qui a mérité la reconnaissance du pid)llc dans un degré si supérieur. Elle est du Cbi I é , don nii scid individu nous a été adressé de Valparaiso. Nous avons vu , que la précédente faisait le passage aux serpensdaibre; celle du présent article au contraire se rapproche des coi^ l j: ii vre s , dont elle a le port et les formes. Sa physionomie cependant ressend)le à celle des vrais Psammophis. Le corps est comprimé et plus ramassé quecelui duPsam. lacertin ; l'abdomen est anguleux et plus étroit (\uk 1 ordinaire; la queue est grosse, conique et pointue. La tcte est peu distincte du corps et revêtue de plaques seml)lables en tout à celles des Couleuvres; la verticale cependant a le caractère propre au genre Psammophis. Les yeux sont moyens; les narines peu ouvertes. Les écailles sont lisses, de moyenne grandeur , carrées ou en rhombe sur les parties antérieures.
Le dessus est d'un brun clair, mais chaque écaille est marquée au centre d une ou de plusieurs taches noires. Une large bande de cette même teinte règne le long du dos; une autre moins distincte s'étend de chaque côté depuis l'œil sur les flancs. L'intervalle entre ces bandes est blanchâtre , teinte qui borde le sommet de la tète sous la forme d'une raie linéaire. Les lèvres et le dessous de la tête et du cou sont jaunâtres et mouchetés de noir , mais le reste des parties inférieures est tellement marbré de noir que la couleur du fond s'aperçoit fi peine.
PSAMMOPIIIS TEMMIIVCKII. '2V3
184+ 1 10; 0,^9-+- 0,3 I. — 19 Rangées d'écaillef.
Cette espèce a été trouvée en orand nombre à St. Jago au Chilé par M. M. Quoy en Galmard; un deuxième sujet que je viens de rapporter de Paris m'offre i^5 4- loi plaques.
M. WiEG.MANN (i) a donné tout récemment une figure de cette espèce , qu il confond avec le col. ch a m i s s o n i i de Hemprich, originaire du Brésil et qui forme une variété de climat de I'erpétodryas linbatus.
M. Gaudicliaud a rapporté de Callao au Chilé deux jeunes sujets d un p s a m m o p h i s tout-à-fait semblables au Psammophis de Temminck , nîais dont le nombre des plaques monte à 209 + 121 ou 2i4 + 122 et qui offrent une distribution de teintes parfaitement analogues à celle de la coronella RHOMBEATA du Cap: ces faits cependant ne me paraissent pas suffir pour en former une espèce distincte.
Il faut , selon toutes les probabilités, encore ranger dans ce genre le condanarouse de Russel (2), serpent originaire de Ganjam ; mais qui me paraît assez voisin du psam- M o p H I s M o N 1 L 1 G E R répandu sur presque toute l'Afrique.
fl) CORONELLA CHAMISONIT. Noi; Acta XVII P. 1 PI. I9
p. 9,46 suiv. — (2) Serp, 1 p. 32 PL 27 : c o l. condanarus Merr. Tent.p. 107.
■"Ti^a^eTi
4 Sam. fcs ÔiT^miô îl'vlrlU'f.
1 Genre. LES DENDROPHIS.
l)ENI)ROI»ms.
Nous avons réservé le nom He Dendrophis ù tous ces serpens d'arbre (jui se rapprochent , par leur organisation , descoii- LEïjVRES, mais dont ils se distini^uent jn'incipaU ment par leurs formes élancées et délicates, lis tiennent en (|uelc[ue sorte le milieu entre les deux autres genres de lalamille, les dipsas et les DRYioPHis ; vu (ju'ils n'ontni la tête grosse, large, courte et la pupille verticale comme les premiers, ni la taille élancée, le museau alongé en pointe et la pupille horizontale connue les dernieis. Ils atteignent le plus souvent une taiile de 4 '^ 5 pieds de longueur totale sur une grosseur seml)lai)le ù celle du petit doigt. On vcjit par cela, qu'ils ont le corps beaucoup moins gros que les Couleuvres de forme élancée: aussi cette partie est-elle beaucoup moins comprimée, et en pentagone presque régulier. L'abdotnen est , pour les mêmes raisons , assez étroit et revêtu de lames au nombre de i8o environ qui montent sur les flancs , en formant le plus souvent un angle très prononcé , quelquefois échancré et saillant Le bord des lames, ainsi interrompu, forme, pour ainsi dire , trois bords convexes, tandis quM se présente en ligne droite chez les autres serpers. Comme les côtes sattachant précisément à cet angle des lames, il en resuite que cette disposition est à ces animaux d'un grand secours pour s'appuyei- contre les branches des arbres , entre lesquelles ils se glissent avec agilité: cette espèce de locomotion est d'ailleurs assez facilitée par l'intervalle considérable, qui sépare les côtes les unes des
DENDROPHIS. ±2 i
autres , et qui s'indique déjà à l'exlérieur par la longueur des lames abdominales. 11 suit néeessairenient de €<'tte même organisation que les vertèbres sont {dus alongées et que les côtes, attendu le diamètre peu considérable du tronc, sont plus courtes qu'à l'ordinaire. Une autre conséquence de la largeur des lames est la jurande étendue des écailles du tronc dans le sens longitudinal ; mais comme cette partie est peu élevée et comme la ligne, qui termine les bords postérieurs et antérieurs des écailles, se dirige beaucoup plus en arrière que celle qui détermine le bord supérieur et l'inférieur, il en résulte que cesécailless<jient très étroites, en rliond)e,extrêmemeni alongées ou presque bnéaires et peu nombreuses. La peau cependant étant susceptible d'une grande dilatation , ces écailles, à l'état de la contraction de cette partie, sont coucbées les unes sur les autres en guise de tuiles , de sorte que leur contour latéral ne peut s'observer que dans la paire qui est voisine de l'abdomen , ou quand la peau est di>tendue. Les écailles sont toujours pointues, lisses dans les uns , carénées dans les autres ; on en observe, chez plusieurs espèces, une rangée dorsale plus large que le reste. La queue; par sa longueur, par sa forme déliée , grêle , orbiculaire ou applatie en dessous , n'est pas moins faite pour aider à ces animaux à s'accrocher aux branches d'arbres, et s'v suspendre pour guetter leur proie et appuyer lélan qu'ils font sur elle , afin de l'entortiller et de l'étouffer par leurs nombreux replis. Le nombre élevé des plaques souscaudales , excédant le plus souvent une centaine, annonce que la queue des Dendrophis offre ces dimensions longitudinales considérables, propres à la plupart desserpens d'arbre.
