‹ Essai sur la physionomie des serpensChapitre 6 sur 32 · COLUBER VARIABILIS · texte numérisé non relu

COLUBER VARIABILIS

ceux du Brésil sont variés de jaune ou de blanc. Le Prince de Neuwied (i) n'a observé de cette espèce que les jeunes qu'il dit être toujours de cette dernière teinte ; mais plusieurs individus, recueillis dans la province St. Paul et faisant partie du Musée des Pays-Bas, sont aussi jaunes que ceux de Surinam dont nous devons le dessin, fait sur le vivant d'après l'adulte, aux soins de M. Dieperink. J'ignore , s'il faut attribuer cette différence dans les couleurs au hasard ou au sexe.

Cette Couleuvre est une des plus communes dans les collections. ScHEUciizER (2^1, Seba (3) et LiNXAEUS (4) 1 out fort bien connue; elle a été plus tard fi^^urée par Merrem (5) , qui lui a appliqué par méprise un nom (6), dont les Portugais se servent pour désigner une espèce toute différente, le coluber POE c 1 LOS TOMA. Le gcurc spiLOTES de Wagler (7) repose sur cette espèce.

La Couleuvre noire et blanche atteint jusqu'à r,45 4-0,46'. Le nombre des plaques abdominales et souscaudales varie depuis 198 H- 90 jusqu'à 212 + iii. Elle est très reconnaissable, outre les caractères tirés des teintes, à ses grandes écailles en rhombe, surmontées d'une forte carène et disposées sur i5 rangées. Ses formes sont assez sveltes. Le tronc est très comprimé, le dos caréné, l'abdomen anguleux et muni de bandes larges qui montent assez haut sur les flancs. La queue est passablement longue , déliée et amincie vers le bout. La tête est

(i) Beilr. p. 271; Jbhild. Livr. XJF fjg. 3 — 6; col. variabi- Li s. — (2) BibL sacra 747. 3. — (3) The.K. Il 20, i bonne figure , type

du COL. NOVAE HISPANIAE GmEL. p. I088 et du CERASTES

MExiCANUS Laur. p. 83 ; d'autres moins reconnaissables se trouvent chez le même auteur ; II GS, i ; 83, 2 et ioS/i<{. 4 ; sur cette dernière repose la col. coron a tus de Gimei^in p. 1088, (c e r. cor. Laur. p. 83) — (4) M//S'. Jrl Fr. PL 'lo Jîg. 3 jeune ind, col. p u l l i- T u s.— (5^ Beifr. P/. 12 p. Si. veuanderliche natter. — (6) Te/?t. p. 121, COL CANIN ANA, dénomination chanp;ée par Daitoin en celle decoL. plutonius, voir : Daud Rejjt. vol tlp, 32/|. -«- (7) Syst, p. r79. — -

COLUBEU VAKIABILIS. loi

assez (listiiu;te du tronc, conique, alongée ainsi que le museau qui se termine en une pointe arrondie. Les lames qui revêtent la tête sont tort larges, les ocîcipitales p<ni longues. La sixième plaqne lal)iale est petite, la septième au contraire a une étendue considérable ; mais leurs formes sont assez fugitives. L'œil est grand, liris brunâtre; les narines sont très ouvertes. Cette espèce a ses vertèbres munies d'apophyses assez développées et les côtes minces assez arquées. Le crâne a des formes plus ramassées que celui des autres Couleuvres; les caisses sont moyennes; les dents longues, délicates et aiguës. Les mâchoires sont bordées de glandes salivaires peu développées et partout de semblable grosseur; on voit en outre une glande rostrale et des nasales; la lacrymale est volumineuse et à surface unie. Pour la conformation des parties internes , cette espèce se rapproche des serpens d'arbre ; c'est à dire, qu'elle a les intestins étroits, très effilés et sans inflexions profondes; le poumon enfin est pourvu d un petit lobe accessoire, dont l'intérieur n offre que quelques cellules très spacieuses, ce qui fait qu'on doit plutôt le regarder comme un réservoir d'air.

La Couleuvre du présent article a toutes ses parties ornées de larges bandes obliques et alternes de noir et de jaune: ces bandes sont rarement régulières; elles confluent souvent et forment , en se confondant , un dessin peu distinct et difficile à décrire. J'ai vu des individus tout noirs , où le jaune ne s appercevait que sous la forme de bandes composées de plusieurs séries de taches lancéolées blanches ; d'autres sont presque jaunes et ont même les bandes noires variées de cette teinte. La tête est blanche ; mais les plaques des lèvres sont toujours bordées de noirâtre.

Cette Couleuvre habite les bois. Le Prince de Neuw^ied l'a observée aux bords de la rivière Espiritu Santo (i).

(i) Beitr. p. 9.-6.

152 COLUBER Î*LUMBEUS.

15 Esp. LA COULEVFRE COULEUR DE PLOMB. COLUBER PLUMBEUS.

PI. vif. 3 et 4.

