I.A MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
mentalion du nombre des doigls (1). Voigiit (2) cite le cas d’un enfant qui avait treize doigts à chaque main et douze orteils à chaque pied (Blum). L’hérédité joue un rôle considérable dans ces affections congénitales; le cas de Tu. Copsey (3) est classique: il avait, ainsi que trois de ses sœurs, quatorze doigts et treize orteils. « La mère, le père et le frère de la mère étaient atteints de la même difformité ; cinq frères et quatre sœurs avaient un doigt supplémentaire et douze orteils (A. Blum) (4). »
Kleines Finger und Zehen. ( Arch . f. Pathol. Anal, u Physiol. Berlin, 1895, CXLII.)
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(1) Rahon, Sex-digilaire atteint de syndacty lie partielle. {Soc. Anlhr., 5 mai 1892 ; Bull. 1892, pp. 334-336.)
(2) Voigiit, in Dictionnaire de chirurgie, t. I, p. 404.
(3) Copsey, in London medical Gazelle, 1839.
(4) A. Blum, op. cil., p. 4.
Wentzel Gruber conclue comme il suit à la suite de 127 observations : « Dans un certain nombre de familles, 14 sur 60, l’hérédité est démontrée, bien qu’elle puisse laisser indemne une ou plusieurs générations. Sept fois sur 127, il existait d’autres vices de conformation. Le doigt surnuméraire est le pouce dans les 2/5 des cas, ou le petit doigt dans les 3/5. Le petit doigt surnuméraire est exceptionnellement implanté sur un cinquième métacarpien bifide ou sur un métacarpien supplémentaire. 11 possède trois, deux, ou seulement une phalange, mais le plus ordinairement, il ne renferme qu’un rudiment d'os, ou bien il se compose de peau et de tissu adipeux. Sur 42 observations de sexdigitaires, on a rencontré 30 fois des orteils supplémentaires (1). »
La polydactylie a préoccupé le plus, parmi les déformations congénitales, les auteurs de tous les temps. Au xviic siècle, Riolan paraît inspiré des idées larges « en disant qu’il n’est pas indispensable de tuer les sexdigitaires, les géants, les nains, et qu'on peut se contenter de les soustraire à tous les regards (2) ». Les polydactyles faisaient partie, comme on le sait.de la catégorie des fléaux divins, que les lois anciennes condamnaient à mort. Nous trouvons toute la discussion et toutes les théories concernant la genèse et l’étiologie de la polydactylie dans la thèse du docteur Adrien Foa, inspiré par le regretté professeur
(1) Gruber, in Bull, de l'Acad. des Sc. de Sl-Pélersbourg , t. XV, p. 460. — D’après Blum, o/>. cil., p. 4.
Adrien Duffo, Contribution à l'élude de la Polydactylie. ( Thèse de médecine de Paris, 1903. 1 vol. ; éd. Jules Roussel, 67 p. ; p. 11. Très bonne bibliographie.
Squelette de sligmal es dégénératifs.
Doigt supplémentaire. Fig. 2. — Formation de doigt s
Doigt manquant.
Planchk XXXIV
LA MAIN CHEZ LES DEGENERES
Poirier. Les anciens comme Winslow, Halles et Geoffroy-Saint-IIilaire ont discuté à perte de vue sur les causes de cette monstruosité, en l’attribuant soit à des arrêts de développement, soit à des anomalies du système vasculaire, soit à des troubles provoqués pendant l’incubation des œufs, tout en discutant si le germe avait été anormal à l’origine, s’il y avait fusion de deux germes, ou quelles étaient les causes occasionnelles. Les données embryologiques modernes, précisées par les recherches tératologiques de Dareste, admettent comme cause de cette pathologie de la main la théorie simplement pathologique. A la théorie atavique, invoquée par Darwin et critiquée, on a opposé la théorie franchement pathologique, malgré les recherches et les opinions d’ALBRECHT et de Poirier. Des facteurs multiples peuvent intervenir pour provoquer ou déterminer certaines formes de cette malformation, à côté des influences embryologiques, comme les brides et les adhérences amniotiques, qui expliquent des quantités de faits, mais qui sont quand même insuffisantes. Nous avons vu que l'hérédité joue un grand rôle ; les faits de Winslow, Foltz, Alurecht, Giard, Giierini, Louis Bolk, Féré, Van IIallst, etc., l’expliquent suffisamment.
Au point de vue anatomo-pathologique, le docteur Duffo distingue quatre groupes: 1° doigts surnuméraires placés dans le prolongement de la série normale; 2° pouces surnuméraires; 3° doigts surnuméraires situés sur le bord cubital, et 4U bifurcation de la main. D’après les recherches bibliographiques du docteur Duffo, le nombre des doigLs dépasse rare-
ment 24; Saviard aurait vu 40, et Rueff, chirurgien de Zurich, cite un cas de 48 doigts. Anatomiquement, les doigts ne possèdent pas leurs tendons propres; Levin (1895) a démontré la dépendance anatomo-physiologique des doigts surnuméraires des autres. La fréquence de la polydactylie a été le sujet de nombreuses discussions. Voici en résumé, d’après les auteurs, quelques chiffres : Maupertuis aurait trouvé
3 cas sur 100.000 habitants de Berlin au xvme siècle, Danyau observait 10 cas pendant une période de 24 ans ; Déchet, aux Enfants-Trouvés, signala en 1851, en 7 mois, 1 cas sur 2.500 entrées ; Giraldès rencontra 1 cas sur 10.000 enfants examinés à l’hôpital ; Lefort, d’après les statistiques du Guy s Hospital de Londres eL du Gebiir and Findelhaus de Vienne, n’aurait trouvé aucun cas. Polaillon signale en 1873
4 cas sur 3.726 enfants nouveaux-nés à Coehin 1). A la Maternité de Paris, en 1884, on trouve 5 cas sur 2.200 naissances. La Bible cite aussi le cas d'un Philistin sexdigitaire, qui aurait été tué par les Juifs (Livre des Rois). Pline parlerait aussi d’un cas semblable, et ce serait le poète Vollatius ; et il « signalait la même anomalie chez les deux filles du patricien Caius Horatius. » Un des apôtres aurait été sexdigitaire, et le docteur Duefo, à qui j’emprunte cette remarque, « constate que Leonardo da Vinci aurait consigné cette particularité dans son chefd’œuvre de Milan (2) ». Je n'ai pas pu trouver sur des reproductions lequel des apôtres est sexdigitaire, le
(1) Duffo, o/j. cil., p. 15.
(2) Duffo, o/>. cil., p. 15.
LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
docteur Du to ne nous le dit pas, et mes souvenirs de la merveilleuse fresque de Santa Maria dette Grazie ne me précisent aucune image certaine. Le docteur Duffo nous cite encore comme polydactylique Anne de Boleyn, femme de Henri VI 11 , qui aurait eu en plus une mamelle supplémentaire (1).
On a encore noté la mègalodaclylie , qui est le développement considérable d’un ou de plusieurs doigts — dans certains cas, le poignet prend l’aspect et la configuration de l’orteil similaire; — Y ectrodactijlie (2), dans laquelle il manque un ou plusieurs doigts aux deux mains ou à l une des deux seulement ; la macrodactylie, dans laquelle le nombre de phalanges est augmenté ; la brachydactylie, dans laquelle il manque une ou plusieurs phalanges à un ou plusieurs doigts, l’atrophie congénitale d’un ou de plusieurs doigts ; Yoligodaclylie, dans laquelle le doigt est non seulement très court, mais aussi très grêle ; la syndactylie (Dupuytren, Morel-Lavallée, Verneuil, Gaillard, Didot, Sirut, Blum, etc.), dans laquelle un ou plusieurs doigts sont soudés ensemble, parfois tous les doigts, — le pouce y compris, ou à l’exception
(1) Voir aussi Murray-Jardine, Observation d’une femme qui possédait trois mains. [Med. Times , 18G2. Vol. 11, p. G70.)