La tête ressemble par sa forme à celle des ertétodryas; mais elle est beau(;oup moins grosse, plus délicate dans les proportions, et plus distincte du cou qui est assez mince et con\primé. Les lames, dont elle est revêtue , ne se distinguent de celles des Couleuvres que par leur forme alongée ; les occipitales ont le plus souvent peu d'étendue. L'œil, qui est assez
222 DEXDROPinS.
grand et à pupille orbiculaire, est bordé par devant d'une seule plaque, par derrière au contraire de deux ; l'espèce du Cap cependant en ol't're trois. On voit une seule plaque au IVein , qui ne manque constamment que chez 1(^ Demlrophis liocercus, tandis que l'absence de cette plaque chez les autres espèces doit être regardée connue accidentelle. Le museau est alongé , un peu conique 5 «\ bout léoèrement tronqué ou arrondi et terminé par une plaque rostrale assez large et de forme déprimée; le's narines- sont latérales, assez ouvertes et rapprochées du bout du museau. Quoi(]ue les Dendrophis aient l'ouverture de la bouche large et que les plaques surciliaires soient voûtées et un peu saillantes, leur physionomie n'otïre rien de farouche; ils l'ont au contraire assez douce.
On observe de nombreuses petites d e n ts aux mâchoires et au palais; les dernières de la mâchoire supérieure sont souvent plus grosses que le reste, quelquefois même très longues et sillonnées. Les orbites sont assez spacieuses; les caisses moyennes. Le' crâne présente des formes alongées ; les os, qui le composent , ainsi que ceux du squelette sont remarquables par leur délicatesse; les apophyses le sont par leur peu de développement. La glande lacrymale des Dendrophis est petite et presque entièrement cachée sous les muscles ; ils ont toujours une glande rostrale; la nasale est quel(|uefois assez volumineuse; les salivaires sont le plus souvent minces, mais celles de la mâchoire supérieure se terminent toujours par derrière en un lobe assez développé. Le poumon est parfois pourvu d'un petit lobe accessoire , en guise de réservoir aérien : le Dendrophis colubrina m'a offert cette construction. Les intestins sont assez grêles et on ne leurs voit pas d'inflexions profondes.
Les Dendrophis sont souvent ornés de teintes très vives, et élégamment disposées , ce qui contribue autant que leurs formes agréables à leurs assigner un rang parmi les plus jolis des ophidiens. Le dessous est presque toujours jaunâtre, tirant tantôt sur le brun ou sur le rouge, tantôt sur le vert ou
DE^DROPHlS. 223
sur le l)leLi: le dessus au contraire offre dans les uns une teinte couleur de bronze , chatoyante et d'un réilet métallique; d'autres ont ces parties {)lus foncées ou joliment dessinées de noir , de roui>e et de jaune; d'autres encore sont d'un vert brillant uniforme. L'épiderme cependant offusque en grande paitie les couleurs splendides dont est ornée la peau qui , lorsqu'elle est déjHiuillée de la tunique extérieure, brille de l'éclat des pierres précieuses réfléchissant toutes les teintes de l'iris. Ce sont particulièrement les individus dans cet état dont la beauté a excité l'imaginaiion du poète naturaliste; aussi les a-t-il dépeints en phrases pompeuses qui, laissent loin derrière elles la nature elle même.
Les j e u n e s ressendjlent le plus souvent aux adultes; ils ont quelquefois des teintes plus vives. On observe chez plusieurs espèces des variétés accidentelles , dues tantôt à un nombre divers et à des formes différentes des lames écailleuses, à la distribution des couleurs, etc. —
Tous les Dendrophis connus habitent les régions intertropicales des deux mondes; la seule espèce, qui se trouve à la pointe australe de l'Afrique, s'éloigne des autres par l'ensemble de l'organisation. Une es[)èce est répandue sur la plupart des pays tropiques situés entre les gn'ndes [ndes et la Nouvelle Hollande: les individus de ces différentes contrées présentent de légères différences dans les teintes et ont donné lieu à l'établissement de quelques variétés de climat.
Les Dendrophis sont très lestes dans leurs mouvemens, et grimpent avec une agililé extrême. Ils ne quittent jamais les forêts où ils habitent les buissons et les arbres, autant pour se reposer sur les feuilles gigantesques des végétaux de la zone torride. que pour attraper les animau\ dont ils se nourrissent et qui préfèrent un séjour send)lable, tels que des oiseaux, des reptiles sauriens des genres Lophyre, Galéote et Dragon , etc. On a aussi trouvé dans leur estomac des restes de crapauds, de grenouilles, de souris etc. et voilà certainement une des raisons qui engagent les Dendrophis à se
224 DEXDROPHIS LIOCEUCLS.
rendre quelquefois à terre. J'ignore si toutes les espèces sont noeturnes. Les Dendrophis pondent des œufs de forme plus alongée que ceux des Couleuvres.
