‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 3)Chapitre 50 sur 66 · i() DE\T)ROPIÏIS COLLBUIIVA · texte numérisé non relu

i() DE\T)ROPIÏIS COLLBUIIVA

toutes les écailles d'un beau vert malachiie ; Tautre est d'un brun marron uniforme; une troisième aledessous presque noir. Nous en devons un dessin faitsur levivant à M. 15oie, quiaobservé en 1826 cette espèce dans les environs de la ville du Cap. En comparant cette figure aux individus conservés tians la liqueur torle , on voit que les teintes changent peu après la mort.

Le docteur van Horstok me mande , que le dendro i»nis COLUBRIN habite particulièrement les environs de Rondebosch et qu'il tait la chasse aux oiseaux , en se mettant en embuscade sous les feuilles des arbres. M. Lichtenstein (i) a trouvé, dans l'estomac d'un grand intlividu, six jeunes hirondelles à den)idjgérées.

Feu KiiHL a rapporté à notre dendrophis peint un serpent du Y e me n , décrit par For sk  l, Z)^^6r. ^. i4, sous le nom de col. s h o k a r i. Je n'ose disposer de cette description qui me paraît plutôt tracée d'après un ophidien inconnu , intermédiaire entre les psammophis et les dendrophis: celle de KuHL est laite d'après le dendrophis picta.

2 Genre. LES DRYIOPIHS.

DRYIOPHIS.

Par rapport à leur orgjsnisation , les Dryiopliis forment un des genres les plus intéressans dans la grande tribu (\^s ophidiens non venimeux. Aucun des reptiles apodes n'offre des formes aussi élancées que ces serpens d'ar])re. Leur corps souvent long de quatre à cinq pieds, n'est quehjuefois que de la grosseur du petit doigt ; la queue également grêle el très mince, occupe pres([ue constamment la moitié de la longueur du tronc ; la tête enfin , extrêmement alongée et étroite , se termine toujours par un museau effilé, pointu et pourvu à son bout d'une plaque rostrale proéminente et souvent alongée en forme de trompe. On peut présumer que cette partie sert à ces animaux comme organe du toucher et que ses mouvemens, ainsi que ceux du museau , concourent puissamment à faciliter l'exercice des fonctions des narines , qui sont peu ouvertes et qui percent la petite plaque nasale tiès alongée et placée latéralement près de l'extrémité du museau. La forme très effilée et étroite des pi aques qui revêtent la tête, est la consécjuence nécessaire de l'alongement de cette partie : les frontales postérieures offrent particulièrement ces dimensions ; les occipitales ont le plus souvent peu d'étendue, la verticale est toujours très étroite. Les plaques temporales ont une étendue considérable ; les labiales au contraire sont moins larges , variant en nombre de 6 à 9 à la lèvre supérieure. On ne voit de plaques frênaies que chez le dryiophis pr asin a. *■ L'œil est entouré à son bord antérieur d'une seule plaque , à son bord postérieur de

'2\1 DRVIOPins.

deux. Les eûtes du museau sont presque toujours concaves , et i'orrnent près de l'œil un canal plus ou moins prolond , suivant que les plaques superciiiaires sont plus ou moins saillantes. Cette dernière circonstance et la lari^eur de l'ouveituie de la l)ou( hc , à l)ord arqué ou échancrc dans plusieurs espèces, rend la physionomie des Dryiojiliis un peu larouche. Le regard sauvage , particulier à la plupart de ces ophidiens, est dû en grande partie à la conformation singulière de leur pupille , (|ui est horizontalement alongée el entouiée d'un hord de 1 iris plus clair : organisalion unique dans Tordre des ophidiens. i\Liis il s en iaut hien , que ces raraclères soient C(mstans dans tous les Dryiophis : les nryio[)his du nouveau monde par exemple, ont la pupille orhiculaire ; leurs dents sont en outre pres(]ue toutes de la même grosseur , au lieu que les Dryiophis de I ancien (ontinent olïrent un système de dentition diltérent et tout paiiiculier. On voit manifestement que les espèces américaines lient les Dryiophis au genre précédent , et que l'on peut fort hien leur appliquer le nom de faux- J)ryiophis, pour exprimer en même temps et leur natuie ditïérente et les ra[)ports qu ils ont avec les autres espèces, que l'on peut désigner sous le nom de vrais-Dryiophis. Ceux-ci n Ont pas seulement des dents plus longues et sillonnées à l'extrémité postérieurede la mâchoire supérieure, mais on voit en aussi quelques unes de heaucoup plus rohustes près du hout antérieur des deux mà(lioires. Les glandes salivaires, plus volunihieuses dans ces endroits , paraissent y conduire une quantité de salive proportionnellement plus grande que chez les autres serpens à dents d'escale "grosseur.

La forme du crâne des Dryiophis correspond avec celle de la tête : tous les os qui le composent sont assez étroits et effilés mais rohustes ; les nasaux spécialement offrent des dimensions longitudinales peu communes. L'orhite est peu spacieuse, vu que les yeux sont plutôt petits que grands ; lintermaxillaire est très étroit et déprimé; les caisses sont larges, mais peu

DRYIOPIIIS. , 243

longues. Les maxillaires sont plus gros à la place où se trouvent les longues dents , et échancrés innnécliatement derrière elles ^ le reste des dents, ainsi que cel'es du palais, sont assez petites et dirigées en arrière. On pourrait appeler canines les longues dents fixées près du bout antérieur de la mandibule supérieure (i) , vu qu'elles se trouvent immédiatement au devant l'oeil , et qu'elles sont précédées par plusieurs autres dents, qui diminuent en longueur à mesure qu'elles s'approchent de l'extréiîjité du museau; ces canines offrent quelquefois un faible sillon a leur face antérieure. Les nasaux sont réunis aux autres os du crâne au moven d'une membrane : de là la jnobilité du museau. Le squelette des Dryiophis, excepté le crâne , ressemble beaucoup à celui du genre précédent. Ces serpens ont le lobe postérieur des glandes salivaires d'autant plus volumineux que leurs dents sont plus développées ; la partie de la glande qui se trouve au dessus des canines est également plus grosse que le reste de ces organes. La glande lacrymale est très petite; il paraît qu'il n'existe pas de nasale, la rostrale est très peu développée. Les Dryiophis offrent, comme la plupart des Dendrophis, un seul sac pulmonaire. Ils ont les viscères beaucoup plus grêles que tous les autres ophidiens : les inflexions du canal intestinal sont si peu apparentes qu'elles paraissent sous forme d'étranglemens.

Le tronc des Dryiophis est en pentagone très comprimé ; tandis que le diamètre de la queue offre un triangle sphérique presque régulier. L'abdomen ne présentejamais des angles latéraux : il est au contraire étroit et plus convexe que le dessousde la queue. Les vertèbres étant assez alongées et les petites côtes éloignées les unes des autres conmie dans les Dendrophis, il s'ensuit que les plaques du dessous sont très longues, et que les écailles du tronc ont également une étendue assez considérable dans le sens longitudinal. Mais r'omme les lignes qui terminent le bord postérieur des écailles sont assez obliques, il résulte

(i) Ces dents ont été considérées comme crochets par plusieurs auteurs.

244 DRYIOPinS.

que ces organes sont très étroits , et qu'ils affectent la forme linéaire ou lajicéolée, particiiltèrfmenl sur les parties antérieures de rannnal. Les n r y i o m i s de r. a r e s b y et l a n g a h a ont les écailles d\i dos ciuénées , tandis que le dry omis N A s 1 Q u £ seul en offre une ranij^éi^ dorsale plus grandes que le reste. Ou conqote chez toutes les espèces , à rexce|)lion du Dr}io{)lns de Gntesby qui eîi a 17, i5 rangées longitutlinales d'écaillés sur les parties antérieures du tronc.

Les couleurs des Dryiopliis qui varient du vert au hrun , annoncent que ces animaux passent !a plus granile partie de leur temps sur les arbres , où la conformité des teintes les confond avec les branches ou avec le ieuillagt* ; elle leur prête , pour ainsi dire, une arme négative pour se soustraire aux poursîiites de leurs ennemis , tandis qu'ils ont eux-mêmes l'avantage de s approcher de leur proie sans en être aperçus. Les parties inférieures sont le plus souvent laiées longitudinalement de jaune ou de blanc. Les Dryiopliis , de même que les Caméléons , les Anolis, les Poly. brous , les Galéotes et beaucoup d'autres reptiles , ont la faculté de changer la couleur de leur peau, phénomène du au pouvoir des passi(jns qui agitent ces animaux, à la nature des o!)jets qui les environnent , à l'influence du jour ou des rayons du soleil.

Les formes et les couleurs sont sujettes a varier comme celles de tous les autres ophidiens. Quelques individus ont sur les côtés du cou plusieurs suites débandes obliques, composées de raies noires : ces bandes sont entremêlées de lignes blanches chez d'autres. La plaque rostrale varie considérablement d'un individu à l'autre quant à sa configuration, notamment dans lesDRYioPHis PRASiNA ctNASUTA. La belle coulcuT vcrtc dont la plupart sont ornés , se trouve dans toutes les nuances depuis le vert bleu jusqu'au vert de mer, passant tantôt au jaune , tantôt au rouge-pourpre (i). L'esprit de vin affecte peu

(i) Voyez les figures de variétés analogues chez Seba // 82. 3 et chez RUSSEL / PI. 1 3.

DUYIOPïIÏS. 245

Feclat des teintes , toiiterols le pigment vert se déteint et se cotnm unique à !a liqueur.

Les petits ne diffèrent de leurs parens (pie par leur taille qui sélève souvent, eliez les arlultes , jnsqu' à 5 ou 6 pieds de longueur totale. Le nombre moyen des plaques est de 200 f- i5o.

Les Dryiophis sont des hai)itans de la zone torrlde ou des régions v(nsines des tropes. Ils n'oni; été observés jusqu'à présent que dans les deux Amériques et en Asie. Lile de Tava nourrit une belle variété de climat du Dryiophis nasique , qui est répandu sur la plus grande partie de l'Asie niéridionaie jusqu'aux Philippines. Les autres espèces ont les bornes de leur patrie plus circonscrites. L'espèce propre à Madagascar offre une organisation aussi anomale que la plupart des autres productions du règne animal de cette grande île. Les Dryiophis font la chasse aux grenouilles et à d'autres reptiles. Ce genre remarquable a été peu étudié. Les iconographes ayant le plus souvent négligé (le comparer les différentes espèces , d'en indiquer la patrie et d'établir leurs caractères distinctifs, il règne une grande confusion à légard de la détermination des espèces , et ce n'est qu' avec incertitude, cjue l'on peut rapporter les figures existantes à leur type ; à cette catégorie appartiennent celles , publiées par ScHEucHZER PL 655 /. 7 et PL 63o ^ (i); celles de Seba. // 82 , I et 3 ; // 9.3. 2 {-i) ; celle de Daudin voL F] PL 80 (3) , de L^TREiLLE (4) ^'^^^' l^ P' ï2'2 , enfin celles de Linné Mus. Ad. Fi\ PL 5 et PL ig. fl 2 (5). Il est cependant manifeste , que la plus grande partie de ces figures ont été faites d'après

les D RY I OP II IS NAS UT A Ct P R A S I N A.

(i) Cette dernière figure est le type du col. schf.uchzerii Merr. /;. 1 20 , aiHjuel ce dernier savant rap|)orte Sera II 53. 3 et les col. FULGinus de Daudin, nasutuscIpurpurascens de Shaw. — (t.) C'est le NATRix fl a g e l li for m i s Laur./?. 79 : dénomination différemment enijiloyée par MERREMy^. 116. — (3) col fulgidus.—

(4) COL. NASUTUS. (5) COL, MYCTERIZANS.

24G l>KVIOl»IIIS \ASl TA.

Merkem , toutefois en laissant quelques unes des es}- ères (lu genre Di\iopliis parmi eelles du i^enre natrix, en a distrait d'autres et les a reunies dans son <^<nre n r \ i \ u s , dénomination ehangée, à ce que je crois par M. Dviilmw, dans un des rapports annuels fait a l'acndemie de Sto(;kli()lui en celle de DR Yiornis et ado})tée ensuite pai- Boie et par d autres naluralistes modernes. L'espèce de JMadaj^ascar a été introduite dans les méthodes sous le nom de Laniialia, comme faisant une coupe générique à part dans la famille des Serpens venimeux. On a très récemment subdivisé le genre Dryiophis en plusieurs autres , ce qui a donné origine à ceux de passer i t a de GuAY (i), de EEPTo mis de Iîell (2) , d o x y b eli s et de T R A G ops de VVagler (3).

Les Dryiopliis appartiennent au nond)re des serpens rares dans les Cai)inets.

On peut adopter deux divisions géogra|)hiques dans ce genre. Les D R Y I o PU 1 s D E LA N c I E .\ M o N I) E, (lout ucjus traitcroris d'abord, ont des dents car.ines assez développées et la prunelle de l'œil horizontalement alongée.

I Esp. LE DRYIOPHIS N.îSlOUi:. 1). XASUTA.

PI. X fig. 1 , 2 et 3 , var. de Bengale ; fig. 4 et 5, id, de Java.

II faut consulter les figures du passeriki de Hussel (4) pour se faire une idée de cette espèce, répandue sur une grande étendue de pays; car j'en al vu au Musée de Paris des sujets pris à Malabar , à Ceylan , à Pondichery , au Bengale, à Java, aux îles Philippines et aux Mariannes. J'ai représenté (5) la

(i) Syn. p. 18. — (2) Zool. Journ. II p. 322. — (3) Syst.p. i83 et i84. — (4) Tiul. Scrp. P/. 12 et 1 3. — (5) PL Xfîg. 1 , 2 et 3.

tête rie l'individu décrit par Lacépède (i) , et qui fait actuellement partie de la collection du Musée des Pays Bas.

Ce Dryiophis a le museau très aigu et terminé par une appendice mobile, charnue et proéminente en forme de petite trompe, pliée sur les côtés et canaliculée en dessous; mais dont la longueur varie quelquefois d un individu à lautre: nous en possédons où cet organe est très Imparfaitement développé. 11 est emboité par les plaques nasales, qui sont très effilées et qui ont leur bord supérieur saillant , de sorte que le dessus du museau s'enfonce entre ces bords. Les plaques frontales anté rieures sont pointues, les occipitales peu larges. On voit à la lèvre supérieure huit plaques, dont celle qui se trouve avant 1 œil est le plus souvent divisée en deux ou en trois petites plaques. Les narines percent l'extrémité postérieure des plaques nasales. La rangée médiane des écailles du dos est un peu plus grande que le reste.

Un individu adulte de notre collection mesure 0,90 -+-o,6i. Les plaques du dessous sont tantôt au nombre de iy2 + i4o tantôt de 188 + 166.

Cette esoèce est d'un beau vert d'herbe avec les parties inférieures plus claires ou marbrées de rougeàtre. Une raie blanchâtre ou jaune naissant derrière l'œil se perd à la commissure des lèvres, une autre très distincte règne le long de chaque côté de l'abdouîen et de la queue. J en ai vu plusieurs variétés, indiquées dans les généralités.

Elle vient des grandes Indes où elle est, suivant Russel (2), très commune , notamment dans les environs de Vizagapatam.

Elle est connue dans ce pays sous le nom de passeriki-

PAM , de PASTiLEïTI Ct de BO TTL A-P ASSER I K f. Elle

habite h'^s arbres, et a les mœurs très féroces. En attaquant, elle fait entendre des sifflemens aigus , élève la tête, épanouit

(1) LA NASIQUE, COL, NASUTUS QiUkK OViJ). Il f. I']'] PL 4

fig. 1, (2) I p. 16 et suiv.

'2\H l)IVVi01»illS LAiVGAliA.

la [jeau du ct>ii vl mord indistinctement tous les objets qu'on lui offre. La morsure n'a aueune autre suite que la douleur pro\luite par lu blessure. Le vuli;alre de ces contrées prétend que ses attaques sont prlnclpaleuîent dirigées contre les yeux des passa ns.

Un individu envoyé des îles Mariannes, au Musée des Payslias ne diffère i)oint de ceux du Heui^ale. Nos voyaîreurs vn ont rapporté un grand nombre de lile de Java , où ou la nomme ouLAR GAnoN : les individus de cette île ont le dessous orné de quatre raies longitudinales très larges, ce qui a engagé (Àivier (i) d en faire une espèce à part. J ai représenté la tête de cette vaiiété, sui' la /V. \ //^>. 4 ^'^5. Les raies abdouiina'es mo"yennes se tiouvenr aussi , (pu)ifpie moins distinctes, dans les individus du Ueuirale et des iMariannes.

2 Esp. LE nnyiopiiis lajsgah.4. d. langaiia.

Eprouvant im sort semblable à celui du Fennec, le renard à longues oreilles des déserts de 1 Afrique (Cauiscerdo), leDryiophis dont n(.us nc^us proposons de traiter, a été longtemps méconnu et placé dans plusieurs genres dans le voisinage de reptiles très différetis des Dryiopbis. Je l'avais réuni à ce genre avant de connaître l'animal en nature , et je vois que je ne me suis nullement trompé, après avoir eu sous les yeux les deux individus de Langaba rapportés dernièrement de Madagascar par r>L Sganzin: ils sont les seuls connus dans les collections et font partie de celle du Jardin des plantes. La description que je vais en donner ici et la figure que je publierai dans un autre lieu, montreront combien sont peu exactes les seules

( I ) COI,, p A \ o N I N u s du Musée de Paris.

DRYIOmiïS LAiVGAHA. 249

notions que l'on avait jusqu'cà présent sur ce curieux reptile: ce sont celles de P>RrGiiiÈREs (i).

Le Dryiophis Lan^aha est un des mieux caractérisés du erenre. Il a des formes moins élancées que les autres espèces; son système dentaire est le même (jue celui des Dryiophis de l'ancien monde ; comme ceux-ci ses yeux offrent une prunelle horizontalement alongée ; mais il partage seul avec la grande espèce américaine le caractère d'avoir les écailles du dos carénées.

Son musean terminé par une appendice mo'le en forme d'alêne et presque de la longueur de la tète , offre un trait qui sert à distinguer ce Dryiophis , non seulement de toutes les autres espèces du genre, mais aussi de tous les autres reptiles.

D'autres caractères étahlis par Bruguièies , connite d'avoir la tête revêtue en partie d'écaillés, une queue entourée de bandes simples et recouverte vers le bout de petites écailles, la nuance des couleurs blanchâtre tirant sur les lllas etc., me paraissent purement imaginaires ; du moins ils n'existent pas dans nos individus. La tête au contraire est garnie de plaques analogies à celles des autres espèces ; la queue offre, sur le dessous des plaques divisées toutes semblables et les couleurs, au lieu d être très pâles , sont assez vives et foncées.

Un beau brun rougeàtre ardent occupe les parties supérieures; le dessous est d'un jaune foncé très vif et moucheté de brun, particulièrement sous la queue. On voit de chaque côté des Hancs une raie très large et un peu plus foncée que la couleur du fond : cette raie paraît être composée de deux raies rapprochées.

Cette espèce offre un corps moins comprimé et plus robuste que les autres ; le ventre est un peu anguleux. On compte 19

(i) Journ. de Physique, vol. XX IV p. \'^i suh'. PL 1. — - Synon :

LANGAHA MADAGASCAR TENSI S. LaC. 71 p. /jÔq LANGAYA NA- S U T A SlIA W Geil. 7.O0I. Il l PI. II p. !j-J i. A M P H I s B A E K A L A N G A H À

SciiTiFAT». Ilist. Jniph, II p. \^i.

:2;)() l>nM<U»lllS PUASIXA.

ranot'cs (recaillos lancéolées et toutes surmoiilées par une forte

pai

carène. On voit 2 [)la(jues frênaies enehasséi\s enlre les deux oculaires anleiieures et entre la nasa'le ((ni est orhiculaire , latéiale et percée par des narines peu ouvertes de la même lorme. Il existe souvent une ou deux pLujues surnuméraires entre les surcil.iires et les frontales postérieuies. Les IrontaKs antérieures peu iléveloppées sont préct'dees par 4 <»»^> '» pelites plaques , rangées autour de celles-là. A lennent enfin celles de rapperidice cbarnue du nuiseau (|ui sont en grand nombre et qui méritent plutôt le n(un d écailles. Lœil est garni postérieurement de 4 j)laqjes, auxcjuelles succèdent les temporales sous forme d écailles.

Le Lang;di;t par\U'Ut pioljlaldcnu'nt a une t;ulle ])lus lorte que les Individus que j :n sous les veux et dnni I un luc^nre o,r) r -f-o,vi.)j; I ;mlr«' a la (jueue iiiuldee. Les phujues du dessous sont au nond)re de i/j8 -h i/»0".

3 Esn. LE on) lOPHfS COhLElli DE POlllEAÛ, DliVIOlMllS PRASIAA.

PI. X fig. y et 10 ; fig. i î et 12 var.

On peut ('gaiement appliquer l'épitliète que porte l'espèce du présent article , aux autres vrais Diylophis , dont la j)lupart offrent un système de coloration analogue, c'est à dire d'un beau vert plus ou moins foncé. Le dessous est plus clairet séparé des flancs par une raie jaunâtre. Cependant on observe des variétés plus claires tirant sur le jaune ou sur le rouge, et les côtés du cou sont souvent raies obliquement de noir, de bleu ou même de blanc. La plaque rostrale , plus petite chez cette espèce que chez les autres mais abord saillant, est adossée obliquement au dessous du bout du museau: elle varie

DRYIOPHIS PRASINA. 251

en grandeur et en forme suivant les individus ce qui , conjointement avec quehfues raies abdominales de plus , a fait considérer cette variété accidentelle connue espèce distincte (i ): peut être faut-il attribuer cette {lifférence au sexe.

N<3tre Dryiopliis se distingue d'ailleurs de tous les autres par la présence de deux petites plaques frênaies , par des narines rapprochées du bout du nuiseau et par le développement des dents , celles de la màcliolre supérieure (jue nous avons comparées à des canines , étant très longues et sillonnées. Cette conformation a pour suite un prolongement des lèvres sur ce point: de là la forme irréguilère des 7 plaques qui la revêtent, et la légère ressemblance de la physionomie de ce Dryiopliis avec celle d'un chien dogue, ressemblance moins sensible dans les jeunes individus qui ont les dents peu développées.

i,o4 + opo ; 186 -H i38 ou 212 -+- 176.

Le Dryiopliis couleur de poireau a été découvert à l'île de Java par M. Reinv\aardt. Nos voyageurs nous en ont fait parvenir un grand nombre d'individus. Le Musée des Paris possède des individus recueillis au Bengale et en Cochinchine par M. Diard. L'île de Ce lèbes produit un Dryiopliis, semblable sous tous les rapports à celui du présent article; les quatre sujets rapportés de Manado par M. Strauss font partie du Blusée des Pays-Bas: ils m'ont offert un nombre assezgrand de lames abdominales et souscaudales, ce qui m'engage à regarder les individus de Gélèbes comme appartenant aune variété constante. Dimensions : 0,73 -1- 0,44 ou 0,76 + 0,46. — Plaques: 220 -h 198 et 226 -H 218. — On voit une belle figure de l'adulte dans Russel // Pf. 24.

(l) DRYIOPHIS XANTHOZONIA. Erpclol. (Ic Jca'Cl Pi, 36.

252 I.KVIOPIIIS CATESBVl.

4 Esp. u: i)ii) i()PHisDE(\rii:sn)\ i). c:ati^:suvi.

\i(MineiU niaintennnt les n ii y i o r u i s nu n o n v r a u m o ni)K , (pli offVcul ficux (';ira< tèies inciics a saisir , savoir : une priincllt* (jrl)i( iilaiie et des «Iciils nioiiis clevel()|)|)ees , que le sont (^elles des autres I)nl(;plns.

.le liai pu nie K'soik'i e à donïier la [)i'éférenee à aucune des dénominations , proposées par les naturalistes pour designer le Drviopliis de (^ateshy. f.euis deseripiioiis ollVriit toujours un mélange inexti'iealde des deux ou Irois esjx-ccs \ oi ines du genre l)i \ lopliis ; il ii)<- païail inrnie cpie ecllc du pi csciil arliele n'a été cxiiininee par aueiiii iialuialMle depuis (lateshy (ij. Kn elian;i'ant ces anciennes dtMioniinatin;is ,j;ii voulu siinplenient indiquer I auteur au([ue' il tant sadresser pour l'oriijinal des des<ripti<tns : il se lI•ou^e chez (>ATiiSB\ /;. /|j , avec fij^uic. Ce voyageur dit (|ue le (loacli-w liip-Mialu; est au^si agile qu innocent , cpi d liahite les ar!)res et qw li vil d insectes, f.e nom an- L;lais (pii lui est conlere ( liez Caieshy , e.->t prohaldemcnt appliqué inddïérenimenl à plusieurs serpens de iornie grêle.

Ce Dryioplns liahite les provinces méridionales des Etats-Unis de rAméri(|ue de Nord , d ou .M. Dose 1 a rapporté au Musée de Paris. O même étai)lissciiicnt en doit des indivitius à 31. IMée , qui a retrouvé l'espèce a la Martini(|ue. JMais elle vit aussi à Cajenne, comme le prouvent les envois laits de cette colonie anx ]M usées de Paris et des Pavs-Bas.

Elle se reconnaît au premier abord à la forme du museau qui est très déprimé, assez conique et pourvu an dessous d'une placjue alongée, presque ovale et horizontalement adossée au bout du nez. La grande lame qui m-cupe la région des tempes , offre un autre irait facile à saisir. Les teintes vertes

(i) AVagler vient d'en donner une figure médiocre: Icona» PL lo:

DRYIOPHIS FULGIDLS.

DRYIOPHIS ARGEI\ TEA. 2;):]

l'ëloi fanent des espèces suivantes et du Lan gaha, et elle se distingue des autres Dryiophis qui offrent un pareil système de coloration , par ses éf*ailles carénées, par la prunelle orbiculaire etpar un système dentaiie moins développé.

Les narines se trouvent au centre de la plaque nasale. On compte 9 lames au bord de la lèvre su])érieure. Celles du sommet de la tète n'offrent rien de particulier et imitent les formes extérieures. La ligne qui déteiniine l'ouvertu.e de la bou(;lie est profondément courbée en S. On n'observe point cette grande différence dans la longueur des dents comme cbez la précédente, à la quelle celle du présent article ressemble parfaitement à l'éirard des teintes.

Nous voyons par ces données que cette espèce lie les vrais Dryiophls aux espèces suivantes, vu qu'elle a le port, les couleurs et la forme de la tète des premiers ; tandis que la conformation de l'œil et des dents conviennent davantage avec ces organes chez les faux-Dryiophis.

Les lames abdominales sont de 198 ou de 210. La queue étant mutilée dans nos individus, nous ne saurons assigner avec certitude à cette espèce le nond)re des plaqtiessouscaudales. L'un , d'eitx dont pointe de la queue seulement est enlevée, en offre i4o. L'i longueur totale est de 1,08 -h o,5o.

5 £sp. LE DRYIOPHIS ARGENTE, D. ARGENTEA.

PI. X fîg. 14 et i5.

La description de cette espèce n'a été publiée que par Dau- DiN f I ^ : c'est sa couleuvre argentée.

Notre Musée en a reçu plusieurs individus de Cayenne ;

(i) Rept. vol. VI p. 327.

254 DRYIOPIIIS ARGKMTEA.

d'autrv^s ont été rédés à cet étalylisstineiit par le professeur de Fremeiy àUtreclit (i). i]n de ees derniers mesure 0,78 -j 0,46 ; d'autres n'otfi'ent (jue o,;")- + 0,24 ; <>ii voit par ces (îotinées , que la lonj^ueur de la cpieue est très sujette à varier, ce qui est encore plus' inanileste parle noud)re peu constant des piacjues qui varient depuis 189 H- 11:2 juscju'à 207 H-3 sinipl. H- j() divis. Cette espèce a les lorines plus délicates que le ur yiopuis DE c A.TES :î Y , auqucl elleressend)le un peu pour le port. Elle offre également une pupille arrondie et des dents pres((ue d'égale grosseur; n»ais sa lèvre supéiieure est bordée de six pla- <pies seulement; ses écailles sont lisses, moins alongées lancéolées et dis|)oS('es sur 1 j riingé<'S ; sa pia(|ue veiticale est plus étroite et la rostrale a beaucoup moins d'étendue: aussi les teintes sont-elles toutes diilerentes dans le ÏJryiopliis argenté oui otïre, sous ce rapjMirt , une analogie frappante avec le

P s A M M O P II I s ÉLÉGANT.

Un beau blanc argenté finement moucbeté et marbré, occupe le fond; deux raies d'un bleu d'azui' profond, naissant au bout du museau régnent le long des cotés du dos ; dvux autres plus larges séparent l'abdomen des flancs, qui sont ornées de plusieurs autres raies très peu visibles. Le dessous est orné de trois raies également bleues , dont les latérales sont beaucoup moins laro^es (lue la movenne, (jui s'efface vers les deux bouts de lanimal : on voit à sa place, sur le dessous du cou , de petits points noirs qui s'avancent jusqu' aux lèvres , où ils sont souvent très foncés. Le beau dessin de cette espèce est quebjuefois peu distinct, et doit subir de grands cbangemens, si la peau est pourvue de son épidémie J un brun de bronze à reflet ujétallique , et qui ne s'est conservé que sur la tète d'un de nos individus.

L'affinité que présente ce Dryiophis avec le p s a m im o p h 1 s El. ÉGANTj est assez frappante: nous avons énuméré, à l'article

^2) M. Klinkenberg à Utrccht possède également des sujets de ce joli Drviophis,

DiVYIOPfilS AIJK A TA. 255

fie ce dernier ophidien, les trails qui servent à distinguer deux êtres aussi voisins pour le coup d œil.

G Esp. LE D/ir/OPf/IS DOilE, 1>. AURATA.

PI. X fig. i6, Tyet t8.

Nous avons déjà fait mention , à l'article de noire d e n d r o- PH I s DORÉ, de la grande analogie qui existe entre les teintes de cette espèce et celle du présent article et de l'Anolis qui porte le même nom. Les figures du Dryiophis doré , publiées par le Prince de Necwied (i) , par Wagler (2) , par Beel(3), et celle que IM. Dieperijnk a fait faire à Surinam d apiès le vivant, prouvent assez que la belle couleur de i)ronze doré uni orne toutes les partiels de cette espèce brille, à l'état de la vie, de tout l'éclat des teintes de l'iris ; tandis que les individus conservés dans la liqueur forte n'offrent qu'un gris pourpre uniforme, parsemé d'innomî)ral)les petits points noirs , et mouclieté ou bigaré de blanc qui forme souvent des marbrures assez étendues. Les jiolnts noirs sont souvent agrégés sous la forme de taches plus grandes ou sous celles de lignes, réunies en séries obliques sur le cou.

Ce Dryiophis est le plus svelte du genre : son tronc n'offrant qu'un diamètre de la grosseur d'un tuyau de plume de cygne sur une longueur totale de 0,80 .-f. o, 54- Le nombre des plaques est de i83 + jr)4ou de 196 -H 174- Le museau est plus einié que celui de l'espèce précédente à laquelle il ressemble

('1 ) Jhhi/fL Livr. X/F P/. i ; c o l. a c u m i n a t u s. — (2) Serp, bras. PI. 3 ; n n. y 1 n i: s a e v e u s ; il en a fait plus tard le genre oxYBELis, voir Syst p. i83. — dry in us auratus Zoo/. Journ, II p. 325.

2r)(; luuiopiiis al rai a.

sous l)eaucoup dos lapports ; ses dciils cuiincs sont eiiroKmoins (l('velop|)(*es que rhe/ le Drylopliis ari;;enr.é , et 1 ouvt rture (le la houclio, quoique larg^e , est peu .uquée. Les glandes salivaires sont heaucoup moins développées que chez les vrais Drviopliis.

Ce Drviophis est répandu sur la j)lus grande partie de l'Amérique intertropieale. Le Prince de INeiwieo (i~ la o!)servé près deja rivière Kspiiito-Santo , Srix dans les forêts aux hortis de la rivière Salunoëns. M. Diei>i:kink nous en a envoyé e?i quantité de Surinam. M. Plée en a rapportés de la jMartinique au Musée de Paris. Lindividu décrit par lUll était originaire du Mexique. La circonstance (pie cette espèce est distribuée sur des pays si éloignés, me lait présumer que le coach-wiiip- SNARE (2) de Catesby /V. .')4, doit être rajjporti' ici : assertion d'autant plus vraisemhlable cpi on sait (jue les l'Jorides nourrissent plusieuis animaux propres au Mexique ; déplus, les (lonnées de Catesby coïncident parfaitement avec nos observations. Cet auteur et le Prince de Ne'Wied assurent que le Dryiophis doré est très agile et qu'il habile les arbres.

fi) Beitr. p. "^^1 ^ siiiv. - — (2) c o ac h-wh i p-sn a ke , ce qui signifie serpent fouet de coclicr , nom anglo-américain , applitjué sans dislinction à plusieurs ophidiens à formes svelles. Les auteurs ont attribué la Uaduclion latine de cette dénomination indifléremment aux deux espèces de Dryiophis de l'Amérique du INord.