La sixième planche de la treizième livraison des AhhiU dungen du Prince de Neuwied contient une bonne figure de cette espèce, figure faite d après un individu tué par cet auguste voyageur dans la grande forêt de St. Joao , au nord du cap Frio: Beitr. p. 3 17. Le Musée des Pays-Bas en a reçu une sixaine de la province de St. Paul au Brésil et de Surinam: ils sont tous de la même taille, environ de 1,^4 "+" 0)3o. — Plaques: 240 | 60 ou 240 + 76.

Cette Couleuvre se reconnaît au premier abord à ses teintes uniformes : couleur de plomb au dessus , jaunâtre en dessous ; teintes peu sujettes à s'altérer par la liqueur forte. La physionomie toute particulière , résultant d'une tête grosse et courte j d'un museau large et arrondi et de la petitesse des yeux; ensuite sa queue courte et conique , l'abdomen large et applati, enfin la forme presque cylindrique du tronc, la rapprochent des HOMALOPSis et particulièrement de l'espèce que nous décrirons sous le nom d'hom. martii. Ses mœurs cependant, les narines latérales et ouvertes, sa taille et l'ensemble de son organisation ne permettent pas qu'on la sépare des Couleuvres, au milieu desquelles elle s'isolecependant d'une manère remarquable.

Les lames qui revêtent la tête, imitent les formes extérieures de cette partie; les labiales sont petites. L'iris est brun marron. Les écailles sont presque carrées, moyennes, disposées sur 19 rangées et lisses. L'ouverture de la bouche est moins large que de coutume.

Le crâne de cette espèce imiteles formes arrondies et ramas- .sées de la tête, et se rapproche sous ce rapport de celui des ffomalopsis; aussi voit-on à l'extrémité postérieure des maxillai -

COLUBEU POËCILOSTOMA. 153

res une loiiirue dent sillonée. La glande salivaire est à cet endroit plus volumineuse; les glandes de la tête en général sont assez développées , (i)car on voit une rostrale et de grosses nasales.

IG Esp. LA COLL. CANIN AÏS A. C. POECILOSTOxMxl.

Pl.VIfig. 5et 6.

Voici encore une Couleuvre, qui habite en même temps le Brésil et Surinam. Il paraît cependant , qu'elle est assez rare dans notre colonie au continent de TAmérique australe, vu que M. DiEPERiNK n'en a pu se procurer, dans le cours de dix ans , que deux individus. Le Prince de Neuwied a été plus heureux ; il a rencontré cette belle Couleuvre sur tous les points du Brésil qu il a visités. Ce voyageur en a observé deux variétés constantes, quil attribue à des différences sexuelles. L'une a les lèvres et le dessous des parties antérieures d'un beau jaune, l'autre d'un brun roux; caractères qui, suivant le Prince de Neuwied (2), servent à distinguer le maie delà femelle, et que les Portugais de cette contrée cherchent à exprimer en désignant le premier sous le nom de caninana Di PAPO A.M AR E L Lo, l'autre sous celui de p A PO ver me l- HO. Les planches i et 2 de la 10 ™^ Livraison des Ahbildungen représentent en même temps la différence des sexes et deux variétés accidentelles dans les teintes. Cette Couleuvre varie considérablement. La couleur dominante est dans les unes d'un jaune d'orange, dans les autres d'un jaune vert passant tantôt au vert, au brun ou à l'olivâtre ; tantôt au grisou même au noir, teinte qui occupe le plus souvent les^

•(i) voir: Duvernoy Ànn, d, se. nal. XXVI PI. 7 fig. "i et [\, — (2) Bcitr. p, 25i. —

ï 54 (K)IiUBER POËCILOSTOMA .

parties postérieures. Le sommet de la tête est d'un rouge vif; le dessus du tronc orné de nombreuses bandes transversales étroites, en croissant et irrégulières; la raie noire derrière Tœil s'efface avec l'âge. L'esprit de vin ternit l'éclat des teintes vives dont l'animal est orné pendant la vie. Les individus, dépouillés de l'épiderme , sont d'un jaune de souffre presqu'uniforme (i).

Le Caninana atteint, suivant le Prince de Neuwied jusqu''à 6 pieds de longueur. Un sujet, que j'ai vu chez M. Klinkenberg à Utrecht, dépassait même ces dimensions; ceux qui font partie du Musée des Pays-Bas ne mesurent que i,55 -+-0,57 et 1,4^ + 0,54. Les plaques abdominales et souscaudales varient depuis 208 -+- laôjusqu'à 226 H- i44- On voit parle nombre considérable des dernières, que cette espèce offre une queue plus longue que la plupart des autres Couleuvres. Elle a le port de la c o u L E u V R E a queue noire, mais sa tête est plus grosse que dans auf^une autre espèce du genre. Cette partie est assez distincte du tronc et se termine par un museau court et obtus; le sommet en est très large, et revêtu de lames de la même forme et très ramassées. Les narines sont tarifes: l'iris jaune. L'abdomen est étroit et anguleux; le corps comprimé et revêtu d'écaillés en rhombe ou lancéolées, surmontées d'une forte carène et disposées plus obliquement qu'a l'ordinaire: on en compte 21 rangées longitudinales. L'ensembledes formes, la physionomie , l'œil grand et borde postérieurement de trois écailles, ses moeurs enfin indiquent suffisamment l'affinité de espèce avec les tropidonotes, genre auquel elle fait cette évidemment le passage.

