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CHAPITRE IX

La transformation intellectuelle et morale qui survient au moment de la puberté, n'est pas moins importante que les changements dans la constitution physique de l'organisme.

Il existe, en effet, une union entre les différents organes, de telle sorte que des fonctions tout à fait disparates, qui semblent avoir leur autonomie propre, se prêtent souvent un appui réciproque.

La « communauté de souffrance, qui unit entre elles, deuxparties dont l'une aurait été affectée primitivement, » est d'autant plus marquée que l'une de ces parties aune influence plus grande sur le système entier. Ses relations se trouvent subordonnées à son rôle. C'est ainsi que le cerveau, organe central de la vie, qui commande à tout l'organisme, est le point principal où viennent se répercuter toutes les souffrances de l'économie *.

Or, des rapports évidents existent entre les organes de la génération et le cerveau.

Les lésions de l'utérus et de l'ovaire s'accompagnent quelquefois de troubles mentaux. On les a regardés souvent comme idiopathiques; ils dépendent en réalité des troubles génitaux (Lisfranc). Guislain a soigné une malade atteinte de descente de matrice; elle était prise de tristesse

1. Icard (S.). La Femme pendant la période menstruelle. Paris, F. Alcan, 1890, p. 3.

avec tendance au suicide, chaque fois que le col utérin se présentait à l'entrée du vagin A.

Loiseau, Azam, Mairet2 ont démontré la relation qui existe entre les lésions de l'appareil génital et le développement de la folie chez la femme.

Bail3 admet que les aberrations intellectuelles peuvent guérir avec la disparition des affections utérines. Enfin il y a de nombreuses observations de délires postopératoires, succédant à la castration ou à l'ovariotomie.

Les relations de cause à effet que des altérations pathologiques révèlent d'une manière évidente, existent à l'état normal; seulement alors, l'équilibre organique étant parfait, ces corrélations sont pour ainsi dire latentes. Il faut des circonstances spéciales, qui sans être pathologiques, modifient cependant momentanément les conditions habituelles de la vie, pour faire apparaître ces phénomènes particuliers.

La puberté, époque de transformation profonde de l'organisme, est un moment favorable pour saisir les relations qui unissent les phénomènes d'ordre génital, aux phénomènes cérébraux.

Tous les états, depuis les troubles psychiques les plus légers, jusqu'aux maladies mentales au pronostic sévère, peuvent alors s'observer.

L'hérédité, le terrain, les circonstances spéciales qui accompagnent l'évolution pubérale déterminent les cas particuliers qu'on peut rencontrer.

J'étudierai dans un chapitre spécial la pathologie mentale de la puberté; mais auparavant, j'essaierai de voir

1. Guislain. Traité sur les pkrénopalhies. Bruxelles, 1835, p. 305. Cité par Icard, loco cit., p. 7.

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