COLUBER LEOPARDI.\US
fondent souvent sur la ligne médiane, où elles forment une large raie à bords déchiquetés. On voit sur la nuque une figure en fer-à-cheval ; plusieurs bandes noires occupent le sommet de la tête et se dirigent obliquement en arrière ou descendent sur les lèvres. Cette Couleuvre , si voisine de la précédente , est sans doute une des pUis belles du genre. Les individus avant la mue ont cependant les teintes très sombres; les taches sont alors souvent effacées et on voit à leur place deux ou quatre raies ])runes sur un fond d'un gris brunâtre. L'abdomen est quelquefois jaunâtre. Les jeunes ont les teintes assez vives, et leurs belles taches rouges ressemblent parfaitement à celles de i ocelot , f e l i s p a r d a 1. 1 s.
La (iouleuvre léopard a le? formes plus effilées que la précédente ; sa queue est plus longue et moins grosse ; la tête plus alongée, peu distincte du tronc et ressemblant parfaitement à celle de la cou le uvre d'es cul ape. Le tronc est mince et presque cylindrique, l'abdomen convexe. Les écailles sont toutes lisses , moyennes , alongées , en rhombe , et disposées sur des rangées plus obliques qu'à l'ordinaire : on en compte de 21 à 20 rangées longitudinales.
La longueur de la queue varie considérablement, comme on peut voir par les mesures de deux individus , dont l'un était de o,58 4- 0,09; l'autre de 0,75 + 0,16. Il en est de même des lames qui revêtent le dessous , et dont on trouve tantôt 222 -\- 66 tantôt 260 -+- 84.
M. Caintraïne a observé cette Couleuvre en Dalmatie et sur la petite île de Lissa qu'elle habite , la seule de sa race: on l'y trouve fréquemment dans les caves. Ce voyageur l'a retrouvée en Sicile, où elle se tient dans les maisons de Catane, fait d'autant plus remarquable qu'elle ne paraît pas se trouver dans les environs delà ville. En Dalmatie, elle fréquente les collines ; ses mouvemens sont lestes ; elle est farouche et mord ceux qui l'inquiètent. Nous en possédons une vingtaine d'individus. Le Musée de Paris en tient qui sont originaires de Bone , de la Provence et de la Morée.
COLUBER COi\SPlCILL ATUS. 1 7 1
27 Esp. LA COULEUVRE A LUNETTES.
i:OLUBER COxXSPIClBXATUS.
Le Musée des Pays-Bas doit aux soins de M. M. von Siel)old et j>ûrger une série complète composée d'individus de tout âge de cette Jolie Couleuvre, décrite par Boie (i) d après un individu rapporté du Japon par M. 13lomlioff.
Elle est très voisine de la précédente, tant par ses formes que par son système de coloration. Un corps plus gros , rama-^sé et comprimé; Tabdomen anguleux; une queue plus vigoureuse ; des écailles moins alongées et plus grandes ; enfin les plaques du frein très petites sont des notes caractéristiques suffissantes pour empêcher de la confondre avec la Couleuvre léopard. Celle du présent article offre \in tronc, orné de bandes transversales, étroites et noires au lieu de taches; on voit sur l'occiput une tache en massue , précédée par un trait en angle dont la pointe regarde le museau ; une bande transversale réunit les yeux et se divise au dessous de ces organes pour descendre vers les lèvres: le museau est orné d'une bande analogue. Le dessous est comme chez le Col. «^uttatus. Le dessus est d'un rouge de brique pale , tirant tantôt sur le brun , tantôt sur le gris; les adultes ont les teintes plus foncées , et les taches dorsales peu apparentes ou même quelquefois totalement effacées.
21 Rangées longitudin. d'écaillés. — Plaques: 200 + 6o ou 220 -f- -6. — Longueur totale 0,69 + 0,16.
Le cadre du genre Couleuvre, si riche en espèces, s'étendra sans doute un jour considérablement , lorsqu'on parviendra à connaître d'une manière précise les nombreuses espèces d'ophidiens indiqués superficiellement par les voyageurs. — Je ne cite que les suivans : (i)lecoLUBER atrofuscus Daudin fi p. 285 , qui repose sur les figures de la tête et de la partie postérieure du corps d'une Couleuvre, dont Russel a fait mention: voir Serp, I PL ^5 ; (2) le col. o bs curus de Daudin FI p, 363 ^, établi d'après Russel / PL 18 ; et (3) le COL. p LIN II de Merrem : Tent. p. 10 1 , col. p ictus D4udin FI 347, dénominations qui ont pour type la /^/. 29. ^'o/. /de Russel: cette espèce est probablement identique avec le col. t r i s c a l i s de Linné , dont le col. c o r a llinus du même auteur, figuré dans Sera // PL 17/! i ne paraît pas di fférer ; une bonne figure du col. triscalissc tiouve dans Sera If 38. 3.
6 Genre. LES ERPETODRYAS.
HERPETODRYAS.
Ce genre a été établi par feu Boie ; il y a rangé les c o l u b e r
CARINATUS, BICARINATUS, QUADRICARINATUS et
LAEvicoLLis: CCS prétendues espèces ayant été réunies par moi en une seule , j'ai cru devoir prendre le genre dnns un sens plus ample. On peut en quelque sorte considérer celle coupe générique comme sousgenre de celle des Couleuvres: j'y comprends tous ces ophidiens j qui joignent au port et à la physionomie des couleuvres, les formes élancées elles habitudes des serpens d'arbre.
Les Erpétodryas offrent le plus souvent une seule nuance verte: quelquefois cette teinte passe au brun; d'autres ont le corps rayé longitudinalement et il en est , dont le système de coloration peut être regardé anomal. Plusieurs atteignent une taille aussi considérable que les Couleuvres ; mais d'autres ne surpassent guère deux pieds en longueur. Ils ont les formes plus élancées que les espèces du genre précédent; leur corps plus comprimé est moins gros, et la queue est le plus souvent très longue et assez grêle : ce caractère, ainsi que l'abdomen étroit et fortement anguleux, annonce clairement que les Erpétodryas sont faits pour grimper avec agilité sur les arbres. La tête est distincte du cou, qui est quelquefois assez svelte et déprimé ; elle est peu large , assez alongée et revêtue au sommet des neuf plaques ordinaires qui imitent les formes extérieures. Le museau est plus long que chez les Couleuvres, plus ou moins conique et arrondi au bout. Les autres plaques de 1î*