‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 3)Chapitre 58 sur 66 · NAJA BRASILIENSIS LaUR. et COL. RUFUS GmEL. Syst · texte numérisé non relu

NAJA BRASILIENSIS LaUR. et COL. RUFUS GmEL. Syst

Nat. p. iio5; 90. i: n. non naja. Laur. et col. coecus Gmkl.

p. iio4; 90. 2: NAJA maculata Laur. ; 94. I ; 96. i. — col.

NAJA, Linné Mus. Ad. Fr, PL 11 fi^' i- — Lac, Qund. ot'. II PI. 4

f. \: — Latreille Rept. IF p. 10 avec fig. — Daud. FI PI. 71 et PI. 60

f, 20 et 21: VIPERA NAJA. — NAJA RAOUTHIA BeLANGER Voy.

ZooUPl.'x. — Cette espèce forme le genre a psi s de Wagler : Syst. p. 173.

NAJA TRIPUDIANS. 469

et se confontl bientôt dans les teintes générales; les individus à . cet aire ont en outre les lèvres et le dessous de la tête d'un beau blanc • je regarde ce Naja comme variété de climat de la précédente (i).

J'ignore à laquelle des deux variétés citées il faut rapporter les Najas observés à Siam (2) et à l'île de Sumatra (3); peut-être composent-ils des variétés intermédiaires.

Le peintre du professeur Reinwardt, occupé à faire le portrait d'après un individu vivant de ce Naja, a failli être la victime de la férocité de ce serpent qui , s'étant dégagé de ses liens, se préparait à l'attaquer au moment où il entrait dans la cbambre : appuyé sur sa queue , le tronc élevé , le cou dilaté et la tête avancée horizontalement , le Naja furieux faisait entendre des sifflemens aigus, et faisait jaillir une salive abondante sur son adversaire , auquel il resta à peine assez de temps pour se retirer avant que le serpent pût effectuer une attaque plus redoutable. Une des lettres de feu Boie, datée de Java , contient le passage suivant : « ce Naja ,dont j'ai déjà vu un » assez grand nombre d'individus, est très commun à Buiten- » zorg , et se rencontre malheureusement assez souvent dans >» les jardins et dans les galeries des maisons. C'est un reptile » nocturne. Attaqué , il se redresse absolument comme le Naja » tripudians , et les espèces que j'ai vues au Cap. Ce fut dans » cette attitude que nous trouvâaies , il y a quelques jours , un «jeune individu de l'espèce, entouré, à la porte delà maison, de «nos quatre guenons très apprivoisées,* les singes par leurs cris » marquaient déjà leur crainte , et aucun d'eux n'osait attaquer » l'ennemi , qui se retira en gardant bonne contenance, jusqu'à » ce que je le pris pour notre collection : cela présentait un » spectacle amusant. »

(i) C'est le NAJA spuTATRix de Reinwardt et de Boie. — (2) TuRPiN. Foy. I p. 344* — (3) Raffles. Z//?«. Trans. XIU p. "^ZX, — Un sujet, recueilli à Sumatra par feu Duvaucel, se rapproche de la variété javanaise.