3 Genre. LES DIPSAS.

Le troisième et deinier oenre de la famille dont nous traitons, est d'un tiers plus riche en espèces que les deux précédens pris ensemble. Je comprends sous la dénomination de Dipsas (i) tous les serpens d'arbre, qui se rapprochent des Couleuvres proprement dites par leur port et les proportions volumineuses de leurs parties : vme tête ramassée et trèsobtuse, une pupille verticalement alongée, uncorpscomprimé et une queue souvent très effdée servent à distinguer les Dipsas à la fois de celles-ci et des genres Dryiophis et Dendropliis. J ignore si tous les naturalistes justifieront les vues qui m'ont dirigées^ en réunissant dans ce genre un si grand nombre d'espèces qui offrent souvent des caractères très disparais ; mais je n'ai punie résoudre à dévier du principe que je me suis proposé dans cet ouvrage , nommément de réduire la science aux élémens les plus simples. L'expérience m'a démontré qu'aucun caractère générique isolé ne peut être appliqué , avec précision, même sur une seule espèce de ce genre. En retirant par exemple , des autres Dipsas , les espèces qui offrent une série dorsale d'écaillés plus grandes que le reste, on en éloigne les dipsas irregularjs, colu-

(i) DIPSAS mot grec , dérivé de âiMja , f^o if: c'était chez les anciens un serpent dont la morsure , à ce qu'ils disaient , causait au blessé une soif ardente.

•2r)8 DIPSAS.

BRiNA et AEGYPTiACA, espèccsdes mieux caractérisées du genre et ressemblant sous tous les autres points au reste. KuHL et BoiE ont séparé les D I PS AS laevis, carinata et « o A sous le nom cI'a m b l y c e p h a l u s , vu que ces espèces ont les dents petites et toutes semblables, caractère qui convient aussi au Dipsas Weigelii , Ciatesbyl et à d'autres • mais l'un des Amblycephales a les écailles lisses, Tautre les a carénées, le troisième enfin a la série dorsale des écailles plus larges que le reste, sa queue est munie en dessous de plaques simples, la pupille est orbiculaire, etc. : le premier offre des for m es massées et un portsend)lnble à celuides Calatnars, tandis que le dernier présente une taille des plus élancées. On observe de plus, dans le genre Dipsas, trois ou quatre espèces à écailles carénées, qui se distinguent encore entre elles par d'autres caractères particuliers quoiqu'assez vagues. La forme des plaques de latète varieextrèmementet estaussi peuconstanteque celle des autres parties, assertion dont on peut se convaincre parla comparaison de nos figures des dipsas bucepiiala,

CATESBYI, CARINATA, BOA, NATTE RERI, CtC. Il mC

paraît inutile d'alléguer encore de nouvelles raisons à l'appui de ma manière de voir. L'expérience est le meilleur précepteur: elle m'a suffisannnent démontré que le succès qu'on se promettrait par la distribution des serpens en sous-genres , ne repondra que faiblement aux espérances que plusieurs naturalistes ont conçues d'un pareil travail. Wagler par exemple, a subdivisé le genre Dipsas en six sous-genres différens qui ne renferment que la moitié des espèces connues: en examinant ces coupes de pi us près, on voit que cinq d'entre elles, qu'il nomme

PAREAS, TELESCOPUS , RIIINOBOTHRIUAI, DRYOPHI-

i-Ax et THA3rNODYNASTES ne contiennent chacune qu'une seule espèce et que, pour être conséquent, il fallait distraire de son genre Dipsas, le d. irregularis qui n'a pas d'écaillés dorsales plus grandes, comme le dit ladiagnose: j'omettrai les autres erreurs que ce novateur a commises dans sa

DIPSAS. 25i)

fliagnose à la tête du genre Dipsas , comme d'avoir une pupille orbiculaire etc(i).

Les Dipsas ont un tronc beaucoup plus gros que les autres serpens d'arbre, mais il est tellement comprimé que le diamètre offre un ovale alongé, dont les dimensions longitudinales surpassent les transversales du double ou du triple : cette forme du corps a pour suite que l'a b d o m e n n'est ordinairement pas anguleux comme chez les autres serpens d'arbre ; il est au contraire assez convexe et très étroit. Les lames , qui le revêtent et dont le nombre s'élève le plus souvent jusqu'à 25o , montent plus ou moins sur les flancs. Le dos est, chez la plupart, en carène et quelquefois muni d'une rangée d'écaillés plus grandes que le reste ; ces écailles ayant le bout tronqué, leur forme offre un hexagone presque réoulier. Les lignes, qui cléterminentles bords des écai 11 es, étant beaucoup moins obliques que chez les deux genres précédens et les lames de l'abdomen moins larges , il s'ensuit que les Dipsas ont des écailles moins alongées que les Dendrophis et les Dryiophis: elles sont au contraire carrées, en rhombe ou un peu lancéolées et pointues au bout ; lisses chez les uns, carénées chez les autres ou ornées simplement d'une petite ligne foncée au lieu de carène, et le plus souvent disposées sur 21 ou 28 rangées , quoiqu' on observe plusieurs espèces qui n'en offrent que ij ou i5 ou même i3.

Le tronc des Dipsas s'amincit insensiblement vers les parties postérieures; la queu e est moins déliée que chez les deux genres précédens , quoique plusieurs espèces l'aient très longue et grêle : de là les différences con sidérables dans le nombre des plaques souscaudales, qui est quelquefois de 1 5o , tandis que d'autres n'en offrent que 80 ou même

(i) FiTziNGER. C'/ass, p. 5g a formé son genre sibon aux dépens de celui de dipsas: il y réunit les d 1 p s, t r i G o n a t a , n e b u-

L A T A et A N N r T. A T A.

n\i) ini\sAs.

moins. Une espèce de ce genre, le dipsas roa, a constamment des lames simples sous la queue ; une autre?, le D 1 p s. I u H E G II L A R I s CH ollpe qui sont très sujettes à varier à cet égard , et on lui voit des plaques sJm[)les et divisées ,5iTièlées dans toutes les proportions. Le diamètre de la queue est de forme sphérique plus ou moins régulière, qui se rapproche de l'orbiculairevers le bout de ce membre.

Le tronc des Dipsas étant excessivement conîprimé , il résulte que la tète, plus grosse chez les Dipsas ([ue chez tous les autres serj)ens dont nous avons traité jusqu'à présent , est assez distincte du cou. Elle est très large à la l)ase, un peu conique , ramassée et se termine pai* un nmseau gros, obtus, arrondi ou troncjué au bout et le plus souvent de forme tra[)iR'. La plaqui; , qui teiniine cette partie, n'est jamais proéminente, et toujours en pentagone assez laige. Les narines latérales et rapprochées du bout du museau sont plus ouvertes que chez les autres serpens d arbre. La forme trapue de la tète et sa hauteur considérable déterminent lu forme des plaques dont elle est revêtue, lesquelles sont très larges et ramassées , au liea d'être effilées et étroites comme celles des deux genres précédens. Les frontales antérieures et les occipitales sont moins développées que le reste ; le nombre des temporales et des labiales varie suivant les espèces , dont quelques unes sont dépouivues de plaques du frein, tandis que d'autres en offrent plusieurs. La plupart des Dipsas cependant ont, devant la plaque du bord antérieur de l'œil, une frênaie plus ou moins large. On voit le plus souvent derrière l'œil deux plaques qui, chez quelques espèces , sont liées aux infraorbilales par d'autres petites plaques. Les lames du dessous de la tète présentent parfois des formes extraordinaires : c'est particulièrement chez les dipsas b u c e-

PHALA, CATESBYI, CARINATA, LAEVIS Ct BOA,rque

les mentales sont assez larges et développées aux dépens des labiales et des écailles mentales ; ces dernières se trouvant

DIPSAS. 2()l

en petit nombre , vu que les lames gulaires très larges s'étendent assez en avant. L'œil est toujours d'un volume considérable, quelquefois assez saillant, et offre une prunelle verticale , de forme lancéolée : règle constante qui ne souffre d'exception que dans Icsdipsas BOAetdeDiEPERiNK. L'ouverture de la bouche est large et quelquefois un peu arquée. La forme obtuse du museau , la grosseur disproportionnée de cette partie relativement à sa brièveté , et une lèvre supérieure le plus souvent montant brusquement vers le museau : tous ces caractères prêtent à la physionomie des Dipsas quelque analogie avec celle des chiens-dogues; les yeux saillans et à pupille verticale ne contribuent pas moins à rendre leurs traits plus farouches.

Les os, qui composent le squelette des Dipsas, sont beaucoup plus robustes que ceux des autres serpens d'arbre. Les côtes sont plus longues , moins distantes les unes des autres , et plus arquées. Les vertèbres sont plus ramassées et munies d'apophyses épineuses assez développées ; une espèce, le dipsas ANNULATA offrc dcs apopiiyscs transversales d'une forme toute particulière. Le crâne est très trapu ; l'intervalle entre les orbites est profondément échancré en dessous; les nasaux sont larges et courts , les caisses moyennes et quelquefois longues. L'apophyse coronoïde de la mâchoire inférieure est beaucoup plus développée que dans les Dryiophis et dans les Dendrophis , où elle est presque réduite a rien. La mâchoire supérieure, quelquefois tournée en dedans , est peu longue et armée, pareillement que l'inférieure et le palais, de dents dont la conformation varie assez d'une espèce à l'autre. Ces dents sont exiguës dans les unes, serrées, d'égale longueur et disposées en peigne; d'autres en offrent déplus grandes mais moins nombreuses; celles du bout antérieur des deux mâchoires sont tantôt plus grandes que le reste, et tantôt c'est le bout postérieur du maxillaire qui est pourvu de plusieurs dents plus longues ou même sillonnées.

2(i2 DIPSAS.

La plupart des Dipsas que j ai disséqués, ne m'ont pas offert de glan des nasales; la rostrale, lorsqu'elle existe, est assez petite; la lacrymale est presque toujours cachée parles muscles de la nianducation;inaison volt des salivaires qui s'étendent le lonj^ du maxillaire et dont le lobe postérieur est ordinauement très développé; celles de la mâchoire inférieure offrent , dans quelques espèces, un volume considérable. La disposition des parties molles varie d'une espèce à Tautre : quelques unes ont le poumon pourvu d'un petit lobe accessoire; chez d'autres cet organe se prolonge en avant du cœur sur les membranes de la trachée artère; d'autres encore et, à ce qu'il paraît, la plupart n offrent qu'un seul sac pulmonaire. Lesintestlnssont plus spacieux quechezles deux autres genres de la famille et le plus souvent profondément plissés, particulièrement l'intestin grêle; on distingue toujours un intestin gros ou un rectum assez large.

Plusieurs espèces de ce genre parviennent à une taille de 5 à 6 pieds , tandis que d'autres restent si petites qu'elles ne surpassent guère i4 pouces en longueur totale.

Les Dipsas sont ornés de teintes très variées suivant les espèces, de sorte qu'il est impossible d'en tirer un caractère pour les reconnaître; l'observation cependant que ces teintes sont en quelque sorte analogues à celles du tronc des arbres, de l'écorce et des branches se présente involontairement à l'esprit. Le brun plus ou moins foncé et nuancé domine chez plusieurs espèces; la plupart ont le corps orné de bandes transversales , de taches ou de marbrures. Les couleurs subissent chez quelques unes des changemens considérables avec l'âge. Les sujets, conservés dans la liqueur forte , ne m'ont pas présenté des signes extérieurs de différence sexuelle.

Les Indes orientales et l'Amérique méridionale sont la véritable patrie des Dipsas. Une espèce , que nous plaçons également dans ce genre quoiqu'elle s'éloigne considérablement des autres ,^habite l'Egypte et la Dalmatie.

DIPSAS DEIVDROPllILA. 2G3

Les vrais Dipsas se tiennent continuellement sur les arbres, où leurs formes leurs prêtent une grande facilité à s'enfoncer dans le feuillage épais des végétaux des tropiques. C'est de ce repaire qu'ils fondent avec la vitesse de l'éclair sur leur proie, qui consiste particulièrement en oiseaux, en reptiles sauriens et batraciens. Quelques espèces ont la faculté de vibrer leur queue par un mouvement latéral extrêmement rapide* d autres s'en servent pour s'accrocher aux objets qui les environnent, ou pour saisir leur proie en entortillant ce membre autour du cou de la victime. Je crois que tous les Dipsas sont des animaux nocturnes.

1 Esp. LE DIPSAS DENDROPHILE.

DIPSAS DENDROPHILA.

PI. XI fig. I , 2 et 3.

OuL4R-MANOK OU o u L A R-B o u R o N G cst le uom malais que porte cette espèce à Java , où elle peuple les bois en abondance , se trouvant jusqu'au jardin botanique de Buitenzorg, résidence du gouverneur hollandais. Sa morsure, n'ayant point de suites fâcheuses , ce beau serpent n'est redouté de personne , nonobstant sa taille considérable et ses dents sillonnées; tandis que le d ipsas multimaculata, espèce assez petite et à dents délicates de semblable grosseur, est réputé un des plus venimeux. Je tiens ces observations du manuscript de feu Kuhl : elles démontrent à l'évidence combien peu on doit se fier aux contes du peuple , dont la superstition attache plus d'importance aux récits transmis par leurs ancêtres qu'au témoignage de leurs propres sens.

M. Reinvvardt qui a le premier découvert cette espèce, en a fait faire un portrait sur le vivant : cette figure a vservi

2G4 DIPSAS DEXDROPIIILA.

(le morlèle à cello quo Wagt.er a pul)lié(^ dons ses Icônes I PI. 8. On trouve déjà une fif^ure de ce serpent chez Srur.ucii- 7F,R ()6'2. 1 1 , rapportée par Mf.p»rem au col. v a r i a b i t. i s , espèce de lAniérique méridionale que l'on a, par la seule et légère analogie dans les teintes , très nialà-projK)s comparé à notre Dipsas qui, sous le rapport des couleurs et à plusieurs autres < gards, se rapproche davantage des Bongares.

Le ])ipsas dendropbile l'emporte dans ses dimensions sur toutes les autres espèces du genre. Parmi le nombre considérable d individus, adressés par nos voyageurs au Musée des Pays-Cas , il s'en trouve un qui est de y pieds de longueur totale; mîiis la plupart ne mesuient que 1,9,0 -h o,3o. Le nombre des plaqu(^s varie depuis 218 h- 100 jusqu'à 222 -4- 104. Les écailles sont lisses, en rbondje , oblicpies , et disposées sur 21 rangées; celles, cpii révèlent 1 épine dorsale, sont en bexagone et beaucou]) ]ilus larges que le reste. Le tronc est très comprimé: sa coupe offre un ovale de 0,0!^ de longueur sur o,oi5 de largeur. La tète est volumineuse, grosse et a les plaques du sommet laiges ; le museau est obtus et arrondi.

Le crâne (i) est composé d'os très vigoureux; les dents sont peu nombreuses et arquées; la dernière de la màcboire supérieure est sillonnée (juoique à peine plus lor.gue que le reste. Les apoj)bvses épineuses des vertèbres dorsales sont très développées. Ce Dipsas est dépourvu de glande nasale, la lacrymale est petite ; mais les salivaires sont très grosses vers le bout postérieur. Le grand lobe pulmonaire est muni à sa base d'un petit lol^e accessoire.

La couleur du fond , d'un beau noir luisant réfléchissantle bleu d'acier, est plus claire sur les parties inférieures. Le corps est entouré de 45 a 5o bandes transversales , étroites, d'un

(i) Voyez la figure du crâne chez v. b. Hoeyen, Handboek. Atlas Ph i^ fig. 9 et Nov. Act. vol. XI F PL iS/^. 6.

mPSAS MULTÏMACULATA. !265

beau jaune d'or, plus larges vers le dessous: cette dernière teinte occupe aussi la gorge et les lèvres, dont les écailles sont bordées de noir; elle forme sur l'abdomen tantôt des tacbes carrées, tantôt des marbrures. Ce dessin varie suivant les individus: on en observe, qui ont les bandes très étroites; chez d'autres elles sont interrompues; et quelques uns offrent un abdomen tout noir. L'iris est d'un bleu noir. Les teintes perdent beaucoup de leur lustre par l'action de 1 esprit de vin et le jaune change en blanc.

L'île de Célèbes produit une variété de climat de cette espèce, qui offre des bandes plus serrées et plus étroites qu'à l'ordinaire. M. M, QuoY et Gaimard en ont fait la découverte à Manado : cette variété se trouve aussi à Java , mais elle est accidentelle dans cette île et très rare.

2 Esp. LE BIPS AS A TACHES SERRÉES.

BÏPSAS MULTIMACULATA.

PL XI fîg. 4 et 5.

Cette espèce inédite , également due aux recherches du professeur Reinwardt habite l'île de Java , où elle est aussi abf)ndante que la précédente. M. M. Boie , Macklot. Kuiil et van Hasselt nous en ont fait parvenir un grand nombre d individus; le dessin fait sur le vivant etque-j'ai sous les yeux m'a été communiqué par M. Reinwardt. En comparant cette figure à celle que Russel(i) a fait faire d'après un individu conservé dans la liqueur, on observe que les

(t) Ind. Serp II PL 33 ; je rapporte ici également : Sera II PL 26 fii^. 1 , 2 et 3 ; P/. 38 y?,^. I et 4. PL 60 fg. 4 et PL l^fig» 2 ; enfin

SCHPUCH/. 6^'] /lî(. 2.

26G lilPSAS MULTIMACULATA.

teintes de celte espèce sont peu sujettes à 1 influence de ce fluide.

Un i^ris hrun olivâtre , liront sur le pourpre et parsemé d innonibiablcs j)ctites bigarrures brunes, occupe le fond.lJ ne suite de larges tac lies tantôt rinules , tantôt carrées ou en polygone irrégulier, règne le longde chaque coté du dos; elle est suivie d'une autre suite de plus petites qui s étendent sur les flancs. Un trait en angle, dont les jandjes sont parallèles aux bords latéraux de la tête et qui reçoivent sur la nuque une tache en rhonibe, s'étend depuis 1 occiput ius{[u'en avant des yeux; une raie brune se trouve derrière 1 œil. Le dessous est couleur de rose très pâle , garni d'un lrij)le rang de taches irrégulières qui forn)ent souvent, en confluant , des niaibrures. 11 en est de nicine avec celles du dos, dont la forme est peu con.'Vante. Liris est jaune.

Cette espèce a le dos assez en carène ; son port, du reste, est le même que chez la précédente, mais elle surpasse rarement o,58 -j-o,i5 en longueur totale; un très vieux sujet cependant, que possède M. Kiinhenberg à Utrecht est long d un nnkre environ. Les plaques varient depuis 202 -H 80 jusqu'à 212 -h 89. Les écailles sont lisses et lancéolées; on n'en compte que 17 rangées. Le museau est plus alongé et moins gros que celui du Dipsas dendrophile; aussi l'ouverture de la bouche esl-elle moins courbée.

Les dents de cette espèce sont toutes d'égale grosseur, peu nombreuses et très délicates. Les os, qui composent le crâne, sont beaucou[) moins robustes que chez la précédente et les caisses plus courtes. Elle offre une glande lacrymale assez développée et entourée en partie du lobe postérieur de la glande maxillaire qui est expressément échancrée pour recevoir cette première glande. Le poumon ne fornie qu'un seul sac; le canal intestinal est plissé dans toute sa longueur.

Ce T)ipsasfait la chasse aux dragons, aux oiseaux et aux grenouilles. Cest particulièrement de cette espèce, que Kuhl a

DIPSAS TIUGOiXATA. 267

observé le mouvement tremblant de la queue. La taille exceptée, les jeunes ne diffèrent des adultes que par leurs teintes plus vives.

Il faut ajouter comme patrie de ce Dipsas le Bengale et Tile de Célèbes : j'ai vu au Musée de Paris des sujets recueillis dans ces pays.

3 Esp. l.E D. TRIPLE TACHE. D. TRIGONATA.

Pi. XI fig. 6 et 7.

Il convient de placer ce Dipsas dans le voisinage du précédent , il en a parfaitement les formes et y lient même beaucoup par les teintes; les caractères suivans cependant servent à l'en distinguer: 19 séries d'écaillés très aiongées ; une dent maxillaire postérieure très longue, une queue un peu plus courte et une disposition différente des teintes. Celle du fond est un jaune d'ocre ou olivâtre, plus clair en dessous; l'épine du dos est marquée par des taches sagittaires ou triangulaires, blanches, bordées de noir et liées entre elles par une raie longitudinale médiane. On conçoit qu'un pareil dessin est peu constant, que les taches sont souvent séparées et que leur nombre varie selon les individus. Les flancs sont mouchetés et marbrés de brun , ou parsemés de petits points ou lignes irrégulières et noires. La configuration du trait noir qui orne le sommet de la tête, est la même que chez la précédente; mais ce trait est souvent composé'de trois taches. La couleur du fond change, après la mort, au jaunâtre pâle.

0,67 H- 0,16; — 229+ 55 ou 238 + 97.

Le Musée des Pays-Bas possède trois individus de ce Dipsas,

2()8 DIPSAS CYAODOIV.

ils ont Ole envoyés du Beni^alc. llussr.i, (i) l'a ohseivé près de Vizai^apalani , ou il est assez al)on(lant. On en prit, lors de la résidente de ce savant à la cote de (ioroniandel , ])liisieurs individus, occupés à traverser pendant la nuit des cheuiins. Ces reptiles s emparaient à diiïérentes reprises d'une poule, en lui entortillant la queue autour le cou , ce (pii aurait certainement iait succond)er le pauvre oiseau, si on n'avait eu soin de la déiiag^er. Leur morsure était sans aucune suite

dangereuse.

4 Esp. LE hlPS.lS CJNIN. DÏPSAS CVXOnoX.

PI. \l 11". Il) et II,

Malgré vingt ans de recherches assidues pour explorer lile de Java, nos intaligahles voyageurs n'ont pu se procurer que trois individus de ce beau Dipsas, que feu Cùvier a fait connaître sous un nom indiquant un système de dention tout particulier et en effet unique dans ce genre. Boie (2) et GuÉ- RiN (3) ont figuré cette espèce.

Elle a la taille du Dipsas dendrophile, mais ses formes sont l)eaucoup plus élaîicées , sa queue est plus effdée et la tète moins grosse. Nos individus mesurent 1,67-+- o,64; i,4o"+" o,4'i et o,'-4 -*~ o,3o ; on l^ur compte 272 H- i56 à 248 + 142 plaques et 21 rangées d'écaillés, lisses et lancéolées. Le tronc est excessivement comprimé; le dos en carène et muni

( 1 )] Ifid. Serp. 1 PL 1 5 png. 20; tar tutta: cette figure est le type des col. c a tenu l ari s Daud. /'//?. 253 ; co l. t rig on a- TusScHNEiD. ap. Bechst. Lacép. vol. IF p. 256 et du col. sagit- TATUs Shavv Gen. Zool. III P. II p. ^iÇ>. Cette espèce a été figurée dernièrement dans V Incita n Zoologie sowsXe r\om de dipsas gicool. (2) ErpcL de lava PL ^7. — (3) Icon. Bept, PL 'l^ f. 2.

DIPSx\S CYi\OaH>i\. 'M)

(Vime rangée de plaques en hexagone régulier ; la tète moins large, plus aloîigée el le museau moins gros que chez le D. clendiophlle; l'œil enfin est plus gros et les plaques occipitales sont plus courtes. On voit une ou plusieurs dents, beaucoup plus longues que le reste, au hout postérieur de la mâchoire supérieure ; d'autres également plus longues'se trouvent au bout antérieur de l'inférieure et des os du palais. Les caisses sont très développées.

Un beau gris pourpre, chargé d'innombrables marbrures brunes très fines, occupe le fond qui tire, sur les parties supérieures, au jaunâtre; le dessus est orné de 4q à 5o bandes transversales d'un brun noir, larges sur le devant, plus étroites vers les parties postérieures, et assez étendues sur la queue, où la couleur du fond passe au blanc. On observe plusieurs taches de cette dernière teinte sur les flancs et sur l'abdomen. Une raie noirâtre, naissant derrière l'œil, se perd sur les côtés du cou.

Au jeune âge, cet ophidien est un des plus beaux sous'le rapport des teintes, qui diffèrent totalement de celles des adultes en offrant beaucoup d'analogie avec celles du dips. N E B u L A T A. La coulcur du fond est alors un jaune très vif, bioarré d'innombrables marbrures d'un brun foncé et varié irrégulièrement de taches noires; l'es bandes foncées du dos sont disposées alternativement avec d'autres bandes plus larges, formées par la teinte du fond ; les flancs sont également ornés de bandes obliques et noires; un voit une rangée de taches échancrées et jaunes sur les côtés de l'abdomen ; la tête enfin offre un dessin très joli , composé de plusieurs taches noires de figure diverse et bordées de jaune.

no niPSAS DRAPIE7JI.

5 Esp. U: DIPSJSDE 1)11 1PJEZ. D. DRAPIEZII.

PI. XI lig. 8 et 9.

Mon prédécesseur, en publiant cette espèce inédite, avait été oblij^é d'en tracer et la description et la figure (j) d'après un individu conservé au Muséedliist(iire naturelle de Jîruxelles. Ce voyageur ni éciivit ensuite qu il avait vu, lors de sa résidence à la ville tlu Cap, quelques individus de cette espèce adressés de Ceyian à M. Smith, directeur du Soutli- African ^Muséum. Arrivé à Java , Boie était à nicine d'observer ce Dipsas dans les forets vierges du Parang, d'où il nous en a tait parvenir une Nixaine ^individus, accompagnés du portrait de l'adulte, dû au pinceau de M. van Oort. Le docteur Strauss nous en a cédé depuis deux sujets lecueillls près de Manado à Célèbe s , et MM. Macklot et Midier ont été assez heureux pour s'en procurer un très vieux individu lois de leur séjour à la côte occidentale de la N o u v e 1 1 e G u i n é e.

Le Dipsas de Drapiez, sans doute un des plus jolis du genre , est assez voisin (bi précédent , dont il se distingue cependant par la configuration de sa tète ramassée et des plaques qui la revêtent, par ses formes plus élancées, par son tronc beaucoup moins élevé et entouré de 19 rangées de plaques dont celles de l'épine dorsale sont beaucoup plus larges que le reste , par ses grands veux, par le manque total delà plaque du frein (2) , par des dents plus longues en avant de de la bouche, enfin par la disposition des teintes, attendu que l'on ne voit point de raie derrière l'œil, que les bandes étroites du dessous se perdent sur les flancs , enfin que les parties intérieures sont d'un rose pourpre et bordées de chaque

(i) Erpét, de Jma PI, 38. — (i) Ce caractère n'est pas toujours constant.

lUPSAS IRREGULARIS. 271

côté d'une raie longitudinale noire, au dessus de laquelle rèo'ne une suite de taches en rose , d'un beau cramoisi et bordées de noir. Chez les très vieux sujets, ce beau dessin est presque totalement etïacé et la couleur du fond est alors un brun foncé. Les teintes rouges deviennent blanches après la mort.

i,3o-|-o,43. — 259+114 oti 264+ 154.

M. Mûller a fait dessiner une belle variété de ce Dipsas , qu'il a recueillie dans les forets près de Tapos à Java. Le dessus est d un jaune d'orange, orné d un grand nombre de lignes anguleuses vertes; cette teinte occupe aussi le cou et la tête. L'iris est d'un rouge pourpre. Le dessous est d ua rouge cramoisi pâle qui passe au jaune sous la gorge.

6 Esp. LE DIPSAS AISOMAL. D. IRREGULARIS.

Pl.XIfig. 12 et 1 3'

Ce n'était pas simplement par un effet dû au hasard, que l'individu de cette espèce décrit par Merrem (i), avait le dessous de la queue munie de quelques plaques simples, tandis que le reste étaient divisées : les variétés accidentelles de cette nature étant communes chez le Dipsas irregularis , il convient d'en faire une mention particulière et la dénomination, assignée par Merrem , se trouvera suffisanmient justifiée. Mais c'est très mal-à-propos que quelques auteurs, attachant trop d'importance à ce caractère , aient éloigné ce Dipsas des autres espèces, auxquelles il se rattache par les liens les plus intimes d'affinité.

(ijUNREGELMàsSIGE NATTER MeRR. Beitr II PI. '^ p, 25.

HURRIA PSETJ DOBOIG A DaUDIN VoL Vp.1']']. H U R R. I R R E-

GUL. Merk. Tent, p. <)^. boiga irreg. Fitz. />. 6o.

272 DIPSAS iilRIXrLASlîS.

Les plaques abdominales variejit également plus que che^. les autres Dipsas. J'en ai compté chez les uns 236 -+- g'i , tandis que d'autres m'en ont offert jusqu'à 262 -f- 1 16. On verra par les données suivantes, que le nombre relatif des plaques et des écailles souscaudales n'est dans aucune proportion constante chez les différens individus:

1/ indiv. : 2 éc. -î- i5 pi. -^ 76 ec. — 2.™^ indiv. : 3 éc. 4- 5 pi. H- 108 éc. ■ — • 3"^^. indiv.: 2 éc. 4- 7 pi. H- 4 éc. -+- I pi. -h 2 éc. -h I pi. -h 3 éc + I pi. + 94 t?c. —

Ce Dipsas atteint jusqu'à 5 pieds et demi de longueur totale; les individus dans l'âge moyen mesurent ordinairement : 0,93 -f- o,3o. Il a à-peu-près le port cki dips. den- DROPHiLE, quoique sa tète soit moins grosse et ses formes un peu plus grêles. Le nombre des écailles du tronc varie depuis 21 jusqu'à 23. Cette espèce se distingue de toutes les précédentes par ses teintes et par le défaut d'une rangée d'écaillés dorsales plus grandes que le reste. La tête a la forme de celle du dipsas de drapiez, excepté que le museau est moins court, que les yeux sont plus petits, que les plaques occipitales ont plus d'étendue, et que les côtés du museau sont munis d'une plaque frênaie. Les écailles de la nuque sont fort petites, trait assez caractéristique pour l'espèce.

Ce Dipsas offre quelques dents plus longues au bout antérieur de la mandibule inférieure ; les caisses sont peu développées, quoique le crâne soit très large. Les cotes sont minces. Les glandes de la tète ne diffèrent guère , par leur forme et par leur disposition , de celles du Dips. dendrophile.

Un brun olivâtre occupe le dessus; le flessous est verdàtre et marbré de brun. De nombreuses bandes étroites et noires descendent du dos sur les flancs, se dirigeant obliquement en arrière; elles sont souvent séparées par des bandes plus larges mais très effacées qui forment des résaux, parfaitement semblables au dessin , qui orne le tronc du Python amethysti-

DIPSAS COLUBRllVA. 273

nus, ophidien du même pays que notre Dipsas. Les couleurs de cette espèce varient assez, soit au j^ris, soit au jaunâtre; elles offrent une légère teinte de pourpre et sont beaucoup plus sombres dans les individus conservés dans la liqueur forte. Le dessin, que nous venons de décrire,, s efface avec l'âge, de sorte que les adultes présentent une livrée très uniforme.

. Ce Dipsas est très abondant dans les îles d'Amboine et de Saparua, d'où MM. Reinwardt, Macklot et MùUer en ont fait parvenir au Musée des Pays-Bas un bon nombre d'individus,

M. Lesson a reçu, lors de son séjour à Macassar,un sujet de ce Dipsas, qui offre une teinte d'un brun jaunâtre uniforme; il fait maintenant partie du Musée de Paris, établissement qui possède plusieurs vieux sujets de cette espèce recueillis par MM. Quoy et Gaimard à la pointe orientale de Gélèbes.

7 Esp. LE DIPSAS COIJJBRIN, D. COL.UBRÏIVA.

L'espèce inédite que nous publions sous le nom de Dipsas colubrina , a été découverte à Madagascar et sur l'île Bourbon par M. M. Goudot et Milius, qui en ont adressé plusieurs individus au Mdsée de Paris.

