‹ Essai sur la propriété [microform]Chapitre 16 sur 44 · I. I ' Im a la terre pen · texte numérisé non relu

I. I ' Im a la terre pen

dant la duree de son bail. On connaît la lutte

d’Occidentl

cours du dernier siècle entre les propriétaires une, ers et les fermiers ; ceux-ci ont p‘u obicnl n ^ ng eterre, mais n’ont pas encore fait voter en brance une législation leur donnant dioul

une indemnaé pour les améliorations.

un^ reVi, “ “ «“''me dans

'eg mt economique où le sol, demeurant l;™l"'e.é de l'Etat, serait distribué en te, . ^ de longue ou courte durée. On pourri connaître au cultivateur un droit sur le iirofit ■ndustriel venant de cette source, tout en m Pruuant la rente sous ses trois formes rlle'

If

CHAP. VI. — LES FONDEMENTS DE LA PJIOPRIÉTÉ 23i

absolue, rente diflcrenlielle et rente de mono-

159. — Nous sommes arrivés aux arguments directement formulés contre le communisme par les économistes libéraux. Ils ne manquent jamais de répéter que rien n’est moins productif que les communaux. Si les communaux sont stériles, cela tient non à leur caractère juridique, mais à leur nature et à leur situation. Les pentes des montagnes, par exemple, ne peuvent être utilisées que comme pâturages communistiques ; on a constaté, à la suite de la loi 1793 sur le partage des biens communaux, l’impossibilité de les mettre en valeur autrement et d’en faire de la [iropriété individuelle.

11 n’est pas douteux, d’autre part, que l’individualisme est essentiellement destructeur des forets, dont la conservation, si importante pour la climatologie d’un pays, et la bonne administration ne peuvent être assurées que par un régime

d’étatisation.

En ce qui concerne l’agriculture, il n’est pas douteux que 1 on peut, de nos jours, observer des terres admirablement cultivées sous un régime communautaire, les grandes plantations mélanésiennes, par exemple, ou les alimenden suisses.

On peut même dire, en ce qui concerne cette sorte de propriété commune, à jouissance divise, qu elle se rapproche, plus que le doniiuiutu €x jure

f/utritium, du type idéal de la propriété, récompense ou stimulant du travail. Le travailleur y acquiert la récolte, au lieu d’etre un salarié comme sur les grands domaines possédés par des hobereaux ou des compagnies anonymes.

Que l’on scrute les profondeurs du passé, ou que l’on observe de près la civilisation capitaliste, on s’accorde sur l’absurdité de cette proposition que, sans la propriété, le monde serait une foret et les hommes des oiseaux de proie. Blackstone pouvait être excusable de la formuler, Dupuynode est sans excuse de la répéter. C’est précisément dans un régime individualiste pur, que les hommes seraient des oiseaux de proie. Dans toute société communiste, au contraire, toutes les institutions sociales tendant à établir et maintenir l’égalité et la paix, personne ne peut empiéter sur la part des autres.

§ 160, — Combien est ridicule le raisonnement de J. -B. Say. « Sans propriété privée, le manouvrier ne trouvera pas de champ à cultiver. 11 labourera la première terre venue, dira-t-on, mais le premier homme venu ravagera ou recueillera sa récolte ! »

Pourquoi, dans notre société, le propriétaire est-il à l’abri de pareille usurpation? Parce que 1 autorité sociale le protège. Mais cette protection est bien mieux assurée au cultivateur par un régime communautaire. En installant sur

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un champ le travailleur, la communauté ne le met pas seulement à l’abri des actes de brigandage vulgaire, elle l’assure contre toute autre cause de dépossession, meme contre celles, forces ou volontaires, que notre droit consacre, contre l’expropriation pour dettes et la vente plus ou moins libre.

§ Ibl. — Si l’on faisait, répète-t-on souvent, dans la propagande bourgeoise, un partage égal de tous les biens entre tous les habitants d’un

pays, l’inégalité se rétablirait le lendemain, 1 ivrogne ou le joueur vendrait son champ. Oui, si 1 on se bornait à un déplacement de propriété privée, en laissant aux acquéreurs la plénitude des droits du propriétaire romain ; non, si on séparait la disposition de la jouissance, ne laissant au particulier que celte dernière.

