II. — ÉTATS RÉGRESSIFS
Démence précoce, hébéphrénie. — C'est vers 12 ou 14 ans, que des enfants jusqu'alors bien portants, n'ayant présenté aucune anomalie de caractère, de sentiments et d'intelligence, commencent à se sentir fatigués, à ne plus travailler1. Leurs facultés intellectuelles s'affaiblissent, toute assiduité leur devient impossible. L'enfant est grognon, tout l'ennuie. Il recherche l'isolement et se livre souvent à l'onanisme ; puis après quelques phases d'excitation, suivies de rémissions passagères, la démence augmente et le gâtisme survient sans jamais s'accompagner de paralysie.
La maladie peut évoluer sous une forme légère semblable à l'imbécillité, ou revêtir une forme grave analogue à l'idiotie, avec ou sans troubles dans le fonctionnement du système musculaire.
Ce qui domine dans la démence précoce, c'est l'absence d'attention, tandis que la mémoire est conservée.
La maladie mentale influe peu sur la santé physique du dément précoce, qui peut vivre jusqu'à un âge avancé.
1. Christian. Annales médico-psych. Cité par Voisin, loco cit., p. 74.
Paralysie générale progressive. — La paralysie générale progressive juvénile, longtemps méconnue et confondue avec l'idiotie ou la démence précoce, a pour causes étiologiques la syphilis héréditaire et l'hérédité neuropathologique. La puberté est la cause occasionnelle qui permet à la maladie d'évoluer J .
Cette paralysie analogue à celle de l'adulte, s'en distingue cependant par l'absence d'idées délirantes à forme mélancolique ou expansive, (idées de. grandeur, richesses, etc.) et par la présence d'accès fréquents paroxystiques, de fureur non motivée (Voisin).