(2) Le Dr Marcus Poulalion publie dans une forl intéressante note un « cas d’ectrodactylie congénitale avec absence totale du métacarpien correspondant. Ectromélie de l’auriculaire et du cinquième métacarpien du côté gauche ».
M. Poulalion, in Archives de médecine, nos nov. et déc. 1891.
Dr Bédart, Eclrodaclylie quadruple des pieds et des mains se transmettant pendant trois générations. [Soc. Anlh . , 5 ma; 1892. Bail, de la Soc. d’Anlhrop., 1892, t. 111, IVe série, pp. 33G-343.)
du pouce, — sont soudés en une pièce unique, constituant dans le dernier cas la disposition désignée sous le nom de « pince de homard ». Parfois, il y a fusion des os et des parties molles, ou encore une connexion de la peau et des parties molles des doigts. La syndactylie congénitale ne serait pas due à un vice de conformation organo-génésique, mais au simple arrêt de développement « dû à la persistance d'un état anormal » (A. Blum).
On a relevé comme un signe fréquent de dégénérescence, des anomalies des proportions des doigts et des orteils. « Les doigts sont trop longs ou trop courts, il y a défaut de proportion d’un ou plusieurs doigts ; au dire de Féré, la brièveté de tous les doigts est pluscommunedanslesdégénérescencesgraves 1 .» On a insisté tout spécialement sur une disposition qui n’aurait de valeur que chez l'homme et qui n'aurait pas de signification chez la femme. Normalement, la main étant dans le prolongement direct de l'avantbras, l’index serait plus court que l’annulaire ; l égalité de leur longueur ou la supériorité au profit de l'index serait un signe de dégénérescence.
Il est également une autre anomalie sur laquelle les auteurs ont, semble-t-il, peu insisté ; FÉnû l a décrite et en a donné des photographies dans « la Famille névropatique » : c’est la disposition en crochet du petit doigt. Habituellement, l'extension du petit doigt est complète comme celle des autres
(1) Ch. Féré, La famille névropathique. — Théorie léralologiquc de l' hérédité cl de la prédisposition morbide cl de la dégénérescence. 1894, 1 vol.; Alcan, 332 p., ch. xvii, xviii, pp. 286-303.
LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
doigts, en dehors de toute lésion pathologique ; chez certains sujets, l’extension ne peut ctre obtenue complètement, le petit doigt reste toujours en état de demi-flexion revêtant plus ou moins une forme en crochet, disposition que l’on trouve normalement au niveau du petit orteil, et qui serait un stigmate de dégénérescence lorsqu’elle siège au niveau du petit doigt.
Il faut encore signaler la malformation congénitale décrite sous le nom de pied bot ou de main bote , dans laquelle l’extrémité du membre est déformée, atrophiée et privée de la plupart de scs fonctions physiologiques habituelles.
Les anomalies peuvent se porter au niveau des articulations et déterminer des troubles fonctionnels variables. Les surfaces articulaires et les ligaments peuvent être atteints, soit simultanément, soit séparément. Touchant les surfaces articulaires, on a relevé l’absence d'une extrémité articulaire amenant des troubles fonctionnels consécutifs et l’impotence du membre, ou bien une ankylosé congénitale rendant impossibles certains mouvements déterminés.
Une trop grande laxilé des ligaments ou diastasis congénitale peut amener à la suite une facilité plus grande, même extrême, à la production de luxations. On a noté des déviations congénitales provoquant des troubles fonctionnels plus ou moins accusés.
On a regardé comme un stigmate de dégénérescence l’épaississement, l’empâtement s’accompagnant de raccourcissement eL de rabougrissement des extrémités. C’est principalement chez les crétins, les myxœdémateux, que l'on a signalé cette disposition.
Mais d’une façon générale, on la rencontrerait à des degrés de déformation divers et diversement exagérés dans les diverses catégories de dégénérés.
« Du côté de la peau et des appendices cutanés, Vaschide et Vurpas écrivent, qu’on a relevé certaines dispositions, que l’on a classées dans les stigmates de la dégénérescence. Ainsi, certaines taches pigmentaires de coloration variée allant du rose au rouge foncé ou au violet, ou au brun chocolat. Tels sont les divers noevi dus à des dilatations des vaisseaux capillaires superficiels ; ainsi en est-il du vitiligo, dû à des troubles pigmentaires. On a également rangé dans ces stigmates des troubles trophiques plus ou moins généralisés, et sous la dépendance de lésions, de certains organes importants pour la nutrition générale, comme la glande thyroïde, dont l'absence ou la dégénérescence provoquent ces troubles connus sous le nom de myxœdème caractérisée par un épaississement de la peau, du tissu sous-cutané, d’épaississement des lèvres, de la langue, des troubles du coté des pieds et des mains qui sont gros et courts, etc. On a fait rentrer également dans les troubles dégénératifs la polysarcie, la stéatopygie, le mélanisme, le dermalolysis, les lésions du côté de la peau comme l icbtyose. On y a également classé la sénilité précoce, ou certaines taches érectiles très étendues coincidant avec l’asphyxie locale des extrémités. »
Du côté du système pileux, qui sert à nous renseigner sur le tempérament biologique de la personne, Vaschide et Vurpas ont relevé la polytrichie , soit polytrichie généralisée, soit les hypcririchoscs loca-
îsees.
LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
L’absence complète des poils ne présente-t-elle pas une tendance vers le féminisme, de même que chez la femme la présence de la barbe, la voix fortement timbrée, le bras poilu, n’évoquent-ils pas des cas de « masculinisme » ? Chez les androgynes, la conformation anatomique de la main est admirablement révélatrice.
Du côté des ongles, Vaschide et Vurpas signalent « leur absence plus ou moins généralisée, leur atrophie, leur hypertrophie ; d’autres fois, leur minceur excessive rappelant l’état fœtal des ongles ».
« Lorsque l’on prend l’empreinte des dispositions papillaires de la pulpe des doigts et des orteils, on relève tout un système de sillons, de plis et de replis plus ou moins compliqués et enchevêtrés. Parfois, on observe que les sillons sont plus régulièrement dirigés, moins embrouillés et enchevêtrés. Cette disposition plus simple que la disposition normale a été considérée par certains auteurs comme un signe de dégénérescence ». MM. Féré et Giuffrida-Ruggeri ont consacré à ce sujet des articles particulièrement intéressants ; nous nous contentons seulement de citer ces conclusions.
