TROMPES
A la naissance la trompe a déjà sa situation définitive ; elle descend verticalement ou un peu obliquement en dedans, et se trouve placée en dehors de l'ovaire et des résidus wolffiens. Son extrémité externe est encore dans la fosse iliaque, et ne contracte que progressivement ses rapports avec la glande génitale (Rieffel).
La longueur des trompes, à cette époque, est difficile à indiquer ; les ondulations de ces organes sont si accentuées, qu'elles leur donnent un aspect de tire-bouchon. Les courbures s'atténuent à la naissance, et le processus de déplissement se poursuit jusqu'à la puberté (Blumreich). C'est alors que les trompes se développent rapidement1.
Il arrive exceptionnellement chez l'adulte de trouver des trompes en tire-bouchon : cette disposition spéciale, accompagnant un utérus petit, à fond mal développé, à gros col, à parois minces, constitue un des caractères de l'infantilisme », tel que l'a décrit Freund.
II. — MODIFICATIONS DANS LE SYSTÈME GÉNITAL AU MOMENT DE LA PREMIÈRE MENSTRUATION
La première menstruation est la conséquence de l'hyperémie de tout le système génital de la femme. Elle s'accompagne de phénomènes particuliers du côté de l'ovaire.
î. Bayer. Loco cil
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Première ovulation. — L'ovulation ou ponte spontanée, est la mise en liberté de l'ovule mûr. Elle est indépendante des rapprochements sexuels. Bischoff a montré, chez la chienne et la truie, que la rupture des follicules coïncide avec la période de rut chez les animaux, et qu'elle a lieu sans qu'il y ait eu accouplement. Chez des jeunes filles nubiles et vierges, on a constaté l'existence de corps jaunes, formés consécutivement à la rupture des follicules de de Graaf.
Deux phénomènes précèdent l'ovulation, deux autres en sont la conséquence.
Les deux premiers sont : 1° la maturation et 2° la rupture de l'ovisac. Les deux derniers sont : 3° la migration de l'ovule libre, et 4° la formation du corps jaune, due à la cicatrisation du follicule.
I. Maturation du follicule. — Parmi les lo à 20 follicules qui augmentent de volume à la puberté, il en est un qui prend un développement plus considérable, et fait saillie à la surface de l'ovaire.
La paroi de la vésicule s'amincit, tandis que la tension intérieure de l'ovisac s'accroît.
II. Rupture du follicule. — La macule se rompt sur une étendue de 3 à 4 millimètres, laissant l'ovule s'écouler avec le liquide folliculaire.
III. Migration de l'ovule. — Il est recueilli par la trompe et dirigé vers l'utérus.
Suivant Halles, ce phénomène s'accomplirait grâce à l'application sur l'ovaire du pavillon de la trompe, rendue turgescente au moment de la ponte. Certains physiologistes ont pensé que l'ovule est projeté brusquement dans cet organe (Kehrer et Liégeois), ou qu'il y est entraîné par l'action de la pesanteur (Kivisch. Hyrtl, Kussmaul). Enfin Henle admet que c'est dans la gouttière, creusée sur la frange constituant le ligament tubo-ovarien, que se dirige l'ovule migrateur jusque vers l'orifice tubaire.
Dans la trompe, l'ovule est poussé par les contractions du conduit et par les cils vibratiles de l'épithélium tubaire vers l'utérus ; il y arrive douze à quatorze jours après sa sortie du follicule (Ribemont-Dessaignes).
IV. Formation des corps jaunes. — L'expulsion de l'ovule est suivie de la cicatrisation du follicule rompu et de la formation du corps jaune.
Le corps jaune provient de l'hypertrophie de la paroi conjonctive de l'ovisac (Gastel). Les cellules conjonctives se multiplient rapidement et prennent une coloration jaune, due à un pigment spécial : la lutéine.
Ces corps jaunes de la menstruation, disparaissent au bout de deux ou trois ans. Ceux de la grossesse, qui surviennent lorsque l'ovule a été fécondé, sont beaucoup plus volumineux; ils laissent une cicatrice colorée, étoilée, persistant pendant toute la vie.
Sous l'influence de l'évolution ovarienne, un système de fibres musculaires entourant l'ovaire, l'utérus, les trompes et les vaisseaux de ces organes, entre en contraction, comprime les plexus veineux, et ralentit par ce fait le cours du sang. Il en résulte une augmentation de la tension des capillaires, une stase sanguine, la congestion de l'utérus amenant la rupture des capillaires et l'apparition du flux menstruel (Rouget).
La congestion augmente du tiers ou du quart le volume de l'utérus. Le diamètre de la cavité utérine serait accru de 5 à 10 millimètres (Richet). Les fibres musculaires devenues plus rouges, prennent une consistance spongieuse. L'orifice externe du col, gros, mou et violacé, s'entr'ouvre ; l'orifice interne est légèrement béant. La muqueuse utérine s'épaissit, se colore en brun rougeatre; un élément anormal apparaît alors dans toute son étendue ; ce sont de petites cellules inflammatoires, à noyaux volumineux, occupant presque tout le corps cellulaire ; en certains points, elles forment « de petites agglomérations,
qui, sur les coupes colorées tranchent nettement sur le fond, par suite de leur affinité pour les teintures nucléaires ; ces îlots d'éléments inflammatoires sont surtout nombreux au voisinage immédiat des vaisseaux et des glandes.
Ces deux espèces de formations subissent également des modifications, peu accentuées à la vérité, cependant aisément appréciables. Les cellules glandulaires sont peu altérées, mais les lumières sont sensiblement ectasiées et occupées par du mucus et du sang ; en effet, en nombre de points il s'est produit des ruptures dans la paroi des capillaires et par ces orifices le sang s'infiltre dans toute l'épaisseur de la muqueuse.
Mais, en général, ce sont les phénomènes hémorrhagiques qui acquièrent seuls une certaine importance ; le sang contenu dans lés capillaires dilatés vient tout d'abord s'infiltrer entre les éléments voisins de la surface ; puis il s'écoule au dehors. Ce temps peut s'accomplir de deux façons : les globules rouges peuvent s'écouler directement au dehors, ou bien encore former auparavant de petites collections sanguines superficielles, qui ne tardent pas d'ailleurs à se rompre.
Le retour à l'état antérieur est assuré par la résorption et la dégénérescence pigmentaire des éléments du sang. Ces processus ont un retentissement sur la muqueuse cervicale qui est le siège d'une hypersécrétion marquée, de mucus w1.
L'ovaire semble être, à ce moment, le siège d'une sensibilité spéciale. Lipthay2 a observé une femme, n'ayant pas d'utérus, mais une double ectopie ovarieiïne ; à l'époque des règles, les ovaires donnaient une sensation