470 NAJA TRIPUIUANS.

Tout le monde a entendu parler des jongleries qu'exécutent

avec cette espèce les bateleurs des grandes Indes : on en trouve

des récits détaillés dans KaiviPFER (i) et dans Russel (2); mais

il s'en faut bien que ceux du premier de ces voyageurs soient

toujours conformes à la vérité. Le frère de Russel s'exprime

sous ce rapport àpeu-près dans les termes suivans : « Je crois que

»le COBRA DE CAPELLO cst Ic scul scrpcut dout les bateleurs

» indiens se servent dans leurs jongleries; ces charlatans portent

» toujours sur eux certains antitodes qu'ils montrent aux speo-

» tateurs, et dont ils prétendent se guérir lorsqu'ils ont été mor-

>» dus. Ils ont cependant soin de se mettre à l'abri de tout danger,

w en arrachant d'abord au serpent les crochets venimeux ; aussi

» l'inefficacité de leurs prétendus antidotes est-elle suffisamment

5> contredite par les conséquences fâcheuses , dont la morsure

» de ces serpcns est quelquefois suivie, nonobstant la mu-

» tilation qu'on leur a préalablement fait sulur. Pour mieux

» exciter la curiosité des spectateurs , les bateleurs se font sou-

r&i vent, à l'endroit mordu, une petite blessure avec un instrument

» trancliant. [1 faut un temps considérable pour dresser les

)) Najas à ces jeux, qui consistent principalement en une imita-

» tion des mouvemens latéraux du corps du jongleur , qui ne

«cesse de provoquer le serpent, dont les regards suivent sans

M cesse la direction de la main qui le menace. Cette espèce de

>» danse est accompagnée d'un air de flûte , dont le caractère et

>» la mesure sont variés suivant la nature des mouvemens exé-

» cutés. Le même individu ne pouvant endurer longtemps cet

«exercice fatiguant, il est remis dans le panier que portent

)•> les jongleurs avec eux , et dans lequel ils renferment quelque-

» fols jusqu'à une douzaine d'individus. «

Ces détails ne s accordent pas exactement avec ce que dit Davy sous ce rapport: ce voyageur a observé que les bateleurs de

(1) Jm. exot. fasc, 111 obs. IX p. 565, av. fig. — {1} .Account. Il p, % suiv.

NAJA IIAJE. 471

Ceylan se servent de ces serperis , sans leur oter les crochets, et que Tunique moyen qu'ils euiployent pour se préserver du dauf^er, est leur courage ou leur agilité. Le Naja est vénéré des habitans de Ceylan ; on évite ces serpens soigneusement et , sans leur taire du mal, on les met dehors, lorsqu'ils se sont introduits dans les maisons, ce qui arrive assez souvent (i); pareil culte leur est rendu au Malabar.

llussEL a fait un grand nombre d'expériences pour prouver que le Naja à lunettes est un des ophidiens les plus redoutables des grandes Indes.

Merrem (2) , à l'exemple de Kiimpfer , a donné à ce Naja l'épithète de tripudians, à cause des jeux qu'on lui fait exécuter. Les Portugais, découvreurs des grandes Indes, lui ont appliqué le nom de cobra, de capello (serpent chaperon), à cause de son habitude de dilater le cou , et de se couvrir de cette sorte la tête, avancée pour le combat.

2 Esp. LE NAJA H A JE. NAJA HAJE.

PI. XVII fîg. 4 et 5 : var. du Cap.

Le grand rôle qu'ajoué ce serpent dans l'antiquité, le rend aussi remarquable que le précédent. Plusieurs poètes classiques (3), en parlant de l'Aspic , ont fait mention de la faculté qu'il a de dilater le cou : ces passages ont donné lieu à la supposition que le Naja hajeest le véritable aspis des anciens ; mais nous avons déjà dit dans la première partie de notre ouvrage, que ces peuples admettaient jusqu'à seize espèce d'aspics, et que ce nom collectif était employé, comme celui d'Anguis etdeDraco, pour désigner

(i) Davy /. /. — {%) Tenu p. 147. — (3) Lucàk. Phars, 9 , 701 ; et NiCAHDER in Theriac.