Elle se tient de préférence dans les grands bois, dans les landes et dans les marais. Elle aime les terreins inomlés, nage avec dextérité, et grimpé également bien sur les arlres; mais sesmouvemens à terre sont moins agiles et elle se laisse approcher d'assez près, avant de fuir. Sa gueule est susceptible d un dilatement assez considérable pour engloutir les crapauds ,

(1) JVATRIX SULPHUREA WaGL. Setp. bfas. Pi. f).

COLUliEK CAXUS, 155

les reptiles, les rondeurs, les oiseaux elles œufs de petits animaux auxquels elle fait la chasse. Le Prixck de Nkiïwied (T; , aïKjiiel j'oniprunte les détails relatifs aux habitudes de cette espèce, l'a observée depuis Rio Janeiro jusqu'à Bahi<î. Spix (2) l'a trouvée dans des contrées marécageuses et dans des forets près de la rivière Japura.

17Esp. LA COLL. GRISON. COLUBER CANUS.

PI. VI fig. 7 et 8.

C'est un fait digne de l'aitention des naturalistes que la seuleCouleuvre habitant la pointe australe de lAfrique , s éloigne des autres espèces du genre, et qu'elle se rapproche sous plusieurs points de ces serpens qui fréquentent les lieux secs et sablonneux, serpens que nous comprenons dans le genre ps ammoph is: ce fait prouve d'une manière incontestable, que l'ensemble de l'organisation des animaux est constamment en rapport avec la nature des terrains qu'ils habitent, et que l'étude de cette relation doit être la base de la distribution géographique des animaux.

Un tronc peu cylindrique et peu comprimé, une queue courte et grosse , une tête petite et très pointue vers le bout , la petitesse des écailles et des yeux: voilà autant de caractères, propres à cette espèce remarquable, et servant à la distinguer d une manière tranchée de toutes les autres du ijenre.

Elle a à-peu-près le po?t de notre couleuvre d'escu- LAPE, .nais le corps est plus ramassé et plus gros vers le milieu. La tête est peu distincte du tronc, très conique, à museau alongé , pointu et terminé par une plaque étroite et voûtée. Les lames, qui revêtent la tête et particulièrement les

(1) Beitr. p. 1^ i suiv. — (7.) Sérp^ hras, p. -17.

156 COLUBER CAjVUS.

occipitales sont petites; la verticale au contraire est assez grande. Les narines et les yeux sont petits; l'ouverture de la bouche est peu large ; on voit trois plaques au bord postérieur de l'œil. L'abdornen est convexe et large ; les écailles sont presqu'en rhombe, à pointe tronquée, toutes lisses et disposées sur l'j rangées.

Cette espèce a les os du squelette robustes, et !es apophyses des vertèbres assez développées; les transversales des vertèbres de la queue et les épineuses inférieures de la partie antérieure du troncoffrent plus de longueur qu à l'ordriiaire. Le crâne est peu long ; les caisses sont moyennes, les mastoidiens grands. Les nasaux et l'interniaxillaire sont pointus , les mâchoires courtes et armées de fortes dents qui sont plus longues et plus déliées à leur bout antérieur ; il en est de même des dents palatines, celles des pterygoidiens au contraire sont petites et peu nombreuses: ce système de dentition est unique chez les Couleuvres. La glande salivaire de la mâchoire supérieure est très peu dévelo' pée; mais on voit une lacrymale assez grosse et une nasale exiguë. On observe à cette espèce un pénis double ou plutôt bifide de chaque côté.

La Couleuvre grison atteint jusqu'à 6 pieds de longueur ; les individus de cette taille sont de la grosseur d'un bras denfant. Les dimensions de la queue varient comme on peut voir par le nombre des plaques , qui est tantôt de 182 + 54 , tantôt de 208 + ^4) et par la mesure de deux individus de même taille, qui m'ont offert 1,0-1-0,22 et i,oH- o,3i.

Les teintes de cette Couleuvre subissent avec l'âoe des changemens presqu'incroyables. Les petits sont d'un brun roux pâle; quntre suites Je taches en œil, plus foncées et bordées d'un blanc de nacre, régnent le long du corps : elles sont quelquefois confluentessur le dos qui est souvent marqué d'une raie l)rune. Plusieurs bandes noiresdescendent sur les côtés de la tête. L'abdomen est d'un beau bhînc, orné de taches noires sur les côtés, dont l'ensemble produit un dessin très élégant. Les individus dans cette livrée ont été considérés par Mekrem comme une

COLUBEU SAYI. 157

espèce distincte (i). Ces belles teintes cependant s'évanouissent assez tut , et on en reconnaît à peine les traces dans les sujets de deux à trois pieds, qui sont le plus souvent d'un brun olivâtre très clair (2). Les adultes varient du grisâtre au brun, et au noir. Le dessous est quelquefois plus clair.