Nous emprunterons au travail bien connu de MM. Magnan et Galippe la description d’un cas classique de soi-disant dégénéré physique (1). Il s’agissait d’un sujet de trente-cinq ans ayant une
(1) Magnan et Galippe, Communicat. Soc. Biol., 30 juillet 1892. — Voir aussi Magnan, in Recherches sur les centres nerveux. 2e série, 1893; G. Masson, pp. 229-242. — Vaschide et Vurpas : art. cité in Annali di Neuroloçjia, 1903, t. pp. 45-52.
hérédité, ligne maternelle, très lourde alcoolisme, accidents nerveux et cérébraux). « Les membres supérieurs mesurent 62 centimètres, ils ne peuvent pas être entièrement étendus ; les mouvements du bras sur l'épaule sont limités »... « Le bord externe du membre, au lieu d’être sensiblement rectiligne, forme un angle rentrant au niveau de l'articulation du coude... le coude est en dedans, la main est écartée en dehors ; la supination est incomplète et la face antérieure ne peut pas être portée entièrement en avant, l’extension de l’avant-bras sur le bras est incomplète et l’avant-bras reste légèrement fléchi. »
« Les deux mains offrent le même vice de conformation ; sur les deux, les doigts sont entièrement réunis (syndactylie), sauf la dernière phalange du petit doigt, restée indépendante ; dans son ensemble, la main a la forme d’une cuiller un peu profonde.
« Sur la main droite, les trois premiers métacarpiens sont apparents, le quatrième et le cinquième paraissent soudés en arrière, mais en avant, les deux têtes se distinguent nettement. Le métacarpien du pouce s’articule en avant avec la première phalange qui suit une direction rectiligne, mais la deuxième phalange, luxée sur le bord externe, s’incurve en avant pour s’appliquer au bord externe de l’indicateur qui est fléchi et légèrement incliné en dedans ; un ongle de dimension à peu près normale recouvre la deuxième phalange du pouce. Le deuxième métacarpien s'articule avec la première phalange qui suit la direction rectiligne ; la deuxième phalange est fléchie à angle droit et appliquée sur le pouce ; la troisième phalange suit la direction de la deuxième sans ligne de démar-
Les principaux sligmates cle la main des dégénérés.
Planche XXXVI
Les principaux stigmates de la main des dégénérés.
Planche XXXVII
LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
cation tranchée ; cette dernière, distincte de la deuxième phalange du pouce, est juxtaposée à celle du médius, les deux ongles de ces deux doigts sont unis par leur bord et semblent ne former qu’un seul ongle à forme angulaire, recouvrant par chaque côté de cet angle l’extrémité de la phalangette correspondante. La première phalange du troisième doigt est très allongée, oblique en bas et en dehors, la deuxième et la troisième phalanges sont incurvées en dedans et se juxtaposent aux deux dernières phalanges du deuxième doigt ; pour le quatrième doigt, on distingue bien la première phalange, mais la deuxième et la troisième sont atrophiées, dirigées en dedans à côté des phalanges du médius ; l’extrémité n'a qu’un ongle rudimentaire. Le petit doigt a sa première phalange rectiligne, la deuxième et la troisième, assez larges, paraissent soudées ; l’ongle est large comme la phalangette. Ce doigt est très mobile, et, quoique adhérent, se prête aux usages les plus variés ; le malade peut même écrire, il retient d’une façon assez adroite le porte-plume entre l’angle formé par la première et deuxième phalange du petit doigt.
« Sur la main gauche, les cinq métacarpiens sont sentis facilement sous la peau, mais les doigts réunis ont urte disposition analogue à celle du côté droit; toutefois, ils sont un peu moins ramassés, et le creux de la main est moins profond. La deuxième phalange du pouce est, comme de l’autre côté, luxée sur le bord externe et incurvée en avant, elle a un ongle distinct; les trois autres doigts ont les ongles soudés; mais la lame cornée qu’elle porte recouvre les phalangettes ; le petit doigt a un ongle indépendant. »
Les membres supérieurs des dégénérés.
N. Vaschide et Cl. Vurpas résument ainsi, dans leur tableau des troubles morphologiques, les signes physiques de la dégénérescence de la main d'un dégénéré typique (p. 56) :
Ectromélie (absence complète d’un membre). Hémimélie (absence complète du segment inf. d'un membre).
Phocomélie (absence complète d’un membre avec extrémités) .
Polydactylie.
Mégalodactylie (Friederich et Busch, Chassaignac, Broca, Trelat et Monod).
Macrodactylie (nombre plus grand des phalanges du pouce).
Ectrodactylie (diminution spontanée en nombre des doigts).
Oligodactylie (doigts non seulement très courts, mais très grêles).
Brachydactylie (diminution du nombre des phalanges). Atrophie congénitale d’un ou de plusieurs doigts. Syndactylie.
Absence d’une extrémité articulaire.
Déviations congénitales : clinodactylies.
Membres supérieurs trop courts ou trop longs ; dans ce cas envergure notablement plus grande que la taille.
Anomalies de proportions des doigts et des orteils très fréquentes chez les dégénérés (doigts trop longs ou trop courts). La brièveté de tous les doigts est plus commune dans les dégénérescences graves. Défaut de proportions d’un ou de plusieurs doigts. Déformation en crochet du petit doigt, qui rappelle celle du petit orteil.
Chez les dégénérés inférieurs, souvent les extrémités sont épaisses, empâtées.
Mégalomélie (volume excessif des membres). Oligomôlic (gracilité des membres).
Anomalie des articulations affectant soit les surfaces articulaires, soit les ligaments.
Ankylosé congénitale.
LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS
Taches pigmentaires (Noevi, Vitiligo).
« Dermatolysis.
■Z I Myxœdème.
5 • \ Polysarcie.
g "g 1 Steatopygie.
K S \ Sénilité précoce.
° u / Mélanisme.
« [ Coïncidence des taches érectiles très étendues avec
asphyxie locale des extrémités.
Ichtyose.
Absence, atrophie, anomalies de nombre.
Hypertrophie.
Minceur excessive ou état fœtal des ongles.
Fréquence de la symétrie de la disposition des lignes papillaires de la pulpe des doigts et des orteils, et la fréquence relative des dispositions les plus simples.
Nous entendons exposer dans ce chapitre les données anthropologiques concernant l’extrémité du membre supérieur, ce qui veut dire, en d’autres mots, la technique anthropométrique et les faits d’anatomie comparée classiques. Les traités d’anthropologie sont très pauvres et les recherches restent encore à faire (1). Au laboratoire de M. Manouvrier, où j’ai eu la bonne occasion d’apprendre la technique anthropologique, voilà bientôt neuf ans que je l’entends parler de la main, et je regrette que ses recherches ne soient pas encore publiées. On doit pourtant à ce savant intègre un très succinct article sur la main (2), inspiré des recherches de Broca, et on trouvera quelques renseignements dans son mémoire sur les principales proportions du corps humain (3). Il faut
(1) On peut toujours consulter avec profit pour la géométrie des formes les remarquables analyses de notre Maître et ami, M. Ch. Richet, dont nous venons de parler, à propos du canon artistique de la main (voir plus haut p. 127).
(2) L. Manouvrier, Main. (Dictionnaire des sciences anthropologiques, pp. 692-698.)
(3) L. Manouvrier, Elude sur les rapports unlhropomé-
citer les mémoires capitaux de Broca et l'article de Dally, du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales , assez documenté et auquel nous ferons de larges emprunts.
