NAJA H A JE
Ceylan se servent rie ces serpens, sans leur oter les crochets, et que l'unlcjue moyen qu'ils eniployent pour se préserver du danoer, est leur courage ou leur agilité. Le Naja est vénéré des habitans de Ceylan ; on évite ces serpens soigneusement et , sans leur faire du mal, on les met dehors, lorsqu'ils se sont introduits dans les maisons, ce qui arrive assez souvent (i); pareil culte leur est rendu au Malabar.
llussET. a fait un grand nond^re d'expériences pour prouver que le Naja à lunettes est un des ophidiens les plus redoutables des grandes Indes.
Merrem (2) , à 1 exemple de Kiimpfer , a donné à ce Naja l'épithète de tripudians, à cause des jeux qu'on lui fait exécuter. Les Portugais, découvreurs des grandes Indes, lui ont appliqué le nom decoBRA-DECAPELLo (serpent chaperon), à cause de son habitude de dilater le cou , et de se couvrir de cette sorte la tête, avancée pour le combat.
2 Esp. LE NAJA H AIE, NAJA HAJE.
PL XVII fi g. 4 et 5 : var. du Cap.
Le grand rôle qu'ajouéceserpentdans l'antiquité, le rendaussi remarquable que le précédent. Plusieurs poètes classiques (3), en parlant de l'Aspic , ont fait mention de la faculté qu'il a de dilater le cou : ces passages ont donné lieu à la supposition que le Naja hajeest le véritable as pi s des anciens ; mais nous avons déjà dit dans la première partie de notre ouvrage, que ces peuples admettaient jusqu'à seize espèce d'aspics, et que ce nom collectif était employé, comme celui d'Anguis etdeDraco, pour désigner
(i) Dàvy /. /. — [1) Tent. /?. 147. — (3) Lucak. Phars, 9 , 701 ; et NiCANDER in Theriac.
472 ^^AJA HAJE.
les serpens en général. Chez les anciens Egyptiens, le Naja haje portait le nom d'o u r o , qui signifie roi et que les grecs ont en même temps adopté et traduit dans leur langue : de là leurs ou- RAioset BASiLiscoSj dénominations dont la dernière a été ensuite introduite dans la langue latine et assez vaguement appliquée à plusieurs espèces de serpens. On sait que les monumens des anciens Egyptiens sont ornés et comme couverts de traits hiéroglyphiques , parmi lesquels se distinguent les portraits de divers animaux symboliques ; celui de l'Haje est du nombre de ceux qui s'y trouvent le plus abondamment. On en voitde peints en couleur , sur les couvertures des sarcophages , et leurs effigies fondues en bronze , soit en forme de bracelets ou d'autres ornemens , ont été retirées d'un grand nombre de ces mêmes apogées qui renferment les momies. Ce serpent est toujours représenté , la tête avancée , le cou épanché et le corps redressé: les anciens Egyptiens, dit-on , croyant qu'il prend cette attitude pour surveiller les champs qu'il habite , lui rendaient un culte religieux et relevaient au rang de la divinité protectrice du monde. Un des principaux esprits qui ont eu part à la création du monde , le Cneph , Cnouphis ou Amon de la Cosmogénie égyptienne était représenté, dans l'écriture symbolique, sous la forme d'un serpent s'entortillant autour d'un globe ou placé dans le centre d'un disque. La haute vénération qu'on avait pour le serpent , se manifeste dans la circonstance, que l'on sculptait sur le portail des temples, un globe soutenu de chaque coté par un aspic, et que ce caractère sacré se voit sur un grand nombre de médailles frappées à une époque postérieure (i); une figure d'as[)ic enfin surmontant la couronne royale ou attachée autour du bras , était l'insigne de la grande prêtresse, et c'était avec ces ornemens distinctifs que l'on promenait , dans le triomphe d Octavien , l'effigie de Cléopatre par la ville de Piome : probablement cette circonstance a-t-elle fourni le
(i) Voir Matter , IJist. d Gnost. Atlas,
jVAJA IIAJE. 473
conte que l'on débite de la mort héroïquo de cette femme célèbre , conte a l'égard du quel les auteurs classiques ne sont pas aussi bien d acord qu'on paraît l'être de nos jours (i). Les Egyptiens d'Alexandrie enqdoyaient le même animal sacré, pour faire périr les crinlmels (2).
