‹ Essai sur la psychologie de la mainChapitre 28 sur 41 · LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS ET DANS LES AFFECTIONS CONGÉNITALES · texte numérisé non relu

LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS ET DANS LES AFFECTIONS CONGÉNITALES

Je détache d’un travail écrit en collaboration avec M. V urpas sur les Signes physiques de dégénérescence , publié dans les Annali di Nevrologia (fasc. I, 1903, pp. 1-73 ; pp. 29-34), ces quelques renseignements sur la main chez les dégénérés, que j’ai complétés par quelques données nouvelles.

Les membres peuvent être, selon ces auteurs et selon la conception classique de la dégénérescence, le siège d’anomalies considérées comme stigmates de dégénérescence. Il peut y avoir des vices de conformation, hypertrophie congénitale, rétraction congénitale. Les chirurgiens ont depuis longtemps songé à remédier à certaines infirmités, et les travaux de Annandale, Billrotu, Holmes, Lannelongue, Lancereaux, Dupuytren, Verneuil, Sédillot, Didot, Zeller, Lavallée, IIuguier, Velpeau, Broca, Murray, Giraldès, etc., sont trop connus par tous les chirurgiens pour qu’on les cite, ainsi que leurs procédés opératoires. Nous nous contenterons de les rappeler au lecteur.

On a signalé leur développement considérable, leur

volume excessif aussi bien clans le sens de la longueur que dans celui de la grosseur, les deux coexistant et marchant de pair, ou l’un d’eux se manifestant exclusivement sans entraîner une modification correspondante tendant, par son exagération proportionnelle, à rétablir l’équilibre détruit par une prédominence d’accroissement dans un sens donné; parfois même on révélerait plutôt une exagération en sens opposé, à savoir par exemple l’épaississement des membres accompagnant leur raccourcissement; ou bien leur allongement coïncidant avec leur état exagéré de ténuité, cette malformation est désignée sous le nom de mégcilomélie (1) ; ailleurs, on remarquera la gracilité excessive des membres s'accompagnant ou non d’allongement plus ou moins proportionnel ; c’est Yoligomélie des auteurs.

La longueur ou le raccourcissement exagéré des membres porte aussi bien sur le membre inférieur que sur le membre supérieur.

Lorsque les membres supérieurs sont trop longs, on note une envergure notablement plus grande que la taille ; elle est sensiblement plus petite si les membres sont trop courts.

La colonne vertébrale, elle aussi, peut acquérir un développement excessif par rapport aux membres. Cette disposition se manifeste à première vue à l'attention de l’observateur par l’apparence de vergetures au niveau de la région lombo-sacrée, que cette malformation paraît déterminer.

(1) Portel Antoine, Mains énormes. (Cours d’Analomie médicale, 1893, t. I, p. 14.)

LA MAIN CHEZ LES DÉGÉNÉRÉS

On cite également, écrivent Vasciiide et Vurpas,

1 ' eclromélie, ou absence plus ou moins complète d’un membre réduit à un moignon plus ou moins développé; Yhémimélie, qui consiste dans la disparition plus ou moins complète du segment inférieur d’un membre comme la main ou le pied, réduits au point d’être méconnaissables ; la pliocomélie , dans laquelle la racine et la portion supérieure d’un membre manquent ou sont réduites à des dimensions tout à fait disproportionnées, les extrémités restant normales ou à peu près ; la symélie, qui est la soudure plus ou moins complète des deux membres inférieurs portant sur des régions plus ou moins étendues et variables de leur parcours (1).

(1) Voir également sur les mains et les membres supérieurs des dégénérés et des congénitaux :

Albrecht, Ueber den morphologischen Werth iiberzahligen Finger und Zehen. ( Cenirabl . fur chirurgie, 1886.)

Alw, Recherches sur la disposition des lignes papillaires de la main el du pied. ( Annales des Sciences naturelles, 1867. Série VI, I.)