On n'a connu jusqu'ici que deux ou trois espèces du genre Dendrophis: j'y ujoiite plusieurs autres qui sont inédites. Ce genre a été suhtiivisé par mes devanciers en plusieurs autres, suivant la présence de dents maxillaires sillonnées ou d'une rangée d écailles dorsales plus grandes que le reste; on a aussi éloigné les espèces, qui offrent des écailles carénées, de celles ({ui les ont toutes lisses: c'est sur de tels caractères que reposent les coupes secondaiies de bu cep haï. us de SwrrH et dispholides deDi:vER\oY, celles de dendrophis et de CHUYSOPELEA de Hoie et en partie celle de I. E p T o p H 1 s de Bell.
1 Esp. LE DEMJliOPinS A QUEUE LISSE.
DEADIVOPIIIS LIOCKRCUS.
PI. IX fig. I et 2.
Les naturalistes français ont donné à cette espèce le nom de BoiGA (i) et (*elui d'ahaetulla, dénomination barbare sans autorité, que Linné (2) a appliquée a une espèce indéterminable du. genre Deudropbis, citant ta la fois trois figures de Séba qui représentent autant de serpens de genres tout-àfait différens. Il me semble mieux de conserver le nom , inventé par le prince de Neuwied (3) , qui a figuré l'adulte ,
(i)Lacép. Qiiad. ovip, vol. 11 p, ii'\ PL iif. i\ Daudin ro/. f^Il p. 63 PL 8/4 ; Latr. voL IV p. 1 1 1 av. fig ; c'est aussi la couleuvre
DE RICHARD BoRY DE St. VlNC. Ann. cL SC. flOt. Jk'iU 1824 P'
408 et Dict. class, t. IF. />. "588 P/. 122. — (2) Mas. Ad. Fr. p. 35 PL l'i /: 3 ; SysL nat. p. 387. — (3^ Beitr. p. 265; AbblUL LLvr. XIV PL 4. —
BEXBROmilS LSOCERCUS. 225
dont il a bien voulu communiquer un individu au Musée des Pays-Bas. C'est particulièrement cette espèce qui , dépouillée de l'èpiderme, brille des plus vives teintes de l'arc en ciel , parmi lesquelles on admire le plus beau bleu d'azur et le blanc de nacre argenté à reflets d'or. La figure d'un individu dans cet état j mais coloriée d'une manière bizarre, a été publiée par Séba(i)j cette malheureuse figure a donné lieu à bien des erreurs: Linné en a commis la principale , en la citant à sujet de son COL. ORDiNATUS, cspècc identique avcc Ic c o L. bipunc- T A T u s de Lâtreille (2) ; il a été suivi presque unanimement par tous les autres erpétologistes. Le Dendrophis à queue lisse compose le genre a h a e t u l l a de Gr. ay (3) et celui de l e p- TOPHis dans le sens de Wagler (4).
Le manque total de la plaque du frein offre aux amis des systèmes artificiels un caractère assez tranchant pour reconnaître ce Dendrophis. Il a les angles des lames abdominales moins échancrés que la plupart des autres espèces du genre. Les yeux sont assez grands. La plaque verticale est étroite par derrière; les frontales postérieures descendent sur les côtés du museau, qui sont un peu canaliculées. On observe i5 rangées longitudinales d'écaillés , toutes de la même étendue et surmontées d'une forte carène ; celles , qui avoisinent le ventre , sont de forme rhomboïde et lisses; celles des flancs sont assez alongées et lancéolées.
Cette espèce atteint jusqu'à 1,0 -1-0,59. Le nombre des plaques varie depuis i5o + i4o jusqu'à 160 + i5o.
La teinte du dessus est , à l'état de la vie , un beau brun de bronze resplendissant des couleurs métalliques; elle passe au vert sur les parties antérieures , tandis que le dessous est d'un beau blanc argenté ou de nacre , tirant sur le vert de mer. On observe une raie noire derrière l'œil ; les carènes des écailles sont d'autant plus apparentes qu'elles offrent le plus souvent une couleur foncée. Les jeunes ont les mêmes teintes que leurs parens.
(i) Thés, II PL ^ofig. 2. — (2) Consultez notre article Srur le t k o p 1-
PONOTUSBIPUNCTATUS. — [Z) SjTl. of Rcpt. p. l6. (/|) Aj/. y». i83.
226 DEM>KOPIIIS CATESBVI.
Ce Denclropliis a les dents très délicytes; celles, que l'on voit au bout postérieur du maxillaire , sont à peine plus grosses que le reste. Les vertèbres sont très alongées et n'offrent que des vestiges d'apophyses. Les glandes salivaires sont moins développées que la nasale.
Cette espèce appartient au nombre des plus communes à Surinam , d'où les batimens hollandais en apportent souvent en Europe; les collections en sontabondament fournies; nous en devons une grande quantité aux soins de M. Dieperink à Paramaribo. Le Musée de Paris possède des sujets tués àCayenne et à la Trinité ; M. D'orbigny vient d'en recueillir une johe variété toute verte au Cliilé; M, Plée enfin l'a découverte à la Martinique , mais l'individu qu il a rapporté est d'un vert bleuâtre uniforme , et long de 0,96 + 0,57 : il offre 164 + i59 plaques. Le Prince deNeuwied l'a observée sur les bords tlu Parahyba, de l'Espirito santo et près du Cap Frio. Les indigènes du Brésil la désignent , ainsi qu.' [)lusi(îurs autres serpens d'arbre , sous le nom de çipo. Cîette espèce se phiît sur les arbres, où elle glisse par les branches avec beaucoup de dextérité; elle se nourrit de reptiles , particulièrement de batraciens anoures et de souris ( i). J'ai trouvé dans son estomac les débris de plusieurs espèces d'oiseaux et Wagler (2) en a retiré un Tangara et un Pluvier.