Elle a plusieurs rapports avec la précédente, qu'elle rappelé parfaitement par son système de coloration dont elle partage le caractère d'avoir toutes les écailles de la même étendue ; mais elle offre des formes beaucoup plus ramassées et une queue peu longue mais robuste, particularités qui lui ont fait assigner l'épitbète qu'elfe porte dans notre ouvrage. On serait même tenté de prendre cette espèce pour une Couleuvre, si son tronc fortement comprimé et la forme et les détails de l'organisation de la tête qui sont absolument les mêmes que chez les Dipsas, ne s'opposaient point à cette distribution.

274 DIPSAS AEjGVPTIACUS.

Le Dipsas anomal étant le seul, avec lequel l'espèce du présent article pourrait être confondue, il suffira de constater qu'elle s'en distingue, outre la différence dans les proportions, par un nond)re divers des lames a])fl()minales et des écailles ([ui sont beaucoup moins grandes, lancéofées et disposées sur 27 rangées. La tête offre d'autres marques distinctives, en ce qu'elle est plus grosse relativement au vol urne du corps et en ce qu'elle a un museau très ol)tus : en oulre, la plaque verticale est plus longue et les occipitales sont très petites; on voit un tour de 8 écailles rangées tout autour de l'oeil qui est assez volumineux; les écailles occipitales enfin ont plus d'étendue que chez le Dipsas anomal.

Cette espèce atteint une longueur de 3 pieds; les individus, que j'ai devant moi, mesurent o,5o t o,£i de o, 335 + o,65 et offrent 190 -+- 6y ou 176 -i- 66 plaques.

Le dessus est d'un hrun marron assez clair , relevé par six rangées de taches noirâtres effacées , et disposées en quinconce: elles sont souvent confluentes et forment alors une espèce de dessin réticulaire. Les parties inférieures offrent ui; jaune d'ocre pâle et uniforme.

8 Esp. LE DIPSAS U EGYPTE. 1>. AEGYPTIACUS.

Voici encore un Dipsas très voisin du Dipsî^s anomal, notamment par le manque d'une rangée d'écaillés dorsales plus grandes que le reste, et qui s'approche davantage de cette espèce que la précédente. D'une taille beaucoup moins forte, le Dipsas de l'Egypte s'éloigne encore du Dipsas anomal: par son corps moins comprimé et moins haut; par son abdomen très peu anguleux; par des écailles descendant obliquement sur les flancs comme on l'observe chez les Xénodons, les Najas etc; par les plaques de la queue toujours divisées ; par une tête beaucoup

DIPSAS NEBULA 1 A. 275

ïmoins grosse, déprimée, obtuse et très aplatie; parla piésence dune seule paire de plaques mentales peu larp^es et d'iip grand nombre d'écaillés gulaires ; par des yeux moins volumineux; enfin par un système de coloration un peu divers.

Une bonne figure de ce Dipsas a été publiée dans \e grand ouvrage sur VEgypte (i) et c'est sur elle que repose le genre TET. ESC o PU s de Wagler (2). M. Reuss (3) en a fourni dernièrement une description d'après lin sujet qui offre des teintes assez unifortnes.

Ceux qui ont été rapportés par Olivier de TÉgypte et du Levant, et qui font partie du Musée de Paris, ont toutes les parties supérieures d un brun grisâtre enfumé , varié de nombreuses bandes transversales peu distinctes et d'un blanc jaunâtre assez pâ!e. Lt dessous est égaleujent nuancé de cette dernière teinte. Une raie foncée s'aperçoit sur les côtés du musrau mais elle se perd vers l'angle de la bouche.

Dimensions: 0,075 + o,i3 ou 0,21 + o,o35. — Plaques 24:^ -h 82; 266 -;- 65; l'individu du Musée de Francfort en offre 263 -^ 74- On compte 4i rangées d'écaillés lancéolées et lisses.^

9 Esp. LE DIPSJS NEBULEUX. D. NEBULATA.

PI. Xlfig. 14 ei: i5.

Les coLUBER NEBULATus(i)etsiEON de Linné rcposcnt tous deux sur le même ophidien , un des plus communs à Surinam qu'il paraît habiter exclusivement. Les collections^ hollandaises en sont abondamment fournies. Nous en tenons

(1) Snppl. PL 5 fig. I. — [i) Syn.p. 182. — (3) col. obtus'us Mu.v. Senh. I P. 11 p. iZn.[[^)Mus. Jd Fr. PL il^fig. i. (5) S-^sL nat. p. 383;^^ Voyez les figures de cetie espèce chez : Scheuchzer 748 , 8 ; Seba II, 20 3 et 7. 17. 4; Merrem Beiti\l p.^\ elle fait pariie du genre siisoi^''

chez FiTZINGER C/ftJ-J". /)(7^. 60. !,C.ff«

27G DIPSAS IVEBIJLATA.

un grand nombre de M. Dieperink à Paramaribo. Les plaques varient depuis 176 f- 74 jusqu'à i8cè | 92; on ne compte que i5 rangées d écailles lisses, en rliombe et d'égale grandeur. Ces données indiquent déjà, que l'espèce du présent article a les formes beaucoup moins alongées que les précédentes; aussi offre-t-elle un corps beaucoup moins élevé dans le sens vertical et une taille moins forte. La tête, que nous avons représentée y?^'. i4 ^^ i5 P/. AI est d'un très vieux individu qui ne mesure cependant que o,44 "*" o, iT): celte partie, de la forme de celle des autres Dipsas, a le sommet plane, le museau est extrêmement gros et aussi baut que large. L'ouverture de la bouche est peu grande et droite; les yeux sont moyens.

Les dents sont assez délicates, en peigne et toutes d'égale grandeur. La mâchoire supérieure est dirigée en dedans, large et nmnie d'une apophyse très petite; les caisses sont moyennes. Cette espèce s éloigne des autres par la disposition des glandes de la tête, vu qu'il existe une nasale et une lacrymale extrêmement développées: la dernière particulièrement est très grosse et parfaitement orbiculaire. La salivalre de la mâchoire inférieure est assez larae. Les cellules du poumon se prolongent sur les membranes de la trachée artère , mais elles y sont assez clair-semées. Le canal intestinal est plus spacieux qu'à l'ordinaire, les inflexions deviennent plus profondes vers le duodénum. Je n'ai trouvé dans une femelle gravide que trois œufs de forme ohlongue et assez développés.

Le Dipsas nébuleux mérite l'épithcte qu il porte à cause des innombrables marbrures d'un beau brun rouge et de blanc , dont le dessus est parsemé. De larges taches de la première teinte quelquefois réunies en bandes transversales disposées en zigzag, régnent le long des cotés du dos et sur les parties inférieures qui sont d'un jaune très clair. En comparant ce système de, coloration à celui du tronc de certains arbres re^/êtus de mousses et de lichens, on est vivement frappé de la grande

DIPSAS M1KA.\II. '111

analogie qui existe entre des objets d'une nature si différente , et dont l'un n'est peut-être qu'une conséquence naturelle de l'autre.

Les petits ont les bandes du corps plus distinctes et la disposition des couleurs plus trancliante que leurs parens.

lOEsp. LE DIPSJS DE MIKAN. D. MIKANII.

Du nombre des ophidiens les plus rares au Brésil, cette espèce n'y a été observée que par M. Natterer , qui en a expédié plusieurs sujets au Musée de Vienne, où elle porte le nom précité: un de ces sujets a étéTommuniqué à notre établissement ; un autre, rapporté par M. Menestier, fait partie du Musée de Paris.

Cette belle espèce, tout en offrant le port, les formes et l'organisation du Dipsas nébuleux, est ornée d'une livrée analogue àcelledu Dipsas de Catesby; c'est-à-dire, qu'elle a le dessus d'un brun jaunâtre souvent moucbeté ou marbré de brun, et relevé par de larges bandes transversales , quelquefois obliques et d'un brun noir tirant sur le pourpre: ces taclies se perdent vers le dessous ou se dispersent en forme de points, de taches carrées moins grandes ou de marbrures. Le sommet de la tète offre un joli dessin composé de plusieurs taches de forme irrégulière. Le collier et le bout du museau sont d'une teinte claire.

Quoique semblable et même très voisine, pour les formes, au Dipsas nébuleux, l'espèce du présent article s'en distingue cependant, outre le système de coloration , par un tronc moins haut, par une rangée de plaques dorsales plus petites, enfin par la forme alongée de sa tête et particulièrement de son museau, qui est très gros et arrondi.

Les deux sujets, les seuls que j'aie eus à ma disposition , m of-

278 DJPiiAS AVEIGELU.

IVsTit i^:^ (limension:\ suivnntes: 0,69 4. 0,18 et o.32 4- 0,06. Le nombre tles plaques est de 170+71 ou de 167 -+■ 46.

U Tyyj. LlL DIPSAS DE WEIGEL. D. WKIGKLII.

PJ. XT fig. 19 ei; 20.

Potir éviter touie possibilité de confondre cette espèce avec la suivante , j ai tracé les portraits exacts de la pbysionomie de ces deiîx o ^liidiens si éloignés I un de l'autre à léopard de la conibrmatlon de cette partie essentielle, quoi(|u' ils se ressemblent par rapport à la distribution des teintes. J'ai éj^alement préféré, pour l'espèce du présent article, le nom inventé par M. FitziNGER (i) àce'ui que Linné (2) avait antéri'eurement appliqué à l'espèce cl api'ès Szea (3).

De toutes les espèces du genre, le Dipsas de Weigel est celui qui présente les formes les plus délicates et les plus grêles. Souvent d Une taille de o,t>2 + o,3i , son corps excessivement com- '{,rimé n'offre un di;nnètre perpendiculaire que deo,oi5 et son cou s'amincit telleiuent vers la tète que cette partie est plus cistincte que dans aucun autre ophidien : elle est très conique, déprimée et à museau court ; les yeux sont graiîds, les plaques occipitales plus alongées qu à l'ordinaire. Ledos est en carène et revêtu d'cne rangée d'écaillé hexagones, beaucoup plus grandes que les autres écailles qui sont alongées et lancéolées: on aura déjà vu par les dimensions relatives du corps et de la queue que ce demie: inembre occupe la moitié de la longueur du tronc:

(1) Clas. p. Sgl — (2) COL. cenchoa Syst. nuc, p. 389. — . (3) Thés-, Il Pi \o flj.'i'ei 3; très bon-jes. — Voyez aussi celle de

CCHÏIUCHZES. pî. 678^^. 3. C'est ICBUNGARUS CENCOALT d'OpPED

Rept. p. 70.

DIPSAS CATliSBYl. 279

aussi sa partie postérieure est-elle très déliée et en fil. Le nombre (les plaques du dessous peut également servir comme moyen de distinction entre les deux espèces voisines : on en compte dans celle du présent article 2 5o -+- i4B ou 263 +175.

Un blanc jaunâtre, tirant sur le rouge parsemé de bigarrures brunâtres, forme la teinte du fond. Une suite de grandes caclies serrées, transversales, soit en rbombe, soit ovales ou même séparées chacune en deux, d'un brun rouge et bordées de noir, règne le long des parties supérieures. Le somnjet de la tête est orné d'un dessin blanc réticulaire, se réunissant sur l'occiput en une ligne qui se perd sur la nuque.

Le Prince de Neuv^ied (i) a observé celte espèce dans les forêts vierges près de la rivière l^Iucuri. Elle atteint , suivant ce voyageur , jusqu'à 5 pieds de longueur totale. On l'appelé cipo ou cuRucucu DE PATTiOBA, dénomination indiquant à la lois l'analogie de ses teintes avec celles du Crotale muet et son habitude de choisir , pour s'exposer aux rayons du soleil, les larges feuilles du Cocos dePatti. Elle préfère les forêts sombres aux contrées découvertes.

12 Esp. LE DÎPSJS DE CATESBY. D. CATESBYÏ.

PI. XI Cg. 21 , 22 et 23.

Il faut se rapporter aux seules figures de Scheuchzer(2), pour se faire une idée de cette espèce, quoique ces figures ne soient pas des plus exactes. Il est probable que ce Dipsas représente le précédent à Surinam et à Cayenne, où il appartient au

(i) Beltr. Rept.p. 396 et suiv. — {1) Bibl. sacra yBg. 8 ;66o,6 et peutêtre aussi 647. 3; col. gatesbyi, Weigel dans Meyer ZooL Arch. vol. p' 55 et QQ'

:>80 DIPSAS PAVOiMAA.

nombre des (jphitliens rares. Les couleurs et leur distribution sont presque les mômes dans les deux espèces voisines ; mais celle du présent article offre des laclies dorsales plus larges et moins nombreuses, ce qui provient en partie de ce qu'elle a des formes beaucoup moins grêles , un corps en proportion plus gros et une queue beaucoup moins longue. Le cou aussi est plus lobuste; de là vient que la tête en est moins distincte: cette dernière partien est remarquable par sa brièveté; par son museau court , large , gros , obtus, par les lames ramassées qui en revêtent le sommet et par l'étendue des plaques du menton. Une rangée de plaques très larges règne le long de l'épine dorsale. Les écailles sont plus grantles (|ue cbez la précédente : aussi n'en voit-on que i3 ou 1 5 rangées. Un collier . blancbatre et une bande de la même teinte qui réunit les narines, sont très caractéristiques.

Ce Dipsas atteint jusqu'à 0,42 |- i5 ,* on ne lui compte que 162 -H 82 plaques. La couleur du fond , d'un blanc jaunâtre, tire sur le brun rougeàtre ; les taches sont rondes chez les uns , transversales chez les autres; l'abdomen est quelquefois d'un blanc uniforme, tandis que d'autres ont cette partie marquée de taches brunes irrégulières. Les dents sont plus délicates que dans les autres Dipsas et toutes semblables.

13 Esp. LE DIPSAS P A VON IN. D. PAVONINA.

C'est sousce nom que feu Cuvier a désigné, au Musée de Paris, un Dipsas intermédiaire entre les deux espèces que nous venons de décrire et analogue par conséquent à toutes deux. Nous en possédons une belle série: il vient également des Guyanes et est tellement voisin du précédent , qu'on les a probablement longtemps confondus. Si je fournissais une description détaillée de cette espèce, je serais obligé de répéter beaucoup de choses

DIPSAS BUCEPHALA. 281

que j'ai dites au sujet duDipsasde Gatesby : il suffira donc d'indiquer les traits qui distinguent le Dipsas pavonin du précédent. Il en a , à peu de chose près, le système de coloration ; mais ses formes sont beaucoup plus élancées et le corps est moins haut, ce qui le rapproche du Dipsas de Weigel; aussi offre-t-il un nombre beaucoup plus élevé de plaques, qui varie depuis 214 -h 128 jusqu'à 220 + 139. La tête est, outre ses formes un peu plus ramassées , absolument organisée comme celle du Dipsas de Gatesby. Mais la teinte du fond ne tire pas sur le brun rouge , comme chez les précédens et les taches brunes , dont le dessus est orné , sont plus foncées et conservent leur forme ronde ou ovale jusqu' au bout de la queue , tandis qu'elles se convertissent en bandes transversales chez le Dipsas de Gatesby. Ges taches, le plus souvent bordées de blanc , ont offert à M. Guvier le trait dont il a emprunté la dénomination , que porte l'espèce au Musée de Paris. L'individu de cet établissement et quatre autres qui font partie du Musée des Pays-Bas ont servi de type à madesciiption.

14 Esp. LE DIPSAS BUCEPHALE. D. BUCEPHALA.

PI. XI fig. 16, 17 et 18.

Il a été constaté par les recherches de Sir Stamford Raf- FLES , que ce Dipsas habite la grande île de Sumatra. Nos deux individus proviennent de l'ancien cabinet de l'université ; ils mesurent environ 0,46 + 0,18. Plaques : 197 (- 110 ; 200 -+- 100. L'espèce cependant atteint une taille plus considérable , comme on peut voir le par la figure , que Si:ba (i) a publiée de

(i) Thés. 1 PL l^Zfig- k ; elle est le type des col. bucephalus de , Shaw. Gen. ZooL IH P. II p. l^ii et des dipsas indic a de Laur. Syri' p» 90.

282 DiPSAS DlfiiirEKlMai.

l'adulte, et qui a été très mal-à-propos rapportée au coph ias ATROx par Linné: Syst. mit. p. 383.

Le Dipsas bucephala a à-peu-près le port du précédent: son tronc cependant est très haut et plus comprimé que dans aucune autre espèce; Tabdomen en conséquence est très étroit, le dos élevé en une carène assez saillante et muni d'une rangée de plaques hexaj^ones et plus larges que longues. Les autres écailles sont peu alongées et en rhombe : on en compte i3 rangées. La tèle de cette espèce est très grosse; les plaques qui la revêtent sont de forme très trapue. Les yeux sont assez grands. Le museau est pluscourtque dans aucun autre Dipsas, conique et plus haut que large: cette brièveté extraordinaire a pour suite et une pareille forme des l'rontales antérieures et le défaut total de plaques du frein. Les su[)erciliaires sont peu larges et descendent en avant de lœil sur les cotés du museau. La lame rostrale est profondément échancrée en dessous , pour recevoir le bout de la mâchoire inférieure qui est courbée en haut. Les labiales ayant peu d'étendue les lames abdominales s'avancent jusque sous le menton, où elles ne sont précédées que par quelques paires de lames très courtes.

Un brun rougeàtre paie occupe le dessus, qui est orné environ de 5o bandes transversales , très larges et de la même teinte que le dessous , qui est dun jaune rougeàtre couvert d'un nuage de petites mar])rures plus foncées. On voit une tache blanche au point où les bandes des flancs touchent à l'abdomen. Les parties postérieures de la tête et son sommet sont marqués de plusieurs raies obliques noirâtres.

15 Esp. LE DÎPSJS DE DIE PERI NK,

DIPSAS DiEPEIlIXiiil.

M. DiEPERiNK , chevalier du lion néerlandais , résidant de-

D81>SAS I>IEPEU3.\K1I. 28:i

puis un grautl nombre d'années à Paramaribo à Surinam , est un (le nos plus zélés correspondans. Le Musée des Pays-Bas (!oit à ses soins une partie considérable des trésors (ju'il renferme. Parmi les ophidiens qu'il a découverts, celui dont l'épitliète doit rappeler les mérites de M. Dieperink , n'est pas des n)oi:is inléressans.

Caractérisée d'une manière toute particulière parla grandeur de la tête et par un tronc plus gros vers les parties antérieures qu'à l'ordinaire , cette espèce offre cependant un port et un enLiend)!e de formes analogues à celles des autres Dipsas.

Je n'en ai vu qu'un sujet unique qui- m'a oftert les détails suivans. Dimensions: 0,46 + o,i85. — Plaques: 224+ i5o. On lui compte 21 raugées d'écaillés, en rhombe sur le cou, de forme lancéolée sur le tronc , assez obliquement disposées et surmontées dure faible carène. Le tronc est assez comprimé et l'abdomen un peu anguleux vers les flancs. La queue est déliée et mince. La tête , plus alongée que chez les autres Dipsas , se rapproche plutôt , pour l'ensemble de ses formes , de celle de certaines Couleuvres: elle est distincte du cou , grosse, à sommet convexe et en pente vers le museau qui est ccmrt, obtus et arrondi au bout. La tête convient, par ses formes, avec celle du naja bongare; mais les pla(jues qiù la revêtent, ressemblent davantage à celles du dipsas de drapiez. On voit une petite plaque frênaie. L'oeil assez graml offre une prunelle orbiculaire. Les dents sont toutes d'égale grosseur.

Le système de rjoloralion de cette espèce présente plusieurs rancorts avec celui des petits de la couleuvre corais. Le brun café très clair qui occupe le fond , est relevé par de larges traits en angle dont la pointe regarde le devant et dont les jambes descendent obliquement sur les flancs : elles sont serrées , d un gris brun et bordées de noir. La couleur du fond, entre ces bandes , forme des taches ou des bandes blanchâtres vsrs les parties postérieures. Une raie fine et noire , naissant derrière les yeux , se réunit aux taches noires du cou dont

^84 DIPSAS «OA.

quelques unes, irrégulières et interrompues, s'étendçnt sur l'occiput. Le dessus est d'un brun jaunâtre.

16 Esp. LE DIPSAS BOA. DIPSAS BOA.

PI. XI fig. 29 et 3o.

Notre défunt ami Boik a lait, peu de jours avant sa mort, la découverte de cet ophidien remarquable. Les cbasseurs javanais lui en apportèrent quatre individus lors de sa résidence à Tapos: ces gens aftirniaient , que ce Dipsas s'approcbe souvent des habitations des indigènes, fréquentant les toits pour y chercher sa nourriture. . .

Boie a conféré à cette espèce l'épithète de Boa à cause des lames simples, dont le dessous de sa queue est constamment revêtu. Ajoutez à cette anomalie: des formes élancées; une rangée de plarjues dorsales en hexagone déprimé, ime tète très large entre les yeux qui offrent une pupille orbiculaire et dont le bord est entouré de nombreuses petites plaques; un museau extrêmement court, conique et tronqué; des lames occipitales très petites, voûtées et proéminentes en guise d« colline; un nombre plus élevé des labiales ; la largeur des plaques du menton , développées aux dépens de celles qui revêtent la lèvre inférieure; plusieurs dents plus longues au bout antérieur de la mandibule inférieure; enfin un système de coloration tout particulier et très beau: et vous aurez les principaux traitsqui font de ce Dipsas un des serpens les plus curieux. Les écailles sont alongées , lisses, très obliques, en rhondje eî; disposées sur i3 ou sur i5 rangées lono^itudinales. Le tronc oilre la forme de celui du Dipsas de Calesby , la queue est effilée : ces parties mesurent environ 0^45 "+~ 0,19. Les plaques du

DÏPSAS CARIiVATA. 285

dessous sont très larges , et au nombre de 103 -f- 88 , ou de i56 -H 106.

La couleur dominante est un beau gris pourpre. Les flancs sont ornés d'une vingtaine de taches déchiqnetées , irrégulières, très larges, couleur de rose et bordées de noir, quelquefois confluentes sur le dos, et s étendant sur l'abdomen. La lèvre supérieure, de la même teinte, est marquéeau dessous des yeux, d une bande foncée. Le tout est raie d'innombrables marbrures brunes, entresemées de points et de taches noires: de sorte que l'ensemble des teintes imite celle de lécorce des arbres, ce qui est particulièrement le cas avec les individus qui ont les taches roses moins prononcées. L'iris est moitié rouge, moitié bleu. Les jeunes sont plus foncés. L'esprit de vin affecte les belles teintes rouges et les change au gris ou au blanc.

17 Ksp. LE BIPS AS CARÉNÉ, DIPSAS CARINATA.

PI. XI fîg. 26-, 27 et 28.

Quelques légers rapports dans l'organisation de ce Dipsas avec le suivant ont suffi à feu Kuhl pour en faire, sous le nom d'AM BL Y c EPH A LE , uu gcurc à part (1), genre adopté ensuite par Boie qui y ajouta également le précèdent et le dipsas de MiKAN. Comme toutes ces espèces cependant sont très étroitement liées aux autres espèces de notre genre et comme elles diffèrent entre elles beaucoup plus que des autres Dipsas, nous les réunirons avec ceux-ci dans une même coupe , jusqu'à ce que peut-être de nouvelles découvertes viennent aggrandir les connaissances que nous avons sur ces animaux.

(1) Chez Wagler ce Dipsas forme à lui seul un genre, celui de p \- R E AS , voir Syst, /j- 1 8 1 . 1

286 DIPSAS CAllUXATA.

Le Dipsas caréné, ainsi appelé par M. REiNWiRDT , parceque les écailles du dos sont surmontées d'un faible carène, se trouve à Java, d'où nos voyageurs nous en ont fait parvenir un hon nombre d'individus.

Cette espèce a les formes beaucoup moins alongées que les précédentes ; son corps esc j lus gros et moins comprimé, T abdomen plus large; le dos en carène , la queue très courte, conique et brusquement séparée du tronc. Elle a à-peu près le port du Dips. nébuleux, mais sa tète est beaucoup plus grosse et le museau extrêmement court, large, émoussé et arrondi. Les plaques qui revêtent ces parties sont ramassées; l'œil est bordé tout autour de 4 plaques étroites; la lèvre su[)érieure , écliancrée en avant, descend fortement, ce qui iaiL(jue la pbysionomie de cette espèce ressemble à celle d im cbien dogL:«\ On compte i5 rangées d'écaillés en rliond)e, moins alongees que dans la précédente ; celles qui régnent le long du dos sont à peine plus larges que le reste , mais elles ont le jjout tronqué.

Ce Dipsas parvient rarement jusqu'à 0,4^ '^ o,io. lia longueur de la queue varie, comme on peut voir par les mesures d'un autre individu , qui offrait 0,38 -î- o,io. Autant vaut du nombre des plaques , vu qu'il ne surpasse dans les uns que i6o H- 02, tandis qu il s'élève cbez les autres jusqu'à iy4 ~*~ 6o.

Le crâne de ce Dipsas est composé d'os très délicats; les caiiises sont moyennes ; la mâclioire supérieure est extraordinairement courte, l'inférieure droite: toutes deux sont munies de dents plus longues en avant , serrées , très fines et en peigne. Le ptérygoidien en est dépourvu, mais on en voit plusieurs aux os du palais. Celles de la mâchoire supérieure sont courbées en dedans.

Le brun marron des parties supérieures est interrompu par de nombreuses bandes étroites , transversales et composées de petites taches d'un brun noir et disposées en zig-zag: elles se perdent avec l'âge , de sorte qu'il n'en reste que les bordures des écailles plus foncées. Le dessus est jaune, finement moucheté

DIPSAS LAKVIS. 287

de noir, et quelquefois orné d'une triple suite de points de la niêmecouleur. On voit, sur la nuque, (]eu\ triuis noirs en croissant qui se touclient par leur côté convexe. Le corps de cette espèce est également marbré et varié de brun , ce qui la confond avec les plantes parasites qui revêtent l'écorce des arbres et de dessous laquelle M. Boie en a retiié plusieurs , en faisant la chasse aux insectes.

Nous avons communiqué cette espèce , figurée dans X Erpétologie de Jcwa (i), aux Musées de Vienne, de Municli et à plusieurs autres cabinets d'histoire naturelle.

18 Esp. LE DIPSAS LISSE. f>iPSAS LAEA^IS.

ri. Xlfig. a4 et 25.

La même planche de \ Erpétologie de Jaua , sur laquelle se trouve le portrait de l'espèce précédente, contient aussi celui duDipsas laevis, ophidien voisin pour la physionomie, de cellelà; mais qui s'en éloigne par ses formes beaucoup plus ramassées, par sa queue très courte , par son corps et son cou moins comprimés et plus gros, par sa tête peu distincte et moins large, par le défaut de plaques du frein et de plaques oculaires inférieures , enfin par ses écailles lisses.

De plus, il a les teintes foncées ; les bandes transversales d'un noir plus ou moins profond , se détachent souvent sur l'abdomen sous forme de taches carrées; on ne voit point de tache sur la nuque et les plaques occipitales , plus alongées qu'à l'ordinaire, sont entourées d'autres plaques irrégulières plus petites. Quelques individus ont le corps d'un brun roux uniforme tirant sur le noirâtre , et Boie en a observé une jolie variété

288 mPSAS LEUCOCEPHALA.

d'un bleu pale , avec des bandes de bleu profond; l'abdomen de ce jeune individu était jaune et la rangée dorsale d écailles relevée par la même teinte.

La charpente osseuse de ce Dipsas javanais ressemble à celle de la précédente. Il a l'estomac très long et étroit. Les intestins grêles , après avoir formé de profondes inflexions , passent subitement dans le rectum qui est assez spacieux, mais qui se rétrécit vers l'anus. Le poumon est peu développé et n'offre qu'un seul lobe.

Ce Dipsas ne surpasse guère 0,20 -h o,o5 ou 0,^2 -H o,o5; ^l'autres individus mesurent o,3o H- 0,06. Nombre des plaques; i5o -h 34 ou 1644- 4<^ '1 — i5 rangées d'écaillés.

19 £sp. LE DIPSAS A TÈTE BLANC HE.

DIPSAS leuco(:i:piiala.

Un ouvrage de luxe peu connu et dont la publication a été arrêtée dès la première livraison , le Deleclus faunae et florae hrasiliensis du professeur Mikan de Prague , contient la figure de 06 serpent décrit sous le nom de col. leucocephalus. M. FiTziNGER l'a rangé dans son genre boiga, Class. p. 60; BoiE dans celui de lycodon (i). Ce dernier rapprochement doit plutôt être attribué à l'analogie des formes du lycodon AubAX avec les Dipsas, et particulièrement avec celui dont nous nous proposons de traiter. On en doit la découverte aux recherches de l'infatigable M. Natterer au Brésil. Un seul individu nous a été adressé du Musée de Vienne; d'autres de celui d'Utrecbt, où ils se trouvaient déjà anciennement.

On peut comparer ce Dipsas au suivant; celui du présent

(i) J'ai trouvé cette espèce au Musée de Paris sous le nom de col.

COMPRESSUS QPPEL.

mPSAS MACRORIIIIVA. 280

article a cependant les formes plus élancées, quoiLjue sa queue soit moins longue. Les écailles sont lancéolées , à bout un peu tronqué et disposées sur 19 rangées, dont la mitoyenne est à peine plus large que le reste. Le museau est moins gros et plus conique; la plaque rostrale ne s'avance point sur le sommet de la tête, dont les lames sont plus alongées qu'à l'ordinaire. Le cou est très grêle , l'abdomen faiblement anguleux. Un gris pourpre, varié de marbrures brunes , occupe le dessous qui est orné d'une cinquantaine de bandes transversales d'un brun foncé. Cette teinte domine sur le cou , mais elle est brusquement séparée de la tcte par la couleur blanche qui occupe cette partie, et qui passe au brun vers le museau. Le dessous est jaunâtre. 1,80 -+ o,33 j 282 -1-98 ou 267 -f- n6.

20 Esp. LE DIPSJS GROS NEZ. D. MACRORHINA.

PJ. Xlfïg. 3r et32.

Les raisons , qui ont engagé feu Boie à placer celte espèce à la suite des Couleuvres, me sont aussi peu claires, que celles de Wagler qui en a fait un genre àpart (1). Le seul individu, qui ait servi de type aux recherches de ces naturalistes, est d'origine inconnue. J'ai été assez heureux pour en rencontrer un autre dans la collection académique à Utrecht, et que MM. les professeurs, employés auprès de cet établissement, ont bien voulu céder au Musée des Pays- Bas. Un troisième vient de nous être adressé de Cayenne.

Cette espèce , une des mieux caractérisées du genre , a le port du DiPSAS DE DRAPIEZ, mais ses formes sont beaucoup moins alongées 5 son corps, quoique fortement comprimé, est

(l) RHINOBOTHRYUM SySt. p, l86.

21)0 jiiPSAS xaitï:ueui.

|>lus gros relativement à la taille de laniiual et sa tête est plus large.

Les angles prononcés de l'abdomen et do la queue; un nm- ^ seau plus.alongé qu'à rordliiaire, assez large jusqu au bout et tronqué ; des narines très ouvertes ; une plaque rostrale large, échan<^rée en dessous et s'avancant entre les plaques frontales antérieures pour toucher aux frontales postérieures: voilà des caractères aussi particuliers que tranchés , servant à distinguer cette espèce de toutes les autres.

Les lam<3s verticales et surciliaires ont peu d'étendue. On compte 2 1 rangées décailles de semblable grandeur, en rhombe et en majeure partie surmontées d une forte carène. Les maxillaires sont armés, àleurbord postérieur, de plusieurs dents sillonnées , plus grandes que le reste.

25 à ?)0 Anneaux très lari>es et alternes de blanc et de noir, entourent le tronc et la queue deceDipsas; les premiers offrent dans leur centre une tache assez grande, en rhombe disposée transversalement, d'uneteinterougeàtre, et parsemée de gouttes irrégulières noires. La tète est revêtue des plaques noires bordées de blanc, teinte qui entoure aussi l'occiput en forme de collier : le sonnuet offre un dessin analoirue à celui que 1 on voit sur la tète des Lycodons.

Le petit individu présente o,64 -4- o,i8 et 266 + 120; le grand : 1,00 + 0,28 et 278 +116.

21 Esp. LEDIPSJS DENATTERER. D. NATTERERI.

Les genres dryophilax et thamnodynastes de Wagler (i) reposent sur le col. n attereri de Mikan

■■i) Srst. p. t8t f/ iS'î.

DIPSAS ÎVATTERERl 291

et le N A T R I X p u N c T A T I s s I M A de Waglep. : flei! x espèces extrêmement voisines et qui paraissent être les representansdu même type dans deux contrées différentes. L'affinité de ces ophidiens est, en vérité, si grande qu'on ne parviendrait pas à \€ê distinguer l'un de l'autre sans avoir recours au caractère tiré de la présence ou du défaut de carènes sur les écailles du tronc.