Une première question qui intéresserait l'anthropologie, c’est la définition de la main, question qui a soulevé bon nombre de discussions, qui n'auraient aucune raison d'être, d’après Broca et Manouvrier, « si l’on se plaçait au point de vue de l'anatomie pure ». « On a préféré, dit Broca cité par Manouvrier, le point de vue physiologique, et on ne l'a fait que parce que l’anatomie manquait d’élasticité et de complaisance, parce qu'elle 11e se prêtait pas aux illusions dont on avait besoin pour établir l'ordre des quadrumanes. Vico d’Azyr dépeint la main « l'extrémité terminale du membre thoracique des vertébrés supérieurs ». D'après Cuvier, la main aurait la « faculté d’opposer le pouce aux autres doigts pour saisir les plus petites choses ». Broca et d'autres anthropologistes ont montré que ni l'opposabilité ni la préhensibilité ne peuvent venir des caractères spécifiques de la main. Isidore Geoffroy la dépeint d’autre part comme il suit: « La main, dit-il, est une extrémité pourvue de doigts allongés, profondément divisés, très mobiles, très flexibles, et par suite susceptibles de saisir (1). » Broca a montré d'autre part que celte définition ne concerne pas exclusivement la main
triques en général et sur les principales propai'lions du corps. [Bull, et Mém. delà Soc. d'Anlhropol. de Paris, t. II, 3* série, 11)02, 204 p.)
(I) Isidore Geoffroy, Histoire Naturelle des règnes organiques, t . II, n°209.
humaine, mais qu’elle peut bien s’appliquer aux pieds des perroquets et des caméléons (1). Broca, à qui on doit les plus belles pages d’érudition anatomique sur la main, la dépeint ainsi : « La main est un pied modifié et devenu ainsi apte à de nouvelles fonctions ». M. Manouvrier est d’avis qu’il faut appeler la main le « segment terminal du membre thoracique sans autre distinction ». « La définition purement anatomique de la main, écrit cet auteur, est nécessairement exacte autant que générale. Elle ne suppose nullement une similitude absolue dans les fonctions, de même que la définition du cerveau s’applique à toutes les espèces pourvues d'un crâne, depuis le bas jusqu'au sommet de la série des vertébrés, bien qu’il y ait, pour le moins, autant de différence entre le cerveau d’un batracien et celui de l’homme qu’entre leurs mains (2). » Blainville appelait la main « un compas à cinq branches ».
Une toute première question à discuter est celle de voir anatomiquement en quoi la main de l’homme diffère ou s’approche de la main des autres animaux plus rapprochés de lui dans l’échelle zoologique. Broca l’a examinée dans des mémoires devenus classiques. Les points principaux seraient, d’après Broca entre autres, la direction de l’axe de la main, la pronation et la supination, la direction de l’axe de
(1) P. Broca, L’ordre de, s primates. — Parallèle anatomique de l'homme el des singes. (Soc. d' Anthropologie, 1er avril 1869. Bull. Soc. d'Anlliropologie de Paris, 1869, pp. 228-401, surtout pp. 258-323. — Bull. Soc. d’ Anthropologie, 1869, p. 295.)
Broca, Bull. Soc. Anatomique, l. XXVII, pp. 27.J-299.
(2) L. Manouvrier, Main. (Dicl. Soc. Anlhr., p. 693.)
la tête humérale, la musculature de la main, les lignes papillaires et les plis de la main, et enfin les proportions de la main.
1er Caractère. — Au point de vue de la direction de l'axe cle la main , les anthropoïdes se distinguent des singes « par le fait que la main, lorsqu’elle sert soit à la locomotion, soit à la station, ne s’appuie pas sur sa face palmaire, mais « seulement par la face dorsale de ses doigts plus ou moins fléchis ». En d’autres termes, ces animaux, comme le résume Broca, « s’appuient plus ou moins sur leurs mains », mais ne marchent pas sur leurs mains, « tandis qu’ils marchent sur leurs pieds ».
2e Caractère. — Au point de vue de la supination et de la pronation seulement, les singes anthropoïdes peuvent atteindre l’étendue de 180°, chiffre qui représente l’amplitude humaine ; les singes inférieurs ne dépassent guère l’amplitude de 90°. Chez le chimpanzé, il n'y aurait qu'un angle de 140° ; chez la mono ( cercopithecus mono) de 100°. « En résumé, dit Broca, la supination, qui n’est qûe d’un angle droit environ chez les singes inférieurs, s'élève à deux angles droits chez les anthropoïdes. Sous ce rapport, par conséquent, il n’y a pas de différence notable entre l’homme et les anthropoïdes, tandis qu’il y en a une très grande entre ceux-ci et les autres singes (1). »
3e Caractère. — Direction de l'axe de la tète de l'humérus. « La torsion intrinsèque de l'humérus chez les singes ordinaires n’est pas d’un seul angle
(1) Broca, art. cité p. 301.
droit comme chez les quadrupèdes ; chez les anthropoïdes, elle approche de deux angles droits comme chez l’homme. Par conséquent, par tous les caractères essentiels de leurs membres thoraciques, les anthropoïdes sont très voisins de l'homme, beaucoup plus voisins de lui qu'ils ne le sont non seulement des singes inférieurs, mais encore des pithéciens eux-mêmes (1) ». Dally, qui fut le traducteur de l'ouvrage de Huxley, La place de l'homme dans la nature , et dont le nom est intimement lié à la position de la question de l’étude anatomique des primates, et à qui on doit un remarquable mémoire sur L'ordre des Primates et le Transformisme , antérieur d’une année au mémoire de Broca, s’exprime ainsi dans son article du Dictionnaire des sciences médicales (2). « Citons aussi pour mémoire les recherches fondamentales de Gegenbauer, qui a déterminé à l’aide de l’appareil de Lu cas le caractère de torsion de l’humérus » (3).
« Pour ce qui est de la torsion de l’humérus, il faut se rappeler que, d’après la belle découverte de Charles Martin (4), cet os n’est qu’un fémur retourné ; en d’autres termes, pour comparer l’humérus au fémur, il faut placer 1 épitrochlée en dehors, l’épicondyle en dedans, et alors on retrouve toutes les homologies, alors le radius, qui devient l’analogue du
(1) Broca, art. cité p. 309.
(2) A. Dally, Anatomie comparée et anthropologie. — Dictionnaire Üechambre. (Main), pp. 34-49, 134.
(3) Ckgenbauer, Bull, de la Soc. d’Anlhrop., 21 mai 18G8, t. III, pp. 320-327.
(4) Charles Martin, Bull. Soc. d’Anlhrop., 1861, I. II, p. 630.
tibia se trouvera en dedans, et le cubitus, analogue du péroné, muni de son olécrâne (rotule) se trouvera en dehors ; le pouce sera, comme le gros orteil, en dedans, etc. Or, cette détorsion de l'humérus donne, pour le membre antérieur, la mesure de la modification qui s’est opérée chez les vertébrés supérieurs ; et cette mesure est approximativement représentée chez l’homme par une demi-circonférence, soit 168°. Ce chiffre décroît régulièrement des races supérieures du genre humain aux anthropoïdes jusqu'aux quadrupèdes où l’angle de torsion ne dépasse guère 9b°. Cet angle se mesure en projetant sur un plan horizontal l’axe de la tête huméral et l’axe transversal du coude. Il est évident que les conséquences de celte torsion se font sentir sur les mouvements de la main qui, pour se produire à leur façon, exigent la rotation de la tête du radius sur le condyle (1).
Broca a recherché les caractères fixes auxquels on peut reconnaître chez l’homme les membres thoraciques du membre abdominal, il a déterminé trois points qui peuvent se résumer ainsi : la main des primates sera d’autant plus semblable à celle de l’homme que les angles de torsion décrits par l’humérus sur la cavité glénoïde et par le radius sur l'épicondyle seront plus grands, et que l’axe de la main sera plus sensiblement la prolongation de l’axe de l’avant-bras.