/|72 AAJA IIAJE.

les serpens en général. Chez les anciens Egyptiens, le Naja haje portait le nom do u r o , qui signifie roi et que les grecs ont en même temps adopté et traduit dans leur langue : de là leurs ou- RAioset BASiLiscos, dénominations dont la dernière a été ensuite introduite dans la langue latine et assez vaguement appliquée à plusieurs espèces de serpens. On sait que les monumens des anciens Egyptiens sont ornés et comme couverts de traits hiéroglyphiques , pai nii lesquels se distinguent les portraits de divers animaux symboliques ; celui de l'Haje est du nombre de ceux qui s'y trouvent le plus abondamment. On en voit de peints en couleur , sur les couvertures des sarcophages , et leurs effigies fondues en bronze , soit en forme de bracelets ou d'autres ornemens, ont éti' retirées d'un grand nombre de ces mêmes apogées qui renferment les momies. Ce serpent est toujours représenté , la tête avancée , le cou épancbé et le corps redressé: les anciens Egvptlens, dit-on , croyant qu'il prend cette attitude pour surveiller les champs qu il habite , lui rendaient un culte religieux et relevaient au rang de la divinité protectrice du monde. Un des principaux esprits qui ont eu part à la création du monde , le Cneph , Cnouphis ou Amon de la Cosmogénie égyptienne était représenté, dans l'écriture symbolique, sous la forme d'un serpent s'entortillant autour d'un globe ou placé dans le centre d un disque. La haute vénération qu'on avait pour le serpent , se manifeste dans la circonstance, que l'on sculptait sur le portail des temples, un globe soutenu de chaque côté par un aspic, et que ce caractère sacré se voit sur un grand nombre de médailles frappées à une époque postérieure (i); une figure d'aspic enfin surmontant la couronne royale ou attachée autour du bras , était l'insigne de la grande prêtresse, et c'était avec ces ornemens distinctifs que l'on promenait , dans le triomphe d Octavien , l'effigie de Cléopatre par la ville de Rome : probablement cette circonstance a-t-elle fourni le

(j) Voir Matter , /lisL d Gnovt. Atlas.

NAJA HAJE. 473

conte que l'on débite de la mort héroïque de cette femme célèbre , conte a l'égard du quel les auteurs classiques ne sont pas aussi bien d acord qu'on paraît l'être île nos jours (i). Les Egyptiens ilAlexan^lrie employaient le même animal sacré, pour faire périr les crinitnels (2).

Les bateleurs de l Egypte nu)derne et particulièrement ceux du Caire, se servent de ce Naja pour leurs sorcelleries. Les tours qu'ils font exécuter à ces serpens consistent principalement , comme ils disent, à changer l'Hajeen bâton , et à l'obliger à contrefaire le mort. Lorsqu'ils veulent produire cet effet , ils lui crachent dans la gueule, le contraignent à la fermer, le couchent par terre , puis , comme pour lui donner un dernier ordre, lui appuient avec la main sur la tête, et aussitôt le serpent devient raide et immobile, et tombe dans une sorte de catalepsie: ils le réveillent ensuite, en saisissant sa queue et la roulant fortement entre leurs mains. M. Geoffroy St. Hi- LAiRE (3), auquel on doit ces observations , s'est convaincu que ces phénomènes sont uniquement la suite d'une pression assez forte sur la nuque de l'Haje, ce qui ne manque pas de produire l'effet désiré. Ces jongleurs ont soin d'arracher aux Hajes les crochets venimeux , avant de les apprivoiser et de les dresser. Plusieurs auteurs classiques parlent d'un peuple habitant la Libye, et célèbre par ses connaissances dans l'art de guérir la morsure des serpens venimeux , dont eux-mêmes n'avaient point à redouter les effets: les bateleurs du Caire prétendent au tifre de descendans de ces anciens Psylîes, et se vantent de tenir de leurs ancêtres et de posséder seuls le secret de commander aux animaux.

Le savant voyageur auquel nous avons emprunté ces détails

(i) Comparez : Galen. Ther, /. i chap. 8 et 10 ; Sueton. vie d'Octav. chap 17 ; Propert. 3. 9; Horat. Od. i, 87 ; Florus. /. 4- ch. 11 ; Plutarque vie de Pompée et d'Antoine etc. — (2) Galen. Ther. i. 8. — (3; Dtscr. (h r Egypte, XXIV p, 78.

