DES OS DE LA TETE
On ol)serve clo plus dans le crâne des ophidiens plusieurs pièces surnuméraires, qui cependant sont loin de se troiiver constamment chez toutes les espèces. Les premières, les frontaux postérieurs, sont des os qui descendent du sommet i\u front pour protéger le hord postérieur de l'œil; chez les Trigonocéphales, les Crotales et chez d'autres serpens non venimeux on ne voit que des vestiges de ces os ; ils disparaissent chez les Elaps et les Tortrix, tandis qu'ils sont très développés chez les Boas , chez plusieurs Vipères , etc. ; chez l'Acrochorde enfin, ils s'étendent jusqu'aux frontaux antérieurs, et remplacent ainsi les surorhitaux , autre paire de pièces osseuses surnuméraires, propres aux Pythons, et entîhassées entre les trois frontaux.
Tous les autres os de la tête appartiennent plus ou moins directement au grand appareil, destiné à la manducation , si toutefois ce terme peut s'employer chez les animaux dont nous traitons. Cet appareil se divise naturellement en deux parties: la première, qui se compose de la mâchoire supérieure et de son train; la seconde, qui est formée par la mâchoire inférieure et les pièces qui la suspendent au crâne. Il faut rapportera la première, Tinter ma xillaire, petit os placé transversalement au bout du museau, rarement armé de dents, et dont la manche se loge entre les nasaux et le vomer : étant au reste libre, il suit les mouvemens de ces os. Les maxillaires, également libres à leur extrémité antérieure, sont réunis au crâne par l'intermède des frontaux antérieurs ; leur extrémité postérieure se lie avec les ptérygoidiens externes: mais il s'en faut bien que leur conformation et leur mode d'attache soient toujours les mêmes, dans les différens genres d'ophidiens. Chez les serpens non venimeux cet os est assez alongé, posé horizontalement, armé d'une rangée de dents nombreuses, et toujours lié au moyen d'un pont plus ou moins large aux palatins ou même aux ptérygoïdiens internes; chez les venimeux au contraire, il est réduit à
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une pièce assez courte , et d'autant plus petite que le serpent est plus venimeux: c'est ainsi que l'on voit chez les serpens venimeux proprement dits , cet os porter uniquement les crochets, articulé au frontal antérieur et libre dans tout le reste de son étendue. Il est évident , que le développement des ptérygoïdiens externes, vrais leviers de la mâciioire supérieure, doit se trouver en raison inverse de celui des maxillaires ; cette pièce intermédiaire entre les maxillaires et les ptérygoïdiens internes est toujours dépourvue de dents, et s'amincit à mesure qu'elle augmente en longueur : elle se montre conséquemment chez les serpens venimeux, en forme de stylet linéaire et très menu. Les ptérygoïdiens internes, auxquels se réunissent en avant les palatins, forment avec ceuxci deux branches, le plus souvent en S , et qui s'étendent sur presque toute la longueur du crâne. Leur extrémité antérieure est libre ou liée au vomer au moyen de ligamens, la postérieure s'attache au bord interne de la caisse, près de sa base. Ces branches sont , excepté chez le seul Oligodon , armées de dents. Outre la réunion avec le ptérygoïdien externe, le ptérygoïdien interne se lie, chez plusieurs serpens non venimeux, au sphénoïde. Il en est de même des palatins qui, chez toute cette tribu et chez les serpens venimeux proprement dits, s'attachent, au moyen d'une petite apophyse, à la base du crâne.
Il me reste à parler de la mâchoire inférieure. Tout le monde sait, que ses deux branches sont réunies à leur boutantérieur au moyen d'un ligament, au lieu d'être soudées. Chaque branche se compose de deux os principaux: le dentaire et l'articulaire , pièces dont les sutures sont recouvertes à la face interne de trois petites pièces surnuméraires ; on a comparé la supérieure à l'apophyse coronoïde du squelette des mammifères, mais chez plusieurs ophidiens et notamment chez les serpens venimeux proprement dits , la pièce dont »ous parlons se trouve presque réduite à rien et placée sous le