Les bateleurs de l'Egypte moderne et particulièrement ceux du Caire, se servent de ce Naja pour leurs sorcelleries. Les tours qu'ils font exécuter à ces serpens consistent principalement , comme ils disent, à changer l'flnjeen bâton , et à l'obliger à contrefaire le mort. Lorsqu'ils veulent produire cet effet , ils lui crachent dans la gueule, le contraignent à la fermer, le couchent par terre , puis , connue pour lui donner un dernier ordre, lui appuient avec la main sur la tête, et aussitôt le serpent devient raide et immobile, et tombe dans une sorte de catalepsie: ils le réveillent ensuite, en saisissant sa queue et la roulant fortement entre leurs mains. M. Geoffroy St. Hi- LAiRE (3), auquel on doit ces observations , s'est convaincu que ces phénomènes sont uniquement la suite d'une pression assez forte sur la nuque de l'Haje, ce qui ne manque pas de produire l'effet désiré. Ces jongleurs ont soin d'arracher aux Hajes les crochets venimeux , avant de les apprivoiser et de les dresser. Plusieurs auteurs classiques parlent d'un peuple habitant la Libye, et célèbre par ses connaissances dans l'art de guérir la morsure des serpens venimeux , dont eux-mêmes n'avaient point à redouter les effets: les bateleurs du Caire prétendent au titre de descendans de ces anciens Psylles, et se vantent de tenir de leurs ancêtres et de posséder seuls le secret de commander aux animaux.
Le savant voyageur auquel nous avons emprunté ces détails
(i) Compare/, : Galrn. Tlicr. l. i chap, 8 el 10 ; Sueton. vie d'Octav. chop 17 ; Propf.rt. 3. 9; Horat. Od, i, 37 ; Florus. /. 4- ^f^' n 5 Plutarque vie de Pompée et d'Aiifoine elc. — (2) Gàlen. Ther. i. 8. — (3) Desci. (If rÉfrypte, XXIV p^ 78.
474 NXJA HAJE.
interessans , communique aussi les observations suivantes sur les mœurs rie Tbaje: « L'Haie est assez abondamment répandu en «Egypte: il se tient quelquefois dans les lossés, plus souvent » dans les champs. Les cultivateurs sont donc exposés à le renw contrer fréquemment; mais, quoiqu'ils n'ignorent pas le 5> danger de sa morsure, sa présence ne les empêche nullement » de vaquer à leurs travaux ordinaires: connaissant bien les î) habitudes du redoutable reptile, ils savent qu'ils n'auraient à » craindre d'être attaqués par lui, que s'ils venaient à commettre 1) l'imprudence de s'en approcher. En effet tant qu'ils se tiennent » à quelque distance, 1 Haje se contente de les suivre du regard , M en élevant sa tête et en prenant l'attitude dans laquelle les fig. »4 et 5 (i) le représentent. » On voit par ces figures, citées par M. Geoffroy, que les habitudes de l'Haje sont absolument les mêmes que celles du Naja h lunettes. La même planche contient les portraits de l'Haje à l'état d'âge moyen et du jeune (2) ; l'adulte est représenté sur la PL 3 du Supplénienî y figure remarquable à la fois par l'exactitude et par la beauté de l'exécution.
FoRSKAL (3) a fait des expériences avec le venin de ce Naja , dont la morsure est toujouï'S mortelle ; il conste d'une note de ce voyageur que cet ophidien se rencontre aussi en Arabie (4). Brov^^ne i'a observé au Darfur (5); Linné (6^; en fait mention, d après Hasselquist, sous le nom de coluber haje, placé par Daudin (^) dans le genre v i p È r e , et par Cuvier (8) dans celui <le NAJA. Wagler (9) en a fait son genre u r a e u s.
On Irouveen abondance dans la partie orientale de la Colonie au cap de Bonne Espérance un grand Naja , connu des habitans sous les noms de serpent jaune , serpent brun , serpent cracheur, ou Cobra de Capello ; plusieurs de nos voyageurs, qui y
(1) l)e.sci\ de V Egypte Atlas. Rcpt, PI. 7. — (2) Fig. 1 et 3» — (3) Descr.p. 14. — {[^) Ib. p. IX. — (5) For. H p. 24. — (6) Syst. naU p. 387. — {']) Rept. yip.'6i. — {^) Règne an. Ilp.i^Z. — (7) Syst, p» 173.
