VIPER A
que comme accidentels ou individuels et qu'ils ne peuvent servir connne moyen de distribution.
La plu[Kirt des Vipères offrent des formes beaucoup plus ramassées et plus lourdes que les Crotales. Leur queue est toujours très courte , conique, tantôt grosse , tantôt menue et quelquefois terminée en une pointe aiguë ; l'abdomen est large et convexe; le tronc assez gros au milieu , aminci vers les deux bouts , peu comprimé , et allant rarement en carène vers le dos. La tête, toujours distincte du cou, est plus au moins déprimée, en cœur, quelquefois assez grosse et à sommet très large,* le museau est toujours court, arrondi au bout, quelquefois alongé en trompe retroussée, et anguleux aux côtés cbez un petit nombre d'espèces , notamment chez celles d'Europe. Les plaques labiales sont le plus souvent très petites et nombreuses ; on voit plusieurs plaques au menton ; les superciliaires manquent souvent; la rostrale varie par sa forme et par son étendue , mais toutes les autres parties de la tête sont garnies d'écaillés parfaitement semblables à celles qui revêtent le tronc; les Vipères européennes cependant offrent, sur le sommet de la tête, des écailles de forme très diverse, le plus souvent lisses , et dont quelques unes méritent, par leur conformation symétrique, le nom de plaques; l'espèce de la Nouvelle Hollande enfin a la tête mimie de plaques semblables à celles des Couleuvres , mais d'une configuration toute particulière.
Les narines des Vipères sont tantôt très ouvertes, le plus souvent latérales, quelquefois verticales, rapprochées dans les unes, au sommet du museau, près de son bout, et placées sur les côtés du museau dans d'autres. Les yeux sont toujours de moyenne grandeur , le plus souvent latéraux ou un peu dirigés vers les parties supérieures. L'ouverture de la bouche est large et presque droite ; la lèvre supérieure enflée descend un peu en avant des yeux, et indique le lieu.
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où sont cachés les crochets. Les écailles n'ont jamais une étendue considérable ; elles sont toujours effilées , tantôt à bout arrondi , tantôt de forme lancéolée et constamment surmontées d'une carène forte, terminée brusquement chez le Céraste en un tubercule. Les écailles de certaines régions de la tête sont quelquefois alongées en pointe , de sorte qu'elles forment des espèces de cornes qui , placées au dessus de l'œil , donnent un air tout particulier à la physionomie de ces animaux.
Le Vipères sont ornées de teintes quelquefois très vives , quelquefois pâles , tontôt uniformes , mais le plus souvent relevées par des taches de forme différente, et disposées sur plusieurs rangées. Le brun et le jaunâtre, nuancés à l'infini, forment les couleurs principales ; elles sont cependant assez sujettes à varier, tant selon les espèces que selon les individus; M. Lenz a même observé que ce changement dans le système de coloration s'opère à chaque mue, qu'il diffère selon l'âge et selon le sexe, et qu'il est soumis à certaines lois constantes: les recherches de ce zélé naturaliste se bornant à la Vipère commune , nous indiquerons ces changemens à l'article de cette espèce, quoiqu'on puisse supposer que la plupar des serpens subissent des changemens pareils et constans.
Les Vipères parviennent rarement à une taille considérable ; quelques espèces ne dépassent jamais deux pieds en longueur totale; d autres atteignent jusqu'à 3 ou 4 pieds sur une grosseur de deux pouces. Le nombre des plaques est rarement au dessous de 120-4- 20, et ne dépasse guère 160 + 4oi quelques espèces offrent des sous-caudales simples. On compte depuis 21 jusqu'à 3i rangées d'écaillés.