Le Dipsas de Natterer habile les provinces méridionales du Brésil, tandis que le dipsas punctat issi m a se trouve depuis les Guyanes jusqu'à Bahie. Ces deux espèces s'éloignent autant des véritables Dipsas que les Dipsas lae\is et Mikanii; elles en ont cependant le port et joignent aux formes des Dipsas une très petite taille et une tête qui se rapproche sous beaucoup de rapports de celle des Dendrophis. Cet organe est légèrement distinct du tronc , assez conique et plus alongé que cela n'a ordinairement Heu chez les Dipsas. Le museau court et conique est terminé en une pointe obtuse et arrondie. Les plaques, qui revêtent le sommet de la tête , sont de moyenne étendue et se font remarquer par leur forme effilée , caractère plus prononcé dans l'espèce suivante. On voit une dent phis longue à chaque extrémité postérieure des maxillaires et on compte le plus souvent ly rangées d'écaillés lancéolées.

L'espèce du présent article a toutes ses écailles surmontées d'une carène. L'œil est plus volumineux que dans le dipsas punctatissima, mais la queue est moins longue et offre en conséquence un nombre moins considérable de plaques.

La couleur du fond varie du brun-roux au brun jaune; mais les individus conservés dans la liqueur forte, n'offrent qu'un brun assez terne. Le dessous est jaunâtre et orné de quatre raies longitudinales très fines formées , chacune, par deux séries d'innombrables petits points ti'un brun noirâtre ; d'autres points semblables et également disposés en séries.

'2\y> DIPSAS PUACIATISSIMA.

se voient entre ces raies al)dominales qui s'évanouissent sous la gorge, tandis qu'elles confluent sur le dessous de la queue. Les teintes des parties supérieures sont tantôt uniformes , tantôt relevées par des bandes transversales, formées seulement par les bordures noires des écailles; d'autres individus offrent une rangée detacbes claires qui régnent sur le dessus: confluant sur le dos, < es tacbes ainsi que les bandes noires, forment sur la nuque trois rubans longitudinaux dont les pointes des dernières s'étendent sur la tète en guise de tacbes alongées et effacées. Une raie fine et noire , naissant de l'œil , se dirige sur les côtés du cou.

Dimensions: 0,22 -j- 0,07 ou o,63 h- 0,20. Plaques: 148 -f-64 ou 186 -+- 84.

Mikan (i) a figuré un individu de cette espèce, recueilli dans les environs de l\io-.Taneiro. Le Prince de Neuwied (2) l'a observée près des rivières Espiritu-Santo et Jucu ,• on doit aux soins de ce savant les figures des deux variétés principales (3) dont nous avons fait mention. Nos sujets proviennent des voyages du Prince et de M. Natterer j ceux du Musée de Paris^ont été recueillis près de Buenos-Ayres.

:22 Esp. LE D. MOLCHETE. D. PUNCTATISSIMA,

ri. Xlfig. 33 et 54.

Des écailles carénées; une lame verticale plus alongée ; un œil moins volumineux; une queue plus longue et garnie de plaques plus nombreuses; enfin des teintes du fond plus claires: voilà les seuls traits servant à distinguer cette espèce de la précédente.

(i) Delect. Fasc. I: col. nattereri. — [1) Beit. p, i']']. — (3) Jbbild. Livr. XIV PL 4.

DIPSAS GAIAIAUDII. 2î):{

Spix (i) en a fait la découverte dans les environs de Bahie; notre Musée en a reçu depuis plusieurs sujets de Surinam par les soins de M. Dieperink. Elle habite aussi la Guiane fran-

çaise.

Elle ne diffère , quant à la distribution des teintes , du d i p s. NATTERERi , qu'cu cc quc la couleur du fond est d'un brun

roui^eâtre assez clair.

o,v38 -+-o,i6. — i^i -+- 35 ou i55 + 96.

23 £sp. LE DIPSJS DE GAIMARD. D. GxVÏ3IARl>Il.

Je partage les vues qui ont dirigé les savans professeurs du Musée d'histoire Naturelle de Paris , en dédiant cette espèce , fruit de ses propres découvertes à 3Iadagascar , à l'infatigable voyageur qui s'est concilié, par son caractère aimable, de nombreux amis au nombre des quels il m'a fait l'honneur d'être admis.

Assez analogue à la suivante par rapport à son organisation et son système de coloration, on ne saurait en distinguer cette espèce que par l'extrême délicatesse de toutes ses parties, délicatesse d'autant plus sensible que ses formes sont des plus élancées. Il s'ensuit naturellement que le nombre des plaques est beaucoup plus grand que chez le Dipsas ^annulé, où il ne s'élève guère à 190-1-94, tandis que le Dipsas de Gaimard en offre 276 4- 116; on voit aussi sous la queue plusieurs plaques simples. Son corps, long de 0,4^^5 -*- 0,1 15, n'a que très peu de hauteur: il est assez déprimé, en conséquence mince et arrondi sur le dessous. Les côtés de la queue offrent un angle assez léger.

(i) Serp, hr. PI. ik Jig. 1 p. Sq: natrix punct 4 tissim a. Comparez aussi ScHEUCHZER 578, 1. — col. lineolatus Oppei, du Musée (le Paris appartient à <;ettc espèce ou à la précédente.

2Î)J 2)EPSAS A.\:\'tLxVTA.

Vn brun pourpre assez pâle occupe le dessus^ il est relevé par (les bandes transversal«^s plus larges sur le dos, qui sont d'un noir rougeàtre et dont le nondjre s'élève jusqu'à 80: elles sont quelquefois accompagnées, sur les flancs, de taches, et entourent la queue sous forme d'anneaux assez effacés sur le dessous de ce membre.

On compte ir rangées d'écaillés à surface unie et toutes de la même étendue; celles du cou sont déforme lancéolée, mais elles deviennent carrées vers les parties postérieures.

Le Dipsas de Gaimard n'est connu que d'après l'objet unique qui fait partie du Musée de Paris, et qui m'a été prêté pour ma description.

24 Esp. LE DIPSAS ANISIELÉ. D. ANNULATA.

C'est un des serpensles plus conmiuns dans les collections: il vient ordinairement de Surinam ; M. d Orbigny cependant l'a rapporté de S^^ Gruz de la Sierra ; Plée en a recueilli plusieurs sujets à la Martinique; M. Barabino enfin en a adressé au Musée de Paris qui ont été pris dans le Delta du Mississipi. Son port le rapproche des cor on elle s. et particulièrement de laCoronella rufescens; mais il a les formes plus élancées. Le tronc est un peu compriLné ; l'abdomen convexe; les écailles sont lisses, enrhombe,de sendjlable grandeur et disposées sur 19 rangées. Il a les plaques de la tête moins ramassées que les autres Dipsas; aussi cette partie est-elle moins distincte , vu que le cou est plus gros : elle a quelque analogie dans les formes avec celle du dipsas de weigel.

Une double suite de taches très larges , d'un brun pourpre foncé , souvent confluentes et formant une large raie qui serpente le long du dos, occupe le dessus. La couleur du fond est un brun roux plus clair; le dessous est jaune. Une large raie se

DÏPSxiS FALLAX. 20)

proiongt; derrière l'œil jusqu à l'angle de la boiiolie. La disposition des teintes de cette espèce est variée à l'infini : je renvoie mes lecteurs aux nombreuses figures, ([ue les auteurs en ont publiées. Les couleurs ne sont pas sujettes à des cliangeniens produits par Faction de la liqueur forte.

La charpente osseuse de ce Dipsas offre un caractère très particulier: les apc)pliys«^s articulaires sont plus alongées qu'à l'orcnnaire, plus larges vers le bout et terminées par un plan, concave au centre, transversal et représentant unefi<'ure elliptique. On voit plusieuis dents longues et sillonnées au bout postérieur de chaque branche de la mâchoire supérieure. Les glandes de la tête sont , chez cette espèce , beaucoup plus déve!op|)ées qu'à rordimûre : c'est particulièrement le lobe postérieur des maxillaires qui offre un volume très considérable ; la nasale manque. Le canal intestinal présente des replis profonds et serrés ; descendant ensuite presque tout droit, il s'élargit brusquement pour former le rectum. Le poumon est simple dans ce Dipsas.

o,52 H- o^jg- — 18*2 4- 84 t)ii 190 -r 94-

Des figures de cette espèce se trouvent chez: Sckeuchzer 652. ï ; Seba. //. i3. 4; 17- 4? 5 2. I ; 37. 1 ; et 82. 2 ; Linn. Mus. Ad, Fr. PL 8 /.' 2 COL. annulatus et Merr. Britr. I PL îi et IlIPL'5et4.

25 Espi LE DIPSAS FALLACIEUX. i>. FAL^^AX.

PI. XI fig. 35 et 3 fi.

Cette dénommation convient peut-être également peu à cette espèce qu'une place dans le genre Dipsas dont elle tient beaucoup pour les caractères , quoique ses mœurs paraissent la rapprocher des coîionki, t. k s. Quoi qu'il en soit, mes^

2f)(> DIPSAS FALLAX.

vues, en la décrivant ici, étaient de ne point la séparer de l'espèce précédente analogue , à beaucoup d égards , à celle du présent article. Elle abonde en Dalrnatie, où M. Cantraine en a trouvé plusieurs au mois de Décembre, rampant lentement au milieu des ruines d'un vieux château. Olivier la déjà rapportée de son voyage au Levant , et elle vit également en Morée, où M. Bory de St. Vincent en a recueilli des sujets.

Elle ressend)le, quart au port , à la précédente, mais elle a les formes un peu plus trapues; sa queue est plus courte, sa tête plus déprimée, l'œil plus petit et les plaques occipitales sont moins larges.

On peut établir comme caractère de ce Dipsas : une plaque frênaie alongée et toucliant au bord de l'œil. Les écailles sont lisses, en rbombe et disposées sur 19 rangées. La mâchoire supérieure offre une ou plusieurs dents postérieuressillonnées.

Un beau gris brunâtre ou olivâtre et marbré de noir occupe le dessus qui est orné de plusieurs suites de taches larges, très irrégulières, anguleuses et noires: celle qui orne la nuque, est en croix ; une raie plus pâle descend derrière les yeux. Le dessous est jaunâtre et également marbré. La pupille est d'un jn une d'or.

La belle figure de cet opliidien publiée par M. Fleisch- MA.NN (i) laisse peu à désirer: cest le col. vi vax du Musée de \ienne et I'elaphe paryssii de VYagler , Icônes PL 27.

«Cette espèce ne va pas dans l'eau, et se nourrit d insectes, de >' souris et de lézards. Elle habite la Dalrnatie et llstrie, où «elle se tient sous les pierres, ne quittant son repaire que « de grand matin et vers le soir. Elle a les mouvemens moins ^ agiles que les Couleuvres proprement dites. » (Feeischmann p. 23 et i/\.)

( 1 } Dissertât. /•/. i : t a r i; o p h 1 s F a L l a x-

5 Sam. Ces ^cxycm îi'cau tiOWCC,

1 Genre. LES TROPIDOJVOTES.

TROPIDONOTUS.

11 faut plutôt regarder cette coupe générique comme un assemblage d'espèces de Couleuvres, très analogues les unes des autres pour 1 ensemble des formes , que comme un genre distingué du reste par des traits saillans dans l'organisation. Elle appartient néanmoins au nombre des plus naturelles et , une fois habitué à la physionomie particulière des Tropidonotes , on ne manquera pas de les reconnaître au premier coup d'oeil.

Ce sont des Couleuvres terrestres de moyenne taille, dont la plupart préfèrent le séjour près des eaux qu'elles fréquentent très souvent, soit pour s'y retirer à l'approche de quelque ennemi , soit pour aller y guetter leur proie. Ces habitudes n'ont pas même échappé à l'observation du ] eiiple , qui unanimement et dans les contrées du monde les plus éloignées les unes des autres, désignent ces animaux sous la dénomination de serpens d'eau, ce qui paraît avoir engagé Schxkider à en ranger plusieurs espèces parmi les HYDROPHis, avec lesquelles elles n'ont rien decommun. Ses successeurs, au lieu de rectifier cette erreur étrange , ont développé ses idées et voilà l'origine de ce mélange confus d'espèces, quicomposentU s genres Enhydris de Latreiile , Hydrophis de Shaw etc.

Un tronc le plus souvent très volumineux, l'étendue de la tète dans le sens latéral , la brièveté de la queue , un abdomen assez

ii)8 iROPiDOA or us

large, en un mot : la conformation des diverses parties de leurs corps annonce que ces serpens peuvent s'en servir, avec succès, dans la natation.

On peut prendre pour type du genre notre couleuvre A collier: elle forme avec les autres espèces une série non interrompue dont les dernières offrent, à mesure qu'elles se rappro^chent des Homalopsis , une structure et des moeurs analogues à 'celles de ce genre; en un mot, des habitudes plus aquatiques.

Tous les Tropidonotes sont étroitement liés entre eux par l'ensemble de leur organisation : ils conviennent même jusqu'à la disposition et les nuances des teintes, et jusqu'au nombre des plaques lequel , vu les formes trapues du corps, est [jeu considérable, et dans prescjue toutes les espèces environ de i5o + 60. La queue est quelquefois revêtue en dessous de deux sortes de plaques. Les écailles sont toujours surmontées d'une carène plus ou moins forte, particulièrtnnent prononcée sur le dessus, cequi leur a valu la dénomination générique, inventée par KuuL et appliquée très mal-à-propos par lui à toutes les Couleuvres javanaises, dont les écailles sont carénées. Boie , reconnaissant ces erreurs, en a déjà éloigné un grand nombre d'espèces hétérogènes : j'adopte ses vues, toutefois en y apportant quelques restrictions qui m'ont paru nécessaires. Les Tropidonotes faisaient autrefois partie du grand genre des Couleuvres, vu que les plaques qui revêtent leur tête offrent les formes usuelles : plusieurs naturalistes modernes, rejetant les vues de mes prédécesseurs , les ont distribué dans des genres très ditférens ; il serait inutile d'énumérer tous ces petits changemens.

Quelques espèces restent très petites , d'autres au contraire atteignent jusqu'à 4 t)U 5 pieds de longueur totale: les individus de cette taille ont le tronc delà grosseur d'un pouce et demi environ. Gomme cette partie n'est jamais comprimée, il resuite que l'abdomen est très large et légèrement convexe ,

TUOPIDOIVOTUS. 2î)0

et que les cotes , au lieu de descendre perpendiculairement, sont moins arquées que dans les autres Couleuvres. Cette conformation , ainsi que celle de la queue qui offre les mêmes proportions que le tronc, indique la facilité avec laquelle les Tropidonotes se meuvent dans l'élément liquide. Les muscles de la locomotion trouvent un point d insertion favorable dans les apophyses des vertèbres qui sont le plus souvent assez développées, toutes les vertèbres du tronc offrant une série d'apophyses épineuses inférieures, tandis que les vertèbres de la queue sont munies d'une double série. Une section perpendiculaire du corps présente un triangle sphérique à angles très émoussés.

Toutes les espèces ont les écaill es en rhombe ou de forme sublancéolée et le plus souvent disposées sur 19 rangées longitudinales; les carènes sont plus saillantes dans les espèces qui font le passage aux Homalopsis. La tête est toujours de moyenne grandeur , déprimée, large à la base et par conséquent un peu distincte du cou: de forme conique, elle se termine en un museau, qui est court, peu large et à bout arrondi. Cette conformation est la cause de la petitesse des plaques frontales et de la position des narines rapprochées au bout du museau , et dont la petitesse jointe à leur position un peu verticale , annoncent la manière de vivre des Tropidonotes. On peut en dire autant des yeux qui, peu volumineux et moins latéraux que dans les autres Couleuvres , sont placés de telle sorte que l'arrimai peut s'en servir pour voir également bien de côté et vers le ciel. Leurs joues, enflées par la grosse glande maxillaire qu'elles recouvrent , contribuent particulièrement à rendre la partie postérieure de la tète volumineuse, et sont la principale cause de la grande courbure que fait la ligne qui termine la lèvre supérieure. Cette ligne qui monte fortement pour rejoindre la coîmnissuredes lèvres , leur gueule très fendue , enfin la position des narines et des yeux, rendent la physionomie des Tropidonotes un peu sauvage, quoique ce soient des serpens très innocens.

:]()() TKOPIIIOAOTUS.

Les lames qui revêtent la tète sont en général moins larges que celles des Couleuvres: aussi leur forme et le nombre sont-ils les mêmes dans les deux genres , avec cette exception toutefois que tous les Tropidonotes ont trois plaques oculaires postérieures : le Tropidonote du Cap n'en a ordinairement que deux , tandis qu on en voit accidentellement quatre chez plusieurs autres espèces.

La largeur de l'occiput est encore du(^ en partie aux dimensions considérables des mastoïdiens et des caisses. Les os des Tropidonotes sont en général assez vigoureux; leurs mâchoires sont courbées , et cette courbure est particulièrement sensible au bout postérieur de la mâchoire supérieure, où l'on voit le plus souvent une ou plusieurs dents solides et plus longues que le reste. Il serait supeillu de répéter que cette Ibrme des mâchoires a pour suite celle de la ligne qui termine l'ouverture de la bouche. Le maxillaire est peu long. Les dents sont plus courtes et plus arquées mais aussi beaucoup plus grosses que dans les Couleuvres. L'interniaxillaire est déprimé et en croissant ; les nasaux sont en triangle et petits. Le Cl âne en général est peu large; les pterygoïdiens au contraire sont remarquables par leurs dimensions considérables. L'anatomie des Tropidonotes ne présente guère de faits assez intéressans pour être cités dans un ouvrage élémentaire, si toutefois on en excepte le Tropidonotus scaber, qui offre plusieurs anomalies très curieuses dans son organisation, anomalies que nous rapporterons en leur lieu. Les glandes salivaires sont particulièrement développées vers le bout postérieur; celles de la mâchoire inférieure ont une étendue considérable; la rostrale ainsi que les nasales paraissent exister constamment; la lacrymale est de moyenne grandeur et toujours revêtue, du moins en partie, parle maxillaire et les muscles delà manducation; on observe quelquefois deux petites glandes sousmaxillaires de forme orbiculaire. La disposition des glandes de la tête, telle que nous venons de la décrire , est a-peu-près la même dans la plupart

TROPIDOi\OTUS. ;K)1

(les espèces (i). On ne voit qu'un seul sac pulmonaire. Les replis, que forment les intestins, sont noiîjbieux mais peu profonds.

La couleur tlu fond des Tropitlonoîes est le plus souvent très foncée et sombre, mais la plupart sont ornés de taches de teintes très vives. Un collier blanchâtre suivi , sur la nuque, d'une tache noire, caractérise constamment plusieurs espèces; d'autres ont cela de particulier, que la peau du cou est d'un beau rouo'e, couleur cachée dans l'état de contraction parles écailles.

Les jeunes diffèrent des adultes par la disposition plus tranchée des teintes qui sont quelquefois assez vives. Les espèces connues ne m'ont point offert de caractère indiquant les différences des sexes.

La pluralité des Tropidonotes habite dans l'Asie et notamment dans les îles du grand Archipel indien. L'Afrique méridionale n'en produit qu'une seule espèce; l'Europe deux qui se trouvent également dans tous les pays bordant la Méditerranée; on en compte autant au Japon ei plusieurs dans lAmérique du Nord. On n'en connaît point de la Nouvelle-Hollande ni de l'Amérique méridionale; ils sont remplacés dans ce dernier pays par les Homalopsis. On voit par ces données que les Tropidonotes peuvent également bien supporter et les chaleurs des régions tropiques et les intempéries des latitudes élevées. Quelques espèces sont dispersées sur une grande étendue de terre ; d'autres au contraire paraissent bornées à un espace très étroit.

Les Tropidonotes abondent particulièrement près des lacs , des rivières ou des ruisseaux, dont les bords sont ombragés de bois. C'est là qu' étendus sur un rocher ou sur les branches des broussailles, ils guettent leur proie qui consiste spécialement en grenouilles et en poissons , sur lesquels ils s'élancent dès que ces animaux se montrent à la surface des

(i) Voh' DuvEBNOY Jnn. d. se. nat. XXVI PU 6: glandes du col. N A T R I X ; PI, 7 fig. I et 2 : glandes du trop, q u i n c u n ci a tus.

:]()2 I ROPfiDOXO TUS

eaux. Ils plongent eux-mêmes avec beaucoup de dextérité et peuvent rester long-temps au fond de l'eau , avant de renouveller l'air contenu dans leur poumon. Les espèces javanaises ont les mêmes habitudes: elles se trouvent en nombre considérabledans les grands champs deSawa inondés et fréquentent aussi les forêts primitives jusqu'aux cimes des montagnes. Habiles nageurs, les Tropidonotes préfèrent seretirerdans l'élément liquide, quede chercher leur salut dans la fuite surla terre ou sur les arbres, quoiqu'ils sachent également bien ramper dans les plaines que grimper sur des objets élevés. Tout lieu d'habitation leur est indifférent, pourvu qu'ils y trouvent de quoi se nourrir. Voilà pourquoi la même espèce se rencontre tantôt dans les plaines recouvertes de bruyères ou dans les prés , tantôt sur les bords des bois éloignés des eaux, et même dans les forêts épaisses ou siU' les montagnes jus(|u à une hauteur considérable. D'autres espèces cependant semblent ne jamais quitter les lacs, les rivières ou les eaux dormantes; ces habitudes, analogues à celles des poissons , les ont fait comparer dans quelques lieux aux anguilles . Quelques Tropidonotes se tiennent près des maisons , qu'ils fréquentent pour éviter le froid; ils s'établissent aussi dans les trous, creusés par les mammifères fouisseurs, et «'y retirent à l'approche de quelque danger Ils vivent souvent en société. Ceux, qui habitent les contrées tempérées, demeurent engourdis durant l hiver. Les Tropidonotes pondent des œufs, dans lesquels on voit souvent le jeune assez développé.

1 Esp. LE TBOPIDONOJE A COLLIER.

TROPIDOAOTLS NATRIX.

Tout le monde connaît ce serpent, si commun dans presque toute l'Europe et peut-être aussi dans une grande partie de l'Asie,

TROPIDONOTUS \AJRI\. 30:^

Une tête déprimée et larges, la belle couleur (fun brun bleuâtre ou verdâtre plus ou moins foncé et relevé par plusieurs suites de bandes ou de taches noires , un collier blanc ou jaune bordé postérieurement d'une grande tache d un noir profond, des bordures noires des lèvres, les plaques de la tête d'une forme très régulière: voilà les principaux caractères de ce Tropidonote.

Les teintes cependant sont extrêmement sujettes à varier. Les taches noires transversales du corps, ordinairement déchiquetées ou en zigzag et disposées sur 3 ou 4r^Tigs alternes, sont tantôt larges tantôt petites et plus ou moins sensibles, suivant que les teintes du fond sont claires ou foncées : elles disparaissent totalement dans les individus du Sud-est de l'Europe, qui offrent souvent des teintes uniformes noires. 11 en est de même avec les taches noires et carrées du dessous qui confluent alors sur la ligne médiane de l'abdomen: quelquefois elles sont si larges que la couleur du fond s'entrevoit à peine , tandis que d'autres individus ont l'abdomen d'un bleuâtre uniforme, sans la moindre trace de taches. Les individus de l'Italie , de la Grèce et de la Sardaione sont souvent d un bleu très clair avec deux raies dorsales d'un jaune d'or, teinte qui occupe également le dessous et quelquefois aussi le collier. La couleur du fond varie dans toutes les nuances depuis le brun au noir. J'omets le détail inutile des descriptions minutieuses de ces variétés fugitives.

M. Lenz n'a trouvé d'autre différence entre les mâles et les femelles que dans la taille plus considérable des dernières. Les adultes conservent les mêmes belles teintes dont les petits sont ornés.

Le bout postérieur du maxillaire est armé de plusieurs dents plus longues que le reste. Les os du crâne sont plus courbés dans les adultes, et cette partie est comparativement plus large que dans les jeunes. Les apophyses des vertèbres sont moins développées que chez les autres espèces.

304 TROPIDOXOTUS IVATRIX.

Le Tropidonote à collier atteint jusqu'à cinq pieds de longueur totale, mais les individus de l'Europe teni()erée surpassent rarement 0,90 -h 0,19. Plaques: i44 -+- 48 ou 182 -\- y6.

Cette espèce a souvent été le sujet des recherches des naturalistes. Parmi ceux qui ont le plus contribué à faire connaître ses mœurs, nous citons particulièrement: van Lier (i), Bech- STEiN (2) , WoLF G) et Lenz (4) , Hux ouvragcs desquels nous empruntons les détails relatifs aux habitudes du Tropidonote à collier; M. Schlemm (5) en a décrit les nerfs et les vaisseaux de la tète, travail excellent dont nous avons profité dans la première partie de notre ouvrage; j\L Heruold (6) a spécialement dirigé ses recherches sur le développement de l'embryon. Je ne connais pas une seule bonne figure de ce serpent. Celles de Seba (7) sont pour la plupart abominables et coloriées à fantaisie; celles données par Lacépede (8) et Dau- DiN (9) ne valent guère mieux.

Le Tropidonote à collier a les habitudes moins farouches que la plupart des autres serpens indigènes. Attaqué ou pris à la partie postérieure du tronc, il se roule sur lui même et se défend, en jaillissant à son ennemi la liqueur fétide distillée par les poches anales. Il mord rarement lorsqu'on le prend ; il m'est cependant arrivé, qu'étant encore très jeune, et m'étant approché du bord d'un bois, où une société nond)reuse de ces serpens s'était établie pour faire leur ponte, un Tropidonote d'une taille énorme m'attaqua avec fureur, tandis que plusieurs autres s'échappaient dans les trous dont la terre était percée. Ils préfèrent de se servir des boyaux pratiqués par les taupes , les souris ou par d'autres petits mammifères, que de s'en creuser

(i) Traité PL i p. 34 suiv. — (2) Lacep. voL IIJ p. 299 PL 12/. 2. (3) Sturm Fauna ReptiL — (4) Schlangenh. p. 499 suiv. P/. 5 : figure d'une jeune femelle. — (5) Tledem. Zeitschr. voL II cali. 1 PL 7. — ■ (6) Oversigt i83op. 4 suiv. (7) Seba lIPll^fi,l>',PLioJi,iel'^', PL 35 /. 3 ; PL klf' I. — (8) Quacir, o^ip. voL H p. i47 P^- 7/^- — (9) Rept. voL Vil p. 34 PL 82/ I et voL F PL 69/^. i5.

TROPiBOiXarus aatrix. :u)5

eux-mêmes. Recherchant la chaleur, ils fréquentent souvent le voisinaire des maisons et s'étahlissent dans des tas de fumier OU d'autres suhstances, ])ourvu qu'elles soient faciles à perforer; ils entrent même les écuries, les caves et les étables : fait déjà connu des anciens romains, comme il résulte d'un passage de Golumella. On rencontre aussi ce Tropidonote loin des habitations, dans les forêts épaisses et jusque sur cime des montagnes, à quelques mille pieds au dessus du niveau de la mer. 11 grimpe quelquefois sur les broussailles et sur les arbres; il préfère cependant le voisinage des eaux, particulièrement des eaux dormantes ou des rivières dont le cours est peu rapide: aussi est- il très commun dans les prés et dans les bruyères humides. Il plonge fort bien , et demeure jusqu'à une demi-heure au fond des eaux, sans venir respirer. Il fait particulièrement la chasse aux grenouilles, à d'autres batraciens aquatiques et aux poissons, quoiqu'il se nourrisse aussi de souris et de lézards, ou même, suivant quelques auteurs de petits mammifères, d'oiseaux, d'insectes et de vers. Il aime à surprendre sa proie dans l'eau, élément dont il ne peut guère se passer dans la domesticité; mais il n'est point organisé pour faire un séjour continuel dans cet élément: les forces pour se soutenir dans la natation étant bientôt épuisées, il se fatigue et se noie. On ne peut point parvenir à le tuer en lui humectant la bouche de suc de tabac. Il est très vorace et dévore a la fois un, grand nombre de grenouilles. Les parcelles de végétaux que l'on trouve dans son estomac, y entrent conmie adhérons accidentels à sa nourriture. Il s'engourdit , dans les contrées tempérées, au mois d'octobre et de novembre, et recherche à cet effet les trous profonds, où le froid ne puisse pénétrer. Les premiers beaux jours du mars et de l'avril le voient sortir de sa retraite. Ce temps d'engourdissement est plus court ou nul , suivant que les régions qu'il habite sont situées vers le midi. Il change de peau à la fin de chaque

3()(j TROriDO\0'JT)S iVATlUX.

mois depuis avril )iisqu'aii dernier août. CeTropidonote contracte des mœurs très douces dans la domesticité et demeure en bonne harmonie même avec les animaux dont il se nourrit, et qu'il ne dévore que lorsqu'il ressent l'aiguillon de la faim. On a cependant plusieurs exemples quil mord sans que l'on s'y^ attende; quelquefois même il tient très ferme et on a de la peine à lui faire lâcher prise. Le Tropidonote à collier ne fait annuellement qu'une seule ponte et cela le plus souvent au mois d'août. L'accouplement ayant eu lieu dans le mois d'avril, il s'ensuit, cjue les œufs ont cinq mois à se développer dans les oviductes, tandis que trois semaines (i) suffisent , pour les faire éclore , après qu'ils ont été pondus. Les œufs sont de forme ovale et long d'un pouce et de 3 lignes : les petits sont plus ou moins développés au moment de la ponte, qui est de 20 à 3o œufs; au sortir de l'œuf, ils mesurent environ 6 à 8 pouces. L'humidité et une température plus élevée que celle de l'atmosphère étant indispensable pour le développement des œufs , ce Tropidonote trouve dans les tas de fumier exposés aux rayons du soleil ou dans les lieux humides, un lieu assez favorable pour les y déposer. Plusieurs parties de ce Tropidonote étaient autrefois employées dans la médecine; aujourd'hui on ne tire parti que de sa chair que l'on mange dans plusieurs pays , et de sa peau dont on enveloppe des cannes.

Le Tropidonote à collier abonde dans presque toute l'Allemagne et dans la France. Il n'habite point les parties de la Hollande situées près de la mer, mais il est très commun en Gueldre et dans la province de Drenthe. Il se trouve en Angleterre (2) jusqu' en Ecosse, en Suède (3), au Danemark (4)

(i) Ce fait énoncé par M. Lenz est contradictoire aux observations de M. Herhold , qui dit que les petits ne sortent de l'œuf qu' au bout de 32 à 36 jours. — (2) Shaw. Gen, ZooL III P- Il p. 44^. (3) Lt?îné /. c. — {[^\ Herhold /. c.

TROPIDONOÏUS QUI]\CUNCIATUS. 307

dans la Hongrie (i), dans la Taiiride (2) et dans une grande partie de l'Asietenipérée jusqu'au lac Baikal (3). M. Cantraine nous en a rapporté des individus de la Dalniatie , de l'Italie et de la Sardaigne. Le Musée de Paris en a reçu d'Alger par M. Lourent, du Levant par Olivier, de la Morée parM. 13ory de St. Vincent , de la Sicile par Bibron , et de la Norw^ège: les sujets de cette dernière contrée appartiennent à la variété noire, tandis que ceux de la Morée ressemblent à la variété de Sardaigne dont on a fait une espèce sous l'épithète de BiLiNEATUs. C'cst pcut-êtrc Ic H Y D R u S dcs ancicns romains. Le nom inventé par Linné indique fort bien ses habitudes. On peut consulter, pour la synonymie de cette espèce, l'article duNATRix torquata chez Merr. p. 1 09 et/?. 124.

2 Esp. LE 1\ J TACHES EN QUINCONCE.

TROPIBONOTUS aUÏNCUI^CÏAl US.

PI. XII fig. 4 et 5 (var. de Java).

La taille à laquelle parvient ce Tropidonote est considérable. Un individu qui nous a été adressé du Bengale mesure 0,94 + o,34 sur une grosseur de o,o45. Sa tête , peu distincte du tronc, est moins déprimée , plus alongéeet moins large que celle de la précédente ; les plaques du sommet se distinguent par les mêmes formes : la verticale est très alongée et les frontales antérieures sont un peu pointues vers le bout du museau qui est arrondi et étroit. L'œil est petit , la queue conique et robuste.

La teinte du fond est un brun olivâtre plus ou moins foncé,

(i) Frivaldzsry p, 46» — (i) Descr. de la Tciur. p. 2g^. — « (3) Georgi III p. 1881 et EvERSMANN , Reise nach Buchara , p. 145.