IVAJA HAJE. 475
ont abordé et parlirnlièrenient le docteur van llorstok, résidant depuis des années dans cette colonie , ont recueilli ce Naja en grand nombre et en ont lait parvenir les dépouilles au Musée des Pays-Bas. La coinparaison soigneuse que j'en ai lait avec l'Haje de l'Egypte, dont nous devons des sujets à M. KuppKLL, ma démontré l'identité decesdeux animaux , que l'on doit regarder tout au plus comme deux variétés de climat. Celle du Cap est depuis longtemps connue des naturalistes, et presque tous les voyageurs qui ont parcouru cette Colonie, en font mention (i). La fig: i PI. i5 vol. //deSEBA a servi à la fois de type au COLUBER NivEus de Linné (2) , placé par Daudin (3) dans le genre vipera; à la vipera 3iELA:vuRAdu même auteur (4), dont Merrem (5) a fait unELAPs;aucERASTES candidus de Lauretstius (6), col. c a n dissi m us de Lacépède (y) ; et à Te L A p s de f u s c u s de Merrem ((S) ; une autre ligure très reconnaissable se trouve chez Sera II 84. 2: I'eciiidna flava de IUerrem (9) enfin a pour base une indication de Sparman.
La Naja liaje parvient à la même taihe que le précédent, auquel il ressemble à beaucoup d'égards ; il en a parfaitement le port et les formes , et n'en diffère que par le système de coloration j par un cou moins expansible, par un museau plus conique et terminé par une plaque proéminente assez voûtée, et se prolongeant entre les frontales antérieures; par un nombre plus considérable de lames abdominales; enfin par la sixième plaque labiale qui est très large, indivisée et montant jusque . derrière l'œil. Les lames occipitales sont le plus souvent assez larges , et les oculaires postérieures quelquefois au nombre de 4, 5 ou 6. Les écailles du tronc ne sont pas plus convexes que chez la précédente, toujours disposées sur 28 rangées , et jamais
fl) COBRA DK CAPELLO. KoLBE 7 /?. ^55 ; LiCHTEHSTF.IW. Reise I
p. 585. — {i)Syst. mit. p. 384. — (3) Rept. V] p. 39. — {l^) Ib. p. ^5. (5) Tent. p. 145. ■ — (6) Syn. p, 83. — (7; Quad. ov. Il p. ii8. — (8) Tent. p, 144. — (9) JO. p. i54.
476 NAJA BUNGARUS.
surmontées d'une carène , comme l'ont prétendu quelques auteurs. Les côtes du cou sont beaucoup moins droites que chez le Naja à lunettes , et voilà pourquoi cette partie est moins susceptible d'élargissement. Les glandes de la tête de ce Naja ont été figurées par Mecrel Jrchiv, 1 PL i fig. 3. Le maxillaire n'offre, à son extrémité postérieure, qu'une seule dent solide, caractère que cette espèce a de commun avec la précédente. Dimensions: 1,26 -h 0,24 ou 1,12 + o, i8. Plaques : 202 -H 54 ou 2i4 H- 62.
Un brun jaunâtre , varié de nombreuses taches blanches ou noires, couvre le dessus; le dessous est blanchâtre: plusieurs individus offrent de larges bandes ou des taches abdominales noires; les jeunes ont le plus souvent le cou orné de deux larges taches de la même teinte, placées à quelque distance l'une de l'autre.
La variété du Cap offre des teintes beaucoup moins constantes : sa livrée est le plus souvent assez uniforme et s'observe dans toutes les nuances depuis le blanc jusqu'au jaune et au brun pourpre. Les individus foncés ont quelquefois le corps parsemé de nombreuses petites taches claires , ce qui s'observe dans le sens inverse chez les sujets blancs ou jaunes.
3 Esp. LE NAJA BONGARE. N. BUNGARUS,
PI. XVII fig. 8 et 9.
Il n'est parvenu au Musée des Pays-Bas que l'exemplaire unique de ce Naja inédit, découvert par Boie à l'île de Java. Le portrait que ce voyageur a fait faire sur le vivant porte pour date: Tjikao, Févr. 1827.