Cette Couleuvre est très commune au CapdeBonneEsp é r a n c e. Nous devons une trentaine d'individus de tout âge au zèle du docteur VAN Horstok. Elle habite les lieux sablonneux jusque dans les dunes et on en rencontre souvent d'étendues dans les chemins; quelquefois elle attaque les passans sans la moindre provocation de leur part, ce qui porte à croire qu'elle est d'un naturel féroce. Dans sa patrie , elle est connue de tout le monde sous le nom dezwARTE slang (serpent noir). Levaillant l'a même trouvée sur l'île aux Phoques (3).

18 Esp. LA COULEUVRE DE SAY. COLUBER SAYI.

Le Prince de Miisignano nous a adressé un individu empaillé d'une Couleuvre inédite , découverte et rapportée du Missouri par M. Sa Y. C'est sans contredit une des plus belles espèces du genre et également caractérisée par la forme de son museau et des plaques qui le revêtent que par la belle teinte d'un jaune rougeàtre qui domine sur toutes les parties. Le dos cependant est d'un brun marron plus foncé, qui laisse entrevoir la couleur du fond sous forme de taches ovales, transversales et très nombreuses : ces deux teintes forment, vers les parties

(l) COL. MARGARITACEUS. Mf.RR. Beitr. H p. [\1 PI' 9. (2) COL.

C A N u S. LiNN. Mus. Ad. Fr. PI. 11 /. 1 ; Scheuchzer 7/17. 5 ; Skba II PL 12/1 2 et PI. 11 f. 1 : les figures de Seba sont abominables Celle de l'adulte fournie par Merrem Beitr. vol. III p. \^ PI. i est bonne, mais je doute que l'individu , qui a servi de type à la PI. 7 vol. I , ait appartenu à notre espèce. — (3) Il voyage vol. I p. I2j. —

158 COLTJBER SAYI.

postérieures , de larges bandes alternes qui se prolongent sur le dessous de l'animal. Les parties antérieures sont plus foncées, mouchetées ou maculées de noir comme l'abdomen, ou même ornées de Jarges taches de cette même teinte.

La tête est distincte du cou et revêtue de plaques dont la verticale est en triangle sphérique presqu'équihuéral : les occipitales se font reconnaître à leur petitesse; les labiales, bordées de noir, sont grandes; mais elles ne se distinguent pas des écailles du tronc, qui sont lancéolées, surmontées d'une carène et disposées sui 25 rangées.

L'œil est entouré postérieurement de 3 plaques; mais on ne voit qu une seule oculaire antérieure précédée dune frênaie très petite. Le museau va en pointe conique et se termine par une lame en forme de nez saillant; les nasales se trouvent à son côté. Notre sujet offre i paires de frontales postérieures disposées sur une seule rangée transversale.

Les os, qui composent le crâne, sont plus vigoureux que chez les autres Couleuvr''S ; les caisses sont plus longues et les nasaux alongés; Tintermaxillaire e^t très déprimé. Toutes les dents offrent la même longueur.

N'ayant pas été à portée d'examiner des sujets en bon état de conservation , je ne puis ni donner une bonne description de cette espèce dont j'ai vu plusieurs individus dans la collection formée par le Prince de Neuwied lors» de son dernier voyage dans l'Amérique du nord, ni la ranger avec certitude, ni la rapporter à aucune de celles décrites parles naturalistes angloaméricains.

COLUBER QUArrEllRADIATUS. 15^

IDEsp. LA COULEUVRE QUATRE RAIES, COLUBER ai ATERRADIATIJS,

PI. VI. fîg. 9 et lo.

» Un passage de plïne /. 8 cfi. \/\ contient que les Boas de w l'Italie atteignent de si fortes dimensions, que l'on a trouvé » dans Testoniac d un individu tué durant le règne de l'empereur » Claudius, un enfant en son entier. » Le seul serpent de lltalie, qui peu., avoir donné lieu à l'invention de cette fable , est la Couleuvre quatre raies, qui est très commune dans les environs de Rome (i), et qui acquiert la plus forte taille de tous les ophidiens de l'Europe. Metaxa. lui donne pour longueur totale 6à y pieds. Elle est répandue sur presque tous les pays de I 'Europe méridionale. Gimelin (2) a reçu plusieurs individus de l'Arragon et de la Catalogne; celui de Lacépède (3) avait été pris en Provence. ?>I. Cantraine en a envoyé au Musée des Pays-Bas de l'Italie et de la Dalmalie , et Frivaldszky (4) l'a observée danstcjutes les provinces de la Hongrie et particulièrement dans le Bannat. C'est aussi I'elaphis (5) de Jonston PL 5, ouïe COLUBER EL A p His de Shaw Geii. Zool. 111 P. IL p. 4^0 et de plusieurs autres naturalistes (6).

La Couleuvre quatre raies a à-peu-près le port de la Caninane ; mais sa tête est moins grosse et plus alongée, la queue

(1) Metaxa. p. 38. — (2) coluber quaterradiatus Gmel. Naturf, vol. XXFIIl p. i58 PL "h Jîg. i ; un de tes individus que nous devons à la bonté de M. Gmelin a servi de type à nos figures de la tète. — (3) la quatre raies, col. quadrilinea- T u s. Qu.idr. nvip. voL II p. i63 PL '] Jig. i. — (4) Motiogr. p. 44. — (5) fXaq'tç i^c E R F) ; l'espèce se nomme en Italie: cERVONEet scorz o N e. — (6j Je rapporte encore ici le coluber n a u i i : Bechst. Lac. voL IV p. 2i5 PL 3a f. 2 , copié d'après Nau. Entdeck. PL 3 p. aSg.