474 NAJA IIAJE.

intéressans, communique aussi les observations suivantes sur les mœurs de Ihaje: « L'Haje est assez abondanmunt répandu en » E<,'^ypte : il se tient quelquefois dans les fossés, plus souvent » dans les champs. Les cultivateurs sont donc exposés à le ren- » contrer fréquemment; mais, quoiqu ils n'ignorent pas le 1) danger de sa morsure, sa présence ne les empêche nullement » de vaquer à leurs travaux ordinaires: connaissant bien les "habitudes du redoutable reptile, ils savent qu'ils n'auraient à » craindre d'être attaqués par lui, que s'ils venaient à commettre w l'imprudence de s'en approcher. En effet tant qu'ils se tiennent » à quelque distance, 1 Haje se contente de les suivre du regard , » en élevant sa tête et en prenant l'attitude dans laquelle les fig. )' 4 et 5 (i) le représentent. » On voit par ces figures, citées par M. Geoffroy, que les habitudes de l'Haje sont absolument les mêmes que celles du Naja à lunettes. La même planche contient les portraits de l'Haje à l'état d'âge moyen et du jeune (2) ; l'adulte est représenté sur la PI. 3 du Supplément , figure remarquable à la fois par l'exactitude et par la beauté de l'exécution.

FoRSKAL (3) a fait des expériences avec le venin de ce Naja , dont la morsure est toujours mortelle; il conste d'une note de ce voyageur que cet ophidien se rencontre aussi en Arabie (4). Brov^^ne l'a observé au Darfur (5); LixN^^é (6) en fait mention, d'aprèsHasselquist, sousJenomde coLU BER haje, placé par Daudin (7) dans le genre v i p e r e , et par Cuvier (8) dans celui de NAJA. Wagler (9) en a fait son genre URA EUS.

On trouve en abondance dans la partie orientale de la Colonie au cap de Bonne Espérance un grand Naja , connu des habitans sous les noms de serpent jaune, serpent brun, serpent cracheur, ou Cobra de Gapello ; plusieurs de nos voyageurs, qui y

(1) Descr, de V Egypte Atlas. Rept. Pi 7. — (2) Fig. 2 et 3* — (3) Descr.p. 14. — (4j Ib. p. IX. (5.) For. H p. 14. — (6) ^P^ nnt. p. 387. ~ {-]) Rept. />//?. 3i. — (8)iî(?^'/ie«n. ///?. 93.--(7) Syst, p. 173.

NAJA HAJE. 475

ont abordé etparliciilièrement le docteur van Horstok, résidant depuis des années dans cette colonie , ont recueilli ce Naja en granrl nombre et en ont fait parvenir les dépouilles au Musée des Pays-Bas. La comparaison soigneuse que j'en ai fait avec THaje de l'Egypte, dont nous devons des sujets à M. RuppELL, m'a démontré l'identité de ces deux animaux , que l'on doit regarder tout au plus comme deux variétés de climat. Celle du Cap est depuis longtemps connue des naturalistes, et presque tous les voyageurs (jui ontparcouru cette Colonie, en font mention (i). La fi^. I PL i5 vol. //de Sera a servi à la fois de type au coLUBEFx ?j I VE us de Linné (2), placépar DAUDiN(3)dans le genre vipera; à la vipera MELANURAdu même auteur (4), dont Merrem (5) a fait uuelaps; au cérastes candidus de Laurentius (6), col. c an dissim us de Lacépède (^7) ; et à I'e L A p s de F u s c u s de Merrem (8) ; une autre figure très reconnaissable se trouve cliez Sera // 84. 2; I'echidna flava de Merrem (9) enfin a pour base une indication de Sparman.