2 Esp. ].E DEMJROPHIS DE CJTESBY. D. CATESBYI.
Habitant l'île de St. Domingue où elle a été découverte par M. Ricord , cette nouvelle espèce du genre Dendrophis est absolument semblable à la précédente; aussi l'aurais-je réunie à ^;Celle-ci , si elle n'offrait pas le caractère distinctif assez tranchant d'avoir toutes les écailles à surface unie et disposées sur
-*(*! .î^Euw. Beitr. p. 270. — (i) Syst, p. 279.
DENDROPIIIS AÏJRATA. 227
i^ séries. La queue est en outre un peu plus longue relativement aux proportions du tronc , comme on peut le voir par les dimensions de ces parties , qui sont de 0,62 -h 0,49 et par le nombre des plaques dont on en compte 170 + 184.
Le beau vert d'herbe uniforme du dessus olTre une légère teinte de brun ; mais le vert bleuâtre dont le dessous est orné , passe sur le jaune vers les parties antérieures de Tanimal. Ces deux teintes se trouvent séparées par une raie blanchâtre , bordée de noir sur les côtés de la tête , mais qui s'évanouit sur ceux de la queue.
3 Esp. LE DENDROPHÎS DORÉ. 1>. AUKATA.
Voici certainement un des ophidiens les plus jolis, également remarquable par la délicatesse de ses formes que par la beauté des teintes. Une conformité totale de ces dernières avec celles duDRYioPHis DORÉ, etdcl'ANOLius D o R É reptile saurien du même pays, rend notre petit serpent d'autant phts digne de l'attention du naturaliste philosophe , qu'il reconnaît une loi de la nature jusqu'aux couleurs des animaux. Le beau rouge, qui orne les flancs de I'ém yde a long cou et qui est absolument le même dans ceux du naja porphyrea, deux reptiles de la même contrée dans la Nouvelle Galle du Sud , est-il dû à l'accident ? Je me borne ici à fixer l'attention des naturalistes sur ses phénomènes , et je rapporterai dans un autre lieu les nombreuses observations , relatives à cette question intéressante.
M. Dieperink à Paramaribo a bien voulu céder au Musée le seul individu connu de cette espèce inédite, qui appartient au nombre des plus rares à Surina m. Cet individu est à peine de la grosseur du tuyau d'une plume d'oie très mincesur une longueur totale de 0,29+0,28. Cette extrême déli('atesse des formes, l'abdomen convexe et nullement anguleux, ainsi que le système
L>:>S l>E\I)noi»niS 1>ICTA,
(le coloration rapprochent ce Dendrophis du Dryiophis doré, dont il se^dislingue autant par la forme delà tète que par un n()nd)re différent des plaques abdominales et des rangées d'écailles.
Le corpsJdii|Dendrophis doré est un peu comprimé et revêtu de i3 rangées d'écaiiles lancéolées et lisses, dont celles qui occupent la ligne médiane du dos, sont à peine plus larges que le reste. La tête a à-peu-près la forme de celle de l'espèce précédente; mais les écailles occipitales et la verticale sont beaucoup plus larges, et le museau est plus court et moins obtus ; on voit^ une plaque de frein assez grande , et trois plaques postorbitales. Les yeux sont grands ; la pla([ue surciliaire est assez voûtée.
Une belle teinte bronze, finement mouchetée de brun et resplendissant l'éclat de l'or , occupe indifféremment tontes les parties de l'animal ; le dessous des parties antérieures seul est plus clair et d un beau blanc de nacre irisant au vert ; cette dernière teinte occupe aussi la lèvre supérieure sous la forme de plusieurs taches. i44 "^ ^ 5^-
4 £sp. LE DENDROPHIS PEINT. D. PICT A.
PL IX fîg. 5 , 6 et 7.
On ne connaît d'autres Dendrophis du nouveau monde que les trois espèces que nous venons de décrire. Nous passons maintenant à celles de l'Asie , ajoutant à la fin les espèces africaines , dont celle du Cap s'éloigne à plusieurs égards.
L'espèce du présent article a un grand rapport de formes avec le DENDROPHIS LiocERCDS, dont cllc sc distingue facilement par la rangée médiane d'écaillés plus grandes et à pointe tronquée , par le défaut total d'écaiiles carénées , par un nombre plus élevé de plaques abdominales tandis que l'on en
DEi\DROPHÏS PICTA. 229
compte moins de soiiscaudales, par les anoles"de l'abdomen et de la queue plus saillans et plus échancrés, enfin par une tête plus large à la base , moins alongëe et plus conique, par des yeux moins grands, et par la présence de plaques du frênaies.
L'ouverture de la bouche est très arquée; le museau peu long et plus conique que chez les autres espèces. Les pla({ues de la tête ne présentent rien de particulier; il faut cependant observer, que les occipitales ont rarement le bout arrondi, comme le montre notre 5'"" fiofnre.
La mâchoire supérieure est un peu arquée, on voit quelques dents plus grosses au bout postérieur du maxillaire. Le reste de la charpente osseuse ne diffère point de celle du Dendrophis liocercus, il en est de même des glandes de la tête. En disséquant plusieurs individus de cette espèce , j'ai trouvé dans leur estomac les restes d'un Galéote, le Galeotes gutturossus de Merrem.