160 COLUBER VIRIDIFLAVUS.

plus courte et moins robuste. Elle a les écailles petites , lancéolées, surmontées d'une forte carène et disposées sur aS rangées. L'abdomen est convexe, le museau arrondi; les plaques occipitales sont peu larges et étroites vers le bout postérieur; les yeux sont moyens, ombragés par des plaques surciliaires saillantes, ce qui rend sa physionomie un peu farouche. On voit une plaque surnuméraire au dessous de la plaque oculaire antérieure.

La couleur principale est un jaune d'ocre plus foncé sur le dessous, où il tire souvent sur le brun. Deux raies d'un brun noir régnent le long des flancs: elles sont quelquefois interrompues, se perdent ordinairement sur la queue, ou se confondent avec la couleur du fond dans les individus qui offrent des teintes sombres. Une raie noire va de l'œil à la commissure des lèvres. Les jeunes (i) ont quelques bandes transversales sur la tête; le dos et les flancs sont ornés de larges taches et l'abdomen d'un brun pâle varié de blanc. L'individu, dont nous avons figuré la tête, était de 1,20 H- o,3i. Plaques abdominales et souscaudales : 208 + 70 et 217 4- 81.

Cette Couleuvre, nonobstant sa taille et ses moyens de défense, a les mœurs extrêmement douces et ne mord jamais lorsqu'on la prend. Elle est commune dans les champs près de Tivoli ; mais elle se trouve ordinairement sur les collines. Ces observations que je tiens de M. Cantraine coïncident avec celles de Metaxa.

20 Esp. LA COULEUVRE VERTE ET JAUNE, COLUBER VIRIDIFLAVUS.

ri. IV fig. II et 12.

Les belles teintes, dont cette espèce est variée, lui ont valu

(l) METAXA/g'. 1 A et B, —

COLUBER VIRiniFLAVUS.-^ KM

en Italie les dénominations de mi lord o et bello (i). Elle est très commune dans ce pays (2), et se trouve ('gaiement dans le midi de la Hongrie (3) , en Dalmatie, à l'île dKlbe (4) , en Sardaigne (5), en Sicile, dans la plupart des provinces de lu France (6) et dans la Suisse méridionale.

Des formes agréables, de jolies teintes et une queue assez déliée servent à reconnaître l'espèce au premier coup-d'œll. Elle a la tète peu distincte du tronc et un j^eu alongée;la plaque verticale offre les mêmes proportions. Le tronc est presque cylindrique; l'abdomen large et convexe; la queue longue, déliée et applatie en dessous. Les écailles sont moyennes, lisses, en rliombe, et disposées sur 19 rangées longitudinales. Les adultes mesurent environ 0,94 -+■ 0,34. La longueur de la queue, le nombre des plaques qui la revêtent en dessous et celles de l'abdomen, varient considérablement. Une trentaine d'individus, que j'ai examinés, m'ont offert les extrêmes suivans : 160 -+- 96 et '22.y + 112.

Les glandes salivairesde cette espèce sont moins développées que les nasales et la rostrale ; on observe derrière l'œil une lacrymale de forme orbiculaire.

Le dessous est d'un beau jaune, le dessus d'un vert foncé: l'ensemble des lignes ou des taches jaunes, dont le centre de chaque écaille est marqué, forme un nombre de raies longi-

(1) Metaxa/?. 36. ^— 1^2) M. Cantraine en a recueilli un bon nombre durant ses voyages en Italie , en Dalmatie et en Sardaigne. — ■ (3j Fri- Valdszky^. 43. — (4) M. Michahelles a bien voulu me céJer une description et la figure de la tète d'une Couleuvre , envoyée de cette île à feu Wagler. — (5y coluber uccellatore Cetti Jll p. l\\. — (6j Cuv. r€°n. an. iol. II p. 84; Lacep. vol. H p. i37 : la c o u l. verte kt jaune; Daudin to/. /// p. 325. 11 faut ajouter à la synonymie de cette espèce :col. luteo striât us Gmel. Naturfomcher vol. xxviii p. 164 PI- ^fis- ^; col. atroyirens Shaw Gen, Zool. vol. III P. II p. 449 ; c'est aussi la n a t r i x g e m o n e îfs 1 s Laur. p. 56 ; la Coul. verte et jaune fait partie du genre z aments chez Wagler Syst. p. 188.

1G2 COLUBER VmiDÏFLAVUS.

tudinales, égal à celui des rangées d'écaillés. Ces raies, nettement séparées sur les parties postérieures, confluent souvent sur le cou et forment un dessin irréguîier, composé de taches ou de bandes noires et jaunes. La tête est souvent variée de cette dernière couleur. 11 faudrait entrer dans des détails de peu d'intérêt pour décrire toutes les variétés qui s'y rencontrent en abondance. On voit quelquefois des individus d'un vert brunâtre uniforme; d'autres ont le corps presque noir finement moucheté de jaune ; l'abdomen est quelquefois d'un verdàtre uniforme, tantôt marbré de noir, tantôt pointillé de brun ; dans les individus à î:eintes obscures, il est le plus souvent d'un brun enfumé, avec une large bande médiane interrompue d'un blanc jaunâtre. Les jeunes sont d'un jaune verdâtre, tirant au brun sur le dos; la tête est ornée de plusieurs raies noires et le cou est quelquefois tacheté de la même teinte: c'est alors le col. pep^sonatus Daudin k^oI. Vlll p, Zi^ PL loo fi g, 2.

