VI PEU A
pas être éloigné des Vipères. En adoptant des subdivisions dans ce genre , l'Acanthophis pourrait, en vertu de son organisation disparate, en composer une; les trois Vipères de l'Europe, sans se distinguer du reste par des caractères saillans , se ressemblent cependant sous tant de rapports , que l'on en pourrait former une autre ; mais les autres Vipères, compris alors dans une troisième division , diffèrent souvent si essentiellement entre elles, soit par leurs habitudes, soit par leur organisation , qu'il est impossible de généraliser à toutes les mêmes caractères et les mêmes mœurs. De nombreux exemples peuvent appuyer mes opinions;jeme borne à en citer quelques uns : le Vipera arletans , si analogue dans son organisation aux autres espèces du Cap et de l'Asie, a cependant une manière tlattaquer diflérentede celle de tous les autres ophidiens. Cette même espèce, ainsi que la Vipère élégante, ont des narines extrêmement ouvertes , tandis que ces oroanes sont très étroits chez les autres. Toutes les Vipères fréquentent des contrées sèches , arides, découvertes ou sablonneuses; l'Europe centrale cependant, où de pareils lieux n'existent guère, nourrit une \i père, tout-à-fait analogue par son organisation aux autres espèces des réglons méridionales de celte partie du monde , dont une du moins , l'Ammodyte , n habite jamais les terrains marécageux et ombragés. Cette dernière espèce offre un museau alongé en pointe , qui s'observe déjcà à l'état rudimentaire chez la Vipère aspis, et dont l'usage est probablement d'aussi peu d'importance pour l'économie animale que les plaques surclliaires élevées de l'Acanthophis; la queue du dernier est munie d'un crochet assez prononcé, sa tête est revêtue de plaques d'une étendue considérable , mais les plaques de la tête se trouvent chez les espèces européennes dans tous les degrés de développement. La propension enfin qu'ont les écailles de certaines espèces de se transformer en pointes, fait que les caractères tirés de cette anomalie ne doivent être regardés