La Naja haje parvient à la même taibe que le précédent, auquel il ressemble à beaucoup d'égards ; il en a parfaitement le port et les formes , et n'en diffère que par le système de coloration ; par im cou moins expansible , par un museau plus conique et terminé par une plaque proéminente assez voûtée, et se prolongeant entre les frontales antérieures; par un nombre plus considérable de lames abdominales; enfin par la sixième plaque labiale qui est très large, indivisée et montant jusque derrière l'œil. Les lames occipitales sont le plus souvent assez larges , et les oculaires postérieures quelquefois au nombre de 4 , 5 ou 6. Les écailles du tronc ne sont pas plus convexes que cbez la précédente, toujours disposées sur 23 rangées , et jamais

(i) COBRA DE CAPELLC. KoLBE 7 /?. ^55 ; LlCHTENSTEIN. Retse I

^.585. — {i\'iYst. mit. p, 384. — (3) RepL F] p, 39. — {^)Ib.p. 45. (5) Tent. p. 145. — (6) Syn. p. 83. — (7} Quad. ov. Il p. 118. — (8) Tent, y, 144. — (9) Jb. p. i54.

476 XAJA BUNGARIIS.

surmontées d'une carène, comme l'ont prétendu quelques auteurs. Les côtes du cou sont beaucoup moins droites que chez le Naja à lunettes , et voilà pourquoi cette partie est moins sus-, ceptihle d'élarii^isseuient. Les glandes de la tête de ce Naja ont été figurées par jVIeckel Jrchiu. 1 PL i fig. 3. Le maxillaire n'offre, à son extrémité postérieure, qu'une seule dent solide, caractère que cette espèce a de commun avec la précédente. Dimensions: 1,26 4- 0,24 ou 1,12 4- o, 1 8. Plaques : 202 + 54 ou 2i4 H- 62.

Un brun jaunâtre , varié de nombreuses taches blanches ou noires, couvre le dessus; le dessous est blanchâtre: plusieurs individus offrent de larges bandes ou des taches abdominales noires; les jeunes ont le plus souvent le cou orné de deux larges tacdies de la même teinte, placées à quehpie distance l'une de l'autre.

La variété du Gap offre des teintes beaucoup moins constantes : sa livrée est le plus souvent assez uniforme et s'observe dans toutes les nuances depuis le blanc jusqu'au jaune et au brun pourpre. Les individus foncés ont quelquefois le corps parsemé de nombreuses petites taches claires , ce qui s'observe dans le sens inverse chez les sujets blancs ou jaunes.

3 Esp. LE NAJA BONGARE. N. BUNGARUS.

PI. XVII fîg. 8 et 9.

Il n'est parvenu au Musée des Pays-Bas que l'exemplaire unique de ce Naja inédit, découvert par Boie à l'île de Java, Le portrait que ce voyageur a fait faire sur le vivant porte pour date: Tjikao, Févr. 1827.

Les belles teintes dont cette espèce est ornée; la grâce de ses formes ; sa queue effilée et revêtue de deux sortes de plaques; le nombre élevé dçs lames abdominales ; une rangée

NAJA BUIVGAROÏDES. 477

médiane d'écaillés dorsales un peu plus grandes que les autres , dont on ne compte que 19 ; des narines extrêmement ouvertes; des yeux assez volumineux; une tête petite, un peu alongée et revêtue de plaques de la même forme; la petitesse des 7 plaques labiales; un nuiseau en pente, court, anguleux aux côtés et obtus au bout: voilà les principaux traits qui distinguent suffisamment ce Naja remarquable.

Le dessus est d'un bleu noir, orné de nombreuses bandes plus claires , assez étroites, dirigées en arrière et se touchant sur le dos en formant un angle; celles du cou sont plus larges et jaunâtres; on en voit quatre de semblables sur la tête. Le dessous de cette partie est jaune ; mais cette teinte passe bientôt au bleuâtre, couleur qui occupe toutes les parties inférieures , et qui est relevée par les bordures noires des lames.

Dimensions: o,53 + 0,12. Plaques : 260 H- simples H- 80 div.