M. GantpiAine a tué un individu occupé à engloutir un Pseudopus. Le fait, communiqué par Metaxa (i) , qu'une Couleuvre verte et jaune dévorait deux autres Couleuvres, prouve que les ophidiens n épargnent pas même leur propre race; ce savant dit que cette espèce a les mœurs très farouches, qu'elle se défend à coups de queue , qu'elle souffle l'air sans faire entendre de sifflemens, mais qu'elle contracte des mœurs plus douces dans la domesticité. Je ne sais si l'on doit accorder toute confiance à la description des habitudes de cette espèce, donnée par Lacépède: elle se ressent trop de l'imagination du poète, qui paraît avoir confondu plusieurs observations dressées sur des espèces toutes différentes. M. Cantraine, qui a observé cette Couleuvre dans ses voyages en Dalmatie, en Sardaigne, en Sicile, en Toscane, dans les états de l'Eglise et dans le royaume de Naples , me dit qu'elle est extrêmement agile , soit en montant les arbres, soit en rampant sur terre. Elle aie caractère

COLUBER CLIIFOUDII. IG.J

très méchant , mord fortement et attaque avec acharnement ceux qui s'approchent du Heu de son habitation. Ses mœurs portent à croire que c'est Kî serpent , dcLsigné parles anciens romains sous le nom de jaculus ; quoique les poètes de ce peuple donnent souvent l'Afrique pour patrie à l'espèce. M. Bory de St. Vincent l'a rapportée en grand nombre de la Morée.

21 Esp. LA COVLEUVRE DE ClJEiOlli).

PI. VI. fig. i3et 14.

L'hommage , que je rends à M. Clifford Cocq van Breu- GEL, consul néerlandais à Tripoli, en lui dédiant la Couleuvre qu'il a découverte dans les Etats barbaresques , n'est qu'une faible marque de reconnaissance des services nombreux et désintéressés qu'il a rendus à la science, en favorisant les intérêts d'un des plus beaux monumens nationaux.

On trouve une bonne figure de cette espèce dans le grand oiwrage sur U Egypte^ Atlas Rept. PL SJig. 1 ; Descript. p, 67;

LA COULEUVRE AUX RAIES PARALL ELLES; c'cSt aUSsi ici

qu'il faut rapporter le col. n u m m i f e r de P^euss Mas. Senk. II p. i35.

Elle a les formes de la suivante dont elle se distingue, au premier abord, par ses teintes sombres et par la conformation des lames écailleuses qui revêtent la tête : ce dernier caractère, propre à l'espèce, peut servir de guide pour la reconnaître parmi toutes les autres Couleuvres.

Le tronc est presque cylindrique, l'abdomen très étroit et convexe, la queue moyenne efc robuste. La tête est distincte du cou, alongée , conique et à museau se terminant en pointe

1{)4 COLUBER HIPPOCREPIS.

arrondie. Les plaques occipitales sont étroites et plus ou moins effilées ; la verticale , en pentagone à bords latéraux convexes, offre les mêmes proportions. Les lèvres sont bordées, outre les plaques ordinaires, de quelques plaques labiales surnuméraires: elles ont peu d'étendue. La nasale est large et percée des narines, qui sont peu ouvertes. L'oeil est grand et saillant^ la plaque surciliaire assez voûtée. Le reste de la tête, outre les neuf lames du sommet, est revêtue de petites écailles déforme irrégulière, peu différentes de celles du tronc, et qui occupent la place des lames du frein, des oculaires et des temporales. Les écailles du tronc sont peu grandes, lancéolées, surmontées d'une forte carène érnoussée et disposées sur 23 rangées longitu( inales.

Cette Couleuvre atteint jusqu'à 0,86 +0,16. Les lames abdominales et souscaudales varient depuis 280 H- 66 jusqu'à 240 H- 90.

Les teintes pâles rappelent l'habitant du désert. La couleur dominante est un jaune d'ocre assez sale , passant au brun sur les parties supérieures, qui sont ornées d'une triple suite de larges taches d'un brun livide et de forme assez variable , en ce qu'elles sont tantôt carrées, tantôt ovales, tantôt enfin composées de raies longitudinales. Le sommet de la tête offre plusieurs raies longitudinales de forme peu constante.

22 Esp. LJ COULEUVRE FER-A-CHEVAL.

COL. HIPPOCREPIS.

PI. VI fig. ?5 et i6.

