‹ Essai sur la physionomie des serpensChapitre 27 sur 32 · CROTALUS MUTUS · texte numérisé non relu

CROTALUS MUTUS

dure et en forme d'alêne. La tête ressemble parfaitement, par sa configuration , à celle du Crotale cascavel , mais son museau est plus large arrondi au bout et aux côtés, et à sommet garni de petites écailles irrégulières semblables à celles du reste de la tète; on ne compte, à la lèvre supérieure j que huit ou neuf plaques dont la troisième est très alongée; la rostrale est un peu en pentagone ; les mentales sont assez développées. Le tronc de cet opliidien est beaucoup plus comprimé et plus élancé que celui des autres espèces, le dos est par conséquent prolongé en une carène assez émoussée, et saillante en forme de tubercule.

Un jaune d'ocre assez vif tirant sur le brun , et passant sur le dessous au jaune et au blanchâtre, forme la teinte principale; elle est rehaussée, sur le dos , par une suite de taches assez larges, en lozange, d'un brun foncé, tantôt confluentes particulièrement sur la queue, tantôt à centre plus clair; la tête est variée de petites taches de cette même teinte , qui forme derrière l'œil une raie étroite , passant à l'angle de la bouche.

Plaques: 226 + 4^ ou 23o -+- 5o.

Le squelette de ce Crotale offre des os extrêmement vigoureux; les apophyses épineuses sont longues et fortes ; le crâne a le sommet large et plane; les crochets sont très longs, et les frontaux postérieurs plus développés que dans les autres Crotales. L'estomac et une partie de l'intestin ont été figurés par DuvERNOY jinn, d. se. nat, XX K PI, l'^/ig. 3 et 4,

3 Genre. LES VIPERES. VIPERA.

Les serpens venimeux proprement dits, dépourvus de fossettes nasales, ne forment qu'une seule coupe générique très naturelle , pour laquelle on peut réserver la dénomination de Vipère, quoique ce mot qui dérive vivipare soit applicable, à la rigueur , à un très grand nombre d'ophidiens.

Dans LiNNAEUs , les Vipères se trouvent confondues parmi les Couleuvres. Lacépède a compris dans sa division des Vipères, un grand nombre de serpens venimeux , tandis qu'il en réunit d'autres dans des genres à part ; plusieurs font même partie de celui des Couleuvres. Les auteurs français, successeurs de ce savant, ont apporté plus ou moins de changemens à ce système ; mais ce n'est qu'après qu'on eut retiré de ce groupe les Najas , les Elaps, les Bongares et les Trigonocéphales, que le genre des Vipères fut limité à-peu-près tel que nous le comprenons. Merkem a, sans aucune raison apparente, changé le nom de Vipère en celui de pelias. Boie a conservé ce dernier nom pour les espèces européennes , créant pour la Vipère d'Egypte son genre echis. Fitzinger et Wagler , démembrant de rechef les restes de ce groupe, ont tellement multiplié le nombre des dénominations , qu'il dépasse de loin celui de toutes les espèces connues.

Les amis delà nature me sauront gré , d'avoir en quelque sorte rétabli l'ancien ordre des choses; j'ai même réuni aux Vipères I'a c AN TH opii is qui , nonobstant les formes hétérogènes propres à tant de productions de la Nouvelle Hollande, ne doit

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pas être éloigné des Vipères. En adoptant des subdivisions dans ce genre , l'Acanthophis pourrait, en vertu de son organisation disparate, en composer une 5 les trois Vipères de l'Europe, sans se distinguer du reste par des caractères saillans , se ressemblent cependant sous tant de rapports , que l'on en pourrait former une autre ; mais les autres Vipères , compris alors dans une troisième division , diffèrent souvent si essentiellement entre elles, soit par leurs habitudes, soit par leur organisation , qu'il est impossible de généraliser à toutes les mêmes caractères et les mêmes mœurs. De nombreuK exemples peuvent appuyer mes opinion s; je me borne à en citer quelques uns : le Vipera arletans , si analogue dans son organisation aux autres espèces du Cap et de l'Asie, a cependant une manière d'attaquer différente de celle de tous les autres ophidiens. Cette même espèce, ainsi que la Vipère élégante, ont des narines extrêmement ouvertes , tandis que ces orofanes sont très étroits chez les autres. Toutes les Vipères fréquentent des contrées sèches , arides, découvertes ou sablonneuses; l'Europe centrale cependant, où de pareils lieux n'existent guère, nourrit une Vipère, tout-à-fait analogue par son organisation aux autres espèces des régions méridionales de celte partie du monde , dont une du moins , l'Ammodyte , n'habite jamais les terrains marécageux et ombragés. Cette dernière espèce offre un museau alongé en pointe , qui s'observe déjà à l'état rudimentaire chez la Vipère aspis, et dont l'usage est probablement d'aussi peu d'importance pour l'économie animale que les plaques surciliaires élevées de l'Acanthophis; la queue du dernier est munie d'un crochet assez prononcé, sa tête est revêtue de plaques d'une étendue considérable , mais les plaques de la tête se trouvent chez les espèces européennes dans tous les degrés de développement. La propension enfin qu'ont les écailles de certaines espèces de se transfoimer en pointes, fait que les caractères tirés de cette anomalie ne doivent être regardés

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