‹ Essai sur la physionomie des serpens (volume 3)Chapitre 9 sur 66 · DES OS DE LA TÈTE · texte numérisé non relu

DES OS DE LA TÈTE

dentaire, tandis que la véritable apophyse coronoïdeest assez <{éveloppée et occupe la partie postérieure de l'articulaire près de sa jonction avec les caisses. Le dentaire portant à lui seul les dents, en est toujours hérissédans toute sa longueur : il varie assez dans les différentes espèces,ayant acquis le ternie du développement chez les ljoas,tandis qu'on observe l'excès opposé chez les serpens venimeux; il est superllu d'observer que le développement des deux pièces principales de la mandibule inférieuredoit avoir lieu en raison inverse l'une de l'autre, et que l'étendue de cette mâchoire en son entier augmente naturellement, à mesure que ses os-suspensoirs ont acquis du développement. Ces os-suspensoirs se trouvent au nondjre de deux de chaque côté: i) le mastoïdien , collé au crâne au dessus du rocher , et 2) les caisses ou os tynq^aniques, liés aux mastoïdiens au moyen de ligamens , et portant à leur extrémité inférieure un plan articulaire plus ou moins échancré, qui produit la jonction en charnière avec le condyle de la mâchoire inférieure. Les mastoïdiens, rarement soudés au crâne, comme dans les Tortrix, et 1^ plus souvent en forme d'écaillé, sont toujours placés dans le même plan avec la surface du crâne, et le cèdent , relativement à leur étendue, aux caisses dont îa direction et la forme varient assez dans les diverses espèces: ramassées et suspendues presque dans le sens vertical chez les Elaps, les Boas, les Tortrix et plusieurs autres serpens non venimeux, ces dernières pièces sont effilées, filiformes, dirigées en dehors et dans une position plus ou moins verticale chez beaucouj) d'ophidiens . notamment de la division des venimeux proprement dits.

Il résulte de la conformation de ces parties, que la bouche des ophidiens est d'autant plus susceptible d'élargissement, que les os-suspensoirs de la mâchoire inférieure ont acquis plus de développement, et que ceux qui composent l'assemblage de la mandibule supérieure sont libres ; si, au contraire, comme chez beaucoup d ophidiens, ces derniers se lient entre eux et

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au ciàne, si leurs caisses sont petites, les os acquièrent de la solidité ou un tliamètre plus considérable, et la houclie peut se dilater dans un dej^ré beaucoup njoindre.

DES MUSCLKwS.

Plusieurs anatoniistes se sont attachés à décrire les muscles des «)phi(liens. Sir Eveh. Home (i) a fourni des observations intéressantes relatives à ce sujet. On doit à M^. IIûbner (2), médecin de Berlin, une dissertation dans laquelle l'auteur décrit les organes de locomotion du Boa canina, mais cet opuscule académique se rencontre très rarement dans les bibliothèques. M.M. DuGÈs(3)et DiivERNOY(4)ont publié des descriptions et de belles figures des muscles de la tête. Les recherches que Meckel (5) a faites par rapport aux muscles des ophidiens, sont de loin les plus complètes, qui ait»nt jamais parues sur cette partie difficile de la science. J'ai disséqué les muscles de plusieurs serpens de différens genres; mais ces organes m'ont offert dans les diverses espèces des modifications si sensibles, qu'il aurait fallu faire des recherches très-étendues et comparatives, pour ramener toutes ces disparités à un type commun. Un pareil travail, plutôt d un intérêt physiologique, serait étranger au but que je me suis proposé dans mon ouvrage-, je me contente par conséquent, de donner un aperçu superficiel des muscles des ophidiens en général.

Ces organes, particulièrement ceux du tronc, sont remarquables par le volume considérable que l'on remarque dans

(1) Phil. Trans. vol. X et Lectures on camp. Anat. — (2) De organis motoriis Boae caninae. — (3) Jniu d. se. nat. vol. XII. — (4) '^^^• XXVI. PL 10. — (5) Fergl. Anat, vol. III p. t3o. sniv.

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