Le crâne des Vipères s'éloigne sous plusieurs rapports de celui des autres serpens venimeux proprement dits: les frontaux postérieurs sont le plus souvent assez développés, et descendent vers le maxillaire pour compléter l'orbite ; les frontaux antérieurs n'offrent pas une position horizontale
VIPERA ARIETAXS. 577
comme dans les Trigonocépliales: ils sont au contraire inclinés vers le maxillaire , qui est étroit et solide , au lieu d'être creusé d'une fosse , comme dans les genres précédens ; les formes générales du crâne varient selon les espèces. Le squelette des Vipères offre des côtes assez longues , et des apophyses épineuses des vertèbres moins développéesque les Crotales. Les espèces que j'ai disséquées, m'ont offert un canal intestinal assez long et pourvu de nombieux replis. La nourriture des Vipères consiste particulièrement en souris, en batraciens , en lézards et en oiseaux.
Les Vipères habitent de préférence les lieux découverts, secs , arides, sablonneux ou revêtus d'une végétation rare et brûlée; voila une des raisons pourquoi l'Afrique est peuplée d'un grand nombre d'espèces de ce genre , et pourquoi elles ne se rencontrent que dans ces pays de l'Asie dont le sol offre nneconformation semblable à celui de l'Afrique. On ne connaît qu'une seule espèce de la Nouvelle Hollande. Celles du centre de l'Europe habitent, à défaut de plaines arides , les landes ou les bruyères, et paraissent ne pas autant fuir fombre que les autres espèces. Les Vipères appartiennent exclusivement à l'ancien monde. Leurs mœurs variant considérablement, selon les espèces, nous renvoyons à l'article de chacune d'elles pour les détails.
1 Esp. LA y [PÈRE BONDJSSJNTE. V. ARIETANS.
PI. XXI fig. I , 2 et 3.
L'ophidien le plus redoutable au Cap de Bonne Espérance est une Vipère désignée par Merrem sous l'éphitète d'ARiE- TAKS (i), par imitation du nom (2) qu'elle porte dans sa
( 1 ) E r. n Tp N A A R 1 F. T A N s Beitt'. ITT p. 111. — (2) p o F a o d e r.
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pniiie, et qui lui a été conféré pour indiquer sa manière particulière d'attaque: on dit que cette Vipère ne peut faire aucun mal, lorsqu'on se place devant elle, parce qu'elle exécute la morsure par un saut et un mouvement de la tête en arrière. 11 serait à désirer que cette observation, communiquée par le capitaine Riess (i) et Burchell (2), probablement d'après ouï-dire^ fi\t constatée de nouveau : d'ailleurs tout le monde dans la colonie du Cap parle des habitudes de cette Vipère, et la plupart des voyageurs en ont fait mention dans leurs relations. Lichtenstein (3) a tué un individu de 3 pieds de longueur. M. le docteur Siviuts du Cap de Bonne Espérance, m'a dit que cette Vipère abonde dans les environs de la ville du Cap, où elle s'introduit quelquefois dans les jardins; mais qu'elle habite le plus souvent les pleines arides, sablonneuses ou couvertes de bruyères et même les champs ; elle décèle sa présence par un soufflement assez fort des narines. Sa morsure fit mourir un des esclaves de M, Smuts en peu de temps. Elle se rencontre aussi dans l'intérieur de la colonie où elle a été observée par plusieurs voyageurs, qui ont parcouru la colonie au Cap. Bosman parle dans son voyage d'une grande Vipère , qui se rencontre dans les environs de St. George d'Elmina à la côte d'or: elle appartient probablement à l'espèce dont nous traitons , qui a été rapportée du Sénégal par plusieurs voyageurs français, et que M. Rùppell a observé au Kordofan ; les sujets recueillis dans cette contrée forment une jolie variété , reconnaissable à ses teintes pâles et jaunâtres.
BuRCHELL (4\ et après ce voyageur, M. Smith (5), l'ont décrite sous le nom de vi fera i n fla t a; Cuvier (6) en a fait mention sous celui de vir. brachvura. Il paraît que
(1) Ap. Merr. /. c. p. ia3. — [i] Travels p' 469. — (3) Reise p. 646 — (4) Travcls p. 469. — (5) Edimh, Joiirn. I. 1, p, 284. — (6) Règn.nnim. II p. 90.