Les belles teintes dont cette espèce est ornée; la grâce de ses formes ; sa queue effilée et revêtue de deux sortes de plaques; le nombre élevé des lames abdominales ; une rangée
NAJA BUXGAROIDES. 477
metliane crecailles dorsales un peu plus grandes que les autres , dont on ne compte que 19 ; des narines extrêmement ouvertes; des yeux assez volumineux; une lete petite, un peu alongée et revêtue de plaques de la même forme; la petitesse des 7 plaques labiales; un nuiseau en pente, court, anguleux aux côtés et obtus au bout: voilà les principaux traits qui distinguent suffisamment ce Naja remarquable.
Le dessus est d'un bleu noir, orné de nombreuses bandes plus claires , assez étroites, dirigées en arrière et se touchant sur le dos en formant un angle; celles du cou sont plus larges et jaunâtres; on en voit quatre de semblables sur la tête. Le dessous de cette partie est jaune ; mais cette teinte passe bientôt au bleuâtre, couleur qui occupe toutes les parties inférieures, et qui est relevée par les bordures noires des lames.
Dimensions: o,53 H- 0,12. Plaques : 260 -H simples 4- 80 div.
Il m'est impossible de déterminer au juste le degré d'expansibilité dont le cou de cette espèce est susceptible.
Nous venons de recevoir un individu du Naja Bongare de nos voyageurs aux Indes, qui en ont fait la découverte à l'île de Sumatra.
4 Esp. LE NAJA BONGAROÏDE. N. BUNGAROIDES.
Par rapport au système décoloration, le Naja que nous ferons connaître dans cet article, se rapproche beaucoup de l'espèce précédente; mais il a la queue moins effilée, une tête plus ramassée , des yeux beaucoup plus petits , et toutes les écailles d'égale étendue.
M. M. Quoy et Gaimard en ont fait la découverte dans les environs de Port-Jackson ; un autre individu du Musée de Paris a été rapporté des Indes par M. Kerandren; ce qui fait qu'on
478 ÎVAJA BUIVGAROIDES.
est en quelque sorte en doute sur la véritable patrie de cette espèce.
Ces deux individus mesurent o,55 -h 0,09 et 0,29 ~\- o,o5 ; les plaques sont au nondjre de 210 +32 et de 2184- 62. On leur compte 21 rangées d'écaillés en rlionihoïde j un peu lancéolées, lisses et disposées obliquement.
Le cou ne me paraît pas susceptible d'une dilatation considérable. Le tronc n'est pas très vigoureux , un peu comprimé et va en s'amincissant vers les parties postérieures; il est terminé par une queue peu longue et menue , un peu conique et dont le dessous est muni de plaques simples. Les lames de l'abdomen sont très serrées et peu larges.
La tête est distincte du cou , un peu conique et terminée par un museau gros, arrondi et à bout obtus qui est muni d'une lame presqu'en forme de croissant. Des lames qui revêtent le dessus de la tète , les frontales antérieures et les surciliaires se distinguent par leur peu d'étendue ; les occipitales sont assez grandes et effilées. Les narines ouvertes percent une lame rapprochée du bout du museau et dirigée en avant, qui est immédiatement suivie par l'oculaire antérieure. On voit 2 lames derrière l'œil, auxquelles succèdent une temporale assez développée. Les yeux sont petits et latéraux. Les plaques labiales , au nombre de 7 , sont hautes, et offrent une disposition semblable à ce qu'on observe chez les autres Najas, savoir que l'avant dernière, enchâssée entre la quatrième et la sixième plaque labiales qui sont très grandes, n'atteint pas au bord des lèvres. Il existe 3 paires de mentales, dont les dernières sont très effilées et latérales.
La distribution des teintes est absolument la même que chez l'espèce précédente, avec cette différence , que celle du présent article n'offre pas de bandes aussi larges sur le cou , qu'elle a la tête ornée de points jaunâtres disposées en taches, et que le dessous de l'animal est fortement marbré d'un brun noir enfumé.
IVAJA PORPJIYRICA. 479
5 Esp. LE ISAJA A FLANCS COULEUR DE POURPRE,
NAJA PORIMIYRICA.
PL XVII fig. 6 et 7.
L'histoire de cette espèce fournit une nouvelle preuve de la confusion que les auteurs ont portée dans la synonymie des animaux , en se laissant guider par des principes étrangers à la science.