On peut regarder cette espèce comme intermédiaire entre les deux précédentes. Elle a les formes, la taille et le port de la couleuvre VERTE ET JAUNE, mais sa têtc cst plus large et sa queue beaucoup moins longue. Les teintes brillantes, dont

COLUBER HIPPOCREPIS. Kîfy

sa livrée est ornée et son système particulier de coloration, la rendent très reconnaissable : on lui trouve le même nombre de plaques labiales que dans la couleuvre de ceifford; mais les temporales, quoique sous forme d'écaillés, sont plus grandes que dans celle-ci; aussi la plaque du frein, ainsi que celle du bout antérieur de l'œil, n'offrent-elles rien d'anomal dans leur conformation. Les plaques surciliaires sont saillantes; le reste de l'œil est bordé de 5 ou 6 petites plaques, dont le nombre varie quelquefois jusqu'à 8 et plus. Le museau est large, arrondi et concave sur les côtés; l'œil est moyen; les narines sont ouvertes; les neuf plaques du sommet de la tête ne présentent rien de particulier , excepté que les occipitales et la verticale ont leurs bords latéraux échancrés. Les écailles du tronc sont petites , lancéolées , lisses ou un peu convexes , très imbriquées et disposées sur des rangées obliques: on en compte 25 de longitudinales.

Longueur totale: o,8i H- o,a4- Nombre des plaques: 2i4+ 84 et 249 -!- 98.

La couleur dominante est un beau jaune rougeâtre. Trois séries de larges taches rondes, alternes et d'un l)run noir, régnent le long des parties supérieures; celles des flancs sont le plus souvent carrées, peu distinctes et toujours plus petites que les dorsales , dont la première est très large; le jaune ne s'appercoit sur ces parties que connue bordure des taches. D'autres individus cependant offrent des taches plus irrégulières et quelquefois confluentes, particulièrement sur les parties postérieures, ce qui leur donne quelque ressemblance avec la couleuvre verte et jaune. On voit plusieurs bandes très larges traversant la tète qui lorment , en laissant entrevoir la couleur du fond , des figures peu déterminées et de formes très fugitives. Les côtés de l'abdomen sont souvent ornés de larges taches carrées. Les petits offrent des teintes tirant sur le verl; , et un tronc parsemé de taches tort petites. Ces différences ont engagé feu Uoie , à en faire plusieurs espèces nominales. Linné a comparé le dessin de la tête à un fer-à-che-

166 COLUBER FLORULEJVTUS.

val (i) , caractère futile qui r.e convenait pas même à l'autre individu , décrit par cet auteur (2). Spix (3) a figuré un individu , recueilli en Espagne dans son ouvrage sur les reptiles du Brésil. La Couleuvre fer-à-cheval habite la plupart des pays qui bordent la Méditerranée. Le Musée des Pays- Bas en possède une très belle série composée d'individus de diverses contrées. L'un , originaire du Portugal, a été cédé à cet établissement par M. le professeur de Fremery nous en devons un autre, pris dans les environs de Gibraltar , aux soins de M. Michahelles ; M. Cantraine en a recueillis plusieurs lors de son séjour en Sardaigne d'où Wagler (4) en a également reçu , M. Rùppell nous en a rapporté un de 1 Egypte; ceux des environs de Tunis nous ont été adressés par M. le colonel HuMBERT,mais il est à remarquer qu'ils ont les temtes plus pâles que les individus européens ; les naturalistes français enfin en ont envoyé de Bone et d'Alger, M. Cantraine a observé cette belle Couleuvre dans les endroits nus et rocailleux de la Sardaigne. Ce voyageur me dit qu'elle est agile ^ douce et qu'elle ne mord jamais. Les couleurs ne s'altèrent pas beaucoup après la mort.

23 Esp. LA COUL. A BOUQUETS. C. FLORULENTUS.

Cette espèce , établie par M. Geoffroy , est figurée dans le grand ouvrage svu^ l'Egypte (5) , pays qu'elle habite , à ce qu'il paraît , en petite quantité. Elle est assez voisine de la Couleuvre léopard et ne se distingue de cette espèce que par les teintes , par ses formes plus grêles , par la présence

(1) Mus. Ad. Fr. PL 16/ 2 le jeune. — (2) col. d o m e s t i c u s LiNN. Syst. mit. p. 58(). — (3) Serp. bras. PL Xf.i n a t r 1 x b a- H I E N s j s ; cette espèce forme avec la précédente le j^enre p e r i o p s de Wagler .Vy../. p, ,,S(j ; Icon. PL 6. — (4) Sjst. p. 190 note. — ^5) PL 8 /■ 1 p. 07. —

COLUKEil THAKALIS. Ui7

de plusieuis ])laques oculaires antérieures et (Viin graiicj nombre de petites écailles mentales et de plaques temporales. La couleur dominante est un gris jaunâtre , tirant su.* le brun et varié d'un fijTand nond>re de bandes transversales et de tacîies noires, mais tellement effacées que l'on ne reconnaît que difficilement leur présence : elles sont plus sensibles sur les flancs , mais elles se perdent totalement vers la queue. Le dessous est jaunâtre. On remarque sur la tête une bande et plusieurs taches très effacées d'un jaune terne.

19 à 21 Rangées d'écaillés lisses et un peu lancéolées. Dimensions: ofi'd -h 0,19 ou 0,64 + 0,16. Plaques 204 + 88 ou 224 + 98. Cette espèce fait partie des Musées de Paris , de Francfort et de celui des Pays-Bas.