Il m'est impossible de déterminer au juste le degré d'expansibilité dont le cou de cette espèce est susceptible.

Nous venons de recevoir un individu du Naja Bongare de nos voyageurs aux Indes , qui en ont fait la découverte à l'île de Sumatra.

4 Esp. LE NAJA BONGJROIDE, N. BUNGAROIDES.

Par rapport au système décoloration, le Naja que nous ferons connaître dans cet article , se rapproche beaucoup de l'espèce précédente; mais il a la queue moins effilée, une tête plus ramassée , des yeux beaucoup plus petits , et toutes \es écailles d'égale étendue.

M. M. Quoy et Gaimard en ont fait la découverte dans les environs de Port-Jackson ; im autre individu du Musée de Paris a été rapporté des Indes par M. Kerandrenj ce qui fait qu'on

47a IVAJA BUIVGAROIDES.:

est en (juelque sorte en doute sur la véritable patrie de cette espèce.

Ces deux individus mesurent o,55 -H 0,09 et 0,29 |- o,o5 ; les plaques sont au nombre de 210 -f- 52 et de 218 -|- 52. On leur compte 21 rangées d'écaillés en rlioniboïde , un peu lancéo-î lées, lisses et disposées obliquement.

Le cou ne me paraît pas susceptible d'une dilatation considérable. Le tronc n'est pas très vigoureux , un peu comprimé et va en s'amincissant vers les parties postérieures ; il est terminé par une queue peu longue et menue , un peu conique et dont le dessous est nmni de plaques simples. Les lames de l'abdomen sont très serrées et peu larges.

La tète est distincte du cou , un peu conique et terminée par un museaugros, arrondi et àboutobtus qui estmunid'une lame presqu'en forme de croissant. Des lames qui revêtent le dessus de la tète , les frontales antérieures et les surciliaires se distinguent par leur peu d étendue ;les occipitales sont assez grandes et effilées. Les narines ouvertes percent une lame rapprochée du bout du museau et dirigée en avant, qui est immédiatement suivie par l'oculaire antérieure. On voit 2 lames derrière l'œil, auxquelles succèdent une temporale assez développée. Les yeux sont petits et latéi'aux. Les plaques labiales , au nombre de y , sont hautes, et offrent une disposition semblable à ce qu'on observe chez les autres Najas, savoir que l'avant dernière, enchâssée entre la quatrième et la sixième plaque labiales qui sont très grandes, n'atteint pas au bord des lèvres. Il existe 3 paires de mentales, dont les dernières sont très effilées et latérales.

La distribution des teintes est absolument la même que chez l'espèce précédente, avec cette différence , que celle du présent article n'offre pas de bandes aussi larges sur le cou , qu'elle a la tête ornée de points jaunâtres disposées en taches, et que le dessous de l'animal est fortement marbré d'un brun noir enfumé."

IVAJA PORPHYRICA. 47^

5 Esp. LE NAJA A ILANCS COULEUR DE POURPRE.

NAJA PORPHYRICA.

PI. XVII fîg. 6 et 7.

L'histoire de cette espèce fournit une nouvelle preuve de la confusion que les auteurs ont portée dans la synonymie des animaux , en se laissant guider par des principes étrangers à la science.

Shaw ^0 a le premier décrit ce Naja : c'est son col. por- PH Y R I Acu s placé par FiTZiNGER (2) dans son genre due er- RiA,et par Merre.m (3) dans celui de hurria. Lacépède l'a décrit deux fois ; d'abord sous le nom de bo a la e vis et puis sous celui de t r 1 m e r e s u r l s l e p t o c e pu a l u s (4). LessoN^ (5), qui en a publié tout récemment le portrait, en fait un A c A N T o p H 1 s. Chez Wagler , cette espèce figure comme type de deux orenres nouveaux, nommés pseudechjs et alecto ('6). CuviER {j) enfin en a fait encore un genre, sous le nom d'oPLOCEP HALU s , d'une Variété à bandes souscaudales.