Cette espèce a le dessus d'un brun plus ou moins foncé, tirant tantôt sur le vert , tantôt sur l'olivâtre et refléchissant la couleur de bronze. Une raie d'un jaune de citron vif, bordée par la raie noire qui occupe les côtés de la tête , s'étend le long de la rangée d'écaillés, voisine des plaques abdominales. Le dessous est d'un blanc jaunâtre ou argenté. Les côtés du cou sont souvent ornés d'une suite de bandes de bleu et de noir, alternes et se dirigeant obliquement en arrière. L'iris est rougeâtre.
Il s'en faut cependant bien que tous les individus offrent la même livrée. La bordure noire des flancs est souvent très peu apparente; dans d'autres individus elle estforméepar une rangée de points, dans d'autres ellemanque totalement. Le joli dessin sur les côtés du cou ne s'aperçoit quelquefois nullement; tandis que d'autres individus^ ont cette partie richement ornée de diverses couleurs. La plus belle des variétés est celle que M. Reinwardt a nommée par cette raison col. p o l y cii r o u s : le dessus de la tête et les écailles dorsales sont d'un jaune rouge très vif d'autant plus relevé que les flancs sont rayés alternativement de brun noir tirant sur le pourpre et le bleu , dessin qui
230 DEIVDROPinS PICTA.
s'évanouit vers les parties postérieures , qui sont d'un vertaunàtre comme le reste ries ilancs. Le dessous est jaune. D'autres individus ont les couleurs très pâles et quelquefois elles sont même très sondjres et uniformes, particulièrement dans le temps du changement de la peau.
Cette espèce nous a été envoyée en grand nombre de l'île de Java. Le M usée des Pays-Bas en a également reçu j)lusieurs individus de Bengale , qui m'ont démontré leur identité avec ceux dont on trouve les figures chez Russel // PI. 4^y at^G: figures qui représentent deux variétés , l'une verdatre, lautre jaunâtre et qui ont servi aux types aux dendrophis MANiARet chai- K K K AKo s de BoiE, et au le pto ph is m a n c a s de Bell(i). Deux autres portraits de la variété du Bengale ont été publiés parGRAY dans \ Indidii Zoolog/e'?>o\\s les noms de ah a etu lla B E L E 1 1 et c A u D o L I îs E A T A. Fcu Boic a VU chcz le docteur Smith au Cap de 13. E. des sujets du Dendrophis peint, recueillis àCeylan. L infortuné Macklot et son conq^agnon de voyage M. Muller , ont retrouvé ce Dendrojihis sur la petite île Samao près de Timor, et sur les bords de la rivière Outanata à la côte occidentale de la IN o uv e lie Guinée; les individus de ces régions éloignés ont les teintes plus sombres que ceux de Java et du Bengale; au reste , ils ne diffèrent en rien de ceuxci : on ne leurs voit point de bandes bleues sur les côtés du cou , et le jaune du ventre est le plus souvent assez terne ; ces circonstances me font croire qu'il faut rapporter ici le serpent découvert par King (2) dans le Careeningbay à la côte boréale de la Nouvelle Hollande. Mon voyage à Paris m'a appris que cette espèce est beaucoup plus répandue que je ne l'avais cru d'a]3ord. On voit au Jardin des Plantes la série la plus complète de cette espèce, composée d'individus recueillis au Sénégal, à P o n d i c h e r y , au Bengale, à C e y 1 o n , à la C o c h i n c h i n e , à Manille, à A m b o i n e , à W a i-
{i)7aGol. Journ. II p. ^29. — (a)LEPTOPUis punctulatuS (iRAY : NaiTfit^ of a Sujvey. -Ipp.
DENDROPHIS PICTA. 231
giou et à la Nouvelle Irlande. Un examen superficiel suffit pour reconnaître l'identité de tous ces animaux.
Le Dendrophis peint atteint jusqu'à 0,88 + o,4o. On compte 160 + 100 ou 192 -f- i56 plaques au dessous du ventre et de la queue.
On voit la figure de ce serpent chez Boie Erpét. PL 34 et chez ScHEucHZER PL 629G.-Gi\!ELiN(i)en a fait mention d'après les descriptions qu'en ont pubhées Gronovius et Boddaert. C'est en outre le colue. filiformis de Linné (2), le fil et la DOUBLE raie de Lacépède (3) , le colub er deco- Rus de Shaw (4) , le btjngarus fi l um de Oppel (5) , et le DiPSAs scHOKARi de KuHL (6). ScHNEiDER (^) parle d'un serpent du Bengale, auquel il donne le même nom et les mêmes mœurs assignées par Russel à notre espèce: c'est son e l ap s b i- LiNEATUs; le petit nombre des plaques souscaudales et les écailles carénées , caractères propres à cette prétendue espèce , conviennent peu avec la nôtre: certainement il y a ici un double emploi.
Russel dit que ce Dendrophis s'appele au Bengale cumbe- RiMAREN j nom qui exprime son agiUté de grimper sur les arbres. C'est de ce repaire , comme le dit la croyance populaire , qu'il jouit du plaisir malicieux d'être témoin de la consomption sur le bûcher des malheureuses victimes , auxquelles il vient donner la mort.