VIPKRA ARÏETAIVS. o7î)
tous ces naturalistes ont iirnoré les travaux antérieurs et le grand ouvrage deSEUA., dans lequel on trouve quatre figures (i) leconnaissables de notre Vipère, (|ue les auteurs n'ont pas manqué d'introduire dans la science sous plusieurs noms différens. Boie a fait figurer le jeune dan son Erpétologie de Java (2), et on voit la figure de l'adulte dans Wagler (3).
Le docteur van Horstok nous a fait parvenir un bon nombre d'individus de cette Vipère, qui parvient à une grosseur de deux pouces sur trois pieds de longueur. On voit par ces dimensions, que son corps est extrêmement trapu : aussi est-il peu d'ophidiens qui aient des formes aussi lourdes. La queue est assez ramassée, grosse, obtuse, un peu comprimée vers le bout et très courte. La tête se distingue par sa largeur excessive : elle est très déprimée, assez distincte du cou, en cœur et en pente vers les côtés. Le museau est très court, assez large , à bout arrondi, obtus et terminé par une plaque petite et beaucoup plus large que haute; on compte environ i5 plaques semblables, à chaque côté de la lèvre supérieure; les 3 premières de la lèvre inférieure sont plus grandes et touchent aux mentales, dont la seconde paire est d'une étendue considérable. Les yeux sont petits et presque latéraux ; les narines au contraire, qui forment une fosse circulaire assez hiante , sont rapprochées au sommet du museau, placées près de son bout, et entourées de plusieurs petites plaques de forme diverse, parmi lesquelles se distinguent, par leur étendue, une antérieure et une postérieure qui est en croissant; cell.?s qui
(i) Thés. ITPl. 3o y! 1 ; //, 54, 4j dont les naturalistes français ont fait leur VIPÈRE hébraïque: IjXcép. Quad. oi'ip. Jl p. 106 , confondue mal-à-propos avec le xenodon sève rus; II 93. i et 94. 2 , types des COPRA CLOTHO etLACHESis, Laur. 104, rangés clans le genre c o L u E E R par Gmel.,/?. io85 elp. 1086. La v i p e r a c l o t h o de Daudin, Rept. FI p. 17 1 repose sur un de ces portraits et sur le t r i g o- NOCÉPHALE cENCHRis fîguré par Catesby pi. 45. — (2) PL 46. (3) Icancs, PI. Il ,
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se trouvent entre les narines ne diffèrent guère du reste des écailles, dont toutes les autres parties de la tête et le corps sont revêtues, et qui sont remarquablesparleurforme lancéolée, par la forte carène dont elles sont surmontées et par le nombre de leurs rangées, dont on compte le plus souvent trente-et-une.
Le crâne (i) de celte espèce est remarquable par sa configuration, particulièrement due à l'extrême brièveté de l'occiput; aux formes ramassées et à la largeur du sommet; aux grands frontaux postérieurs, descendant en lame large vers les ptérygoïdiens externes, dont l'extrémité antérieure offre la même forme; aux frontaux antérieurs en croissant et qui bordent la spacieuse cavité nasale ; à la petitesse des nasaux ; enfin à l'extrême longueur des caisses.
Dimensions de l'adulte: 0,^2 +0,09; des jeunes 0,28 + o,025 ou 0,24 4- o,o35. Plaques: 124 + 20 ou i44 4- •^4-
Un brun jaunâtre assez vif occupe les parties supérieures, qui sont ornées d'une triple suite de larges taches d'un brun noir et bordées de jaune : ces taches varient assez selon les individus, et les dorsales sont toujours plus larges; elles sont le plus souvent en triangle, quelquefois réunies pour former des traits œillés ou en rose ; entourées presque toujours de petites taches carrées et noires. Le dessous est d'un jaunâtre uniforme relevé, sur les côtés, par de larges taches foncées et transversales. Le sommet de la tête est orné d'un trait larofe, foncé, en parallélogramme, et bordée par devant d'une raie claire qui traverse la tête entre les yevix; on observe le plus souvent deu3^ paires de taches en œil sur l'occiput; une large tache foncée se prolonge sous les yeux , une aittre sur la région des tempes. Les jeunes ont les teintes extrêmement vives.
(i) Bydr. 1827 vol. TI PL 'j . fig. 5.