Letheby. Philosoph. Trans
saillie en avant du thorax. Les éléments fibreux et les conduits galactophores s'accroissent parallèlement, mais l'élément fibreux domine jusqu'à la première grossesse. Lors de la première menstruation, les conduits galactophores bourgeonnent, donnant naissance aux évaginations alvéolaires et aux acini (Debierre) ; mais ils n'existent encore, à cet âge, qu'à la périphérie de la glande (Landois).
Au moment où s'établit l'hémorrhagie cataméniale, les seins se tendent, deviennent quelquefois douloureux; on peut alors percevoir à la palpation, en certains points de la glande, des noyaux durs, sensibles à la pression (Barnes). Leur volume augmente parfois même d'une manière tout à fait anormale. Planz1 rapporte une observation de ce genre. Il vit une jeune fille de 14 ans, chez laquelle les deux mamelles prirent à cette époque un développement extraordinaire. A 16 ans, elle avait des seins énormes, pendant jusqu'à l'ombilic ; on sentait facilement les lobes de la glande; il n'existait aucune tumeur.
L'adiposité ne jouait aucun rôle dans ce cas dhyperplasie glandulaire de la puberté : la jeune fille ayant fait une cure, pendant laquelle elle perdit JO p. 100 du poids de son corps, conserva des mamelles aussi volumineuses.
« Les pertes menstruelles ne constituent pas une particularité exclusive de l'espèce humaine -. » La menstruation est identique au phénomène appelé rut chez les animaux. Dans toute la série des mammifères, le moment où les ovules de la femelle sont près de se détacher et d'être
1. Planz (E.). P uber tàtshyperlrophie beicler Mammœ. Cenfcralblatt fur Gyn., 1902. N° 2, p. 42.
2. Metchnikoff (Elie). Études sur la -nature humaine. Paris, 1903.
saisis par les oviductes, s'accompagne d'une fluxion de tout l'appareil génital. Les signes appréciables à l'extérieur de ces phénomènes sont : le gonflement des organes féminins, la production de mucosités, l'écoulement d'une sérosité sanguinolente ou de sang pur, et lorsque la période aiguë commence à décliner, l'excitation au rapprochement sexuel1. Chez les singes de l'ancien continent se produit de temps en temps un flux périodique, qui ressemble à l'écoulement menstruel. Heape2 a étudié ce phénomène sur 230 femelles de macaques, aux Indes ; 17 femelles ont présenté des signes de menstruation, consistant dans le gonflement des organes génitaux et un flux visqueux et blanc, coloré généralement en rose par les globules rouges du sang, mais rarement fortement coloré en rouge.
Chez les singes anthropomorphes, il existe un stade intermédiaire entre le rut des mammifères inférieurs et la menstruation de la femme. Bolau, Ehlers et Hermès, ont constaté chez le chimpanzé un flux menstruel3.
Suivant Metchnikoff, l'écoulement sanguin de la femme serait dû à des modifications survenues à une date relativement récente de l'évolution humaine. Aux temps primitifs, la femme devenait enceinte avant d'avoir eu ses premières menstrues . L'allaitement suivi de nouvelle grossesse, empêchait l'établissement des règles. Chez les Indiens Guatos, à l'embouchure du Rio-Paraguay, les femmes se marient de 5 à 8 ans ; chez les Vedas de l'Inde Méridionale, de 7 à 9 ans; elles ont des rapports avec leurs maris, avant leur maturité sexuelle. Les mêmes faits existent en Perse, d'après Chiras, en Syrie selon Robson,