(i) Syst, nat, p. 1116; col. pic tu s. — (2) Mus, Jd. Fr. PL 17 fig. 2. jun. (3) Quad. ov. II p. 220 PL 10 /ig: 1 et/?. 234- PL 2 jig. 2 jeun. — (4) Gen. Zool. 111 Par. Il p. 538 ; observez que M. Graven- HORST a employé ce nom pour désigner le xenodon rhabdoce- PHALUs. — (5) Aux galeries du Musée de Paris. — (6) Beitrage p. 80. — (7) Hlst. Amph. II p. 299; col. bilineatus. Daud. VU p. i65 ; c 0 L. arbore us Merr. /?. i3i.
232 DEXDUOPÏIIS FOUMOSA.
5 Esp. LE DEJSDROPinS ADONIS. D. FORMOSA.
PI. IX fig. 3 et 3.
Le Professeur Reinwardt a fait la découverte tle cette espèce à 1 lie de Jitva , où elle est assez rare. Elle convient sous beaucoup de rapports avec la précédente. Pour la distinguer de celleci, il faut observer qu'elle alesécailles du dos plus étendues, la tête plus grande, les yeux extrêmement volumineux , le museau plus obtus , les placjuos labiales moins élevées et les occipitales assez ramassées. D'ailleurs ses teintes sont toutes différentes , et la rendent certainement un des plus beaux serpens. La couleur delà peau dépouillée de l'épiderme , est un vert d'éméraude très brillant et tirant sur le bleu ; le dessous est plus clair et quelquefois couleur de nacre; on voit le long des flancs deux raies noires souvent contiguës sur les parties antérieures et se réunissant à la raie noire qui naît aux côtés du museau. Les écailles sont quelquefois bigarrées de blanc ou bordées de noir, particulièrement celles qui avoisinent labdomen , et dont l'ensemble des bordures forme alors une troisième raie. Une raie noirâtre rèijne le lonof de la suture des plaques abdominales. L'c'piderme offusque d'un côté les belles teintes du fond ; mais de l'autre côté , il leur prête un éclat métallique aussi magnifique que celui des plumes des colibris ou des oiseaux-mouches. Les petits ont les teintes plus claires et les raies noires prononcéees de sorte que le corps est raie alternativement de noir et de jaunâtre.
Le Musée des Pays-Bas possède 5 individus de cette espèce , dont le plus grand mesure 0,96 -+- 0,42. On leur compte 178 i38 ou 182 -\- 1 44 plaques et i5 rangées d'écaillés.
DEJVDROPHIS RHODOPLEUROi\. 233
6 Esp. LE DENDPxOPHIS A FLANCS ROUGES, BEI^DROPilIS RiiOBOPLi:URO]V.
PI. XI fig. II , 12 et i3.
A l'instar (]e la précédente , cette espèce inédite de Dendropliis est le fruit des recherches multipliées du professeur Rein- WARDT dans les îles du grand Archipel indien : M. M. Macrlot et MùLLER l'ont retrouvée dans l'île d'Amboine, d'où ces voyageurs nous ont adressé une dizaine d'individus. Les plus grands mesurent i,o5 H- o^So ; le nombre des plaques varie depuis 2o6 + i48 jusqu'à 2i4 + i8o. On voit par ces données que cette espèce a une queue de la moitié de la longueur du tronc , et que ses formes sont plus élancées que celles du DENDROPHis LiocERCUs, auqucl cllc resscmblc sous pkisieurs rapports. Sa tête cependant est plus déprimée , l'oeil plus petit elles narines sont pkis spacieuses ,* elle a les dents maxillaires postérieures plus larges et sillonnées, et les angles de l'abdomen très saillans et échancrés; les plaques de la tête sont plus étroites ; les écailles du tronc enfin sont moins alongées et disposées sur 17 rangées mais également surmontées par une forte carène.
Les teintes sont également toutes différentes. Un rouge pourpre pale occupe le fond ; il est plus clair en dessous , marbré quelquefois de noirâtre et variant au jaune, au vert et au brun, suivant les individus. Les écailles sont le plus souvent bordées de noir , couleur qui , dans quelques individus , prend tellement le dessus que les parties supérieures deviennent d'un noir presque uniforme , ayant seulement les carènes des écailles relevées par une raie claire. Les côtés du cou offrent quelquefois des bandes obliques noirâtres semblables à celles que nous avons observé chez le Dendrophis peint. Le ventre tire souvent sur le jaune. La queue est très aplatie en dessous et a la ligne médiane marquée d'une raie noirâtre.
234 DENDROPIIIS ORXATA.
J'ignore, s'il faut rapporter ici Seba /. PL log /ïg. i et Russel vol I Pi. 3i /;. ?>6 : cette dernière figure a été tracée d'après un individu mutilé et desséché: nonobstant le vague dans cette publication , quelques naturalistes (i) en ont fait une espèce particulière. Voir aussi le dipsas rubescens de Xludùiii Zoology.
7 Esp. JE DENDROPHIS 0/i\É. 1>. ORNATA.
PI. IX fîg. 8 et 9 ; fig. lo var.
On peut à peine se figurer un systènie de coloration aussi pompeux que celui de 1 espèce dont nous allons traiter dans cet article. Elle est élégante sous le double rap[)orL des formes et des teintes dont les deux principales, le jaune et le noir , sont si agréablement disposées qu'elles présentent des dessins aussi beaux que variés. La première couleur occupe le fond ; elle est extrêmement vive et passe souvent au verdàtre sur le dessous, tandis que les parties supérieures resplendissent quelquefois du rouge vermillon le plus éclatant. Cependant , comme les bordures noires des écailles sont le plus souvent très larges, il en résulte que la couleur du fond ne s'entrevoit que sur le centre des écailles; d'autres individus ont ces bordures irrégulières et dans d'au très encore, elles sont pi us fortes et fondues sur le dos: de là les innombrables variétés dans les traits qui ornent le dos , et qui se montrent tantôt sous la forme de petites étoiles ou de fleurs, tantôt sous celle de bandes transversales et alternesde noir et de jaune, quelquefois rapprochées deux à deux , ou séparées par des bandes rouges; les jeunes offrent toujours cette dernière disposition des taches, ce qui les a fait considérer par Boie comme espèce particulière: c^est le d en-
(l) COL. T K I s T J s DaTIDIN l'O/. f^J p. 4^0 ; C O L. s C. A N F» K NS
Mkrr. Tf^nt. //. 129.