3US TUOriDOAOTLS ^>UINCCiVClATUS,

le dessous est d'un jaune vif. Les parties supérieures sont ornées de 5 ou de 7 suites de lar^^es taches rondes, d'un <yris noirâtre et disposées en quinconce ; ces taches sont quelquefois moins distinctes , réunies et confluentes de sorte qu'elles forment tantôt des raies longitudinales (i), tantôt des bandes transversales, ou que leur nombre est diminué à mesure qu'elles augmentent en étendue: on n'en compte alors que 3 suites (2J ; d'autres ont les taches peu sensibles. Les lames abdominales sont quelquefois bordées de noir. Deux raies étroites et noires qui naissent au bord des yeux se dirii^ent obliquement en arrière et se perdent sur les lèvres. Une bande transversale noire, qui occupe les côtés du cou , réunit les raies latérales chez les intlividus qui offrent cette disposition des teintes: elle se prolonge (juelquefois sur le sommet de la tête, bordant une tache blanche etalongée sur l'occiput. Le btniu portrait de ce Tropidonote , fait sur le vivant et que • je tiens de M. Ueinwardt, démontre que les teintes changent peu par l'action de la liqueur forte.

Les apophyses de^ vertèbres sont très développées, les dents et le crâne sont connue chez le t r o p. n a t r 1 x.

I2C) + 64 ou 14b' H- 80. On compte quelquefois 21 rangées d'écaillés.

De bonnes figures de ce Tropidonote ont été publiées par Russel. Les individus qui font partie du Musée de Paris sont originaires de Malnbar , de Pondichery , de Bengale, delà Cochinchine et des Philippines ; le Musée des Pays-Bas en possède de Bengale (3), de Java, des îles Mariannes et de la Chine; un sujet de ce dernier pays à été pris par le docteur Witt à bord d'un bâtiment anglais ancré près de Macoa. On voit

(1) C'est alors le col. MELANOzosTUsde Gravenhorst : Vergl. Ubersicht p. 402. — (1) Les individus dans cette livrée ont été considérés comme espèce particulière par Oppel et Reinw arut : c o l. F u N E B R 1 s et s I N u A T u s. — (3) Il sc trouvc dans les environs de Bombay, de Tranquebar et de Calcutta: Kvssex., IL p. 17.

TKOPIDOAOrUS ti\l«UAJlJS. JOÎI

par là que ce Tropirlonote aime le séjour dans les eaux, fait constaté d'ailleurs par les observations de Russel , qui dit qu'il fréquente les lieux humides et inondés , et que les indigènes le rangent parmi les serpens d'eau. « Ses mouvemens >' sont rapides et il élève souvent la tête quoiqu'il ne siffle ^> point ; lorsqu'on lui présente quelque objet, au lieu de se ^) défendre en mordant , il se retire. L individu capturé dégor- » geait un poisson. » Ind. Serp. Ip. Sp. — Le portrait de l'adulte, Russ. II PI. i4, est excellent; celui du jeune se trouve sur la planche suivante fig. A ,• je rapporte ici également le n e e l i KOEA de Russel , / PL 33 , qui a servi de type au col.» ANASTOMOSATUS Daudin /?ey;>^. ^'o/. VII p. i4o et au col. vise AT OR Merrem Teiit. p. 122; puis le paragodoo, Russel /yj. 20 qui est le COL. braminus de Daudin VII p. 1^6 et le COL. palustris de MerreiM Tent. p. 124 • Schneider avait déjà antérieurement placé ces deux espèces nominales dans son genre h\drus et Latreille d'après lui dans celui d'E n h y d r i s. Cette espèce commune à été figurée tout récemment dans Yliidian Zoology sous le nom de col. RECTANGALUM, ct par M. Reuss SOUS cclui de c o L. lippus, voir Mus. Senk. p, i5o PL ^f, 2.

Les individus des îles Mariannes forment une jolie variété de climat : ils ont le ventre orné d'un s^rand nombre de taches foncées en forme de points : c'est le tropid. spilog aster de R01E.

3 r:sp. LE TliOPIDONOTE OMBRE.

TRI^PIÎÏONOTUS UMBRAIUS.

L'adulte de ce Tropidonote est représenté sur la PL !> du second volume de l'ouvrage de Russel, sous le nom de n o k a; le jeune P/. 3/! i sous celui de noor. la: sur ces figures

310 TROPÏDOiVOTUS RÎIODOMELAS.

reposent les col. dora et u m b r a t u s de DaudiN , /Je/j^ vol. VU p. 191 et /^. i44- J'c" ai vu plusieurs individus rapportes de Tranquebar , chez M. Klinkenberg à Utrecht : Boie en a vu au Cap provenant de Ceylan.

Ce Tropidonote atteint une taille de 2 pieds et demi jusqu'à trois pieds. La couleur jaunâtre, une tête noire et les nombreuses taches confluentes de la même teinte dont le dessus est varié, le caractérisent suffisamment.

N'ayant pas eu l'avantage de l'examiner en détail Je n'ai pu communiquer une description comparative de ce Tropidonote, qui a déjà été décrit par Herrmaniv sous les noms de col. p. RU NN EUS et ATRATUS, dout Merrem a fait son col. L u G u B R I s : jai vu au Musée de Strasbourg les individus qui ont servi de type à Herrmann.

4 Esp. LE TROPÎDONOIK ROUGE ET NOIR.

TROPIDONOTUS RHODOMELAS.

PI. Xn fîg. 10 et ir.

Le beau rouge de brique des parties supérieures ; une raie dorsale noire, fourchue et en massue sur la nuque; une queue courte et conique ; le rouge pale du dessous , orné sur les flancs d'une suite de petits points noirs ; enfin une tête large , courte et conique : voila des caractères qui font de cette espèce une des plus distinguées et des plus belles du genre.

Les adultes sont d'un rouge plus profond que les petits ; on voit souvent sur les côtés du cou des raies et quelquefois des bordures noires des écailles. L'iris est jaune , l'œil moyen, la tête assez distincte du tronc; les lèvres sont plus enflées que

JROMDOiXOTUS TRIAiXGULlGKRUS. 311

dans les autres Tropidonotes. Le museau est très court et conique. Les plaques du sommet de la tête sont petites et ramassées , les occipitales étroites vers le bout postérieur , les frênaies très petites. Le beau rou^e de la peau est plus sensible lorsqu'elle est dilatée: on voit alors ces parties de la peau qui ne sont pas revêtues de i'épiderme cornée. 126 -h 46; i33 -4- 4i ; i36 + 43 -, i?8 h- 48.

Ce Tropidonote inédit est très rare à Java , d'où Kuhi. et VAN Hasselt n'en ont envoyé que deux individus; Boie , à qui on en doit deux figures, l'une publiée dans Y Erpétologie de Java PL 29, l'autre faite sur le vivant et encore manuscrite, a retrouvé cette espèce à Tjikao sur l'île de Java : deux individus seulement sont le fruit de ses recherches.

Les belles teintes rouges passent après la mort au gris pourpre. Ce Tropidonote ne parvient pas à des dimensions considérables : un adulte de notre collection mesure o,45

5 Esp. LE TROPIDON. A TACHES EN TRIANGLE, TROPIDONOTUS TRÎANGUI.IGERUS.

PJ. Xllfig. I, 2 et 3,

Ce Tropidonote inédit est remarquable par les larges taches en triangle et d'un rouge vermillon qui ornent ses flancs; elles sont le plus souvent séparées par quelques plaques noires et s'évanouissent à mesure qu'elles s'approchent des parties postérieures. Le dessus est d'un vert olivâtre foncé, le dessous d'un jaune d'ocre avec des bandes al)dominales quelquefois marbrées ou bordées de brun ; quelques individus offrent cependant des taches très obsolètes, et j'en ai vu sur les quels on pouvait à peine découvrir les traces de ce dessin.

Ce Tropidonote dont la découverte est due au professeur Reinwardt, a la taille et le port du tb. n a t r iî. Le museau

:il2 J llOl*lt)OXOTlJS CEIRYSARGOS.

est un pou alongé ce qui tait que les plaques frontales antérieures sont beaucoup plus longues que larges. Les yeux sont moyens. Le squelette ressemble à celui du Trop, natrix , mais il offre des apophyses des vertèbres beaucoup plus développées.

0,84 -1- o,!^i ; plaques : i34 + ()8 ou i4û -+- q4.

Les couleurs s'effacent en grande partie après la mort: le louge se ternit , le vert devient gris noir, et le jaune passe au brunâtre. Les petits ressemblent a leurs parens sous le rapport des teintes.

Ce Tropidonote se nourrit de grenouilles et se trouve en abondance à Java , où il habite les ruisseaux et les champs inondés dans le voisinage de Buitenzorg. Nous possédons des figuies de cette espèce faites sur le vivant et dues à MM. Reinwardt et Boie.

(i Ksj). LE JliOPlDOMJJE J TACHES DOREES.

PI. \\V (mi. i\e\ -.

J'ai longtemps différé avant d admettre lexistence de cette espèce et de la suivante, tellement elles sont voisines de la précédente. Mais le grand nombre d'individus que nous en possédons , tous analogues entre eux et ne présentant point de passages , ne m ont pas permis d hésiter à adopter les vues de M. M. Kuhl et Reinwardt qui ont découvert ces Tropidonotes à l'île Java.

Le Trop, chrysargos ne se distingue du précédent que par sa taille un peu moindre, par des plaques frontales antérieures moins alongées , et par les teintes. Le vert du dessus est plus clair; de nombreuses bandes transversales occupent les flancs: elles sont composées de taches noires, quelquefois réunies au bout supérieur par une raie longitudinale et ornées

TROPIDONOTUS SLBMIMATUS. UJ

d'une tadie jaune d'or. Le dessous est couleur de rose pourpre , la lii^iie médiane jaune : on voit souvent, aux bords latéraux des lames abdominales , des marbrures d'un bleu noir et une suite de points de la même teinte. Les jeunes offrent des teintes plus claires et ont le cou orné d'un coHier blanc qui se joint à la lèvre supérieure : il est bordé de deux larges taclies noires. Des figures de ce Tropidonote se trouvent dans y Erpétologie de Jcii^a , PL 27 l'adulte , PL a8 le jeune. D'autres, faites sur le vivant, font partie de la riche collection de dessins du Musée des Pays-Bas.

i54 + 78 ou i58 -h 84; o,58 -t- 0,18.

Les teintes se ternissent beaucoup dans la liqueur forte. Les flents postérieures sont quelquefois assez longues.

Ce Tropidonote javanais a été retrouvé àl île de Célèbes par M. M. Quoy et Gaimard.

'< Il habite les forets primitives à la cime de la montagne " Magmedon , où il se tient sur les tronçons de vieux arbres i> abattus. Nous l'avons aussi trouvé dans les forêts près de w Kapang. >' Extrait des Manuscr. de Kuhl.

7 Esp. LE TROPIDONOTE A COU ROUGE.

TROPÏDOXOTUS SLB3IÎNIATUS.

Nous devons aux soins de M. M. Reinwardt et Boie quatre figures coloriées d'après le vivant qui représentent ce Tropidonote inédit dans les différens états de la vie. Le beau brun rougeâtre, noirâtre ou verdâtre des parties supérieures est toujours entremêlé de rouge vermillon sur le cou, teinte qui occupe la peau et les bords des écailles qui revêtent ces parties. Latêteetla nuque sont verdàtres; cette teinte se trouve séparée, par une tache noire , du collier qui est d'un jaune verdAtie, très large dans les jeunes , et qui rejoint les lèvres.

314 TIlOPIDO]\OTtIS PiCTlKATUS.

Le dessous est jaunâtre et ^arni de cliaque côté d'une rangée de points noirs ; plusieurs suites de taches rondes et en zig-zag ornent le dessus. Les écailles sont quelquefois bor- . dées de blanc. La teinte dominante de cette espèce varie extrêmement. Les petits sont plus foncés et offrent des couleurs beaucoup plus vives ; comparez : Seba 77 19. 3 et 4. Le rouge et le jaune passent après la mort.

Ce Tropidonote ne se distingue des deux précédens que par «ne tête un peu plus courte, plus conique et moins déprimée, par une dent maxillaire postérieure très longue , et par des lèvres plus enflées. Il est particulièrement reconnaissable 11 deux raies noires qui bordent les plaques au dessous de l'œil.

o,56 -|-o,i5; i36 + 59 ou 142 -1-0,70. Comme dans les précédentes , le tronc de cette espèce est entouré de 19 rangées d'écaillés ; quelques individus cependant m'en ont offert 21 rangées, tandis que je n'en ai compté dans d'autr.es que 17.

Ce Tropidonote abonde à Java dans les champs de Sawa inondés.

8 Esp. LE TROPIDONOTE VyiHIE, TROPIDONOTUS PICTLRATUS.

PI. XII fig. 8 et 9.

M. MùUer a ainsi nommé un Tropidonote inconnu jusqu^à présent , et fruit des recherches de nos infatigables voyageurs à la Nouvelle Guinée (i). Ils en ont recueilli cinq individus près de la baie Lobo , dont l'un a servi de modèle à une belle figure exécutée sur les lieux par feu van Oort. J'ai cette figure sous les yeux; en la comparant au sujet conservé dans la liqueur

(i) M. M, Quoy el Gaimard ont rapporté un seul individu de celte nouvelle espèce.

TROPIDONOTUS TÏGRIIVUS. 315

et sur lequel elle a été dressée , on voit que les belles teintes qui ornent la tête et le cou s'effacent totalement après la mort , et que le dessous devient d'un brun terne.

Ce Tropidonote n'atteint pas une forte taille, vu que les adultes ne mesurent que o,45 -H o,i4- Il a les formes moins robustes que le précédent, auquel il ressemble au reste quant au port et à la conformation de la tête. On ne compte que i5 rangées d'écaillés. Les plaques sont au nombre de 128 -+- 52

ou de i34 "^ 62.

Le dessus est d'un brun schisteux noirâtre, le dessous d'un jaune citron pâle ; les lames qui revêtent cette partie ont des bordures rou^eâtres et une o^rande tache de noir enfumé sur les côtes. La tête et la nuque sont couleur d'améihiste. Les côtés du cou sont plus clairs ou presque blancs et bordés de deux raies noires ; une autre raie de la même teinte se trouve derrière Toeil: on voit de plus quelques points noirs et clair-semés sur la nuque. L'iris est d'un brun rouge, l'intérieur de la bouche rouge de brique , mais les lèvres sont jaunes.

9 Esp. LE IROPIDOISOTE PANTHÈRE.

ÏEOPIBONOTUS TÏGIIII\US.

Cet oplîidien, décrit le premier par Boie (i) , a été rapporté en quantité du Japon par M. M. von Siebold et Bùrger,

Il est très voisin de l'espèce commune en Europe: ses teintes cependant , des écailles plus larges et dont la carène est beaucoup plus relevée, des yeux plus grands et une tête moins déprimée, l'en distinguent suffisamment.

(O Tsis i?t'ify p. ^.oG ; h f\g;me se trouve dans \e Fnunajrrp. Op/iid. PL 4.

3 Mi TKOPiDOiXOJtS MÎUKAr»!

11 est tiès sujet à varier. Le dessus est d'un brun plus ou moins fonce, tirant tantôt sur le jaunâtre, tantôt sur Tolivatre; dépouillée de Tépiderme, la peau est d'un bleu schisteux. Les grandes taches rondes et noires , qui recouvrent les parties supérieures, sont tantôt disposées sur une, tantôt sur deux , ou même sur trois rangées et plus: elles laissent quelquefois entrevoir au centre la couleur du fond; chez d'autres individus elles confluent sur les parties antérieures , et bordent le collier clair qui est séparé du sommet de la tête par la teinte foncée de cette partie. Les plaques labiales offrent quelques bordures noires. Le dessous varie connue dans le Tropidonote il collier et offre les mêmes teintes.

0,79 -h 0,2!^. Plaques i54 -1- 6a ou 168 •^~ 80. Un individu de notre collection présente 5 plaques souscaudales simples et 75 de divisées.

L'extrémité postérieure des mâchoires est arnu'e de ({uel([ues

dents très lon^mes.*

10 Ksp. LE T. VWAKAUL T. VlUAlvAllI (1).

Les îles méridionales du grand empire japonais produisent une autre espèce de Tropidonote beaucoup plus petite que la précédente. Parmi une trentaine d'individus rapportés par M. VON SiEBOLD , il ne s'en trouve aucun seul , dont la longueur totale excède o,43 -h 0,16 ; aussi ce Tropidonote a-t-il le corps et la queue plus minces que les autres e«pèces dont nous venons de traiter. Sa tête est moins distincte du tronc, la queue plus grêle et les écailles ne sont pourvues que d'une faible carène.

La couleur dominante est un brun jaunâtre très pale ; le

(1) BoiE Tsi^ 1826/?. 207 ; Fautia jap. OpIiuL 1*1. ').

TROPIDONOTUS STOLATIJS. Ml

dessous est plus clair. On voit quelquefois une raie dorsale foncée. Un demi-collier blanc orne les cotés du cou, les lèvres offrent la même teinte et sont bordées de brun. Les petits ont le dessus plus foncé et les côtés de l'abdomen ornés d'une suite de petites taches en forme de points ; ils ressemblent du reste à leurs parens.

i38 -f- 70 ou 146 "*" 78.

H Esp. LE /. /^V ROBE. T. STOB.ATUS.

Le premier descripteur de cette espèce est Linnaeus : c'est son COL. STOLATUS Mus. Jd. Fr. PL 11 f. i. Russel en a publié de bonnes figures : lad. Serp. 1 PL 10 et 1 1 et // PL i5 /?, (le jeune). Les ditférens noms de pays que portent ces planches, prouvent combien peu s'accordent lescommunications!|des indigènes. Je passe sous silence plusieurs figures de Seba, citées par Merrem , Linné et Latreille, vu qu'elles sont au dessous de toute critique.

Ce Tropidonote est très commun dans tout le Bengale, d'oùnous en avons reçu plusieurs individus; d'autres nousont été cédés par le docteur Witt, qui a recueilli l'espèce à la pointe méridionale de la presqu' île de Malacca. On en voit au Musée de Paris des individus prisa Malabar, àPondichery, à Coromandel , à Ceylan , au Bengale et aux Philippines.

Cette espèce n'a pas tout-à-fait les formes délicates de la précédente; aussi parvient-elle à une taille un peu plus forte. Sa physionomie ressemble à celle du tro p. sub m ini atu s. Le brun olivâtre foncé du dessus est relevé par deux raies dorsales d'un beau jaune, qui entrecoupent un grand nombre de bandes transversales noires : une tache blanche indique le centre de section. D'autres taches noires et irrégulières sont dispersées sur les flancs: on en voit souvent une rangée au

318 TROPIDONOTUS VITÏATUS.

côtés du dessous qui est jaune. Les plaques oculaires et les lèvres, nuancées de la même teinte, sont souvent bordées de noir, tandis que les écailles du tronc offrent quelquefois des bordures blanches. Les teintes deviennent plus claires dans la liqueur forte , et le dessous est souvent d'un vert plus ou moins foncé.

1 44 H- 66 ou 1 48 -4- 77- Longueur totale 0,89 -[- 0,1 3.

12 Esp. LE 7. RU BAN È. ï. VITTAÏUS.

On nous a envoyé des centaines de ce Tropidonote de Java , où les rivières, les lacs et les lieux inondés en fourmillent. Il varie peu , et ses teintes ne subissent pas des changemens apparens dans l'esprit de vin. Il se trouve dans toutes les collections. ScîiEucHZER (i), Seba (a), Linné (3) et Rtjssel (4) en ont donné des figures. Les jeunes ne s'éloignent de leurs parens que par leurs dimensions. Les adultes ont la taille et le port du tropid. stolatus. Le dessus, d'un brun livide, est marqué de 3 raies noires dont celle des flancs, plus large que la médiane, tranche la rangée inférieure d'écaillés qui sont relevées par une raie d'un rouge pâle. Le dessous est d'un bleu de schiste , toutes les lames offrent une large bordure de noir ; il en est de même de celles qui revêtent les côtés de la tête. L'iris est brunâtre. On observe souvent entre celles des flancs et du dos, une raie intermédiaire très effacée.

Mesures: 0,48 + 0,17. — Nombre des plaques variant depuis 143 -h 72 jusqu'à i45 -H 84.

Le crâne est plus alongé que dans les autres Tropidonotes ;

(i) Bibl, sacra 661 , 8. — (2) Thés, 7/44 , 5 ; 60/ 1 et'^-, 1 35 , 4. — (31 Mus. Ad. Fr. PL 18/ 2. — (4) Imi. Serp. H PI, 35,

TROPlDOiXOrUS SCIÏISTOSUS. 319

les dents sont très délicates et les os du squelette peu vijyoureux.

13 Esp. LE rilOPlDONOTE COULEUR DE SCHISTE. TROPIDONOTUS SCHISTOSUS.

Nous avons reçu de Bengale, il y a quelques années, un Tropidonote semblable à tous les égards au chittee de RussEL Lui. Serp. II PL 4 (c o l. schistosus Daudin "voL Fil p. i32), excepté que les écailles sont carénées chez nos individus, caractère dont Russel ne fait pas mention , ce qu'il faut probablement attribuer à une inexactitude dans sa description ; car ce Tropidonote a toutes les écailles surmontées d'une carène assez prononcée. La tête est très courte et conique ; les plaques du sommet sont ramassées, et les yeux petits. D'ailleurs, il offre les mêmes dimensions que le précédent, quoiqu'il ait le tronc plus robuste et presque cylindrique; le dos est un peu en carène. Les deux teintes uniformes de cette espace se tranchent sur lavant-dernière rangée d'écailles: ces teintes sont d'un gris schisteux assez foncé sur le dessus et d'un jaune sale sur le dessous. On aperçoit à peine qu'il existe une petite raie noire derrière 1 œil. o,43 + i6 ; i5o + 8o.

Le museau de ce Tropidonote étant très court, conique et descendant obliquement vers les côtés, il s'ensuit que les narines sont un peu dirigées vers le ciel , et que les plaques frontales sont quelquefois fondues en une seule qui offre une forme triangulaire : ce caractère rapproche l'espèce des Homalopsis.

Elle est très répandue: commune au Bengale , elle a été également rapportée par M. M. Sganzin et Milius de Madagascar et des Philippines.

320 TKOPIDOXOTLS lîlPLWCTATLS.

HEsp. LE T. BIPONC2UÉ. T. BIPUNCTATUS.

La synonymie de cet opliidien est très embrouillée. On peut adopter 1 opinion des naturalistes, que la PL 53 de l'ouvrage de Catesby représente cette espèce et que Linnaeus (i) l'a désignée sous le nom de col. ordinatus; ce dernier auteur, par une méprise inconcevable, cite à ce sujet Seba y/. io. 1 , figure qui repose sur un individu du den d r opiiis LiocEKCUs, dépouillé de l'épiderme. Seba a appliqué fort mal-à-propos à cette figure le nom barbare d'iB i u oboc a, quil a emprunté de l'ouvrage de Marcgrav, où il est enq^loyé pour désigner un él aps de Surinam. Plusieurs auteurs français tels que D4ubenton , Lacépède (a), Daudin etc. ont dérivé de cette dénomination barbare, en la contractant, celle d'iBiBE qu ils ont introduite dans le système, décrivant des ophidiens très divers de notre Tropidonote et imitant Linnaeus servilement dans leurs citations. Plusieurs de ces auteurs ont malheureusement conservé ce même nom d'ibiboboca (3) mutilé d'une manière différente , à une autre Couleuvre également indéterminable qu'il faut peut-être rapporter à notre Erpétodryas a dos caréné; de nos jours enfin, ce nom a servi comme épilhète de Iélaps corallin. — Le Tropidonote l)iponctué a été décrit le premier d'une manière un peu reconnaissable par Latreille (4), d'après des individus rapportés de la Caroline par Dose. C'est encorele

COL. ER YTH ROGR A M M U s de BeAUVAIS (ap. LaTREILLE //^

p. i4i et Daudin FIIp. C)3 PL 83/. a); le col. eques de Reuss, Mus. Senk. p. iSa PL 8 /." i, du Mexique appartient probablement aussi à cette espèce.

(i) Syst. nat. p. 879 ; Merrem lent. p. 93 a placé cette espèce dans son genre hurria. — {'i) Quad. oc. Jl p 52.1. — (3) Lacep. /. c. Il p. 828. — (4) COL. F. IPXJNCTATUS Latr. /?f/>f. f F p. 85, avec figure.

IROPIDOXOTUS SAUIUTA. 321

Ce Tropidonote est très conniiun dans les provinces méridionales des États-Unis. Le Musée des Pays-Bas doit plusieurs individus aux soins de M, Troost à Nashville; d'autres ont été adressés à cet établissement de New-York. M. Plée l'a aussi rapporté de la Martinique.

Il est analogue sous beaucoup des rapports à notre ïjopidonote à collier et ressemble, par les teintes même, en quelque sorte à la variété à deux raies dorsales de notre espèce commune. Sa tête cependant offre des formes un peu plus alongées, les yeux sont moins grands, et on ne voit ni collier ni tacbe sur la nuque ni bordures noires aux écailles. La teinte bleuâtre de la peau s'entrevoit un peu à travers l'épiderme des écailles, qui sont d'un brun plus ou moins foncé. Trois raies assez larges et d'un Idanc jaunâtre régnent le long des lianes et de la ligne médiane du dos. Le dessous est orné d un grand nombre de tacbes ou de bandes transversales déchiquetées. Le dessous tire sur le jaunâtre : chaque lame abdominale est pourvue d'une tache noire. Les jeunes offrent des teintes plus claires que leurs parens ; les raies longitudinales sont moins visibles, et leur corps est souvent parsemé de nombreux petits points noirs.

Longueur totale: 0,66 H-o^i^. Plaques: 187 H- 58 ou 146

« Ce Tropidonote se nourrit de grenouilles, d'oiseaux , de «petites tortues naissantes, de salamandres et de rats d'eau.» Palisot-Beauvais ap. L^tr. vol. III p. 88.

15 Esp. LE T. SJLIUTE. T. SAURITA.

Ce Tropidonote, très abondant dans la plus grande partie des Etats-Unis , a aussi été découvert par M. Plée à la Martinique. Il offre des formes beaucoup plus sveltes que les

:^)2 TROPIDONOTUS SAURIÏA.

autres espèces du genre et se rapproclie même des er peto- DRYAS (i), quoiqu'il réunisse tous les caractères d'un vrai Tropidonote dont il a aussi la physionomie. Sous ce dernier rapport, il ressemble même à notre Tropidonote à collier, à cela près que la tête, ainsi que les plaques qui la recouvrent, sont plus alongées. Les individus de 0,70 4- o,3o sont de la grosseur du petit doigt: on voit par ces dimensions que la queue est plus longue que dans les autres espèces; elle est amincie vers l'extrémité et on compte, à sa partie inférieure, 96 ou 118 plaques doubles : celles de l'abdomen se trouvent au nombre de i52 -h 180.

Ce Tropidonote a , dans le système de coloration , plusieurs rapports avec le précédent. La teinte du fond cependant est d'un brun très foncé , ce qui fait que les raies longitudinales sont plus tranchées et les taches noires moins apparentes; le dessus de !a tète est moins clair et les taches abdominales sont petites ou manquent tout-à-fait. Les adultes offrent des teintes plus pâles que les petits. Dépouillé de l'épiderme, la peau est d'un beau bleu d'azur. Le crâne de ce Tropidonote est également plus alongé que celui des autres espèces; les dents sont minces , mais celles de la mâchoire supérieure augmentent en grandeur, à mesure qu'elles s'approchent du bout postérieur de cet os.

On reconnaît notre Tropidonote dans la figure que Catesby a donnée sur la P/. 5odeson ouvrage; peut-être faut-il aussi rapporter ici le serpent figuré sur la PL 5 1 . Linnaeus l'a décrit sous les noms de COL. s aurit a et s yrt a lj s (i). C'estaussile COL. PROXI31US de Sa y (2). On emploie, dans les Etats-Unis, indifféremment les noms de r i s b o n-s n a k e et de g a r t e rs NAKE , pour désigner cette espèce. Elle se nourrit , suivant

(1) On igiioreses mœurs; Daudin dit qu'il fréquente les arbres: Eept, vol Fil /?. io5 PL 81. — (2) Syst,nat,p, 385^^383. — (3) Roch- Mount. vol. Ip. 389.

IROPIDONOTLS 1 ASCIAJ US. :]r.l

Palisot-Beauvais , (ap. Latr. vol. III p, 88), de la raine ordinaire, d'insectes et de vers. Les individus qui font partie du Musée des Pays-Bas sont dus an Prince de Mtisignino et à M. Troost à Nashville.

XV, Esp. W T. FASCIE, T. FASCIATUS.

Pi. Xlï fig. i« et 17.

Catesby , induit en erreur par la différence des teintes de plusieurs individus de cette espèce, et par la circonstance que ces variétés portent des noms divers, a décrit ce Tropidonote sous plusieurs noms. C'est son copper-bellied snake(i) PL 46 et sa VIPÈRE aquatique PL 43 (2). Il parle de crochets dans la description de cette dernière , quoique sa figure n'en offre pas les moindres traces : aussi serait-ce une chose très singulière dans un serpent d'eau douce que d'être venimeux , d'avoir en même temps les mouvemens alertes, et de se nourrir de poissons. Cette erreur a été cause de beaucoup d'autres: Lacépède a fait de cette prétendue Vipère aquatique son CROTALE PISCIVORE (3), rangé ensuite par Latreil- LE (4) et Daudin dans le genre scytale, et par Merre3i (5) dans celui dcNATRix. Linné (6) a indiqué notre Tropidonote SOUS le nom de col. fasciatus; il cite à ce sujet Catesby PL 58, ligure qui m'est indéchiffrable. Les auteurs français ont copié Linné , quoique plusieurs d'entre eux (y) en aient fait une espèce nouvelle. C'est aussi le col.

(l) CO L. ERY TH RO GASTER. ShAW GcIÎ, Zool. 111 P. 1 p. 458.

(î) COL. AQUATicus Shaw ih. p. i{'j.5 ; le jeune se trouve figuré sur la PI. 49 de Catesby. — (3) Qiiad. ov. il p. 124. — (4) Repu III p. i63. — (5) Tent. p. i3i. — (6) Syst. nat. p. 378. — (7^) c o t,. PORCATXTS Latr, Rept, vol, IV p. 89 av. fii;.

324 TROPIDONOTLS FASCIATLS.

THORACicus de Herrmanv du IMusee de Strassbourg'i

M. le professeur Troost de Nashville a bien voulu nous adresser plusieurs individus de cette espi-ce, pris dans les tributairesdu Mississlpi. Elle atteint de fortes din)ensions suivant Catesbv, quoi({ue nos individus ne surpassent pas 3,5 i -|-o,i8 en longueur totale. Les plaques du dessous sont au nombre de i3o -f 62 ou de 142 + 68. Elle a les écailles pi us fortement carénées que les autres espèces* du genre et disposées sur 21 ou 23 rangées longitudinales. Elle se rapproche au reste de la suivante, excepté que la tête et par conséquent aussi les plaques qui la revêtent , sont plus larges. Les yeux sont peu gros et les narines très étroites.

La couleur doniiiianle est un brun grisâtre, qui passe au jaune ou au rougeàtre sur le dessus. Le dessus est orné d'une suite de «xi'iiïides taches noires , oibiculaires et souvent conlluentes vers les parties postérieures; elles forment alors une large raie serpentine, quelquefois divisée en trois, de sorte que l'on voit sur les flancs une suite de bandes transversales. L'abdomen est plus ou moins marbré de noirâtre. La tache sur la nuque est quelquefois en fourche. Les jeunes individus ont des teintes plus cluires que les adultes , et le dessin noir est souvent bordé de blanc.

Ce Tropidonote préfère le voisinage des eaux , dont les habitans de la classe des poissons lui offrent une nourriture abondante. Etendu sur les branches des arbres qui s'avancent au dessus des rivières , il guette sa proie et fond sur elle au moment qu'elle paraît à la surface de l'eau. Il la poursuit souvent au fond des eaux, mais s'en étant emparé il regagne les rives pour l'avaler. Catf.sby, de qui j'emprunte ces détails, dit qu'il se nourrit d'oiseaux , et Palisot Beau- VA.IS y ajoute des grenouilles, des insectes et des vers. Les fables , rapportées par Catesby au sujet de ce Tropidonote , sont trop vulgaires pour être répétées ici.

M. Plée a dé/jouvert cette espèce à la Martinique. M. Bara-

TUOPlDOiVOTDS VlPEUIiXlJS. 325

bino vient d'en adresser au Musée de Paris un grand nombre d individus, pris à la Nouvelie-Orléans ; on voit dans cette série une jolie variété : elle a les teintes ternes, pâles, et toutes les taches sont fondues en 5 lar^res raies ](in<>itudinales dont trois occupent le dessous. Ce dessin particulier et constant dans trois sujets me lait supposer l'existence de deux espèces très-voisines de Tropidonote dans l'Amérique du Nord.