4° Caractère. — Au point de vue du squelette , il y a une loi quasi géométrique de symétrie entre le pied et
(1) Voy. Bull, de la Soc. d’Anlhr., 1868, p. 321 et sq., cl p. 695, 1869, p. 228 et sq.
la main , comme l’a démontré excellement Foltz. Cette étude d’anatomie comparée ne nous intéresse d’ailleurs qu’indirectement, et nous renvoyons le lecteur au travail documenté de Foltz (1). Contentons-nous de dire que sur le vivant, cette configuration géométrique est plus frappante, quoique au point de vue du transformisme et de la question qui nous occupe, elle nous procure une forte dissociation fonctionnelle et de tout premier ordre. « Si les épiphyses, écrit Dally, d’un os long sont volumineuses, relativement à la diaphyse, on est à peu près assuré de trouver toutes les articulations très grosses et les extrémités très larges et très courtes ; les traits du visage semblent même participer à cette tendance, la face s’élargit souvent et le crâne est brachycéphale. Par contre, les épiphyses délicates s’associent généralement à un type élevé et à la dolichocéphalie (2). »
Selon Cuvier, le carpe compte 9 os au lieu de 8 chez tous les singes, sauf chez le chimpanzé ; l’os supplémentaire ne serait qu’un dédoublement du grand os, d’après Alix et Blainville, du scaphoïde.
5° Au point de vue des différences du système musculaire, Broca, dans son mémoire, résume ainsi l’étude des muscles de la main dans l’ordre des primates : « Parmi les muscles courts de la main, les interosseux, les lombricaux sont les mêmes chez l'homme et chez les singes ; les muscles de l’éminence thénar et de l’éminence hypolhénar du gorille
(1) Foltz, Sur l’homologie des membres pelviens el thoraciques. ( .Journal de Phgsiol. de Brown-Séquard, t. VI, 1863.)
(2) Dally, art. citép. 42.
et du chimpanzé sont bien distincts comme chez l’homme ; mais chez l’orang, ils tendent déjà à se fusionner un peu, et cette fusion se manifeste de plus chez les singes proprement dits ; quelquefois môme, la démarcation des muscles se trouve presque entièrement effacée. Ce sont les muscles longs des doigts qui présentent seuls des différences notables. Le fléchisseur propre du pouce , muscle si puissant chez l’homme, paraît, au premier abord, faire entièrement défaut chez les anthropoïdes ; mais, en réalité, il n’est qu'atrophié et fusionné avec le fléchisseur profond des doigts qui se rend à l'index.
« Chez le gorille, un tendon grêle se détache du bord externe du tendon volumineux, que le commun fléchisseur profond envoie à ce dernier doigt, et va se rendre au pouce où il remplace pour l’anatomiste, mais non pour le physiologiste, le fléchisseur propre de ce doigt. Chez le chimpanzé, ce tendon est plus grêle encore. Chez l’orang et les gibbons, il fait tout à fait défaut ; ce n'est plus le fléchisseur commun, mais un des muscles thénar, l’adducteur du pouce, qui fournit le petit tendon fléchisseur. Au point de vue de la fonction, cette disposition est plus efficace que celle qui existe chez le gorille et le chimpanzé ; mais au point de vue de la constitution anatomique, le fléchisseur du pouce de ces deux derniers singes diffère moins de celui de l'homme que de celui de l'orang et des gibbons.
« Du côté des extenseurs, aucune différence entre la main de l’homme, celle du gorille et celle du chimpanzé. On a dit que le chimpanzé noir n'avait pas d’extenseur propre de l'index, et on en a conclu que cet animal était privé de l'un des caractères les plus
nobles de la main de l’homme, celui qui fait de l'indicateur un doigt indépendant, et qui lui a valu son nom. Il faut croire que si l’extenseur propre de l’index manquait sur le chimpanzé disséqué par Froelick, c’était un fait anormal et purement individuel, car ce muscle existe et est parfaitement développé, à droite comme à gauche, sur les deux chimpanzés que je conserve dans mon laboratoire. Mais chez l’orang, les pithécicns, et probablement chez tous les primates, comme d’ailleurs chez les carnassiers, nous trouvons une disposition qui diffère entièrement du type observé chez l’homme, le gorille et les chimpanzés.
« Au lieu d'un extenseur propre de l’index et d’un extenseur propre du 5° doigt, l’orang et les singes ordinaires ont un seul muscle de ces 4 tendons, qui étend les 4 derniers doigts en sus de l’extenseur commun que nous possédons comme eux. 11 en résulte pour eux l’avantage d’avoir à chacun de ces doigts 2 tendons extenseurs, tandis que chez nous le 3° et le 4e doigts n’ont qu’un seul tendon extenseur ; mais cet avantage n’est qu’apparent ; l’index et l’auriculaire y perdent la facilité de se détacher des autres doigts parce qu’ils sont associés au 3e et au 4e doigt par la communauté de leurs muscles. La main est privée des mouvements partiels et délicats qui en font à la fois un merveilleux outil et un organe d’expression. C’est là, de l’homme aux singes ordinaires, une différence considérable ; mais le chimpanzé et le gorille se séparent ici des autres primates pour se rattacher exactement au type humain (1). »
(1) Broca, art. cité pp. 320-322.
Il serait intéressant de parcourir à ce propos les pages si lumineuses de Huxley sur la main et sur la différence anthropologique de la main des anthropoïdes et celle de l’homme, sur l'opposition du gros orteil, etc. (1).
Dans un travail sur la disposition des lignes papillaires de la main et du pied (2), Alix a signalé d’autres différences caractérisques. Chez les anthropoïdes, le pouce n’est pas aussi long que chez l'homme, et les phalanges sont arquées; elles forment à la face palmaire des gouttières où se logent les tendons. Les ongles sont plus courbés et les dernières phalanges sont sensiblement plus courtes que chez l'homme :2 . Voici ses conclusions : « Si nous résumons l'ensemble des observations que nous avons faites sur la disposition des lignes papillaires, nous voyons que, pour ce qui concerne la phalange terminale, nous trouvons chez le maki une sorte de type moyen, auquel nous pouvons rapporter les autres, cl qui en rend la conception beaucoup plus facile. Le faisceau de lignes longitudinales du maki est remplacé chez les singes par un faisceau de lignes longitudinales entouré d’ellipses complètes ou incomplètes, et chez l’homme par le sinus oblique. Les variétés que l'on voit chez l’homme n’ont pas été constatées chez les singes de l’ancien continent, tandis qu'on peut en partie les retrouver dans les singes du nouveau continent et surtout dans d’autres ordres ; ainsi les lignes
(1) Huxley, Th. II. De la place de l’homme dans la nature. Trad. Dally. Baillière, 1868; 1 vol. 368 p., VU, pp. 211-225.
(2) Ann. des Sc. liai., t. VIII, 1868. — Alix, op. cil., p. 39.
transversales existent parmi les carnassiers et les rongeurs, et le cercle parmi les didelphes.
« Les lignes des deux autres phalanges, quoique moins variables, sont cependant plus difficiles à ramener à un type commun.
« Quant au sinus de la paume, il y a un type qui rappelle celui de l’homme, sans pourtant le réaliser, et qui est commun à l’orang, aux semnopithèques et aux atèles, et un autre commun aux gorilles, aux macaques, aux cynocéphales et aux makis, type que l'on ne trouve que chez les carnassiers et les rongeurs. »
Alix a dressé un tableau qui résume les particularités sur lesquelles on peut faire porter la comparaison.