Shaw ^i) a le premier décrit ce Naja : c'est son col. por- PH Y R I Acu s placé par FiTziNGER (2) dans son genre du ber- R I A , et par Merrem (3) dans celui de h u r r 1 a. Lacépède l'a décrit deux fois ^ d'abord sous le nom de bo a lae vis et puis sous celui de tr 1 m er es ur l s le pt o c e ph alus (4). LessoN (5), qui en a publié tout récemment le portrait, en fait un ACANTOPHis. Chez Wagler , cette espèce figure comme lype de deux genres nouveaux, nommés pseudechis et alecto ('6). CuviER (7) enfin en a fait encore un genre , sous le nom d'oPLOcE p H ALU s , d'une variété à bandes souscaudales.
Ce Naja a le cou moins dilatable que les précédens , aussi ne compte-t-on que i^ rangées d'écaillés effilées et plus larges que d'ordinaire. 11 ressemble par le port au Naja a lunettes : mais sa tête plus obtuse est moins distincte du tronc ; le nmseau est plus alongé , large et à bout obtus et arrondi. On observe y plaques a la lèvre supérieure dont la sixième , par sa position
(i) Zoo/. i\W. Holl PL 10. — (2) Syst. p. 56. — (3) Tent p. 92. — (4) ^nn. d. Musée IV p. njS el 196 P/. 56 Jii;. i ; un des individus , provenant du voyage de Baudin, et qui a servi à M. de Lacépède pour faire ses descriptions , se trouve actuellement dans noire collection; il n'offre pas la moindre trace d'écaillés carénées, don^ parle le savant précité. — (5) ACANTOPHIS TORTOR, V oj . (le la Coqu'ille , Allas. Zool. PL 6 et GuÉRiN. Iconogr-, PI» 24 fiR' i« — (^) '^yst. p. 171 el i73. — {']) Règne anim. U p, 94,
480 ^AJA PORPHYRICA.
rapprochée des côtés de la tête, touche à peine le bord de la lèvre. L'œil de moyenne grandeur est latéral et entouré par derrière de 3 plaques, dont l'inférieure se prolonge jusqu'à Toculaire antérieure ; la verticale est alongée ; les occipitales ne sont pas très développées. Le dessous de la queue , qui est robuste et conique, offre plusieurs plaques simples, irrégulièrement dispersées parmi les divisées, comme on peut le voir pas les données suivantes: 192 + 9 simpl. + i div. + 5 s. + 29 d. ou i6y -{- y s. + 5o d. ou 188 H- 62 s. ou 190 + 5 s. + 48 d. — Dimensions: 1,27 -+- 0,16 ou 1,6 4- 0,19.
Le crâne de ce Naja est plus large que celui de l'haje , auquel il ressemble sous plusieurs rapports; les mastoïdiens cependant et les caisses sont beaucoup moins développés que chez les espèces précédentes. L'orbite est incomplète , et le maxillaire armé de crochets, auxquels succèdent plusieurs petites dents solides; les dents du palais et de la mâchoire inférieure sont également très petites.
Les teintes de cette espèce sont très vives. Le dessous est jaunâtre , couleur qui passe au rose pourpre sur les flancs ; les écailles de toutes ces parties sont bordées de brun. Le dessous est d'un beau bleu noir velouté. Ces couleurs s'effacent un peu après la mort.
M. Lesson (i) rapporte les observations suivantes touchant les habitudes de ce Naja: « Il est très redouté au Port- Jackson et y> sa morsure a souvent fait périr des convicts en moins d'un » quart d'heure, s'il faut s'en rapporter au dire deshabitans. 11 » est très commun dans les petits bois et dans les sables de >c bruyère qui entourent la plage de Botany-Bay , où nous en " avons fréquemment rencontré dans nos courses d'histoire '> naturelle. Ses mouvemens sont pleins de force et de vigueur, » son agilité remarquable , et il se défend avec hardiesse lorsqu'il » est poursuivi.» M. M. Quoy et Gaimard ont rapporté ce Naja de Port Western.
(t) Foy. de ht Coquille, Zool H p. 55.
XAJA HAEMACHATES. 481
6 Esp. LE ISAJA HAEMACHATE. N. 11 AF.MACIÏATES.
PI. XVII Cg. lo et II.