17 Esp. LE T. VIPÉRIN. T. VÏPERINUS.

PI. XII%. i4 et i5.

La seconde espèce européenne du genre Tropidonote habite plutôt les contrées méridionales de cette partie du monde. Elle ne se trouve pas au delà du 5o™^ degré de latitude boréale.

Laurent! us en a fait mention sous le nom de coronella tessel.ata(i). LeMuséede Vienne (2) en possède des individus originaires de l'Autriche^de la Hongrie , de la Carinthie, de l'Italie, de l'Helvétie et de la France. Plusieurs sujets de ces pays nous ont été communiqués de cet établissement; on nous en aaddressé d'autres du Schlangenbad dans le duché de Nassau. M. Mikan (3) a observé l'espèce dans plusieurs endroits de la Bohème; Frivaldszky (4) au midi de la Hongrie. Latreille (5) a décrit sa couleuvre vipérine d après des individus recueillis dans la France méridionale , mais il paraît qu'elle habite toutes les provinces de ce grand royaume (6).

(1) Syn. p. 87 — [1) FiTz. p. 58. — (3} Sturm Faiinn Rcpt. col. TESSELATUS avec. fîg. — [li) Monogr. p, li6. — (5) Rept.vol. IF p. 47, — (6) Daudin vol. Fil p. 125 et Cuv. Rèc^ne animal t. II p» 84,

32r) xuopiDoxorus viperixus.

Metaxa (i) et le Prince de Musignano (2) ont décrit des individus de l'Italie moyenne , d'où M. Cantraine nous en a rapporté plusieurs. Quelques sujets à raies dorsales jaunâtres, recueillis dans l'Espagne méridionale, ont été envoyés au Musée des Pays-Bas par le docteur Michaiielles de Munich ; ils ont démontré à Wagler que ses N AT Rix chersoïdes et ocELLATA (3), confonducs parmi les reptiles recueillis au Brésil par Spix , reposent sur cette variété de notre Tropidonote , qui est répandu sur presque tous les pays formant le bassin de la Méditerranée. J'en ai vu , lors de mon séjour à Paris , des individus pris à Montpellier et dans plusieurs autres lieux de la France; d'autres étaient originaires de la Sardaigne; M. M. Qnoy , Gaimard et Gérard l'ont découvert à Algésiras et sur plusieurs points de la côte Barbaresque; M. Bory de St. Vincent en a rapporté en grand nombre de la Morée ; Olivier 1 avait déjà recueilli au Levant, dans la Troade. Nous venons de recevoir un individu de cette espèce pris sur les bords de la mer Caspienne par M. Ménétrier, qui en a fait une nouvelle espèce sous le nom de col. v er micul atu s.

Ce Tropidonote a le port de l'espèce commune; mais sa tête est beaucoup plus alongée , moins distincte du tronc et revêtue de plaques plus étroites, quoique leurs formes soient assez fugitives. La position plus verticale des yeux qui sont de moyenne grandeur, et la petitesse des narines rapprochées à l'extrémité du museau , annoncent que cette espèce aime le séjour des eaux ; elle se rapproche à cet égard des h o m a l o p s i s : aussi tient-elle beaucoup de ces ophidiens dans la physionomie qu'elle a plus farouche que les autres Tropidonotes , ce qui est particulièrement du à l'ouverture de la bouche qui est

(l) COLUBER GABINUS MonOgT\ /?. 34 ; ' (^) 1^ C O L. V I P E-

RiNus de cet auteur n'est qu'une variété du c o i>. n a t r i x. — ■(3)n a- TRix GABiNA Iconofir.fasc. IL

TROPIDOiVOTUS VH>ERIi\LS. )'27

très large, droite et montant briisqueuient vers la commissure des lèvres. Les carènes des écailles sont assez prononcées, notamment vers les parties ])ostérieures. Le crâne offre des formes plus alongées que celui du Trop, à collier; les os qui le composent sont plus délicats, mais le système de dention est le même dans les deux espèces européennes.

Un vert olivâtre très foncé et tirant sur le brun occupe le dessus qui est orné de trois ou de plusieurs suites de taches noires, quelquefois peu distinctes ou même à peine visibles. Les parties inférieures sont jaunâtres ; les larges taches carrées dont elles sont parsemées prennent souvent le dessus, de sorte que la couleur du fond ne se voit que sur les bords latéraux des plaques où elle passe, dans quelques sujets, au rouge ou au blanc. On observe sur la nuque deux raies noires qui se rencontrent sur l'occiput pour former un angle plus ou moins aigu.

Cette espèce est fort sujette à varier. La teinte du fond s'observe dans plusieurs nuances depuis le jaunâtre jusqu'au brun-vert. Les taches du tronc sont quelquefois bordées de jaune et offrent un point central de cette même couleur.

Les jeunes ont les teintes beaucoup plus claires et plus vives que les adultes ; ils sont quelquefois d'un beau jaune de souffre, et ont les taches noires plus tranchées. Les teintes claires des parties inférieures s'effacent après la mort.

Les individus de l'Italie ont le dessous le plus souvent très foncé, tandis que ceux de l'Espagne offrent deux raies dorsales jaunâtres assez larges. Des observations ultérieures doivent décider si l'on peut adopter ces variétés comme variétés de climat constantes; mes observations ne reposent que sur la comparaison de deux individus originaires de 1 Espagne et six de l'Italie avec un bon nombre d'autres , recueillis en Allemagne et dans la France.

On observe très souvent plusieurs plaques simples isolées ^ parmi les plaques divisées qui levêtent le dessous de la

328 TROPIDOKOTUS SCABER.

queue. Ce Tropidonote atteint jusqu'à trois pieds de longueur totale dont la queue occupe tantôt le tiers, tantôt le quart. Les plaques varient depuis 147 + 60 jusqu'à lyo -+■ 76 ; il en est de même du nombre des rangées d'écaillés qui est quelquefois de 21 , tandis que la plupart n'en offre que 19.

Les femelles parviennent à des dimensions plus fortes que. les mâles.

M. Gantraine a recueilli plusieurs individus de cette espèce dans des lieux marécageux près de Naples , où elle habite en société. On doit au Prince de Blusignano quelques notices sur ses mœurs, les voici: elle préfère les eaux profondes nux petits étangs ou aux marais; c'est particulièrement lors delà récolte du foin que Ion voit, dans les prés de laCampagna de Rome, ces serpens faisant sortir de l'eau leur tète seulement. Excellens nageurs, ils i)lonoent également bien et restent souvent longtemps au fond des eaux. Leurs habitudes aquatiques et la promptitude de k^urs mouvemens en rendent la chasse assez difficile, même pour les vipériers les plus excercés à cette occupation. Cette espèce ne se trouve pas en abondance en Italie.

18 Esp. LE TROPIDOAOÏE RUDE. T. SCABER.

PI. Xllfig. la et i3.

Les eaux douces de la pointe australe de l'Afrique ne nourrissent qu'une seule espèce de Tropidonote, très disparate des autres par son organisation.

EUe a le tronc entouré de 20 rangées d'écaillés de forme lancéolée et toutes surmontées d'une carène extrêmement forte ; ces écailles touchent immédiatement aux plaques de la tète qui est beaucoup plus grosse quedansles autres espèces.

TROPIDOiVOTUS SCABER. 329

assez large , ramassée, à museau court et obtus , et revêtue de lames qui imitent les formes extérieures de la tête, mais dont les occipitales sont très étroites vers leur bout postérieur. L'œil petit et peu saillant est entouré , à son bord postérieur, de deux plaques. Les frontales postérieures descendent entre la nasale et l'oculaire antérieure, qui sont plus larges qu'à l'ordinaire , occupant par cette raison la place de la plaque du frein qui manque totalement. Les narines semi-lunaires et étroites se ferment au moyen d'une valve. Les plaques labiales sont petites, les mentales au contraire ont une étendue peu commune ; elles sont immédiatement suivies des lames de l'abdomen qui se trouvent au nombre de i83 à 218. Les souscaudales divisées sont quelquefois entremêlées de quelques lames simples; on en compte en tout tantôt 4o tantôt 5o: ces données prouvent en même temps que les dimensions longitudinales du tronc sont développées aux dépens de celles delà queue. Cette partie est souvent terminée par un crocbet assez aigu.

Ce Tropidonote est un des plus intéressans opbidiens par rapport à son organisation. Il a les dents très minces et d'égale longueur. La glande lacrymale paraît être développée aux dépens des salivaires qui sont beaucoup moins grosses que dans les autres espèces: d'un volume assez considérable, cette première glande s'étend , en forme de cylindre, depuis l'œil jusqu'à l'angle de la bouche; la nasale manque. Les parties molles offrent également une disposition particulière. Le cœur est très rapproché de la tête; l'œsophage et l'estomac étant extrêmement alongés, il s'ensuit que le canal intestinal est court et ramassé, et qu'il offre des replis peu profonds. L'organisation des vertèbres collaires présente un fait assez curieux et unique dans le règne animal: les apophyses épineuses inférieures, au lieu d'être dirigées en arrière comme on l'observe chez tous les autres ophidiens, forment, chez l'espèce du présent article, des lamelles larges, perpendiculaires et latéralement comprimées ; mais les dernières six ou sept apophyses , c esl-à-dire celles qui se trouvent

230 TUOPIDO\OrUS MOUTUARIUS.

placées immédiatement avant le cœur , sont courbées en guise decrocliet incliné vers la tête et dont la pointe , com])riniéedans le sens latéral et quelquefois échancrée, est revêtue d'une substance dure, semblable à Témail des dents. Ce Tropidonote, connu aux cap de Bonne Espérance sous le nom de waterslang, parvient jusqu'à 0,70: -+- o, 11 de longueur. Les naturalistes ont unanimement conservé le nom scientifique proposé par LiNNAEus (i).

Cette espèce a les parties supérieures d'un gris brun plus ou moins foncé; le dessous est jaunâtre et souvent marbré de brun sur les côtés. Une suite de larges taches quelquefois orbiculaires et d'un brun noir occupe la ligne médiane dorsale ; une autre suite s'étend le long des (lancs, mais elles ont plutôt la forme de bandes transversales. Une lar^e tache ano^uleuse marque la nuque : elle est précédée de plusieurs autres, parallèles et qui occupent le sommet et les côtés de la tête. Les petits ont les teintes plus livides.

J'ai trouvé dans l'estomac de cette espèce des œufs d'oiseaux à demi digérés, ce qui me tait penser que c'est I'e ijer vre- TER des habitans du cap; on en a fait très mal-à-propos un genre à part, fondé sur la prétendue absence de dents.

19 Esp. LE T. DIUP MORTLJIRE, T. 3IORTUARIUS.

Quoique analogue à l'égard des teintes au Tropidonote à taches en quinconce , cette espèce s'éloigne cependant de tous les Tropidonotes par rapport à la conformation de la tête.

(i)coL. SCA.BER Linné Mus. Acl. Friecl. PL 10/. 1; Merrem Beitr. I PI. 9 : le jeune. Cette espèce forme le genre dasypel tis de Wagler iÇy.$f. yy. 178,

TROPIDONOTUS AIORTUARIUS. 331

Ses écailles, presque carrées, disposées sur 23 rangées longitudinales et surmontées d'une carène extrêmement saillante; la forme alongée de la tête ; la petitesse des plaques frontales antérieures et des surciliaires; la position verticale des narines et des yeux et leur petitesse; la présence de plusieurs plaques oculaires antérieures qui se prolongent jusqu'au dessous de l'œil; d'autres caractères enfin tirés du système de coloration sont autant de traits particuliers à ce Tropidonote.

II fait le passage aux Homalopsis: sa physionomie l'indique évidemment. Je n'en connais qu'un seul individu, provenant de la collection de feu Kuhl (i) : cet individu mesure 0,21 H- 0,08, le nombre des plaques est de 187 H- 70. Celui que Russjel a figuré sur sa PI. 33 était d'une taille plus forte; il a servi de type au col. mortu ariu s de Daudin Rept. çol. Fil p. 787. L'espèce porte au Bengale le nom de N ANGE ALLED- KE ARA. Elle a Ics tclutcs très lugubrcs. Un brun noir enfumé occupe le dessus; on voit plusieurs suites de taches noires qui affectent sur les flancs la forme de bandes transversales. L'abdomen est jaunâtre; toutes les plaques sont bordées de noir-brun, couleur qui occupe aussi le dessous de la queue.

(1) Beitràge p. <^S : col. mortuarius.

2 Genre. LES HOMALOPSIS.

H0MA1.0PSÎS.

Parmi îes serpens non venimeux, ce sont les espèces de ce genre'qui méritent plus iKirticulièrement IVpitliète de serpens aquatiques. On sait peu relativement à leurs mœurs; mais les espèces que l'on a observées font un séjour presque continuel dans les eaux. Les liomalopsis paraissent plus particulièrement organisés à peupler l^s innnenses étendues d'eaux douces des contiées intertropicales de l'Asie et de l'Amérique qui fourmillent d'innombrales espèces de poissons, dont ils font leur nourriture principale. Ils renq^lacent, dans ce dernier continent , les TROPiDONOTEs dont la race est distribuée dans les climats tempérés et chauds des deux mondes, tandis que la patrie des Homalopsis connus ne s'étend ordinairement pas au delà des tropiques. Les espèces ne sont pas très répandues; une seule se trouve au Benj^ale ainsi qu'à Java; d'autres habitent à la fois les deux Amériques. La plupart parviennent à des dimensions considérables , quoique leur corps , quel([uefois de la grosseur du bras , excède rarement 4 pieds en longueur totale. Ces disproportions dans les formes ; une queue courte, conique et robuste; une tête extrêmement larf^e, crosse, obtuse, ramassée et revêtue de plaques déforme très irrégulière et peu constante ; im museau court et obtus; des narines et des yeux assez petits dirigés vers le ciel ; des lèvres enflées; l'ouverture de la bouche spacieuse , le plus souvent droite et à angle postérieur montant: tout ces caractères concourent pour rendre l'aspect de ces animaux

HOMALOPSIS. ;j33

-il la fois hideux -et rebutant. Les Honialopsis sont cependant innocens , nonobstant la malignité de leurs traits. Ce sont notamment les petits yeux dirigés vers le ciel , et les narines en fente semilunaire , également verticales et très rapprochées de l'extrémité du museau, qui prêtent à la physionomie de ces ophidiens une expression toute particulière et tellement frappante, que l'on reconnaît avec facilité les espèces de ce genre , après en avoir vu une seule et malgré qu'elles offrent des disparités assez considérables ; car les unes ont les écailles si petites que le nombre de leurs rangées s'élève jusqu'à 89, tandis que d autres n'en offrent que i5 rangées classez larges: ces parties sont tantôt lisses, tantôt surmontées d'une forte carène; carrées chez les uns, en rhombe chez d'autres. La tête est souvent recouverte de plaques comme dans les Couleuvres , mais ces lames varient extrêmement , suivant les espèces, à l'égard de la confoniiation et du nombre; car il y en a où ces plaques sont remplacées par des écailles de forme très irrégulière. Nous voyons par ces données que le genre Honialopsis , quoiqu' aussi naturel que le précédent , est cependant composé d'espèces d'une organisation très disparate , tandis que les Tropidonotes sont tous extrêmement voisins sous ce rapport. Plusieurs autres traits sont cependant propres aux Honialopsis et les éloignent de tous les autres ophidiens: une espèce même , I'e r p e t o n , offre une organisation toutà-fait anomale.

Le corps des Honialopsis est le plus souvent cylindrique et quelquefois un peu comprimé. Ils ont tous l'abdomen extrêmement large, mais les lames de cette partie sont beaucoup plus étroites que celles des Tropidonotes, caractère qui rapproche les Homalopsis des boas, quoiqu'ils le possèdent dans un degré beaucoup moindre que ceux-ci. Le dessous du corps est toujours convexe. Les lames du sommet de la tête , lorsqu'elles existent, sont toujours ramassées et rarement de forme symmétrique : elles ne se trouvent au

334 IIOMALOPSIS.

nombre de neuf que dans quelques espèces; dans le reste , les plaques frontales antérieures sont fondues en une seule , peut-être pour rapprocher les narines du sonnnet du nuiseau : car chez plusieurs Homalopsis, les nasales se touchent avec leur bord interne et occupent ainsi la place des frontales antérieures qui manquent alors totalement. Les plaques du dessous de la tête sont rarement développées: on voit le plus souvent à leur place un grand nombre d'écaillés de forme diverse.

Les autres plaques varient tellement suivant les espèces qu'il est impossible de généraliser les caractères , tirés de la conformation de ces parties. Il suffira de dire ici que Tensemble de l'organisation des Homalopsis contribue à leur faciliter le séjour dans l'élément liquide. Couchés au fond des eaux , la position des yeux leur permet de recevoir à la fois l'image de tout ce qui se passe autour et au dessus d'eux. Pour aller respirer , ils n'ont que de rapprocher le bout du uuiseau à la surface des eaux: ce mouvement est l'œuvre d'un instant; ils referment leurs narines linéaires au moyen d'une valve qui se trouve au bord postérieur de ces organes et replongent, sans avoir été aperçus, dans le vaste abyme des eaux où ils se trouvent à l'abri des poursuites de leurs ennemis. Leur bouche est susceptible de se fermer hermétiquement , grâce aux plaques qui en garnissent les bords; la petite échancrure même de la plaque rostrale est remplie, lorsque la bouche est fermée, par la plaque terminale de la mâchoire inférieure. Nous verrons que les serpens de mer offrent encore cette conformation et même dans un degré supérieur.

Les Homalopsis sont doués d'une force musculaire prodigieuse ; aussi les organes de locomotion très-développés trouventils un appui ferme dans la base solide du corps qui est composée d'os assez robustes. Les apophyses des vertèbres sont assez larges: les inférieures sont toutes très développées et celles de la queue particulièrement longues : les vertèbres de ce membre sont plus vigoureuses qu'à l'ordinaire. Les côtes sont moins

HOAiALOPsis. ;j;i5

arquées et plus dirigées dans le sens liorizontal qu'à l'ordinaire, ce qui facilite sans doute la natation, prêtant en outre au tronc ce volume considérable qui distingue la plupart des Honialopsis. Le crâne offre des formes aussi anomales que l'extérieur de la tète: il est large, quoique l'espace entre les yeux soit assez étroit. Tous les os qui le composent sont robustes et solides. Les caisses et les mastoïdiens ne dépassent pas en longueui ces parties chez les Tropidonotes ; les nasaux sont étroits , les orbites rapprochées. Les apophyses coronoïdes sont très développées ,• les mâchoires peu longues et armées de dents assez grosses , aiguës, crochues , et augmentant en volume vers le bout postérieur des maxillaires , où l'on voit quelquefois plusieurs dents sillonnées j on observe également de très fortes dents au palais. L'intermaxillaire est déprimé et horizontalement linéaire. Les maxillaires sont bordés par des glandes salivaires dont la partie postérieure est toujours extrêmement développée; dans quelques espèces même, ce lobe volumineux est séparé des glandes maxillaires pour former une glande à part. Celles de la mâchoire inférieure sont assez considérables ; il se trouve, chez quelques espèces , de petites glandes sousmaxillaires. On voit toujours une rostrale et une lacrymale, quoique la dernière soit peu grande. Les nasales, si toute fois elles existent , sont petites. La disposition des viscères des Homalopsis offre plusieurs détails assez curieux. Le poumon forme toujours un seul sac spacieux dont les cellules se prolongent assez en avant du cœur sur les membranes de la trachée, dont elles occupent quelquefois toute l'étendue. Dans les uns , le poumon est partout de même largeur; dans d'autres, il se rétrécit vers le bout qui est élargi en guise de réservoir aérien ; dans les espèces enfin qui font le passage aux Tropidonotes , la structure du poumon n'offre rien de particulier. L'organisation du canal intestinal varie également d'une espèce a l'autre: sa partie grêle forme toujours des replis assez nombreux et profonds , mais l'intestin gros et le

^3(1 H0\IAL01»SIS.

rectum sont spacieux, courts et droits ; il en est de même de l'estomac qui forme souvent un cul de sac assez volumineux. La vésicule du fiel , la rate et le pancréas sont très développés chez les Honialopsis.

Les Homalopsis présentent le plus souvent des teintes très lugubres. Un gris schisteux, brunâtre, olivâtre ou noirâtre occupe le dessus de presque toutes les espèces. Quelques unes sont tachetées, d'autres raiées ou ornées de bandes transversales. Le dessous est souvent jaunâtre et pourvu de larges taches carrées, semblables à celles que nous avons décrites chez plusieurs Tropidonotes. Les petits ont toujours les teintes plus vives que les adultes , et diffèrent quelquefois assez de leurs parens sous ce rapport.

Le nombre des plaques abdominales est peu considérable , on en compte le plus souvent i5o ; il est cependant des espèces où elles s'élèvent jusqu'à 180, d'autres au contraire n'en présentent que 120 enviiorj. Les plaques souscaudales, quelquefois simples, sont environ au nombre de 3o , d'où Ion peut conclure de la brièveté de la queue.

Les difficultés, attachées à la chasse de ces ophidiens, sont peut-être cause qu'ils sont assez rares dans les collections. Kuhl a fondé le genre homalopsis sur la grande espèce javanaise; Boxe y a ensuite ajouté plusieurs autres de différentes parties du monde. J'ignore les motifs qui ont engagé Cuvier (j) à changer ce nom en celui de cerberus. Wagler (2) a crée pour plusieurs espères les genres: hypsirhina, hy- DROPS et HELicops. D'autrcs auteurs ont encore dispersé ces ophidiens dans diverses coupes génériques, dont nous ferons mention plus tard.

(i) Règne anim. 11p. 81 — (2) Syst. p. 169,

IIOMALOPSIS BLCCATA. 337

i Esp. UHOMALOPSIS A JOUES ENFLÉES.

HOMAI.OPSIS BUCCATA.

PI. Xlir fig. I , 2 et 3.

Bien que cet ophidien soit un des mieux caractérisés de toute la tribu , les auteurs en ont toutefois tait plusieurs espèces nominales , que l'on a ensuite réparties en divers genres.

On en possède de nombreuses figures, dont quelques mies sont assez bonnes. Le jeune est représenté dans Scheuchzer PL 6*6o fig. I , dans Seba //. 23. 3 , figure qui a servi de type aux COL. suBALBiDus de BoDDAERT Cl de Gmelin ; une troisième se trouve dans Linné Mus. Ad. Fr. PL 19 fig. 3 : c'est son col. buccatus, placé par Daudin (voL FI. p. 220) dans le genre Vipère. Seba en a encore donné deux figures , tracées d'après des individus d'âge moyen, voir Thés. Il PL 1 2 fig. i et PL 1 3 fig. I ; Sha w Gen. ZooL III P. Il p, 4^5 a reproduit la première sous le nom de col. vipérin us; Merrem a ensuite employé ce même nom, traduit en allemand, pour désigner la figure de notre espèce, donnée dans ses BeitràgevoL II PL 10 : ce n'est que sur cette même planche que se trouve le col. h or ri du s de Daudin, 2;o/. Fil p. ^i. Il faut encore rapporter à la synonymie de cette espèce le col. MONiLis de Linné Syst. nat. p. 38i , qui est aussi le demicollier de Lacépède Qiiadr. ovip. t. II p. 1^3 PL 8 ftg. 2; et enfin Te c H i D N A s E M I F A s c I A T A de Merrem Teiit. p, 1 5o , espèce nominale fondée sur plusieurs figures de Scheuchzer et de Seba. On trouve de plus un beau portrait du jeune de cet ophidien chez Russel // PL 33.

On ne l'a observé jusqu'à présent que dans la partie occidentale de l'île de Java , où il habite les lacs et d'où nos voyageurs nous eu ont fait parvenir un bon nombre d'individus. C'est chez cette espèce que le professeur Reinwardt a le premirr

338 HOMALOPSIS BtICCATA.

découvert des sillons aux dents maxillaires postérieures , observation qui a donné lieu à tant de recherches ultérieures, tendant à rendre suspects cet ophidien , ainsi que tous les autres qui offrent un système de dentition semblable. Nous avons représenté les glandes sallvaires de cette espèce : ISov. Acta vol. XI^ PI. i6 fiî^. 8. Ces glandes forment, à leur extiémité postérieure , un lobe assez développé. La nasale existe, mais elle est ' petite. Les glandes salivaires de la mâchoire inférieure ne sont pas aussi volumineuses qne dans les autres espèces. Les dents de cet ophidien sont beaucoup plus courbées en arrière que d'ordinaire; grosses et aiguës , elles augmentent en longueur à mesure qu'elles se rapprochent du bout du museau. La màc^hoire supérieure est peu longue. Les caisses sont assez larges et les apophyses de la mâchoire inférieure très développées; elles offrent un point d'insertion favorable aux muscles de la manducation , qui sont très vigoureux. Le squelette est pourvu de côtes arquées et longues; les apophyses épineuses, particulièrement celles des vertèbres du cou , sont assez développées. Le poumon commence vers la première moitié du cou , il gagne en étendue vers le cœur ; mais derrière cet organe, il s'élargit pour former un réservoir à air de formecvlindrique, très volumineux et dont les cellules deviennent plus spacieuses et plus rares à mesure qu<^ 1 on s'avance verr> le bout du poumon qui est gros , arrondi et dont la forme rappelle celle d'un cœcum;il est à peine dépassé par le foie qui est ramassé et gros. Les nombreuses inflexions de l'intestin grêle commencent près du pylore: elles deviennent moins apparentes vers le rectum, qui est assez spacieux. L'Homalopsis à joues enflées atteint jusqu'à quatre pieds de lonfifueur; le tronc des individus de cette taille est efros d'un pouce et demi environ. Les dimensions de la queue varient d'un individu à l'autre; occupant environ un quart de la longueur totale, elle est conique, robuste et dune venue avec le tronc, qui s'amincit considérablement vers les parties postérieures. Le tronc est un peu comprimé et entouré de .Hj à 89

HOMALOPSIS JBl CCAI \. 339

rangées d'écaillés en rhombe et surmontées d'une carène peu prononcée. Le grand nombre des écailles est cause qu'elles sont disposées sur des rangées très obliques , qu'elles ont une étendue peu considérable, qu'elles s'avancent assez loin sur le dessous de l'animal et que les lames abdominales sont beaucoup plus étroites que cbez les autres Couleuvres. La tête est assez distincte du cou, tjuoique cette partie soit très vigoureuse: large à la base, extrêmement grosse , haute , conique et en pente , elle contribue beaucoup par sa configuration k donner à cet ophidien la physionomie particulière qui le distingue des autres espèces du genre. Le museau est court , tronqué au bout et terminé par ime plaque en pentagone , déprimée , et pourvue à son bord inférieur de deux petites échancrures. Les gros muscles de la manducation et les glandes salivaires volumineuses produisent un enflement considérable sur la région des joues qui sont très saillantes , ce qui fait que la tête est en forme de cœur et semblable par cette raison à celle des Vipères. L'ouverture de la bouche n'est pas très large , droite et à angle montant presque perpendiculairement. Les lèvres ont le bord rentrant muni de plaques hautes mais étroites dont le nombre est beaucoup plus considérable que chez les autres espèces , parce qu'il existe , vers l'angle de la bouche , une ou plusieurs rangées d'écaillés surnuméraires , enchâssées entre les plaques labiales. La mâchoire supérieure recouvre celle d'en bas par son bord interne. L'oeil, extrêmement petit, est dirigé en avant et vers le ciel; il est enfoncé entre cinq ou six plaques oculaires : l'iris est brun , la pupille un peu allongée dans le sens vertical. Les plaques nasales, assez larges, se touchent par leur bord interne : cette organisation est cause que les narines, étroites et linéaires, sont rapprochées sur le sommet de la tête et que les frontales antérieures , petites et en triangle , se trouvent reserrées entre les frontales postérieures , qui sont disposées obliquement et dont le bord

340 HOMALOPSIS BUCCATA.

inférieur touche à la plaque frênaie. Le peu d'étendue de l'œil occasionne la petitesse des plaques surciliaires et de la verticale , auxquelles succèdent les occipitales également petites et étroites vers le bout postérieur. Le reste de la tête est garni d'écaillés de formes très diverses et peu régulières. La mâchoire inférieure est excessivement grosse à l'extrémité et a le menton tronqué: de là vient la disposition horizontale de la plaque terminale ; la première paire des labiales est très alongée et s'avance entre plusieurs autres plaques du menton. La gorge est revêtue d'un grand nombre de petites écailles, de sorte que les lames abdominales ne commencent que sous le cou. Il sera superflu d'ajouter à cette description que la forme et le nombre de toutes ces plaques varient considérablement suivant les individus; nous en possédons où la verticale se termine en une pointe très aiguë , d'autres où elle est divisée en trois parties dont chacune forme une plaque à part , etc. mais ces anomalies ne méritent guère qu'on y fasse attention.

Les teintes de cet ophidien sont peu sujettes à l'action de l'esprit de vin. Un jaune d'ocre plus ou moins clair occupe le fond; mais cette couleur, plus foncée sur le dessus fait place à de nombreuses bandes très larges , d'un brun noir plus ou moins foncé , souvent échancrées sur les flancs ou séparées de la couleur du fond par des bandes étroites. Une rangée de taches orbiculaires, noires et disposées par intervalles très irréguliers , indique le bord latéral de l'abdomen. La tète est terminée par un collier noir qui s avance en pointe sur l'occiput , et se réunit sur les côtes avec deux larges raies naissant au devant de l'œil. Une tache en triangle orne le dessus du museau ; deux autres de forme alongée, se trouvent sur le sommet de la tête. Les lèvres sont, à l'état de la vie, d'une belle teinte rouoeâtre. Tout ce dessin s'évanouit à mesure que l'animal avance en âge et les adultes sont souvent d'une teinte d'un gris noir uniforme ; mais chez quelques sujets elle

HOMALOPSIS SCHNEIDERII. 341

passe au rougeatre. Les bandes sont plus ou moins larges suivant les individus, et le dessous, particulièrement la queue , est souvent marqué de marbrures et de larges taches carrées noires.

Feu KuHL, en disséquant un individu adulte de cette espèce, a trouvé Testomac rempli de sang coagulé et des débris d'un ophidien. M. Reinwardt me dit qu'elle se tient continuellement dans les lacs.

2 Esp. L HOMALOPSIS DE SCHNEIDER.

HOMALOPSIS SCHNEIDERII.

PI. XIII fig. 6 et 7.

La confusion qui règne dans la synonymie de cette espèce est due au grand philologue dont elle porte le nom : ce critique l'a décrite sous les noms d'ELAPS boaeformjs (i) et de BOAMOLUROiDEs (2) 5 ainsi nommé à cause d'une analogie supposée de cette espèce avec le c ol. molur us de Linné, qui n'est autre chose que le python bivitta- Tus. Ces indications values de Schneider ont fourni à Dau- DiN et à Merrem les élémens pour former leurs col.

SCHNEIDERII Ct HITRRIA SCHNEIDERIANA (3), IcurS PYTHON MOLURUS Ct ELAPiFORMIS (4). M. ReIN-

WARDT enfin a imposé à cet ophidien le nom de col. ob-

TUSATUS.

On en voit des figures dans Seba (5) et dans Russel (6) ; ce dernier voyageur prélend qu'elle habite les Indes; s'il en est ainsi,

(i) Hist. Ainph. 11 p. 3oi. — (2) ib. II p. 279.— (3) UepL vol. VU p, 170 et vol, V p. 221. — (4) Tent.p. 90 ct 8g. — (5) Thés. Il i5. 3. — (6) Ind, Serp. II PL 40.

342 IIOMALOPSIS SCHAEIDERII.

il faudrait la comparer au karoo bokadam de Russel (i), » t fixer les traits distinctirs de ces reptiles si toutefois il en existe. Cette figure de Russel est le type du col. CEKBERusde Dauuin (2) , de r H Y D R u s c I N E R E u s de SnAW (3) de 1' h y- DRTjs niiiNCHOPs de Schneider (4) (enhydris rhyn- CHOPS Latreille (5) et python rhynchops MerreinO (6). N'ayant point été à même d'examiner ce serpent, Je n'ose ni décider de son identité avec celui du présent article , ni l'admettre au rang des espèces exactement connues (j). Tous les individus que possède le Musée des Pays-Bas ont été recueillis par ses voyageurs à Java , à Amboine et à une petite île voisine de cettedernière qui s'appelle Saparua, à la Nouvelle Guinée et à Timor. L'IIomalopsis de Schneider ressemble au précédent sous plusieurs rapports. 11 s en dislingue cependant par ses écailles plus grandes , plus fortement carénées , un peu lancéolées et disposées sur ^3 ou 2 5 rangées seulement ; par un tronc plus effilé et moins comprimé; par une queue moins longue; par une têle et un museau plus alongés et beaucoup moins gros ; par la forme des écailles dont sa léte est revêtue; par la position verticale des yeux et par ses teintes.