Radius et cubitus. — Saillie, forme et longueur des apophyses styloïdes. Forme des facettes articulaires. Etendue de la pronation et de la supination. Ligament triangulaire ; ses proportions, son absence.
Carpe. — Nombre, volume, forme des os. — Pisiforme: la direction et l’étendue de sa saillie en forme de talon ; sa position par rapport au pyramidal ; ses rapports avec d’autres os, avec le cubitus, avec l’os crochu, avec le 5R métacarpien. — Apophyses du scaphoïde, du pyramidal, du trapèze et de l’os crochu. Soudure de certains os et du carpe. Os surnuméraire : intermédiaire, trapèze hors de rang, etc.
Métacarpe. — Longueur, grosseur et courbure des os. Mode d’articulation avec les os du carpe. Sésamoïdes.
Doigts. — Longueur des phalanges considérées en elles-memes, considérées relativement aux autres et
à celles des autres doigts. Courbure des phalanges, gouttières de leur face palmaire. Forme de l’extrémité de la dernière phalange ; proportion relative de ses diverses parties.
Muscles et tendons. — Principalement des muscles fléchisseurs.
Vaisseaux. — La position de l’artère radiale.
Peau de la face dorsale. — Son aspect, suivant qu’elle est nue ou velue. Les callosités. Les plis. — Palmure des doigts.
Ongles. — Leur courbure, leur enroulement, leur carénure. Intermédiaires gradués depuis l'ongle jusqu’à la griffe.
Paume. — Son étendue. La quantité dont elle s’avance, soit sur les premières phalanges, soit sur le talon de la main. Ses éminences plus ou moins saillantes, plus ou moins confondues, plus ou moins séparées ; leur forme, leur étendue. Ses plis ou sillons transversaux ou longitudinaux. Ses lignes papillaires.
Face palmaire des doigts. — Plis. Pelotes. Forme du torus tactile des phalanges terminales ; position de son sommet. Lignes papillaires.
D’après Broca, la présence ou l’absence du pli palmaire unique dépendrait, chez le chimpanzé comme chez l’homme, « de la conformation du squelette et surtout de la longueur relative du second métacarpien, plutôt que du degré de perfection du mouvement d’opposition du pouce » (1).
G. Nepveu a décrit et étudié au laboratoire de Broca
(1) Broca, op. cil., p. 327.
les corpuscules de Pacini chez les primates. Guitton les avait remarqués sur les nègres et sur un singe macaque, ces corpuscules étaient à peu près semblables à ceux du nègre, moins gros, mais presque aussi nombreux (1).
Nepveu observa le blanc, le charrua, le chimpanzé ( Trogl . Niger), le moue ( Cercopith . mono.), le papion ( Cgnoc . sphinx), le sajou ( Cebus ), et au point de vue du volume, il trouva une dégradation régulière entre les trois premiers sujets (2).
D'après Alix, les plis de la main simienne vont directement d’un côté de la main à l’autre ; aucun pli ne correspond à la llexion des trois derniers doigts pendant que l'index reste étendu.
Broca a relevé sur deux chimpanzés l'existence du double pli palmaire ; Alix l'a reconnu lui-même ; un troisième n’offrait que le pli unique des singes.
« Les plis de la paume de la main ont été trop incomplètement étudiés pour que l’on puisse indiquer les différences qu ils présentent suivant les races... Leurs variations individuelles sont considérables; c’est une raison de plus pour que leur étude mérite d être poursuivie, mais elle n’a pas été faite jusqu’à présent avec un véritable esprit scientifique (3). »
Broca connaissait une dame fort distinguée chez laquelle le pli de llexion de la main était unique et continu, quoique l’opposition du pouce fut parfaite.
(1) Thèse de Paris, 1893.
(2) Obs. sur les corps de Pacini chez le singe. In Biblioth. de l’École des Hautes Études, t. I, 1870.
(3) L. Manouvrier, art. Main. ( Diclionn . des Sciences anlhropol., p. 694.)
M. Hamy a retrouvé ce fait chez un étudiant en médecine. D’autre part, le chimpanzé, pour Bp.oca, aurait quelquefois le double pli palmaire de l’homme, caractère exclusivement humain, selon Alix, d’après qui, comme nous avons vu, la ligne transversale, ligne de flexion, est unique et se tend directement du bord externe au bord interne de la main.
M. Manouvrier a présenté le moulage d’une main qu’il a fait exécuter au laboratoire d’anthropologie par M. Félix Flandinette, d’un cas de pli palmaire unique (1).
« Cette main, dit-il, appartenant à un homme adulte, membre delà société, offre cette particularité que, sur sa face palmaire, un seul pli de la peau est bien marqué. C’est un pli transversal résultant de la fusion complète des deux plis normaux correspondant aux articulations métacarpo-phalangiennes. » M. Manouvrier fait remarquer que cette disposition rappelle celle que l’on constate chez certains singes anthropoïdes. 11 ajoute que le père du sujet dont il s’agit, présente une disposition du même genre.
A la suite de cette présentation, un autre membre de la société, M. C. R..., montre sur ses propres mains une disposition semblable.
Au point de vue de cette distinction de la main humaine et de la main des anthropoïdes, il serait curieux de citer la si intéressante note de Mn,c Clémence Royer sur La force musculaire chez les nouveaux-nés. »
(1) L. Manouvrier, Pli palmaire unique. (Soc. d'Anlhropoloqie, séance du 4 février 1892, p. 62.)
Mme Clémence Royer (1) lit un article du journal Le Bcidieal, relatif à des observations faites par le docteur Robinson sur la force musculaire des nouveaux-nés.
« M. Robinson a suspendu des enfants par les mains à une barre transversale, tout en prenant les précautions nécessaires, afin que nul accident ne pût se produire.
« Et ces enfants se tenaient cramponnés, sans émotion, sans effroi, à la dite barre. Des bébés, nés depuis quelques heures à peine, ont pu rester ainsi suspendus durant 2 minutes 1 /2, et, détail très digne d’être noté, ce n'est que durant la quinzaine qui suit la naissance que cette poigne subsiste. Elle tend notablement à disparaître dès que le corps prend du poids, c'est-à-dire après la seconde semaine.
« Le plus remarquable, sans contredit, des petits sujets qui ont servi à M. Robinson pour ses expériences est certainement celui qui, d’une seule main, resta suspendu durant 5 secondes, et qui, vaincu par la fatigue, au moment de lâcher prise, se raccrocha brusquement de l’autre main.
« M. R obinson fut conduit à faire ces expériences par la lecture d’un épisode de chasse du voyageur anglais Wallace.
« Cet explorateur, au mépris de notre proche parenté avec les grands singes anthropoïdes, tua une femelle d’orang-outang. Cette femelle était mère et, quand elle tomba, elle portait son petit qui, épouvanté par
(1) Mme Clémence Royer, Force musculaire chez les nouveaux-nés. (Soc. Anlhropol . , 4 fév. 1892, p. 63.)
la détonation de l’arme et par la chute de sa mère, se cramponnait aux poils qui couvraient sa poitrine velue.
« Ce jeune orang était âgé de quelques jours à peine. Entre le chasseur vigoureux et le pauvre orphelin, une lutte acharnée s’engagea. Pas moyen de décrocher le singe dont les mignonnes mains s’agrippaient avec une vigueur invincible aux poils maternels; quand celui-ci aperçut la barbe de Wallace, il se retourna vivement et, sans hésiter, poil pour poil, il se suspendit à la barbe du meurtrier.