Les écailles alongées et surmontées d'une forte carène ; les formes ramassées; le petit nombre tle plaques ; la tête grosse, distincte du cou, courte et très cmique; le museau étroit , en pente, pointu et terminé par une large plaque voûtée, écliancrée et excavée à son bord inférieur; le système décoloration , et plusieurs autres caractères propres à ce Naja , le rendent reconnaissable au premier abord.
C'est l'iiA KM Ar: HATE de Lacépède (i) , (v I p er a h aem a-
CHATES LaTR. (2), SEP EN DON HAEM. MeRREM (3^), Ctlc NA J A G A P E N S I S de SmITH (4).
Ce dernier naturaliste dit que ce Naja a les mouvemens assez lestes , qu'il babite un sol sablonneux, et qu'il est très répandu; c'est suivant lui le ringhals slang des Colons. M. van Horstok , qui a pourvu le Musée des Pays-Bas d'un bon nombre de sujets, nous mande au contiaire, que les babitans du cap lenonunentROODE koper r a pe l ce qui signifie: papillon de cuivre rouge, dénomination mal interprétée et corrompue du portugais Cobra de Capello, nom sous lequel les colons du Cap désignent aussi l'Haje , y ajoutant lepitbète de jaune ou })run. Feu Boie ayant vu lors de sa résidence au Cap, cbez M. Smiih, des individus vivans de ce Naja , me mande dans une de ses lettres , que celte espèce tient beaucoup par ses liabitudes des autres Najas; c'est à dire, qu'elle élargit le cou lorsqu'elle est irritée, faisant sortir de la boucbe une salive abondante. Ce fait a déjà été mentionné par Lichtenstein (5) , en parlant
(i) Quad. oi'lp. 11 PL 3/ 2 />. iiS. — {i) Brpt. iV p. 3o. — (3) Tent. p. i46 — (4) James. Erl. Ph. Journ, 1. i. — Voyez des portraits de ce Naja dans Seba Thés. IL 58. 3 et peut-être aussi IL 58. i. — (5) Beise I p. i53.
482 NAJA HAEMACHATES.
d'un ophiclien nommé par les indigènes spuwslang , serpent cracheur , et qui est probablement le même que notre Naja. Il se tient , suivant M. van HoRSTor^ , dans les plaines recouvertes de bruyère, et se rencontre quelquefois dans les cbemins, les sentiers etc. , où il se repose.
Le Naja haemachate parvient jusqu'à i,i5|o,2i ; les dimensions de la queue varient, car un jeune individu de notre collection offre 0,28 + 0,06 de longueur totale. Le nondire de rangées des écailles est de in ou de 19. Les plaques sont de i 28 -1- 36 ou de 146 H- 44- ^'^^ lames qui revêtent le sommet de la tête sont assez petites ; la verticale est alongée et étroite ; les surciliaires sont saillantes et les côtés du museau un peu canaliculées; on voit trois oculaires postérieures; les labiales sont petites 7 les temporales assez larges. L'ouverture de la boucbe est courbée en S et montant vers le bout du museau ; les lèvres sont renflées et à bord rentrant. Le tronc est très gros au milieu, mais il s'amincit vers les deux bouts.
Ce Naja est d'un beau noir pourpie, plus ou moins varié de brun jaunâtre sur le dessus; en ôtant l'épidt rme , cette dernière teinte cbange au l)lanc; on observe quelquefois plusieurs anneaux larges, de couleur claire, sur le devant du troncs, et la tête est souvent totalement noire. Les variétés que l'on voit cbez cette espèce, ne sont dues qu'à la prédominance de Tune ou de l'autre teinte.
Le crâne de ce Naja s'éloigne de celui des autres espèces par des orbites spacieuses et par la forme des os qui servent de base au museau , forme particulièrement due à l'intermaxillaire qui est très large , incliné en dedans et dont la face supérieure s'attacbe aux naseaux, qui sont plus alongés que d Ordinaire. Le maxillaire n'offre pas de dents solides derrière les crochets. On voit une figure des glandes de la tète dans Duvernoy Anti. d. se. nat. XXVI PL 9 fig. 3.
NAJA RIIOMBEATA. 483
7 £sp. LE NAJA A TACHES EIV LOZANGK.