Ce Naja a le cou moins dilatable que les précédens , aussi ne compte-t-on que 17 rangées d'écaillés effilées et plus larges que d'ordinaire. 11 ressemble par le port au Naja à lunettes : mais sa tête plus obtuse est moins distincte du tronc ; le museau est plus alongé , large et à bout obtus et arrondi. On observe 7 plaques à la lèvre supérieure dont la sixième , par sa position

(i) Zoo/. ISew. Holl PL 10. — (2) Syst p. 56. — (3) Tent p. 92. — (4) ^nn. d. Musée IV p. lyS et 196 PI. 56 fî^. i ; un des individus , provenant du voyage de Baudin, et qui a servi \\ M. de Lacépède pour faire ses descriptions , se trouve actuellement dans notre collection ; il n'offre pas la moindre trace d'écaillés carénées, don' parle le savant précité. — (5) acantophis tortor, Voy. de la Coquille , Atlas, Zool. PL 6 et GuÉRiN. Iconogr, PL 24 fiti' i* — (^) '^•^'' P' ^1^ cL i73. — (7) R(gnr anim. U p, 94,

480 IVAJA PORPIIYRICA.

rapprochée des côtes de la tête, touclie à peine le bord de la lèvre. L'œil de moyenne grandeur est latéral et entouré par derrière de 3 plaques, dont l'inférieure se prolonge jusqu'à l'oculaire antérieure; la verticale est alongée ; les occipitales ne sont pas très développées. Le dessous de la queue , qui est robuste et conique, offre plusieurs plaques simples, irrégulièrement dispersées parmi les divisées , comme on peut le voir pas les données suivantes: 192 -h 9 simpl. + l div. -h 5 s. H- 29 d. ou i6y -h y s. -+- 5o d. ou 188 -+- i)2 s. ou 190-1-5 s. + 48 d. — Dimensions: i,2y -H 0,16 ou 1,6 -1- 0,19.

Le crâne de ce Naja est plus large que celui de 1 haje, auquel il ressemble sous plusieurs rapports; les mastoïdiens cependant et les caisses sont beaucoup moins développés que chez les espèces précédentes. L'orbite est incomplète , et le maxillaire armé de crochets, auxquels succèdent plusieurs petites dents solides; les dents du palais et de la mâchoire inférieure sont également très petites.

Les teintes de cette espèce sont très vives. Le dessous est jaunâtre , couleur qui passe au rose pourpre sur les flancs ; les écailles de toutes ces parties sont bordées de brun. Le dessous est d'un beau bleu noir velouté. Ces couleurs s'effacent un peu après la mort.

M. Lesson (i) rapporte les observations suivantes touchant les habitudes de ce Naja : « Il est très redouté au Port-Jackson et » sa morsure a souvent fait périr des convlcts en moins d'un w quart d'heure, s'il faut s'en rapporter au dire des habitans. Il » est très commun dans les petits bois et dans les sables de » bruyère qui entourent la plage de Botany-Bay , où nous en » avons fréquemment rencontré dans nos courses d'histoire " naturelle. Ses mouvemens sont pleins de force et de vigueur, M son agilité remarquable , et il se défend avec hardiesse lorsqu'il w est poursuivi, w M. M. Quoy et Gaimard ontrapporté ce Naja de Port Western.

(t) Foy. de la Coquille. Zool. II p, :>5. .

IVAJA HAEMACHATES. 481

6 Esp. LE NAJA HAEMJCHATE. N. H AEMACIIATKS.

PI. XVII fig. lo et II.

Les écailles alongées et surmontées d'une forte carène 5 les formes raniassées; le petit nombre de plaques ; la tête grosse, distincte du cou, courte et très conique; le museau étroit , en pente, pointu et terminé par une large plaque voûtée, échancrée et excavée à son bord inférieur; le système décoloration , et plusieurs autres caractères propres à ce Naja , le rendent reconnaissable au premier abord.