« Wallace ne se souciait pas de jouer avec sa barbe soyeuse, mais endolorie, le rôle de mère-singe.
« Heureusement, un de ses compagnons eut l'idée de présenter à l’orang une peau de lièvre à longs poils, et il n’en fallut pas davantage pour délivrer cette barbe humaine.
« L’exemple de la poigne développée par ce singeenfant séduisit le docteur Robinson. Il pense que si la poigne des enfants de l’homme ne persiste pas, c'est par suite d’un manque d’exercice ; mais il n'en conclut pas moins qu’il faut voir dans les résultats de ses recherches un phénomène d'atavisme très marqué. »
Alix, dans un travail de pure critique à la Société d.' Anthropologie (1), résume d'une manière précise, par ces quelques propositions, la position de la main au point de vue du transformisme : « Il est évident que ce que nous avons tous, et à première vue caractérise une main, c’est la longueur, l’indépendance et la
(11 Alix, Discussion sur la transformation. (Bull, de la Soc. d'Anlhropol. de Paris, 1869; séance du 20 niai : pp. 424-439 ; p. 436.)
forme des doigts, et, à ce point de vue, tous les singes ont des mains ; seulement ces mains diffèrent de celles de l’homme sous divers rapports.
« Les Grecs distinguaient dans la main deux parties : la main proprement dite, '/sfo, puis ce qui est opposé à la main av-i^elp, le pouce. La main humaine est remarquable par le développement de l’avTv/elp, celle du singe anthropoïde, par l’excessive réduction de cette partie. Le pouce étant moins développé que chez un macaque ou un cynocéphale, il en résulte que sous ce rapport, le macaque ou le cynocéphale est plus voisin de l’homme qu’un singe anthropoïde.
« La main de l’homme est, en outre, caractérisée par ses proportions : la paume est à peu près carrée, la longueur du doigt médius est à peu près égale à celle de la paume, le pouce atteint la moitié de la première phalange de l’index. Chez les singes anthropoïdes, la paume est plus longue que large, ce qui donne à la main une forme beaucoup plus allongée. La paume est plus large chez le gorille, mais cela tient au volume des articulations métacarpo-phalangiennes ; le carpe ne participe pas à cet excès de largeur.
« L’étude de la face palmaire de la main nous fournit d’autres considérations. La plupart des singes marchent sur la paume de la main ; ils appuient principalement sur la partie antérieure, où se trouvent des bourrelets qui recouvrent les articulations métacarpo-phalangiennes. Les singes anthropoïdes, chez qui ces bourrelets sont moins développés, se servent de leurs mains pour marcher, mais ils s’appuient sur la face dorsale des doigts : chez eux, la paume est affranchie. Chez l’homme, la main tout entière est
affranchie et ne sert plus à la marche. Sous ce rapport, il y a une série ascendante incontestable que je ne cherche pas à dissimuler.
« La paume de la main présente des plis dont quelques-uns méritent une attention spéciale. Ainsi, chez l’homme, il y a trois plis principaux : l'un qui contourne la base de l’éminence thénar et qui correspond à la flexion du pouce ; un autre qui part de l’extrémité antérieure de ce pli et qui traverse la paume d’un côté à l’autre (il indique la flexion simultanée des quatre doigts proprement dits) ; et un troisième, placé en avant du second, qui part du bord libre de l’éminence hypothénar, marche d’abord en ligne droite et se courbe pour aller se terminer entre le médius et l’indicateur. Ce dernier correspond à la flexion des trois derniers doigts, lorsque l'index reste étendu. Jusqu’ici je ne l’ai pas observé sur les singes anthropoïdes, qui, au contraire, m’ont montré deux plis parallèles traversant complètement la paume et indiquant tous les deux la flexion simultanée des quatre doigts.
« La face palmaire de la main est remarquable, en outre, par la présence de lignes ou stries formées par des séries régulières de papilles. Ne pouvant en donner ici une description complète, je me bornerai à dire que les figures décrites par les lignes papillaires établissent des différences remarquables entre l'homme et les singes anthropoïdes. »
Le perfectionnement fonctionnel peut donc causer des distinctions profondes nombreuses et diverses. C’est pourquoi, conclut Broca « dans le parallèle des hommes et des anthropoïdes, la comparaison des
organes ne montre que des différences légères, tandis que la comparaison des fonctions en révèle de beaucoup plus grandes... L’anatomie morte n’autoriserait pas cette conclusion, mais l'anatomie vivante nous permet de dire sans vain orgueil, que la famille humaine s’élève, par son organisation, à une grande distance au-dessus de celle qui en approche le plus (1) ».
Une seconde question qui intéresse de tout près l’authropologie est la proportion de Ici main.
Gaddi, dans un mémoire (que je n’ai pas pu trouver et que Dally cite vaguement) sur la supériorité de la main humaine (Modène, 1866), a dit : « qu’à la main, le pouce de l’homme s’écarte beaucoup plus que le pouce simien, tandis que le contraire est vrai pour le pied. Chez l’homme, l’axe de la main offre une longueur d’environ 0 m. 20; la proportion chez les singes par rapport à une hauteur de 1 m. 70 est comme 1 : 8. L’ouverture de la main est, à la hauteur supposée, de 1 m. 01, comme 1 : 23 ». L’ouverture n’est que de 0 m. 07. En général, la largeur de la main humaine est supérieure d’un dixième de la moitié de sa longueur ; chez les singes, elle serait inférieure d’un dixième, ce qui donne deux dixièmes de différence.
Voici la technique courante du dessin du contour de la main en anthropométrie :
« La longueur maximum de la main, écrit Topj-
(1) Broca, méra. cité p. 400.
382 chapitre vu
nard (1), en prenant soin qu’elle soit dans le même axe que l’avant-bras, et la longueur du pied ne présentent aucune difficulté. Mais il faut insister sur les points de repère intérieurs de ces deux organes. Les premiers, peu difficiles à fixer, sont les deux extrémités de la ligne oblique noduleuse qui sépare le métacarpe ou le métatarse des phalanges et des orteils. A la main, on fait fermer fortement le poing, et les deux extrémités saillantes de cette ligne se dessinent ; il n’y a plus qu’à les marquer, en vérifiant si la marque est bien placée, lorsqu’on a redressé les doigts. Au pied, on agit de même en faisant plier les orteils le plus possible. A la rigueur, on pourrait mesurer directement la longueur de ces deux lignes; à la main, il n’y aurait qu’à faire empoigner à pleine main le compas entre les deux glissières. Mais ces deux mesures se rattachent à un système particulier que je recommande, celui des contours. Soit la main. Un crayon ordinaire est fendu dans les deux tiers de sa longueur, de façon à obtenir d’un côté une surface longitudinale plate. La main est placée sur une feuille de papier, son axe passant par le médius et le dos du poignet, se continuant avec l’axe de l’avant-bras. Le crayon, perpendiculaire au papier et tenu ainsi d’une façon rigoureuse et aveugle, trace alors tout le contour et, en passant, par une secousse en dehors, marque successivement les sommets des deux apophyses slyloïdcs de l’avant-bras, le fond du premier espace interdigital, et les deux extrémités de la ligne métacarpo-phalan-
(1) Topinard, Éléments cl’ Anthropologie. Paris, 1888. — Adrien Delahaye, p. 1134.
gienne. En réunissant ces lignes, on obtient comme ci-contre une série d’éléments que l’on compare ensuite entre eux par le système des indices, la longueur de la main étant = 100. »
M. Manouvrier, dans son article « Main », conseille de calculer l'indice de la main, « c’est-à-dire le rapport de sa largeur à sa longueur = 100 ». Pour avoir le contour de la main, M. Manouvrier suit le contour de la main posée à plat, « les doigts étant rapprochés les uns des autres et le pouce dans sa position naturelle ». Le crayon doit être fendu longitudinalement et tenu verticalement. « La base de la main correspond sur ces dessins au premier pli articulaire du poignet à partir de la paume de la main. Une ligne tirée du milieu de ce pli à l'extrémité du médius mesure la longueur de la main ; la largeur est mesurée ’ sur une ligne tracée au niveau delà tète des métacarpiens (largeur maxima). » Voici ses chiffres :
Singalais
9 hommes
Long.