DENDROPiîiS ORIVATA. 235
DROpnis CHRYsocHLORos de Reinwardt. On observe ésfalement trois bandes étroites et transversales sur le sommet de la tête; elles sont séparées par d'autres bandes moins distinctes et composées de petites taches. L'iris est jaune ou brun. Le rouge et le jaune perdent beaucoup de leur éclat par l'action de l'esprit du vin.
Pour se faire une idée des variétés que nous venons de décrire , il faut comparer les ligures de cette espèce, données par RussEL (i),Séba(2) et ScHEUCHZER (3). Plusicurs dc CCS figures ont servi de types aux coluber ornatus de Merrem /?. 109 , et au COL. IBIBOBOCA de Daudïn. ^'o/. /^/y^. 827.
Le Dendrophis orné a la tête beaucoup plus déprimée que les autres espèces, de là vient que les lames labiales sont très étroites. Le museau est un peu tronqué au bout. La plaque du frein manque dans un individu de notre collection , ce qui a engagé feu BoiE d'eu faire une espèce qu'il a représentée sur la PL 35 de V Erpétologie de Java sous le nom de chrypopelea par AD is II (4). Notre Dendrophis a à-peu -près le port du dendr. peint; son tronc est cependant un peu plus gros et la queue moins longue. Aucun serpent n'a le dessous aussi aplati et les angles de l'abdomen et de la queue aussi saillans que celui dont nous parlons. Les écailles , disposées sur 17 rangées, sont de forme rhomboïde, moins obliques et moins alongées que celles des autres espèces : on voit , au lieu de carènes, une ligne noire.
Les adultes mesurent environ 0,90 + o,3o. Les galeries de notre i^îusée présentent une suite complète de cette espèce ; quelques sujets n'offrent que 180 -|- 96 plaques, tandis que leur nombre s'élève chez les autres jusqu'à 223+128. Les uns sont dûs au zèle de nos voyageurs à Java, qui les ont trouvés dans l'intérieur de cette île; feu Boie nous en a fait parvenir plusieurs originaires de Sum a tr a, et il ena vu au Cap recueillis à Ceyl an;
(1) Jiid. Serp, H PI. 2 pai,\ 4 '■> kalla-jin. — (2) Ihes. 7. 94. 7 ; 7/. 7. 1 ; //. 5 G. I et 77. 61. a. — {Vj. Phys. sacra TI 606 C. (1) Fig^. 10 PI, /X de notre atlas.
23G DExXDROPlIIS PRAEOUXATA.
d'autres nous ont été envoyés du 13 en'gale ; le docteur Wltt enfin, al:>!en voulu me céder un sujet rapj)orté de la presqu'île de Ma I ac ca. Nous possédons quatredessins de ce reptile, faits sur les lieux. On ne sait rien par rapport à ses mœurs. Son squelette ressemble à celui des espèces voisines , mais les vertèbres sont moins alongées et par conséquent les cotes plus serrées : aussi sont elles plus longues quà l'ordinaire. Les dents sont très aiguës et de semblable longueur; le maxillaire est assez arqué.
8 Esp. LE DEISDROPHIS P IllÉ. 1>. PRAi:OUI\AÏA.
J'ai donné à cette espèce nouvelle un nom qui rappelé à la lois la beauté de sa livrée et la grande analogie qu'elle a sous ce rapport avec la précédente. En eiïet , on la prendrait au coup d'œil pour une variété du de^droimiis ouné; mais un examen détaillé fournit des caractères qui servent à l'établissement de ce bel animal connue espèce nouvelle.
Recueillie sous les broussailles dans le pays de Walo au Sénégal , un seul Individu en a été rapporté au JMusée de Paris par ]\1. Perroteï Cet individu mesure Oj2i5 -;- 0,21. On lui compte ir8 t i25 plaques et i5 rangées d'écaillés en rhombe et à surface unie.
Outre cette petite différence dans le nombre des plaques , cette espèce se distingue de la précédente par son corps mince, qui oflre un abdomen convexe ou si peu anguleux qu'on ne s'appercevrait pas de ces angles , si la place n'en était pas indiquée par une rangée de points noirs extrêmement délicats. La forme de la tête et des plaques dont elle est revêtue , est absolument la même que dans le Dendropbis orné.
Un beau jaune de citron forme la couleur du fond. Le dessus est orné de bandes transversales noires dont on compte 5 sur la tête; mais sur le cou, ces bandes se fondent pour
DE]\DROPHIS SMARAGDIIVA. 237
former des taches noires qui , se réunissant à leur tour en 3 raies longitudinales noires , ne se perdent que vers leî bout de la queue et dont les latérales bordent les flancs de l'animal. Celle du dos est longtemps imparfaite et ne consiste alors que dans les points noirs centrais des écailles de la lignemédiane. La teinte du fond change au gris pourpre à mesure que le dessin du cou devient moins distinct, et cette teinte occupe tout le reste du dessus de lanimal.
9 Esp. LE DENÛROPHIS ÉMÉRAUDE.
DENDHOPHIS S3IARA(il>I]\A.