Annandale, The malformation diseuses and injuries of the fingers and loes and lheir surgirai treatment. Edimbourg, 1885.

Ambein G., Fin Fall von heredilüren Hexadactylie nebst 6 weileren Ftillen von Polijdaclylie. Basel, 1903, 2 p.

Audebert et Lassaignes, Note sur un cas de polydactylie héréditaire. ( Toulouse médicale, 1904, 21, VI, p. 128.)

Beauvais L., Observation de polydactylie. ( Gazelle des Hôpitaux, 1875, XL, VIII, pp. 379, 387.)

Bechet, Un doigt surnuméraire. [Bull. Soc. Anal, de Paris, 1851, XXXVI, p. 244.)

Bergonié, Radiographie. Cas curieux de polydactylie. ( Arch . d’électricité médicale. Bordeaux, 1900, VIII, p. 282, 1 pl.)

Bilhaut, Pouce surnuméraire de la main gauche. ( Annales de chir. el d’orlhop. Paris, 1902, XV, pp. 65, 68, 1 fig.)

Bloch A., La forme des doigts el les nodosités de Bouchard. (Assoc. Franç. pour l'Avancement des Sciences, 1889.)

On a noté également la polydactylie (Copsey, Sédillot, Ghérini, Gaillard, Gruber, Murray, Richet, Mosenghiel, Voigiit), qui consiste dans l’aug-

Blomme G., Considérations sur la polydactylie. Paris, L. Boyer, 1905, 1 vol., 46 p.

A. Blum, Chirurgie de la main. Asselin et Cie, édit., 1882. 1 vol. 207 p., chap. ier, avec fig., pp. 1-16.

Bourneville, Exemples de malformations des membres chez les dégénérés. (XIe Congrès des Médecins aliénistes el neurologistes. Limoges, 1901.)

Bouteiller, Main présentant un pouce surnuméraire. ( Bul. Soc. Anal, de Paris, 1851, XXVI, p. 297.) — Un pouce surnuméraire. (Ibid., 1881, XXVI, p. 231.)

Broca, Pouce slirnuméraire. (Bull. Soc. Chirurgie de Paris. 1860, 1, 2, 5, I, p. 544.) — Six orteils à chaque pied, six doigts à la main droite, cinq à la main gauche. Les 4e et 1er doigls de la main droite, à compter du pouce, sont palmés presque complètement. (Bull. Soc. Anal. Paris, 1849, XXIV, pp. 236-342.'

Cazal, Un cas de polydactylie héréditaire. (Toulouse médicale, 1904, 21, VI, p. 186.)

Chuouet, Cas de polydactylie. (Bull. Soc. Anal. 1876, déc., p. 608 et Progr. médical, Paris, 1877, pp. 219, lii, p. 725.)

Damourette, Vice de conformation de la main droite (2 index supplémentaires au lieu du pouce). (Arch. gènér . de méd. Paris, 1890, II, pp. 660-675.)

Dupuytren, Leçons orales, t. II.

Féré Ch., Les empreintes des doigls el des orteils. (Journ. d’Anal. el de Physiol., 1893, p. 232.)

Forli, Conlribulion à l’élude des di/formilés familiales des extrémités. Broch. 23 p. avec 5 fig., 1905.

Fort, Di/formilés congénitales cl acquises des doigls. ( Thèse d'agrégation, Paris, 1869.)

Gegenbauer, Kritisclie Bemerkurgen iiber Polydaclylie als Alavismus. (Morphol. Jahrbuch, 1880.)

Haelst A. von, Conlribulion ii l'élude de la polydaclylie. (Belgique médicale, 1902, IX, pp. 275-279.)

Cannois et Carrier, Délire mélancolique chez un dégénéré à malformations multiples. (Lyon médical, 1905.)

Levin, Ueber die analomischen Verhâllnisse überzühligcn

Page 1