Un brun olivâtre, tirant tantôt sur le gris, tantôt sur le noir, occupe le dessus ; les taches irrégulières noires dont cette partie est ornée prennent le plus souvent, sur les flancs, la forme de bandes transversales ; mais elles sont quelquefois peu visibles. Le dessous est jaunâtre et maculé de noir enfumé , particulièrement à la base des plaques. On voit quelquefois une raie noire derrière lœil. Les teintes ne passent point après la mort. Nous devons à M. Reinwarde plusieurs

(1) ib. 7. PI. 17. — (2) Rept. VU p. 167. — (3] Cen. Zool. II p, 567. (/») Ilist. aniph. 1 p. 1^6. — (5 j Rept. III p, 101. — (6 ) Tent. p, go. — (yj Nous venons de recevoir du Musée de Paris , sous le nom de c e r- BERus RussELii CuviER , dcs individus de cet Homalopsis , rapporté de Pondichery par M. Reynaud ; d'autres sujets , originaires du Malabar et de Sumatra j font partie de ce n>ême établissement.

HOMALOPSIS SCHNEIDERII. 343

figures de cette espèce ainsi que de la précédente: elles ont été faites sur les lieux d'après le vivant.

La tête, plus déprimée que chez la précédente, a aussi la mâchoire inférieure moins haute et les joues moins enflées ; de plus, les plaques des lèvres sont plus larges , et moins nombreuses à l'angle de la bouche. Les yeux sont très petits et dirigés vers le ciel; ils offrent une prunelle ronde et un iris d'un brun rouge. On voit au lieu de la plaque verticale et des occipitales un grand nombre d'écaillés de forme peu régulière, qui se confondent avec celles du tronc. Le museau est plus large que chez la précédente et arrondi.

Cette espèce atteint jusqu'à 3 pieds et demi de longueur , mais les individus de cette taille sont très rares; la plupart ne mesurent que 0,64 H- 0,16. Le nombre des plaques est de i4o + 5o ou de i52 +64. La charpente osseuse ressemble parfaitement à celle de l'Homalopsis buccata , excepté que le crâne est plus alongé. Le lobe postérieur des maxillaires est séparé du reste de la glande salivaire (i). Le poumon se prolonge , comme celui de la précédente, sur la trachée , mais sa partie postérieure est beaucoup moins spacieuse. Le canal intestinal est étroit et on n'y observe de profonds replis que près du pylore.

Nos voyageurs n'ont pas été à même d'observer les mœurs de cet ophidien, parce qu'il est très rare à Java , et qu'il ne se trouve pas dans la partie occidentale de cette île.

(i) DuvERNOY [Ami. d. se, nat, XXX PI. 4 E) a figuré les glandes de la tête de cette espèce.

3/i/j UOMALOPSIS DECUSSATA.

3 Esp. LHOMJLOPSIS DÉCIjSSÉ.

UOMALOPSIS DECUSSATA.

PL XIII tig. i4, i5 et Uu

Je lie conçois guère pourquoi Boie a placé cet upliidieri dans son genre brach y orr nos , c'est un Honialopsis des mieux caractérisés. Les yeux verticaux; les narines à fleur de tête, perçant les plaques nasales qui se touchent par leur bord interne; une tête courte, grosse, conique, à nuiseau gros et arrondi, et plusieurs autres traits le rapprochent de l'espèce précédente, dont il s'éloigne cependant par un tronc presque d'égale grosseur, comprimé et revêtu de 19 séries d'écailles carrées et lisses; par une queue très courte, grosse et conique; par les teintes ; enfin par une tête moins distincte et garnie de plaques de forme plus régulière: car on voit deux occipitales assez développées, une verticale large et en pentagone, des plaques temporales et mentales , deux plaques oculaires postérieures , une antérieure unique et une seule rangée de plaques aux lèvres.

Cette espèce est ornée de bandes transversales alternes de blanc et d'un brun rouge; la dernière teinte prend le dessus sur les parties supérieures. Un collier blanc orne la nuque, le museau est marqué d'une tache de la même teinte.

Les deux individus que possède le Musée des Pays-Bas ont été rapportés de Java par le professeur Reinwardt ; ils sont de petite taille , le plus grand ne mesure que o,25 + o,o4. Plaques: i36 + 34 et i35 4- 26.

Cette espèce a été décrite récemment par M. Reuss. Mus, Seîik. p. PI. 9 / 3 : b r a c h y o r r h o s a l t e r n a n s.

nOMALOPSIS LEIICOBALIA. 345

4 Esp. LHOMJLOPSIS A TACHES BLANCHES.

HOMALOPSIS LEUCOBALIA.

PI. XIII fi g. 8 et y.

La physionomie particulière de cet ophidien le rend assez intéressant. Il a le port de I'h o m alopsis bu ccat a, mais sa queue est beaucoup plus courte et plus grosse, son tronc plus comprimé et l'abdomen plus étroit, quoique les plaques qui le revêtent soient, proportion gardée, plus larges.

La tête , légèrement distincte du cou , est remarquable par sa longeur , par sa brièveté informe et par son museau court et arrondi: elle a les formes très trapues et extrêmement ramassées. La gueule n est pas très fendue et presque droite. La ]èvre supérieure est garnie de 5 plaques seulement ; elles sont; larges; celles de l'inférieure au contraire sont petites. La plaque rostrale est en hexagone, voûtée et reçoit dans une profonde échancrure la première plaque de la mâchoire inférieure , proéminente pour cet effet et assez petite. Tout le dessous de la gorge est garni d'écaillés, parmi lesquelles on distingue plusieurs mentales plus larges que le reste. L'œil est très petit et vertical; il est entouré postérieurement de 1 plaques , mais on n'en voit qu'une seule en avant de cet organe. La plaque du frein manque, aussi n'y a-t-il qu'une seule frontale antérieure, qui est enchâssée entre les nasales. Le reste des plaques de la tête se distingue par ses formes trapues: les occipitales sont petites, la verticale et les temporales très larges. Toutes les écailles du tronc sont lisses, en rhombe, à angles un peu arrondis, et disposées sur 25 rangées.

Le dessus est d'un noir très pâle, tirant sur le bleu d'acier; plusieurs suites de taches blanches et anguleuses s'étendent irrégulièrement le long des flancs et du dos. L'abdomen est blanchâtre.

346 HOMALOPSIS PLUMBEA.

M. M. Macklot et Mûller , à leur retour de l'expédition de la Nouvelle Guinée, ont découvert cette espèce inédite dans les rivières de Timor. Un beau dessin, fait sur les lieux , a été exécuté par leur infortuné compagnon M. van Raalten , qui succomba aux fatigues de ce pénible voyage, peu de jours après avoir achevé ce dernier travail. Nous n'avons reçu que deux individus de cet ophidien , dont l'adulte a servi de type à la figure que nous avons faite de la tête: ce sujet mesure o,6i -+- 0,08 et offre i52 -h 3i plaques; l'autre est de 0,44 ~*~ 0,06 et on lui compte i56 -f- 34 plaques.

5 Esp. HHOM JLOPSIS COJJLEVR DE PLOMB. H03IAL0PSIS PLL31BEA.

PI. XIII fig. 12 et i3.

Les lames qui revêtent la tête de cette espèce offrent des formes moins irrégulières que celles des précédentes. Les lèvres, quoique assez enflées, sont revêtues de plaques dont le nombre et la forme se rapprochent de celles des Couleuvres; il en est de même de celles de la mâchoire inférieure et du menton, On voit des plaques temporales, une frênaie, une oculaire antérieure et deux postérieures; les occipitales, quoique peu larges, sont alongées et la verticale est en pentagone régulier. Il n'existe qu'une frontale antérieure, les nasales se touchant sur le sommet du museau. Les narines et les yeux sont assez verticaux. La tête est peu distincte du cou, conique, large, et à museau arrondi au bout. Le tronc n'est pas très gros, presque orbiculaire et revêtu de 19 rangées d'écaillés carrées et lisses. L'abdomen est convexe et garni de lames peu larges ; la queue est très courte , grosse et conique.

HOMALOPSIS AER. 347

Le dessus est couleur de plomb , le dessous blanchâtre; les plaques sont souvent marbrées de noir à leur base; on voit quelquefois une raie médiane, formée par les centres noirs des écailles dorsales.

Il paraît que cette espèce est rarfi à Java ; nous en avons reçu des individus, mais en petit notnbre; Kuhl en a fait la découverte et VAN Hasselt l'a élevée au rang des genres, à cause du caractère tiré de la présence de dents maxillaires postérieures sillonnées (i). Elle est figurée dans XErpét. de iava PL 42; I'hypsirhïna hardwickii de \Indinn Zoologie appartient à cette espèce ou peut-être à la suivante.

o,3o •\- o,o5 ; iQo -h 29 ou i23 4- 36.

6 Esp. IJHOMALOPSIS AER. HOMALOPSIS AER.

PI. XIII. %. 10 et II.

Ular-aer est le nom malais que porte cette espèce à Java , et sous lequel M. Oppel l'a désignée au Musée de Paris, quoiqu'elle ait été auparavant introduite dans le système sous trois dénomination s diverses , savoir :col. pythonissa (2) ;

HYDRUSENHYDRUS(3) et ENHYDRIS COERULEa(4),

fondées toutes trois sur la figure donnée par Russel (5). Les individus envoyés du Bengale et de Java (6) au Musée des Pays-Bas, nous ont démontré que l'espèce est absolument la même dans deux terres si distantes.

Elle est très voisine de la précédente; en voici les traits

(i) Cette espèce compose avec la suivante le genre HYPsiRHiNAde Wagler ; Syst.p. 169. — (2) Daudin7?<7?/. i. Fil p, 107. — (3jSchnei- DER Hist. Amph. P. T p. a/jS — (4) Latr. VI p, 202. — {^) Serp, PI. 3o. — (6) La figure d'un sujet originaire de cette ile se trouve dan» XErpét. de Java PI. 4t.

348 IlOMALOPSIS AEU.

distinctifs : une tête moins large et plus alongée, un museau plus court et plus conique, des yeux plus grands placés moins verticalement et dirigés vers le bout du nmseau, une plaque frontale antérieure très déprimée, des narines plus rapprochées, des plaques du sonnnet de la tête plus effdées , 25 rangées d'écaillés de forme rhomboïdale, des plaques abdominales plus étroites et en plus grand nombre, une queue plus longue et plus pointue, enfin un tronc plus comprimé.

La distribution des teintes offre également plusieurs caractères faciles à saisir. La couleur de plomb tire souvent sur le brun, et est relevée par deux raies étroites plus claires, qui naissent d'un point commun sur le bout du museau. Les flancs sont jaunes, séparés par une raie brunâtre du dessous qui offre la même teinte; on observe le plus souvent une suite de taches rondes sur la ligne médiane de l'abdomen qui est quelquefois marbré et rayé de brun , ainsi que les flancs, les lèvres et le dessous de la queue. Cette distribution des teintes, très sensible dans les jeunes, devient moins distincte avec 1 âge ; souvent même les adultes n'en offrent pas la moindre trace.

0,5^ H-o,i3 ; i39 +47 ou 1 56 4- 58.

Cette espèce présente à l'extrémité postérieure des maxillaires une dent plus longue que le reste; la glande qui correspond avec cette dent est séparée des salivaires , mais les glandes en général sont moins développées chez cet Homalopsis que chez les autres. La partie du poumon qui se prolonge sur la trachée est beaucoup plus spacieuse que la partie inférieure, qui se rétrécit derrière lecœur pour descendre en sac effilé et étroit jusqu'à la base du duodénum. Le foie est gros et ramassé, l'estomac volumineux et en cul de sac, les intestins grêles sont profondément plissés en tout sens et assez étroits.

HOMALOPSIS SIEBOLDII. :i4î»

7 Esp. i: HOMALOPSIS DE SIKBOLI).

HOMALOPSIS SIEBOLDII.

PI. XIII fig. 4 et 5.

L'hommaore que je rends par cette dédicace aux connaissances de M. VON SiEBOLD en histoire naturelle , est en partie dicté par les profonds sentimens de reconnaissance et d'amitié qui me lient à ce célèbre voyageur et savant polygraphe.

Je fais connaître sous ce nom un des plus intéressans reptiles du genre dont nous nous occupons. Un seul individu en a été adressé du Bengale au Musée des Pays-Bas. Russel n'a pas connu ce serpent , mais je crois devoir rapporter ici la fig. 1 de la PL 46 voL II (\e Seba.

La physionomie particulière, la grosseur des mâchoires, de la forme des plaques du menton et le port rapprochent cette espèce de I'homalopsis buccata, dont elle s'éloigne cependant sous beaucoup d'autres rapports. Le tronc est ramassé et plus comprimé que dans toutes les autres espèces, ce qui rend l'abdomen très étroit et convexe ; le dos est fortement relevé en carène , particulièrement sensible vers les parties postérieures d'où les flancs descendent en toit. La queue est peu longue et conique. On compte 29 rangées d'écaillés lisses et en lozange. La tête est distincte du tronc et un peu en cœur, mais moins grosse et plus alongée que chez I'homalopsis buccata; les yeux sont beaucoup plus grands. Les plaques de Id tête sont à-peu-près les mêmes que chez I'homalopsis decussata, excepté que les occipitales ont moins d'étendue et que la région des tempes est revêtue d'écaillés peu différentes de celles du tronc. On voit souvent plusieurs plaques surnuméraires à l'angle de la lèvre supérieure.

Le dessus est d'un gris brun assez obscur , tirant sur le

350 HOMALOPSIS CAllIlVlCAUnA

pourpre. Les taches plus foncées et bordées de noir dont ces parties sont ornées, ont une telle étendue, que la couleur du fond ne s'entrevoit que sous forme de bandes transversales très irrégulières. D'autres taches alternes et moins prononcées occupent les flancs et se confondent avec les marbrures de l'abdomen ; la couleur du fond de ces parties est un jaune d'ocre assez vif. Le tranchant de la carènie dorsale est relevé par une raie claire assez effacée. Deux raies de la même teinte, naissant d'un centre commun sur les plaques frontales , vont en divergeant derrière l'œil, pour se réunir sur le cou avec deux autres raies parallèles, qui se trouvent sur l'occiput ; ces raies, qui bordent plusieurs taches déforme diverse, offrent un dessin assez joli mais peu distinct. o,65 -fo,ii ; i47 -+■ 5i.

8 Esp. VHOMALOPSJS A QUEVE RUDE.

H03IAL0PSIS CAllIIVICAUDA.

PI. XIII fig. 17 et 18.

Après avoir fait connaître les Homalopsis habitans de l'Asie, nous traiterons de ceux qui se trouvent dans le nouveau monde.

L'espèce dont nous nous occuperons dans cet article , est originaire des contrées méridionales du Brésil, et se rencontre principalement dans la province de St. Paul , d'où nous en avons reçu plusieurs individus. M. Milbert l'a.aussi retrouvée dans les environs de New-York, où elle est absolument la même que dans l'Amérique du Sud. Elle est le fruit des découvertes du Prince de Neuwied , qui n'a observé que Tindividu figuré dans ses Ahhildangen Lwr. XI PL 3 ; ses chasseurs l'ont tué sur les bords de la rivière Japarui. M.

HOMALOPSIS AIVGULATA. 351

LiCHTENSTEiN Dous en a adressé un individu sous le nom de COL. AENEUS, ranjçé par FiTziNGER , Class. p. 55, parmi ses psEUDo-ERYx; Wagler Syst. p. 170 en a fait son genre HEi.icops, mais en y réunissant les hom al. plicatili s et ANGULUTA ; c'est son helicops carinicaudus, Icônes PL 7, M. Fr. Boie à Kiel a bien voulu nous en céder un individu adulte mesurant 1,08 + 0,28 ; il est de la grosseur d'un bras d'enfant.

Cette espèce ressemble assez, sous le rapport des teintes, duport et de l'ensemble des formes, à I'homalopsis PLUMBEA. Pour len distinguer, il suffit défaire attention aux caractères suivans : une tête et des plaques plus alongées; l'œil plus grand; une queue plus longue; 19 rangées d'écaillés en rhombe, à bout tronqué et surmontées vers les parties postérieures, d'une carène, dont l'ensemble forme sur la queue des stries assez saillantes; une teinte plus foncée; enfin un abdomen jaunâtre, orné le plus souvent vers le milieu de deux suites de taches noirâtres, quelquefois confluentes et qui s'étendent aussi sur le dessous de la queue.

9 Esp. IJH. ANGULEUX. H. ANGULATA.

PI. XIII fig. 24 et 25.

Je ne vois pas en quoi diffère le natrix ASPERAde Wagler (1) découvert par Spix dans la province de Bahie, de notre Homalopsis , si commun à Surinam, et connu de tous les naturalistes. Il se trouve aussi à la Martinique où ,

(i) Serp. brax, PU i3p. 87 , placé plus tard dans le genre helicops Syst. p. 1 7 1 .

352 IIOMALOPSIS A^GULATA.

M. Plée eu a t'ait la découverte. On eu voit des figures chez

SCHEUCHZER (l) , SeBA (2)^ LlNNE (3) Ct MbRREM (4).

Cet Homalopsis se rapproche, par le port, des tro pido no te s, mais il a les formes plus ramassées; aussi les plaques de la tète et de l'abdomen sont-elles semblables à ceux des autres Homalopsis.

La tête n'est pas très distincte du cou, un peu alongée et terminée par un museau très large, arrondi, court et convexe. Les yeux sont dirigés en avant et un peu vers le ciel, ils sont plus grands que dans les autres espèces. Les plaques de la tête se trouvent au même nombre et offrent à-peu-près la même forme que celles de I'hom a lopsis plumbea. La queue n'est pas grosse et s'amincit vers la pointe, qui est terminée par une écaille de forme conique.

Les teintes et 1 organisation des écailles distinguent cette espèce de toutes les autres du genre. Les dernières sont en rhombe, à bout tronqué et échancré , disposées sur 19 rangées et toutes surmontées par une carène extrêmement prononcée. La couleur du fond est un jaune plus ou moins clair, passant au rouge-brun sur les flancs. Le dos est orné de taches très larges, d'un brun-roux noir.^tre, en forme de rhombe disposé transversalement et dont les angles latéraux descendent sur les flancs , pour se prolonger sous l'abdomen, où ils forment des taches carrées et alternes : celle qui occupe la nuque s'étend en forme de pointe sur l'occiput qui , plus clair que le sommet de la tête, forme une espèce de collier. Plusieurs bandes qui descendent obliquement sur les côtés de la tête sont très peu distinctes.

(1) Bibl. sacra PI. 63o B, et peut-être aussi PU 653 /. 3 et PI, 737

f. 3. — (2) Thés. II. 24. 2; et // Sg. 2 , figure de l'adulte, fautive sous

le rapport du coloris, et qui a servi de type au col. s ur in a m en sis

de Shaw , Gen. Zool. vol. III p. 460. — (3) col. angulatus Mus,

AH. Fr, P/. i5/. I. — (4) Beitr.IIPLGp, 32.

HOMALOPSIS PLICATILIS. liy^

Cet Homalopsis parvient à une grosseur d'un pouce et demi, sur une longueur de 3 pieds : mais les individus de cette taille sont très rares : la plupart de ceux qui se trouvent dans les collections ne mesurent ({ue o,4^-l-«5i4- Lenondjre desesplar|ues varie depuis i jo -+- 56 jusqu'à 126 + y'S. La queue varie considérablement en longueur j nous possédons des individus de 0,16 + 0,07.

Le crâne de cette espèce est très large; les caisses et les mastoïdiens sont longs; la mâchoire supérieure est courte et munie à son bout postérieur d'une dent plus développée que les autres , mais dépourvue de sillon. Les vertèbres sont très larges et offrent des apophyses assez prononcées. Les côtes sont longues et attachées dans une direction plus horizontale que chez les autres espèces. Les glandes salivaires de cet Homalopsis sont beaucoup plus développées que d'ordinaire, mais le lobe postérieur des maxillaires n'est pas séparé. La nasale manque, et la rostrale est très petite. Cette espèce s'éloigne des autres par la conformation de son poumon, qui est absolument la même que dans la plupart des serpens de terre et dans les Tiopidonotes; mais ses intestins grêles sont, comme chez les autres Homalopsis, profondément plissés, et passent brusquement dans le rectum qui est très spacieux et dont la base forme un petit cœcum.jj

10 Esp. V HOMALOPSIS PLïCATILE. ,;,

HOxMALOPSïS PLICATILIS.

PI. XIII flg. 21 et 22.

Les auteurs qui ont traité de l'histoire naturelle des reptiles, ont souvent emprunté à Seba des mots barbares, que cet iconographe avait appliqués de fantaisie, au premiei- aninial qui lui tombait sous la main. A cette catégorie appartient Tophidien

354 liOMALOPSlS PLICATILIS.

(le Surinam, dont nous parlerons clans cet article, et qui porte dans Seba (i) un nom malais, mentionné par Yalentyn , nom que les naturalistes français oiit contracté en celui de b'ali(2). Linné a cité celte figure au sujet de ^on col. PLI c ATI LIS ''3), épitbète (jui ne vaut guère mieux que celle de Seba. Clette espèce, classée depuis dans plusieurs genres divers, appartient à juste titre aux Homalopsis. Laurenti (4) en a fait un cer a st e , Schneider (5) un el a p s , ]\Ierreim (6)

un NATRIX, FiTZINGER (y) un PSEUD O EL A p s, WaGLEr(8) un HELI c O PS. '

Elle parvient , suivant Lacépède , jusqu'à 6 pieds de longueur totale; nous en avons reçu , parmi un grand nombre de petits d'environ o,5o + o,i3 , un adulte de la grosseur d'un bras d'enfant et mesurant i,i3-l-o,i5.

Elle est une des mieux caractérisées du genre. Un corps gros et presque orbiculaire , entouré de i5 rangées d'écaiiles carrées , à angles arrondis , très larges et toutes lisses ; une queue courte et cor.i([ue ; une tète d une venue avec le cou et très conique ; un museau arrondi, très étroit et extrêmement court ; la petitesse des plaques qui la revêtent ; la forme alongée de celles qui garnissent le sommet de la tête; enfin une disposition de teintes particulière: tous ces traits distinctifs propres à l'espèce , ne permettent guère de la confondre avec aucun autre opbidien connu.

Les yeux peu grands, sont dirigés en avant et, par la brièveté du museau , très rapprochés de son bout : les narines orbiculaires, se trouvent, par la même raison , à l'extrémité de cette partie, et très près l'une de l'autre. On ne voit point de plaque du frein, et il n'y a qu'une seule frontale antérieure ; le reste

(i) Thés. I. 57, 5 ; voyez aussi //. 53. 3. — (2) Lacep. Quad. o^'ip. Il />. 176 PL<^f. 1. — (3) Mus. Ad. Fî\ PI, ^ fi^. I ; comparez aussi Scheuch- ZER 653. 1 et peut-êU'e aussi Ç>Ç)i. 10; Merrem Beilr, voh II PL S p, a8. — (4) Syn. p. 81. — (5) Syst. Il p. 294- — (6) Tfnt, p. 99. — (7) Classif' p. 55. — (8j Syst. p. 170-

HOMALOPSIS PLICATILIS. 355

des plaques est à-peu-près comme chez Ichomalopsis aer; mais les plaques mentales sont très étroites et effilées.

L'anatomie de cette espèce offre plusieurs détails fort remarquables: les viscères de la poitrine (i) étant extrêmement effilés , le canal intestinal se trouve resserré dans la partie postérieure de la cavité abdominale; l'intestin grêle, quoique très long, ne forme qu'un petit paquet de replis tortueux et assez serrés ; le rectum s'élargit en un sac spacieux et est pourvu d'un petit cœcum. L'estomac forme une poche profonde. Le poumon ne commence que derrière le cœur; il descend en se rétrécissant , et devient très étroit, pour s'élrrgir subitement vers le bout, qui est enflé en guise de réservoir d'air et qui n'offre pas la moindre trace de cellules. Les ovaires d'une vieille femelle que j'ai disséquée contenaient un grand nombre d'œufs assez développés et de forme moins alongée qu'on ne l'observe chez les Couleuvres. Le dessus est d'un brun-roux plus ou moins foncé, le dessous jaunâtre et marqué de chaque côté de deux suites de points brunâtres. Les plaques du dessous et des côtés de la tête sont ornées chacune d'une tache brune; mais ces taches confluent sur les labiales supérieures , de sorte qu'il reste derrière l'œil une raie jaune , bordée de deux autres raies très foncées, dont la supérieure est assez large. On voit plusieurs taches plus foncées sur les lames du sommet de la tête. Une raie extrêmement large 5 règne le long des flancs; elle est relevée par une ou plusieurs suites de taches qui sont formées par les bouts jaunâtres des écailles. Les jeunes individus ressemblent à l'égard des teintes aux adultes. Les plaques varient depuis i3o j- 3^ jusqu'à i38 -4, 44-

L'Amérique du Nord nourrit une très belle variété de climat de cet Homalopsis. Le dos, une raie large de chaque côté des flancs, et deux rangées de grands points au dessous , sont d'un

(i) Voir les figures de cette partie chez Duvf.rnoy : /4nn. d. se. nat- XXX PL 11/^. 3 et 4.

:|ÔG IIOMALOPSIS MAUTII.

noir brun tirant sur le bleuâtre. La teinte du fond est d'un jaune r<)u«>eàlre très vif, qui se présente sur les flancs sous la forme tl'une raie ; on en voit sur le dos une autre, composée de taches qui occupent le bout des écailles de la li<^ne métliane. Herrmann a fait de cette variété son col. seriatus, dont j'ai vu un jeune sujet au Musée de Strasbourg. Les individus des Musées de Paris et de celui des Pays-Bas ont été recueillis à la Nouvelle Orléans par M. Barabino.

1 1 Esp. /; HOMALOPSIS DE M ART IL S. \\. 3IARTII.

PI. XIII fig. 19 et 20.

Le compagnon de voyage du célèbre botaniste dont elle porte le nom, a fait la découverte de cette espèce près de la rivière Itapicura dans la province de Maranhao au Brésil. Wagler (i) a figuré le jeune sous deux noms différens. Il cite ici Sera //. (q^. 1 et le COL. NicANDRide Merrem Tent. p. gy. Le Homalopsis de Martius se trouve aussi à Surinam, d'où M. Diepe- RiNK a fait parvenu^ plusieurs sujets au Musée des Pays-Bas ; nous en devons quelques autres à M. de Fremery à Utrecht.

C'est un serpent également remarquable par ses formes et par les cliangemens qu'éprouvent ses teintes avec l'âge. La tête , à-peu-près de la même conformation que celle de I'Homa- LOPsis PLUMREA, cst plu>i déprimée; elle offre des yeux beaucoup plus petits et se distingue en outre par le défaut de plaques frênaies et par des narines plus rapprochées du bout du museau. La bouche est assez fendue. Le tronc est beaucoup

( 1 ) Serp. braf : e l a p S m a r t 1 1. P/. JI Jig- 2 e^ e l a p s t r i a n g u- LiGERUs PL II Â. fig. 3 (fig. mauvaise) : ces prétendues espèces forment son genre hydrops, Syst.p. 170.

HOMALOPSIS REINWARDTII. 3d1

plus eftiié que dans les autres espèces, moins ramassé, piesque partout (le semblable grosseur, et cylindrique La queue est plus mince que cette partie , conique, et n'occupe que le sixième ou le septième de la longueur totale. Les écailles du tronc, disposées sur i5 rangées, sont toutes lisses, de forme rliomboïdale, et à angles émoussés ; on compte i4^-f- 4^ <^" 172 "^56 plaques, plus larges que dans les autres Homalopsis.

Cette espèce a la queue et le tronc marqués dun grand nombre d'anneaux ou de bandes transversales , alternes et d'un brun-roux. Ces teintes deviennent insensiblement plus foncées avec l'âge et se confondent chez les adultes , qui sont d'un noir presque uniforme, mais d'un éclat incomparable: leur épiderme est luisant comme de Tacier poli, et réfléchit les teintes variées et brillantes de rarc-en-cieî; c'est un sujet arrivé à cette période de la vie qui a servi de type à notre figure ; il mesure 0,^1 + 0,11 5.

12 Esp. L' H. DE REINPV.éRDT. H. REINWARDTII.

Monsieur Reinwardt a bien voulu me permettre de décrire dans mon ouvrage cette espèce inédite , dont il a cédé un individu au 31 usée des Pays-Bas. Je la dédie à cet illustre voyageur, à qui j'ai des obligations innombrables, que j'ai le bonheur de révérer comme mon plus cher professeur, et qui m'a honoré de cette amitié sincère dont son noble cœur seul est capable.

Deux sujets du bel Homalopsis que nous ferons connaître dans les pages suivantes , font partie du Musée de Paris, où ils ont été rapportés de la Louisiane par M. Teinturier. Ce serpent surpasse toutes les autres espèces du genre par sa forte taille . du moins par rapport aux dimensions longitudinales , qui sont chez notreindividude 1,^704-0,18 ; l'autreindividu offre 1,27 + 0,1 55; le troisième est de 0,72 -|- 0,1 5. Ces proportions nous

358 HOMALOPSIS LEOPARDIXA.

apprennent que la queue de cette espèce est très courte relativement au tronc ; aussi cette partie , quoique terminée par une pointe conique et aiguë, offre-t-elle des formes très vigoureuses. Le tronc est un peu comprimé, mais presque partout d'égale grosseur, et entouré de 19 ou 21 rangées de grandes écailles presque carrées et à surface unie. Malgré les formes alongées de cette espèce , elle ne présente pas un très grand nombre de plaques, car il ne s'élève qu'à 192 + 3o , ou 191 H- 38 ou 173 -f- 54. Klle a quelque analogie, particulièrement par rapporta la tête, avec Thomal. de martius; mais son profil ressemble plutôt à celui de Ihom. PLicATiLis. Les plaques du sommet sont plus larges que chez les autres espèces du genre ; mais elles ne diffèrent, ni par leur nombre ni parleur disposition , de celles des autres espèces américaines.

Les parties supérieures sont d'un brun noir tirant sur le roux, notamment chez les adultes; le dessous est d'un jaune rougeâtre : cette dernière teinte cependant se prolonge sur les flancs en forme de grandes taches carrées, tandis que la couleur du dessus descend en bandes de la même forme, qui se portent sur la ligne médiane de l'abdomen pour se réunir avec celles de l'autre côté. Les lèvres et la gorge sont ornées de plusieurs points foncés.

Ces caractères tirés du système de coloration, le nombre des rangées d'écaillés, l'organisation de celles-ci , enfin les dimensions et la proportion de la queue, suffissent pour reconnaître le Homalopsis de Reinwardt.

13 Esp. n HOMALOPSIS LEOPARD.

HOxHALOPSIS LEOPARDINA.

Intermédiaire entre les homalopsjs angulata et PLicATiLis, l'espèce du présent article est remarquable sous

HOMALOPSIS MEHPKTON. 35!)

le rapport de l'organisation et du système de coloration. Elle se rapproche de la première par la forme et le nombre des écailles, également surmontées d'une forte carène et tronquées au bout; mais la conformation de la tête est absolument la même que chez la dernière espèce; celle du présent articlecependantoffre des yeux plus petits et une plaque frontale antérieure de forme triangulaire, qui s'avance entre les nasales. Elle se distingue de toutes deux par les teintes , par une queue plus longue et par un nombre divers des plaques abdominales et sous-caudales.

La couleur du fond est un rouge brun pâle, plus clair au dessous du corps. Cinq suites de taches plus foncées et disposées en quinconce régnent le long du dos et des flancs. Des taches larges et alternes de la même couleur occupent le dessous. Une raie claire , naissant à l'angle postérieur de l'oeil, se réunit avec le collier.

M. le professeur de Fremery à Utreclit , a bien voulu me céder les deux individus de cette espèce inédite , qui ont servi de type à mes descriptions. On en ignore la patrie. Le grand sujet offre 0,43 -f. 0,17 et 120 +66; le petit 0,29 + 0,19 ; et 1 14 "^ Bo.