Larg.
Indice
5 femmes
2 enfants
Noir de Bombay
(5 ans) 16 ans
Araucans
5 hommes
2 femmes
3 enfants
Indiens Omahas . . .
9 hommes
4 femmes
2 enfants
Galibis
4 hommes
4 femmes
4 enfants
Fuégiens
1 homme
4 femmes
La longueur de la main augmente certainement si l’on prend la mesure à partir de l’apophyse styloïde du radius.
Voici quelques mesures données par les anthropologistes belges, les docteurs Quételet, Topinard, Richer, mais ne reposant que sur un petit nombre de cas.
Le docteur Topinard mesure la longueur du torse chez l’homme assis ; cette méthode est excellente sur le vivant, mais inapplicable sur le squelette.
Richer Topinard Quételet
Olécrane à naissance de la main. 14,4 » 14,4
Main 11,3 11,5 11,3
Broca a établi par des chiffres les rapports proportionnels des membres et de leurs segments. D’après cet auteur, la longueur de l’humérus étant représentée par 100, celle du radius est chez les nègres 79.40, chez les blancs 73,93. La longueur de l'avant-bras est donc plus longue chez le nègre que chez l'Européen (1).
La main de squelette la plus longue qui ait été mesurée d’après Dally (1871), est celle du géant du laboratoire de Broca qui, en réalité, était une petite main, vu sa taille osseuse s’élevant à 2 mètres; une main de nègre du Muséum qui mesure ^centimètres est longue pour une taille de 1 m. 65.
Les mesures suivantes ont été prises sur le vivant : Gillebert Diiercourt a pris les mesures sur 76 indigènes de l’Algérie (17 Berbères-Kabyles, 6 Mozabites,
(1) Broca, Bull, de la Soc. d'Anlhrop., 1862, p. 162; 1867, p. 641.
8 Arabes des villes ou Maures, 23 Arabes des tribus, 4 Kourouglis, 12 nègres, 6 Israélites) ; il a trouvé, pour la main, les longueurs moyennes suivantes en millimètres :
Kabyles : hommes, 175; femmes, 171. — Mozabites, 170. — Arabes des villes : hommes, 185 ; femmes, 174. — Arabes des tribus : hommes, 185 ; femmes, 176. — Kourouglis, 189. — Nègres : hommes, 194 ; femmes, 179. — Israélites : hommes, 182 ; femmes, 191.
En prenant deux des types algériens, le Kabyle et le nègre, abstraction des femmes et prenant comme taille moyenne les chiffres de Gillebeut qui sont de 1703 pour les Kabyles et de 1645 pour les nègres, on trouve que la taille, ramenée à 100, donne : longueur de main aux Kabyles, 10,2; aux nègres, près de 11,8. Pour une taille de 2 mètres, la longueur de la main serait de 23,6 pour le nègre et 20,4 pour le Kabyle.
Ces faits concorderaient avec les chiffres obtenus sur les 42 squelettes de la galerie d’anthropologie du Muséum par Dally.
I3oup.gap.el l a trouvé sur 12 Calédoniens adultes, une taille moyenne de 167,4 et une longueur moyenne de main de 19,3. La taille étant représentée par 100, la longueur de la main est de 11,5.
Dans un fascicule, le docteur Weisbach (2) a consigné les résultats numériques communiqués par Scherzer et Schwartz, lors d’un voyage entrepris par la frégate Novara en 1857, 1858 et 1859 : « Sur
(1) Bourgarel, Mémoires Soc. d’Anlhrop .
(2) Weisbach, Iieise (1er freçjalle Novara... Korpermessunrjen bearbeilel Weisbach , Vienne, 1867.
26 Chinois, la longueur moyenne de la main a é lé de 216 (laille moyenne, 1632) ; sur 36 indigènes de Nicobar, 213 (taille moyenne, 1757) ; 7 Haïtiens, 203 'taille moyenne, 1650) ; 4 Australiens, 209 taille moyenne, 1617). »
Les mêmes auteurs, Bourgarel, Diiercourt, Roubaud, Weisbacii, Dally, etc., donnent pour taille moyenne aux Allemands 1680 millimètres et pour longueur de main, 202 ; aux Slaves, 1678 de taille moyenne et 213 de longueur de main. Les mains les plus longues sont, selon Dally, celles d'un insulaire de l’ile Stewart qui mesuraient 265 millimètres; puis celles des Néo-Zélandais, 241 ; insulaires des îles de la Sonde, 226; Javanais, 220; indigènes de Nicobar, 214 ; Australiens, 208 ; etc.
Dans un mémoire couronné en 1869 par la Société d’anthropologie, E. Roubaud (1) a donné 18 observations sur les peuples de l’Inde méridionale : 3 Toulkou à peau jaunâtre, 9 Dravidas à peau chocolat, 6 Moundas à peau noire , considérés comme autoclithones.
La longueur de la main a été : Toulkou, 183; Dravidas, 189; Moundas, 183; la largeur de 74,83, 82. Par rapport à la taille, pour 1 mètre de hauteur, la longueur est de 113 millimètres, la largeur est de 46, 49, 51 millimètres.
Comme conclusion, la stature étant représentée par 1 mètre, la longueur de la main sera pour les races observées jusqu’à présent, savoir : Néo-Stewardiens, 148 millimètres ; Néo-Zélandais, 137 ; Sondaniens,
(1) Rol'baud, Mcm. Soc. d'Anlhrop., 1869.
136 ; Icobardiens, 131 ; Chinois, 128 ; Australiens, 124; nègres d’Algérie, 118; Néo-Calédoniens, 115; Kabyles, 102 ; Allemands, 120 ; Slaves, 127 ; Indous du Sud, 113.
La longueur relative de la main est un caractère ethnique différentiel très important, qui permet de constater dans les races humaines ou anthropoïdes à l'homme, une gradation régulière des types inférieurs aux supérieurs.
Voici quelques chiffres sur la croissance de la main d’après l’anthropologie de Topinard (1).
Membre supér.
moins la main
Main
Naissances mesure absolue, en mill. . .
2 ans —
Rapports : 30 ans à naissance (=) 100
Age où l’accroissement, a cessé
Naissance, mes. relat. Taille = 100..
15 ans —
Accroissement (+) ou diminution ( — ) progressive par rapport à la taille.
Age où le rapport à la taille devient
fixe
Accroissement à 15 ans par rapport
à 10 ans = 100
Accroissement à 20 ans par rapport
à 15 ans = 100
Accroissement total de 10 à 20 ans. .
(1) Topinard, op. cil., p. 1030. Voir
aussi
surtout
les Ira-
vaux de II UM pii ry, A trcalise un llic Ilunian
Shelelon
. Caïn-
bridge, 1858 et les recherches classa
jues de Quetk