24 Esp. LJ COUL. A RUBANS. COL. TRABALIS.

On voit dans les galerfes de notre Musée un individu d'une Couleuvre originaire de la Ta r ta rie et mentionnée par feu Boie sous le nom précité , inventé par le célèbre Pallas.

Cette Couleuvre offre beaucoup de rapports avec notre co- RONELLE LISSE, dout cllc a la taille et les teintes ; mais ses écailles sont plus petites , plus obliques et carénées sur le dos ; îe dessous est marbré de noirâtre et orné de chaque côté de deux suites de points noirs. Le brun livide des parties supérieures passe vers le dessous au jaunâtre; on voit sur les lianes deux larges raies plus foncées , dont les moyennes se prolongent sur l'occiput en forme de massue bordée de noir; on voit nne autre figure de forme indéterminée sur le sommet de la tète et une bande qui joint les yeux. Une large raie noirâtre s'étend depuis l'œil jusqu'à l'angle de la bouche. L'abdomen est convexe, les lèvres sont blanches. 195 "•" 70 ; o,56 "+" o,i4; 25 rangées d'écaillés.

168 COLUBER GUTTATUS.

25 Esp. LA COUL. TACHETÉE. COL. GUTTATUS.

Une certaine affinité dans les teintes de cette espèce avec la précédente et la suivante a déjà été reconnue par feu BoiE ; ce qui a déterminé plusieurs de ses successeurs à réunir ces Couleuvres sous un nom générique particulier. Nous leur conservons leurs anciennes dénominations , rangeant à leur suite plusieurs autres espèces, également voisines par la distribution des couleurs,

Linné (i) a le premier décrit l'espèce du présent article, on en trouve une mauvaise figure dans Catesby. PL 55: c'est en même teiiips la couleuvre triangle (col. triangulum) et la tachetée (col. m a culatus) de Lacépède (2); il y faut également rapporter la couleuvre

CANNELÉE dc LatREILLE (3).

Elle se trouve dans les provinces méridionales des Etats- Unis. Le Professeur Troost à Nashville en a fait parvenir quelques individus du Tennessee au Musée des Pays-Bas. On ignore ses habitudes. Bosc mande qu'elle se tient sous l'écorces des arbres, observation d'autant plus singulière qu'on la retrouve presque à chaque article sur les habitudes des serpens , communiqués par ce voyageur à Latreille et à Daudin.

Cette Couleuvre a les formes delà coronelle lisse, mais sa queue est plus courte et plus conique, sa tête plus petite et elle atteint une taille plus considérable. Nos individus adultes mesurent 0,69 -4- 0,1 3. L'abdomen est convexe et un peu anguleux. Les lames , qui le revêtent , sont peu larges; leur nombre, ainsi que celui des souscaudales , varie

(1) Syst, nat. p. 385 ; Linné cite fort mal-à -propos Catesby 6'o , figure représentant le heterodon coccineus: cette erreur a entraîné une grande confusion dans les systèmes. — (2) Quadr. ovip. vol. Il p. 529suiv. — (3j Rept. vol. IF p. 108 iw.fig.

COLUBEK JLEOPARDIIVUS. 169

depuis 192 | 5o jusquà 227 -f- 62. La tête est déprimée; les plaques qui la recouvrent ont peu d'étendue , celles du sommet sont ramassées. L'œil est petit, l'ouverture de la bouche moyenne. Les écailles sont peu larges ; lisses, en rliombe et disposées sur 25 rangées.

Le système de coloration de cette Couleuvre est très joli. Le dessus offre un gris rougeàtre , finement moucheté de noir, Lne suite de très grandes taches d'un rouge foncé et I)(>rdées de noir résinent le lonsf du dos: elles sont orbiculaires sur les parties postérieures et carrées sur le devant, mais leur forme est peu constante; car elles continent souvent sur le cou ou descendent sur les flancs , qui sont le plus souvent ornés d'une ou de deux rangées de taches semblables , alternes mais plus petites. La tête offre quelques figures peu constantes, produites par une tache bifourchue sur l'occiput et entre les yeux par une bande, qui se sépare au dessous de l'œil et dont une des branches se dirige vers les lèvres , tandis que l'autre joint l'angle de la bouche. Le dessous est d'un jaune rougeàtre plus clair, et marqué de larges taches noires, le plus souvent carrées et alternes.

26 Esp. L^ COUL, LÉOPARD. C. LEOPARDINIJS.

M. Fitzinger à Vienne, erpétologiste distingué, a bien voulu céder à notre Musée, quelques individus d'une Couleuvre inédite qu'il désigne sous le nom précité , qui exprime fort bien la nature du dessin agréable, dont le dessus de cette espèce est orné. Ce dessin est composé de quatre suites de taches de la même forme, des mêmes teintes , et disposées sur un fond semblable que celles de la précédente. Les séries dorsales cependant se réunissent en une seule ; les latérales sont quelquefois incomplètes ou sous la forme de bandes noires. Les taches noires et carrées, qui garnissent l'abdomen , se con-

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