14 Esp. n HOMALOPSIS ERPETON. H. HERPEÏON.

Il convient de ranger à la suite des Homalopsis , un serpent remarquable par ses formes disparates , qui le rendent un des ophidiens les plus intéressans. Pécrit et figuré pour la première fois par Lacépède (i) , ensuite par Daudi]?^ (2) et Guérin (3) , le curieux reptile dont nous nous proposons de traiter, n'a été étudié d'après nature par aucun naturaliste (4). Je me seraisttrouvé au

(i) Jnn, d. Mus. vol. II p. 280 PL 5o; erpeton tentaculà- Tus. — {1) RepL vol. VU p. i[\^ PL 86. — [?>) Iconogr. Rept. PL 7.0 fig. 3. — (4) Merrem a substitué à la dénomination reçue celle de rhi- NOPiaus ERPETON ; voir 7V;î/,/7. 82.

;-jj Ci

;i6() IIOMALOPSIS HERPETOIV.

nombre de ces derniers, si M. M. les professeurs du jardin du Roi, à Paris, ne m'avaient permis de rapporter en Hollande, poui en faire le portrait et la description , le sujet unique qui faisait autrefois partie de l'ancien cabinet du stadhouder , et quia été transporté à Paris au conunencement de ce siècle.

l'Erpéton a toul-à-fait le port des Homalopsis; ses proportions sont les mêmes que dans les espèces de ce genre , et la tête offre les formes et une organisation absolimient semblables à celles de ces seipens d'eau douce. On ne songerait pas même à séparer l'Erpéton des Homalopsis , sans la présence rie deux caractères tout-à-iait particidiers, et qui consistent dans l'existence de deux appendices cbarnues au bout du museau, et d'une rangée de très petites plaques abdominales , dont cliacune est garnie de deux carènes assez prononcées : ce premier caractère distingue l'Erpéton de tous les autres opbidiens; quant au second , ce reptile le partage avec la plupart des serpens de mer.

En exceptant ces deux marques distinctives , on trouvera que l'espèce qui nous occu[)e est très voisine de l'ii o 31 a l o psis DE SCHNEIDER: SCS fomics sout Ics mêuies daus Ics dcux espèces ; mais on remarque à celle du présent article un corps très gros au milieu, et s amincissant beaucoup vers les bouts; la tête est moins alongée, plus haute à la base et terminée par un museau plus large à l'extrémité ; les lames écailleuses de la tête enfin offrent une configuration et une disposition très diverses.

La taille de l'individu unique qui existe dans les collections est de 0,47 H- 0,17. Les plaques se nt au nombre de i4o + 96, mais il convient de remarquer que celles du dessous de la queue ne diffèrent en rien des écailles dont cette partie est revêtue. On compte, sur le cou, 35 rangées d'écaillés de forme rhomboïdale , à pointe tronquée, et toutes surmontées d'une forte carène: ces carènes deviennent plus prononcées vers les parties postérieures et forment alors des striés assez saillantes. Nous avons déjà parlé plus haut de la conformation des plaques

IIOMALOPSIS HERPETOiX. 361

ventrales , qui paraissent être composées de deux écailles fendues , telles qu'on les observe chez les serpens péhiolques, et qui sont à peine du double plus grandes que les autres écailles du tronc.

La tête de l'Erpéton est revêtue, à l'exception du sommet , décailles très petites, particulièrement sur les côtés du museau ; celles qui bordent les lèvres sont à peine plus grandes que le reste; parmi les nombreuses écailles gulaires, on ne distingue qu'une seule rangée de plaques mentales petites, et composée de 3 paires. Le sommet de la tête offre une verticale en pentagone presque régulier , suivie des occipitales qui ont peu d'étendue. Il en est de même des surciliaires qui sont séparées de la verticale par plusieurs petites écailles. Les nasales ^ percées par des narines orbiculaires et très étroites , se trouvent placées sur le soisimet du museau. On voit entre ces plaques et la verticale deux paires d'autres lames qui renferment une petite écaille et que Ton peut regarder comme des frontales; la paire postérieure est plus grande que l'antérieure. Il existe une plaque rostrale assez développée. Les yeux ne so'nt pas volumineux et offrent une pupille orbiculaire. L'ouverture de la bouche est droite et à angle brusquement montant; elle est garnie de dents d'égale longueur. Le bord des lèvres est rentrant, comme chez les autres Homalopsis. Les appendices charnues placées sur les angles du museau sont longues d'environ 0,007 , comprimées, et hérissées de très petites écailles.

La couleur de rErpét()ii , à en juger d'après l'individu décoloré que Ton connait, est d'un brun pâle; on voit sur la ligne médiane de l'abdomen une raie blanchâtre, deux autres plus laiges se trouvent sur les côtés de cette partie , et on en observe encore sur les flancs : elles se prolongent toutes sur la queue, m.ais sont très peu apparentes sur les parties supérieures de l'animal.

G Sam. jCce ÔOllS*

La famille des Boas comprend le plus grand nombre des serpens que les naturalistes modernes ont réunis dans les genres b o a ^ python et a c r o c h o r d u s. Elle est une des plus naturelles de l'ordre entier, et c'est très à tort qu'on a si souvent séparé, grâce à quelques caractères isolés et de peu d'importance, les trois sous-genres qui la composent, pour les distribuer dans des familles très différentes les unes des autres.

On voit que je comprends sous le nom de Boa tous les serpens qui ont une queue prenante, dans l'acception propre du mot, et dont le tronc, plus particulièrement organisé pour s'entortiller autour d'autres corps , offre souvent des dimensions plus considérables que dans le reste des ophidiens. Cette partie est toujours entourée de nombreuses petites écailles, qui s'avancent sur la tète et assez en avant sur le ventre, d'où il résulte que la première n'offre jamais des plaques de forme régulière comme celle des Couleuvres, et que les lames de l'abdomen sont très étroites. La position verticale des narines et les yeux toujours assez petits de la plupart des espèces, annoncent que ces serpens sont également faits pour vivre dans l'eau et à terre. Les trois coupes génériques que l'on peut établir se distinguent très facilement les unes des autres: la première, celles des boas proprement DITS, a des lames simples sous la queue ; la seconde , celle des p Y THONS, propre à l'ancien monde, offre des plaques

sous-caudales divisées, un os surnuméraire au bord supérieur de l'orbite, et des dents intermaxillaires; restent enfin deux ophidiens très singuliers, dépourvus de crochets à l'anus, et dont toutes les parties sont recouvertes de petites écailles granuleuses et non imbriquées: ce sont les acrochordes. Comme ces trois divisions génériques ont beaucoup d'analogie entre elles, par l'ensemble de leur organisation et par leur manière de vivre, nous en traiterons d'abord sous la dénomination générale de Boa; adoptant ensuite ces subdivisions pour faciliter la revue des espèces.

Pline (i) nous apprend, que le nom de boa est dérivé du mot bos, bœuf, parceque les petits de cette espèce doivent se nourrir dans la première jeunesse de lait de vache; il parle dans le même chapitre d'un grand Boa tué au Vatican, et dans le ventre duquel on a trouvé un enfant bien conservé: ce passage nous apprend en même temps l'origine de la fable que les serpens aiment le lait, et que le Boa des anciens ne peut avoir été qu'une Couleuvre, attendu que les vrais Boas ne se trouvent point dans la partie du monde que nous habitons. Linné a appliqué cette dénomination à tous les serpens à plaques souscaudales simples. Il est clair que son genre, fondé sur un caractère de si peu d'importance, toutefois en excluant les Pythons, devait comprendre plusieurs ophidiens d'une nature très hétérogène. Les successeurs de ce grand homme, en suivant servilement ses vues, au lieu d'éclairer l'histoire des Boas par les connaissances nombreuses acquises depuis , l'ont rendue plus obcure. On doit particulièrement attribuer ces erreurs à la manie de caractériser les divisions par un seul trait tranchant, manière de voir qui enchaîne la nature et qui ne peut-être appliquée dans la méthode naturelle. On peut se convaincre de la justesse de cette observation, en examinant les ouvrages des naturalistes, où les Pythons

(i) Hiit, nat. 8. 14.

3()4 LKS BOAS.

sont presque toujours séparés des Boas , et placés clans le genre Coluher, tandis que les Acroehordes, éloignés de tous deux, composent deux genres à part, tantôt appartenant à la famille des serpens innocens, tantôt à celle des venimeux. Nos temps , fertiles en innovations de toute sorte , ont vu démembrer la famille des Boas en autant de divisions génériques que Ton en compte d'espèces, qui elles-mêmes sont multipliées sans le moindre fondement de vérité. Il n'est pas rare de voir la même espèce distribuée en deux ou trois genres différens, et ces genres placés au basard parmi d'autres Couleuvres ou parmi des Vipères. Il me semble que de tels travaux, au lieu d'aidei la mémoire , n'aboutissent qu'à la surcliarger d'un amas de mots, et qu'ils ôtent aux amis de la science la possibilité de se faire à jamais une idéede la véritable nature de ces animaux intéressans. J'aurai soin de rapporter à chaque article la synonymie de l'espèce, dont l'ensemble peut en même temps servir de preuve à ce qui a été avancé plus haut.

Les recherches assidues que j'ai faites pour débrouiller la synonymie de cette famille, et la latitude d'examiner un grand nombre d individus, tous lecueillis sur les lieux dans les derniers dix ans, m'ont conduite à rconnaître que le nombre des espèces est beaucoup moins consirlérable qu'on ne l'avait supposé. J'ai lieu de croire que l'on en connaît la plupart qui existent , et que leur noml^re ne s'élève guère au dessus de quinze, y compris les Acrocliordes.

Dans aucun genre de l'ordre entier lesespèces n'offrent autant d'anomalies entre elles sous le rapport de l'organisation , que dans celui des Boas; aussi parvient-on facilement à les reconnaître au moyen de quelques traits caractéristiques assez saillans.

Elles sont quelquefois répandues sur une immense étendue de terre; d'autres au contraire sont bornées dans des limites assez circonscrites. Toutes habitent les payssituéssousl'équateur ou

voisins des tropiques clans les deux mondes. L'Europe, l'Amélique septentrionale et le Japon n'en produisent point. Les espèces américaines abondent dans les collections, celles de 1 ancien continent sont au contraire le plus souvent assez rares : aussi les premières ont-elles été presque toutes connues deLinnaeus, tandis que la découverte de plusieurs desdernières n'a été faite que dans les temps récens. Les auteurs, ignorant quelquefois la patrie des espèces, les ont souvent confondues dans les descriptions^ c'est pourquoi on doit user de circonspection, en consultant leurs ouvrages.

Quelques espèces sont vivipares , d'autres ovipares. Les Boas parviennent le plus souvent à une taille énorme, mais les récits des voyageurs sont presque toujours très exagérés. L'un a copié l'autre, et; loin de parler d après l'autopsie , on s'est contenté de rapporter les données des indigènes , qui reposent presque toujours sur des croyances populaires. Tout le monde vante par exemple la grandeur démesurée du Boa constricteur; j'ai cependant la certitude que cette espèce n'atteint que rarement neuf ou dix pieds de longueur totale. Les plus grands ophidiens connus, sont: le boa murina ,

le PYTHON DE SCHNEIDER Ct Ic PYTHON A DEUX

raies; mais je doute que l'on rencontre aujourd'hui des individusde la première espèce, qui excèdentvingtou vingt-cinq pieds, et la certitude qu'ils parvenaient autrefois à une taille très forte nous manque absolument. Pour les Pythons, il est plus rare d'en rencontrer de i8 ou de 20 pieds; un individu semblable qu'on avait pris dans nos colonies aux Indes , était regardé, même par les indigènes, comme un monstre de dimensions extraordinaires. Les individus de cette taille sont environ de la grosseur d'une cuisse d'homme, d'où il résulte que les Boas ont en général les formes assez élancées , et que la grosseur énorme de ces animaux, dont parlent les voyageurs, est également imaginaire. Il en est de même des absurditésque l'on a écrites à sujet sur la manière dont ils dévorent leur proie,

et sur le choix quils font de leur nourriture. Feu Boie qui lors de ces voyages aux Indes, a fait beaucoup d'observations relativement à l'histoire naturelle des reptiles, me mande que, malgré les recherches les plus assidues, il n'a jamais pu parvenir à se procurer des Pythons d'une taille aussi considérable que celui dont nous avons fait mention plus haut; il dit en outre que ces serpens font plus particulièrement la chasse aux mammifères de moyenne taille, et que les adultes seuls se rendent quelquefois maître de jeunes cochons ou de jeunes cerfs de la petite espèce, connue sous le nom de Muntjac. Les grands mammifères au contraire et les hommes ne risquent jamais d'être attaqués par ces ophidiens; les indigènes ne citent pas même d'exemple que jamais un enfmt ait couru ce danger. Les observations du Pkince de Neitwied coïncident avec celles de Boie; il remarque que personne ne redoute ces serpens, qui se contentent de faire la chasse aux oiseaux et aux reptiles , peutêtre aussi aux poissons. J'ai observé que le mode de nourriture varie suivant les espèces, je renvoie par cette raison aux articles détaillés.

Tout le monde sait que les Boas, pour surprendre leur proie à l'iniproviste, s accrochent à l'aide de leur queue à une branche d'arbre, et qu'ils s'élancent subitement sur les animaux que le hasard fait passer près du lieu de leur retraite; on a cependant observé que plusieurs espèces les guettent, étendues sur des rocs près des bords des fleuves , ou qu'elles les poursuivent même dans les eaux. Comme la plupart des Boas habitent le voisinage des eaux, il est probable qu'ils font plus particulièrement la chasse aux animaux qui préfèrent le même genre de vie , ou qui fréquentent ces lieux pour se désaltérer. Les Boas saisissent leur proie avec les dents , et tous les voyageurs assurent qu'ilS; s'entortillent aussitôt autour du corps de leur victime, l'étouffant dans les nombreux replis de leur tronc, en lui' concassant les os. On a récemment apporté en Europe plusieurs

Boas vivans de grande taille ; tout le monde a vu ces animaux dans les ménageries; ceux qui ont été présens quand on leur donnait à manger, auront observé que les Boas s'y prennent conmie tous les autres serpens : c est à dire qu'ils avalent l^ur proie , en commençant par la tête. Il est manifeste que cette opération doit être plus ou moins longue suivant le volume de l'animal qu'ils dévorent, et que les glandes salivaires doivent sécréter une plus grande quantité de fluide dans le premier cas. La circulation , ne pouvant s'exercer librement durant cet acte , il est également évident que le serpent doit se trouver dans un état d'assoupissement temporaire, qui le rend moins capable de se défendre contre les attaques de ses ennemis ou de les éviter par la fuite. On peut observer le mêm*^ fait cbez nos Couleuvres indigènes , et je ne vois pas pourquoi cette circonstance devrait avoir lieu à un degré supérieur chez les Boas. La bouche de ces derniers n'est nullement plus fendue que chez plusieurs autres ophidiens , leurs mâchoires ne sont pas plus dilatables , ils ont même les caisses et les mastoïdiens plus long , les animaux enfin dont ils se nourrissent ne surpassent pas de beaucoup en grosseur la circonférence de leur tronc , tandis que plusieurs autres serpens peuvent avaler des animaux d'un volume deux ou trois fois plus considérable que celui de leur corps. Tous les auteurs rapportent que les Boas , après avoir tué leur proie, l'induisent d'une couche épaisse de salive , pour accélérer la putréfaction et pour faciliter ainsi la déglutition. Aucun des voyageurs naturalistes modernes n'a cependant observé ce fait qui mérite d'être relégué parmi les nombreuses fables, enfantées par les premiers aventuriers qui se hasardèrent dans des terres lointaines et inconnues , que leur fantaisie peuplait de monstres de toute espèce. Pour sécréter une quantité aussi prodigieuse de salive , il faudrait des organes d'un volume très considérable ; mais on voit au contraire que les glandes salivaires des Boas sont beaucoup moins

développées que chez la plupart des autres Couleuvres.

Les Boas sont doués d'une force musculaire prodigieuse , mais ils en font rarement usage dans l'état de captivité. Nous en avons reçu plusieurs fois de vivans qui étaient très doux , et qu'aucune provocation ne pouvait porter à mordre; leurs mouvemons étaient extrêmement lents; ils mangaient rarement, la plupart même moururent au bout de plusieurs mois sans vouloir prendre la moindre nourriture.

Les teintes vives dont plusieurs sont ornés disparaissent le plus souvent après la mort. On en observe de toute couleur. Les uns sont bruns sur un fond jaunâtre, d autres offrent un vert presqu' uniforme, chez d autres c'est le rouge qui domine , et il en est dont les teintes sont très foncées ou même tout a fait un noir. Presque tous les Boas ont le tronc marqué détaches carrées ou en œil. Les couleurs de plusieurs ne ternissent pas avec l'âge comme dans les autres Couleuvres; elles deviennent au contraire plus vives et le dessin reste très distinct dans toutes les périodes de la vie.

Je crois avoir observé que les femelles ont le tronc plus gros que les mâles , et que les rudimens desextrémités postérieures sont plus développés chez ces derniers ; mais ces observations ont besoin d'être constatées sur un nombre d'individus plus considérable que je ne lai fait.

Le tronc des Boas va en s'amincissant vers les deux bouts ; il est toujours considérablement comprimé. L'abdomen est par conséquent large, un peu convexe ou un peu en carène. La queue offre les mêmes formes que le tronc; mais elle est beaucoup moins grosse, peu conique et terminée le plus souvent par une pointe émoussée. JEUe est toujours prenante : c'est à dire que, grâce à la direction des facettes articulaires de ses vertèbres , elle peut se rouler avec facilité en dedans , s'accrocher à des objets , pourvu que leur forme le permette, et soutenir le poids du tronc sans nécessiter un bien grand déploiement de force. Elle est le plus souvent assez

courte; le boa hortulat^ia l'a plus effilée , et offrant un nombre de plaques sous-caudales, qui s'élève au dessus de loo , tandis qu'il est presque toujours de 5o chez les autres espèces. Les écailles des Boas sont petites , et comme elles s avancent assez sur les parties inférieures , il s'ensuit que leur nombre est assez considérable et que les lames abdominales sont beaucoup plus étroites que d'ordinaire: voilà la raison pourquoi on compte quelquefois jusqu'à 60 ou yo rangées d'écaillés, qui sont toujours carrées ou de forme rhomboïdale, et le plus souvent lisses : elles augmentent en étendue à mesure qu'elles s'approchent des lames abdominales, dont le nombre est environ de aSo. Ce nombre cependant est plus élevé chez les Boas proprement dits de l'ancien monde, qui diffèrent sous beaucoup de rapports de ceux qui habitent l'Amérique. Les Acrochordes s'éloignent de tous les autres Boas par les petites écailles granulées qui revêtent toutes les parties, et dont une double série occupe la ligne médiane de l'abdomen qui se présente sous la forme d'une forte carène saillante.

La tête des Boas est toujours distincte du tronc, grosse , assez effdée , conique, déprimée et terminée par un museau le plus souvent alongé et tronqué au bout. Les yeux se trouvent par cette raison à une distance considérable des narines: ils sont latéraux dans les espèces terrestres dont la tête, à sommet plane est plus ou moins anguleuse aux côtés; mais les Boas qui habitent plus particulièrement les eaux, ont les yeux placés plus ou moins verticalement. Ces organes sont toujours petits et offrent, à l'exception des Acrochordes , une pupille horizontalement alongée. Les narines, assez larges sont toujours très rapprochées à l'extrémité du museau , et se trouvent quelquefois placées à son sommet; elles regardent le ciel dans les Acrochordes et sont de forme tubulaire. La forme des lames écailleuses qui recouvrent la tête varie extrêmement selon les espèces ; elles sont presque toujours assez peu

développées et ne diffèrent quelquefois en rien de celles du tronc; il est cependant des espèces où elles deviennent plus larges vers le museau, mais elles sont rarement de forme régulière et leur nombre est ordinairement plus considérable que chez les Couleuvres ; on n'en voit presque jamais d'occipitales et rarement de verticales. 11 est évident que deslames disposées d'une manière si peu symétrique, doivent offrir des formes peu constantes, même dans différens individus d'une même espèce: c'est ainsi à tort que plusieurs auteurs ont attaché trop d'importance aux formes fugitives de ces parties, qu'ils ont décrites avec une exactitude mathématique, et dans lesquels ils ont même vu des caractères pour distinguer les espèces.

Le museau des Boas est le plus souvent tronqué obliquement au bout et un peu proéminant. La plaque rostrale, en pentagone large , est profondémjent échancrée en dessous ; celles qui bordent les lèvres se trouvent toujours en grand nombre et sont quelquefois très étroites; creusées, dans plusieurs espèces, de fossettes plus ou moins profondes, particulièrement à leur bord postérieur, elles offrent une organisation propre aux animaux de cette famille, mais on en ignore l'usage. Le dessous de la tête est revêtu de nombreuses petites écailles semblables à celles du tronc. La bouche est assez fendue, vu la forme alongée de la tête ; mais les lignes qui en déterminent l'ouverture sont presque droites,

L'anatomie des Boas présente plusieurs faits assez intéressans. Leur crâne imite les formes extérieures de la tête; les os qui le composent sont extrêmement robustes. Il en est de même des dents qui sont assez grosses , toutes solides et courbées en arrière ; elles augmentent en longueur vers le bout du museau, caractère particulièrement prononcé chez les

BOA CANIN A, CARINATA Ct HORTULA^ÎA. ToutCS IcS CS-

peces offrent des dents palatines presque aussi développées que les maxillaires, mais on ne voit de dents intermaxillaires

que dans les Pythons. Les os des mâchoires sont plus volumineux vers le devant et le plus souvent un peu courbés. JL'apophyse coronoïde est placée très en avant ; elle est peu proéminente. Les mastoïdiens sont toujours très robustes et quelquefois assez larges ; il en est de même des caisses , mais ces os sont dirigés moins en dehors que chez les Couleuvres et peu longs. Cette règle cependant ne peut s'appliquer aux A G R o c H o R D E s qui out la conformation du crâne anomale , comme on le verra dans la description que nous donnerons de ces ophidiens. Les autres Boas ont la partie postérieure du crâne très étroite, et le dessus relevé par une forte arrête due à l'action des muscles de la manducation. L'orbite, peu spacieuse , est terminée par l'os frontal postérieur , qui se prolonge jusqu aux maxillaires; les frontaux antérieurs, de forme triangulaire , bordent le devant de cette cavité ; la voûte supérieure au contraire est formée par les frontaux proprement dits qui sont carrés et assez larges. Mais il n'en est pas ainsi dans les Pythons , qui ont un os particulier enchâssé entre les frontaux, et nommé surorbitaire parM. Cuvier; dans l'Acrochorde cet os est remplacé par une longue apophyse du frontal postérieur , qui se lie avec le frontal antérieur. Les nasaux sont alongés.

Le squelette des Boas est composé de côtes assez robustes , longues et courbées; les vertèbres ont leurs facettes articulaires dirigées de sorte que le corps de l'animal peut se rouler en dedans avec facilité : c'est pour cette raison qu'on ne voit point d'appophyses transversales, et que les épineuses sont peu développées, étroites et très distantes les unes des autres. Les épineuses inférieures de la queue, qui forment une double rangée, sont au contraire très longues pour servir d'attache aux muscles fléchisseurs de la queue qui sont assez vigoureux. Les apophyses transversales delà queue affectent la même forme mais sont dirigées en bas ; on voit aussi , aux vertèbres du cou , des épineuses inférieures crochues.

Les glandes de la tête sont beaucoup moins développées chez les Boas que dans la plupart des autres ophidiens. La salivaire de la mâchoire supérieure est assez étroite : diminuant de voKmie vers le museau , elle disparaît souvent sur les côtés de cette partie. Celle de la mâchoire inférieure est beaucoup plus développée. La rostrale, lorsqu'elle existe, est très petite. Dans la plupart des espèces que j'ai disséquées, je n'ai pu observer ni des glandes nasales, ni des lacrymales. Le poumon des Boas, à l'exception de l'Acrochordoïde, est toujours divisé en deux lobes, et celui du côté droit est toujours plus développé: ils offrent quelquefois des cellules moins serrées que dans les autres ophidiens et ces cellules deviennent ordinairement plus rares vers le bout , qui forme alors un réservoir d'air. On observe à la face supérieure du cœur une glande thyroïde, accompagnée de plusieurs autres glandes souvent très volumineuses. Le canal alimentaire est très long; sa partie inférieure ou l'estomac se présente sous forme d'un canal spacieux, à parois épaisses , et terminé au côté gauche en une poche profonde. Le canal intestinal, beaucoup plus spacieux que dans les autres serpens, est aussi plus court: l'intestin grêle fait plusieurs ondulations et se rétrécit considérablement avant de passer dans l'intestin gros; mais ces ondulations ne sont ni aussi profondes, ni aussi fréquenttes que dans la plupart des autres ophidiens; j'ignore si toutes les espèce soffrent une structure de la membrane muqueuse de l'intestin grêle send)lable à celle du Python à deux raies. Lesreins et les testicules sont de forme ramassée. L'anatomie de l'Acrochordoïde présentant plusieurs anomalies, nous renvoyons le lecteur à la description que nous en donnerons à la tête du genre Acrochorde.

1 Genre. LES BOAS PROPR . DITS. BOA.

Plusieurs écrivains modernes ont soutenu que les Boas proprement dits habitent exclusivement le nouveau monde: il est vrai que le plus grand nombre d'espèces se trouve dans la partie intertropicale de l'Amérique; mais on ne saurait exclure de ce sous-genre trois ophidiens originaires des Indes orientales qui offrent tous les caractères des Boas, quoiqu' ils s'en éloignent sous beaucoup d'autres rapports.

On désigne plus particulièrement sous la dénomination de Boas proprement dits , ceux qui offrent des plaques sous-caudales simples , qui n'ont point de dents à l'intermaxillaire et dont l'espace entre les orbites est uniquement formé par les frontaux proprement dits. On observe quelquefois plusieurs paires de plaques divisées, parmi les bandes simples du dessous de la queue. A ce genre appartient le plus grand de tous les ophidiens connus, le boa murina; mais on y verra aussi quelques espèces qui atteignent à peine deux ou trois pieds de longueur totale.

1 Esp. LE BOA CONSTRICTEUR. B. CONSTRICTOR.

PI. XIV jGg. 6 et 7.

L'illustre auteur du système de la nature a désigné une espèce

374 BOA COIVSTRICTOR.

de Boas de moyenne taille sous une épitliète (i) qui convient à toute la famille. Le nom de boa constrictor est devenu depuis ce temps familier à tout le monde; il a été introduit dans l'anglais, quoiqu'on ait coutume de l'appliquer indifféremment à tous les grands ophidiens de cette famille, et d'attribuer à c^tte espèce les récits exagérés des voyageurs sur la taille énorme des grands Boas , sur leur voracité que l'on dit ne pas épargner le tigre ni même l'homme. Au lieu de réfuter toutes ces erreurs, nous nous bornons à dire que le Boa constrictor de Linné ne parvient que rarement à lo ou à 12 pieds de longueur totale, et qu'il n'habite d'autre pays que les régions intertropicales de l'Amérique. Plusieurs erpétologistes français, ignorant la véritable patrie de notre Boa, ont erronément attribué à leur Boa constrictor , les observations faites par les voyageurs sur les grands Pythons de l'ancien monde. Les récits de Bosman, qui dit que les nègres africains rendent à ces serpens un culte religieux , ont fourni à La.cépède le nom de DEVIN, que cet auteur applique très mal-à-propos au Boa constricteur. Les successeurs de ce savant ont encore embrouillé davantage l'histoire de cet ophidien, et Daudin va jusqu'à assurer que le Boa constricteur est le vrai Boa de l'ancien monde et particulièrement de l'Afrique. Il suffit d'examiner les citations de ces écrivains pour éviter toute confusion.

Linnaeus a mentionné une variété de notre Boa sous le nom de boa orophry\s (2), changé plus tard en celui d'o p H r Y A s (3). Les figures que l'on a publiées de cette espèce sont nombreuses: on en trouve une dans Scheuchzer Bibl. Sacra PL fj^Q fig. i; Laurenti , Syti. p. 107 et suiv. s'est emparé de plusieurs autres données par Seba , pour en faire des espèces

(1) BOA CONSTRICTOR. SySt. mit. p. 378; BOA. CONSTRIC-

TRix ScHNEiD. His\ amph. Il p. a47- — (^) Syst. nat. éd. X p. 21 5. — (3) ib. éd. Xll p. 374 ; le B o I g; u a ç u de Marcgrav. , (ap. Piso p. 276J appartient probablement ici.

BOA COXSTRICTOR. 375

nouvelles: telles sont ses contrictor formosissimus, REX SERPENTUM, AUSPEX et DTviNiLOQUus quî reposent sur \es fig. /. 36. 5 ; // 99. I ; /. 53. i et // 100. i de Sera, Plusieurs autres figures de Seba au contraire, comme par exemple// 78. 5 et // loi n'ont pas été mises à profit par ce savant. La plupart de ces figures sont très mauvaises et pèchent presque toutes contre la vérité , particulièrement par rapport à Ja physionomie et au coloris. A la rigueur, on ne devrait citer de ces figures que / 36. 5 5 / 53. i ; et // 78. 5 ; celles qui se trouvent sur la PI. 100 et loi sont abominables. On en voit encore dans Lacépède Quadr. ovip. II PL 1^ fig. i ; dons Dau- DiN Rept. F. PL 62 fig. I ; dans Merrem Beltrcige II PL 1 ; et dans Schneider Denksclir, Munich voL VII PL 6 fi g. i : cette dernière figure est copiée d'après l'original de Marcgrav, déposé à la bibliothèque royale de Berlin. Mais de toutes les figures que nous venonsdeciter, pas une seule n'est au dessus de la médiocrité: aussi ont-elles toutes été dressées d'après des individus conservés dans les collections. Nous nous proposons de publier dans un autre ouvrage deux figures du Boa constrictor faites sur le vivant: l'une d'après un adulte, l'autre due aux soins de Mr. Dieperink à Paramaribo , et faite sur les lieux d'après un jeune sujet.

Le Boa constrictor est un très beau serpent sous le rapport de la distribution des teintes. On le reconnaît facilement à ce caractère; d'ailleurs il estpresqu' impossible de le confondre avec les autres espèces : car aucune a le tronc entouré d'un si grand nombre d'écaillés lisses; elles occupent aussi toute l'étendue de la tête , de sorte qu'il n'y a de vraies plaques que sur les lèvres. Il se distingue des boa canina et hortulana par une queue plus courte et par le manque de fossettes aux lèvres , des BOA cARiNATA et coNicA par Ics écaillcs lisscs , du boa MUR IN A parle manque de plaques sur le museau, du boa ce w- CHRis par la petitesse des écailles du tronc; il s'éloigne enfin de toutes par l'ensemble de ses formes et par sa physionomie.

376 BOA COIVSTRICTOR.

Nous avons dit plus haut que le Boa conslrictor paraît habiter l'Am éri q u e i nt ertr o pica l e clans toute son étendue ; nous ajoutons ici qu'il se trouve aussi à la Martinique , d'où M. Plée a fait parvenir des sujets au Musée de Paris. Il abonde à Surinam, d où M. Dieperink nous en a adressé un grand nondire d'individus; il y est connu sous le nom de serpent papa. Personne ne le redoute dans ce pays; on l'apprivoise au contraire très souvent; il contracte des mœurs si douces qu'il tient rang parmi les animaux domestiques , avec lesquels il vit dans une harmonie parfaite. M. Dieperink nourrissait les siens d'œufs dont ils sont assez friands ; cet amateur éclairé gardait souvent des Boas de plusieurs espèces dans la même chambre, sans que jamais ils se soient fait le moindre mal. Le Boa constricteur résiste quelquefois à la privation de toute nourriture, prolongée pendant six à huit mois.

On ne peut pas toujours se fier aux observations que les voyageurs ont faites sur les moeurs de ce Boa ; d'un côté parcequ'elles sont le plus souvent exagérées , de l'autre parcequ' ils ont négligé de bien déterminer les espèces , et que l'on ignore par conséquent de latjuelle il s'agit. Nous nous bornons par cette raison à donner un extrait de l'ouvrage du Prince de Neuwied (i) , qui a éttulié les habitudes de notre Boa. Cet illustre voyageur l'a rencontré sur plusieurs points delà côte orientale du Brésil ; il habite particulièrement les terres au sud de de Rio de Janeiro et près du cap Frio, et préfère les contrées boisées de l'intérieur aux lieux découverts et voisins de la côte. C'est là qu'il se rencontre dans des contrées sèches , désertes et échauffées par les rayons du soleil , dans les bois et dans les grandes forêts , soit suspendu à une branche d'arbre pour guetter sa proie, soit retiré dans des trous, dans les fentes de rochers ou sous les troncs de vieux arbres , où on en surprend quelquefois de petites sociétés composées de plusieurs

^i) Beitr. p. 211 siiiv.

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