Les angles saillans de l'abdomen et un port très analogue à celui du DENDROPHis FORMOSA servcnt a distinguer le Dendrophis éméraude des autres serpens dont le corps offre un teinte verte uniforme. Cette espèce a les écailles du tronc lancéolées , disposées sur i5 rangées , toutes semblables et relevées par une très forte carène. Sa tête est moins alongée et plus conique que celle du Dendrophis formosa; le reste, excepté les plaques occipitales qui sont plus grandes, est le même dans les deux espèces. Le beau vert qui orne toutes les parties, est plus foncé sur le dessus, plus clair sur lé dessous. De petites bigarrures de blanc se voient quelquefois sur les côtés du cou. Les^individus , pourvus de l'épiderme, sont plus foncés ; leur teinte tire sur le brun et a un fort reflet métallique.
Feu|BoiE a décrit le Dendr. éméraude dans son Erpétologie de yflp'^ d'après un individu provenant de l'ancien Cabinet. J'en dois plusieurs autres à la bonté du professeur deFremery à Utrecht. La patrie de cette belle espèce que l'on ignorait jusqu'à présent, vient d'être constatée par M. Eschricht : il a bien voulu m'en céder deux sujets envoyés récemment de la Côte d'or. i56 4- 122 ou lyi ■\- i44' — Longueur totale d'un individu à l'âge
238 liEiXDROPllIS COLLimiAA.
moyen 0,47 4- 0,28. L'espèce parvient à une taille de 3 pieds et demi.
Elle a le I)out postérieur du maxillaire garni de plusieurs dents très lon<(ues; aussi la glande salivaire lorme-t-elle à cet endroit un lobe très développé.
10 Esp. LE DENDROPHfS COLUBIUN.
DENDROPIÎÏS COLUBRINA,
PI. IX fi-. lî, t5 et ifi.
Presque tous les voyageurs (i) , qui ont parcouru la colonie du Cap de Bonne Espérance, font mention de cette espèce , assezconnuedes liabitans sous le nom de boom s l an g e; mais aucun n'a songé d'en laiie une description scientifique. J'ai cru reconnaître notre ophidien dans la ligure 3 PL 68 uol. Il de Seiîa; ce serait ainsi le col. caracaras de Gme- L.IN Srst. nat. j). 11 ij. M. Smith (2) directeur du Musée au Cap a donné très récemment la description de plusieurs variétés de ce Dendrophis, formant autant d'espèces nouvelles de son genre bucephalus, genre qui ne repose lui-même que sur cet ophidien. M. Duvernoy (3) enfin en a fait son genre d ispholides, y ajoutant l'épitbète de lalandij.
Ce Dendropbis intéressant s'éloigne sous beaucoup de rapports des autres espèces du genre. Il atteint une taille plus considérable (4) et toutes ses formes ainsi que son port sont plutôt celles d'une couleuvre; sa manière de vivre cependant , l'organisation de ses écailles , la queue longue et plusieurs autres caractères suffisent pour lui assigner une place dans le genre Dendropbis.
(i) LicHTF.NSTEiN Reisc. 1 p. 257 ; Thunb. voy. p. 75. — (2) Zool. Journ. 1829 vol. IV p. /,4i. — (3) Annal, d. se. nat. Tome XXVI p. i5o et T. XXX PL 3. — (4) M. Rlinkenberg à Utrecht possède un individu environ de six pieds de longueur.
DENDROPIIÏS COLUBRIi\A. 239
' L'abdomen est très large et convexe; le tronc en pentagone, un peu comprimé et revêtu de 19 à 23 rangées d'écaillés de semblable grandeur , assez alongées, presque linéaires, étroites et toutes surmontées d'une forte carène. La tête est très distincte du tronc , courte , ramassée et obtuse; les lames , qui la revêtent, ont la même forme; les occipitales et les frontales antérieures sont petites. L'œil est très grand , bordé postérieurement de 3 plaques ; les narines sont ouvertes. On ne voit que ^ plaques à la lèvre supérieure qui est courte, l'ouverture de la bouche est par conséquent étroite.
On observe les mêmes formes dans les os du crâne , qui sont très délicats pour la taille de l'animal. Les caisses suspassent en longueur celles des autres Dendropliis , les mastoïdiens au contraire sont beaucoup plus exigus. On observe à chaque bout postérieur des maxillaires deux ou trois dents excessivement longues et pourvues en avant d'un profond sillon. Cet os étant très court , ces dents sont situées immédiatement au dessous de l'œil, ce qui peut contribuer à les prendre pour des crochets. La mâ(;hoire inférieure est très arquée. Les apophyses des vertèbres sont plus développées que chez les autres espèces et les côtes beaucoup plus longues. Pour la taille de l'animal , les glandes salivaires ne sont pas volumineuses; mais il existe une nasale assez développée qui remplit l'intervalle laissé entre les os frontaux antérieurs et les nasaux Les intestins sont beaucoup plus spacieux que chez les espèces précédentes , dont celle du présent article s'éloigne encore par la présence d'un lobe pulmonaire accessoire. M. DuvERNOY 1. c. XXX PL 12 a donné de belles figures du canal intestinal de ce Dendropliis.
Longueur totale : 1,10 H- 0,09^ Nombre des plaques 180 -h 106 ou 197 H- 120. —
Un brun verdâtre ou olivâtre très foncé et tirant quelquefois sur le noif occupe le dessus ; le dessous est d'un jaune verdâtre, les bordures des plaques sont foncées. J'ai observé parmi une sixaine d'individus, envoyés au Musée par M. M, Boie et van HoRSTOK plusieurs variétés intéressantes. L'une a le centre de