C'est In A lîM AC HATE de LaCÉpÈDE (i) , (v I P ER A HAEMA- CHATES LaTR. (2), SEP EN DON HAEM. MeRREM (3 j) , Ctlc NAJA C A F E N S I S de SlNIlTH (4)-

Ce dernier naturaliste dit que ce Naja a les mouvemens assez lestes , qu'il habite un sol sablonneux , et qu'il est très répandu; c'est suivant lui le r i n g h a ls s l a n g des Colons. M. van HousTOK , qui a pourvu le Musée des Pays-Bas d'un bon nombre de sujets, nous mande au contiaire, que les babitans du cap lenonnnent ro OD E koper kapel cequi signifie: papillon de cuivre rouge, dénomination mal interprétée et coirompue du portugais Cobra de Capello, nom sous lequel les colons du Cap flésignent aussi l'Haje , y ajoutant lépitbète de jaune ou brun. Feu Boie ayant vu lors de sa résidence au Cap, chez M. Smiih, des indivitlus vivaiis de ce Naja , me niande dans une de ses lettres, que cette espèce tient beaucoup par ses habitudes des autres Najas; c'est à dire, qu'el'e élargit le cou lorsqu'elle est irritée, faisant sortir de ia Ixiuche une salive abondante. Ce fait a déjà été mentionné par L.chtenstein (5), en pailanl

(i) Quad. ov'ip. 11 PI. '^f.ip. I i5. ~ {i) nrpt. jV p. 3o. (K) Tent, p. i46 - (V Jamks E(L Ph. Journ. 1. ?.. — A'oyez des j)orliails de ce Naja dans Seba T/œs. II. 58. 3 et peut-être aussi //. 58. i. — (5) Reisc jp. i53.

482 NAJA HAEMACIIATES.

d'un ophidien nommé parles indigènes spuwslang, serpent cracheur , et qui est p?ol)a])len)ent le même (jue notre Naja. Il se tient, suivant M. van Horstof; , dans les plaines recouvertes de bruyère, et se rencontre quelquefois dans les chemins, les sentiers etc. , où il se repose.

Le Naja haemachate parvient jusqu'à i,t5|o,2i ; les dimensions de la queue varient, car un jeune individu de notre collection offre 0,28 -+- 0,06 de longueur totale. Le nombre de rangées des écailles est de ly ou de 19. Les plaques sontde 128 -h 36 ou de i4<3+ 44' ^^^ lames qui revêtent le sommet de la tête sont assez petites; la verticale est alongée et étroite ; les suiciliaires sont saillantes et les cotés du museau un [)eu canaliculces; on voit trois oculaires postérieures; les labiales sont petites, les tcmpoiales assez laiges. L'ouverture de la bouche est courbée en S et montant vers le bout du museau ; les lèvres sont renflées et à bord rentrant. Le tronc est très gros au milieu, mais il s'amincit vers les deux bouts.

Ce Naja est d'un beau noir pourpre, plus ou moins varié de brun jaunâtre sur le dessus; en otant l'épidtrme, cette dernière teinte change au blanc; on obseive quelquefois plusieurs anneaux larges, de couleur claire, sur le devant du tronc , et la tête est souvent totalement noire. Les variétés que Ton voit chez cette espèce, ne sont dues qu'à la prédominance delune ou de l'autre teinte.

Le crâne de ce Naja s'éloigne de celui des autres espèces par des orbites spacieuses et j)ar la forme des os qui servent de base au museau , forme particulièrement due à l'intermaxillaire qui est très large , incliné en dedans et dont la face supérieure s'attache aux naseaux, qui sont plus alongés que d Ordinaire. Le maxillaire n'offre pas de dents solides derrière les crochets. On voit une figure des glandes de la tête dans Duvernoy Ann. d. se. nat. XX FI PL ^ fig- 3.

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