§ Ib-- — « Mieux vaut l'inégalité féconde que l’égalité stérile. » xMais où a-t-on vu que l’égalité fût moins féconde que l’inégalité ? Ce sont là des affirmations a priori et sans preuves, que détruisent leur seul rapprochement avec la réalité historique.

« Partout où la propriété n’a pas été instituée, la misère a été le régime commun.» C’est une très grave erreur, la vérité est que dans les régimes communautaires, les hommes vivent sur le pied d’une égale aisance, sans grande richesse et sans extrême misère. « Les pauvres sont moins malheureux, d’après Jean-Baptiste Say, lorsqu’ils

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vivent parmi les riches que lorsqu’ils ne sont entourés que de pauvres. » li’erreur est évidente. La pauvreté est plus facile à supporter lorsqu’elle est commune, égale ])our tous ; ce qui dans nos sociétés rend la vie si pénible aux pauvres, c’est le contraste de leurs souffrances avec l’opulence des riches.

Les sociétés communistes se recommandent par la sociabililé, la moralité, la douceur des sentiments, la libre expansion des alfections, qui ne 'sont pas contrariées par l’intérêt, le respect de soi et le souci de l’opinion publique (1).

(i’est l’individualisme au contraire qui engendre le paupérisme, avec scs conséquences d’immoralité et de criminalité. On sait quelles réponses l’observation des communautés familiales fournit aux disciples de Le IMay lorsque les économistes orthodoxes affirment que le progrès pour l’humanité consiste à se dégager du communisme et à s’abandonner à l’individualisme sans freins.

Ils disent que ce prétendu progrès est une régression, une décomposition et prétendent nous ramener à un état de paix sociale qui d’ailleurs n’a peut-être jamais existé, tel qu’ils se le figurent.

Mais en tout cas pour soutenir que la disparition du communisme est un progrès, il fau-

(1) V. ce (jue M. de Laveleye dit sur les coumuinautés de famitle, op. çil., p. 477 à 486.

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drait examiner de [>rès les causes qui ont amené cette disparition, et il est parfaitement possible que la désagrégation de telle ou telle société communistique soit le résultat de circonstances historiques^ en elles-mêmes malheureuses : la guerre a eu souvent, en cela, une influence néfaste.

§ 163. — Mais n’oublions pas que, suivant la conception matérialiste de l’histoire, tous les changements sociaux résultent de transformations dans le régime de la production. C’est ainsi que les communautés familiales des Slaves du Sud se désagrègent sous l’influence du capitalisme occidental.

Il est possible que le communisme, détruit par une transformation dans les rapports de production et d’échange, soit ramené, aj)rês bien des siècles, par une nouvelle transformation agissant en sens inverse. Le progrès s’opère en spirale, a-t-on dit.

La disparition du communisme, après une existence plus ou moins longue, ne démontre nullement qu’il soit supérieur ou inférieur à l’individualisme. i\ous n’avons pas à discu'er cette question de la valeur respective des deux régimes in abstraclo, h nous demander lequel vaut mieux pour l’homme abstrait, Vho?no œconornicus dont on a justement plaisanté ; ce qu’il faut examiner c est lequel convient le mieux à une société déterminée, localisée dans le temps

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et dans l’espace. Pour parler la langue marxiste ou doit rechercher quelle est la superstructure sociale qui correspond à une base économique donnée, et spécialement en ce qui nous concerne^ quel est le régime juridi(|ue le plus adéquat aux rapports de production de notre société contemporaine. Problème très délicat, mais pour la solution duquel nous ne pouvons rien tirer des discussions abstraites sur les avantages de la propriété privée.

Les économistes bourgeois ne parviennent donc pas à justifier le régime actuel de la^propriété quiritaire, qu’ils se placent sur le terrain pratique ou sur celui des théories prétendues philosophiques que nous avons précédemment passées en revue.

CllAPlTUE VU

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