Bodenstein. Cité par Fachatte. Loco cit., p
3. Beau. Archives générales de médecine, juillet 1836, liv. XI, p. 341.
4. Bernùtz. Cliniques sur les maladies des femmes. Paris, 1860.
Ces statistiques semblent démontrer l'action de la puberté et des périodes menstruelles, sur le développement de l'hystérie.
Je puis d'ailleurs en donner l'exemple suivant :
Observation CXXX. — Brachel. In Nature et siège de V hystérie et de l'hypochondrie, 1844, p. 132, citée par Icard, loco. cit., p. 77.
Mlle L..., réglée à 16 ans, est prise aussitôt d'une crise hystérique des plus violentes; le mariage est conseillé. Première grossesse, cessation des accidents; retour des règles, nouveaux accidents. Seconde grossesse, nouvelle suspension des accès qui reparaissent avec la première menstruation après l'accouchement.
Certaines conditions semblent favoriser particulière-, ment l'apparition de cette maladie à l'époque de la puberté. Comme la plupart des névroses l'hystérie est considérée comme une modalité de la dégénérescence. Elle reconnaît pour cause l'hérédité similaire et surtout l'hérédité transformée (Voisin). Il semble que cette affection soit deux fois plus fréquente dans les classes pauvres, que dans les classes aisées (Briquet).
Un régime alimentaire défectueux, le surmenage physique ou intellectuel, une éducation trop sévère, favorisent la maladie. Les chagrins, les inquiétudes morales, ont une action plus certaine encore sur l'apparition de l'hystérie, que les affections génitales. La cause déterminante des accidents varie. C'est tantôt un traumatisme (hystérie traumatique), une intoxication chronique (alcoolique, tabagique, hydrargyrique, ou saturnine), une maladie infectieuse (fièvre typhoïde, grippe, diphtérie), tantôt une frayeur, une vive contrariété, la mort d'une personne aimée, la vue de quelqu'un en proie à une crise hystérique. Le plus souvent c'est une influence menstruelle qui détermine les accidents.
Briquet sur 154 cas d'hystérie survenus chez des filles de 42 à 20 ans, a trouvé 52 fois cette cause première à l'origine des accidents.
La maladie se présente au moment de la puberté, soit sous la forme d'un syndrome complexe, simulant des affections organiques (coxalgies, affections médullaires, méningites, etc.), soit sous la forme psychopathique.
Les symptômes psychiques peuvent être divisés en deux groupes : ceux qui font partie intégrante de l'hystérie, ceux qui sont du domaine de la dégénérescence mentale et se combinent avec les premiers.
Le symptôme essentiel du premier groupe est le délire (Gharcot). Le délire hystérique est très variable dans ses modalités : gai, triste, furieux, religieux ou obscène, il s'entremêle d'hallucinations auditives et surtout visuelles et accompagne ordinairement l'attaque d'hystérie.
Le second groupe comprend Y état mental des hystériques et la folie hystérique.
a. État mental des hystériques. — Les hystériques ont une organisation psychique mal équilibrée ; une mobilité d'esprit excessive. La jeune fille pubère chez laquelle débute la névrose pleure ou rit sous le moindre prétexte ; bien que douée parfois d'intelligence, il lui est impossible de mener à bien une chose sérieuse. Elle a des alternatives d'excitation et de dépression ; un besoin immodéré d'occuper son entourage de sa personne. Pour cela, elle est capable de se livrer aux actes les plus pervers comme aux plus belles actions de bravoure. Elle recherche les aventures romanesques, le plus souvent pour se faire remarquer ; elle manifeste néanmoins quelquefois dans ses actes et dans ses paroles une excitation génésique réelle.
(î. Folie hystérique. — Le manque absolu d'équilibre psychique, peut conduire l'hystérique à la folie. Cette maladie se présente sous la forme maniaque, caractérisée par un délire de paroles, des éclats de voix, le besoin de tout
briser, par des hallucinations terrifiantes ou religieuses, quelquefois influencées par la menstruation, signal d'une recrudescence d'agitation, et sous la forme mélancolique . Les malades sont en proie à des scrupules, se rendent responsables de crimes qu'elles n'ont pas commis, et peuvent menacer de se suicider. D'autres accusent certaines personnes de les avoir violées. Autrefois surtout, des idées mystiques accompagnaient les idées erotiques ; c'était le diable qui possédait les malades ; on se rappelle les épidémies de Loudun (1632) et d'Aix (1609).
Enfin, le délire de persécution peut accompagner les formes de délire maniaque ou mélancolique. « Ceci explique les rémissions et les guérisons de certaines paranoïas que Ton croyait incurables » (Voisin).
Les grandes manifestations convulsives, les perversions de la sensibilité, de la contractilité, les liyperesthésies ou anesthésies, les spasmes, les modifications d'exhalation et de sécrétion (Briquet) se manifestent quelquefois à cet âge. Elles surviennent d'ordinaire plus tard; ce sont les phénomènes psychiques qui l'emportent à la puberté.
Voici quelques observations d'hystérie débutant. à cette époque.
Observation CXXXI. — In thèse de Barbier. Paris 1849. Attaques d'hystérie et délire passager débutant à la puberté.
Mlle L..., est âgée de 16 ans, elle est d'une bonne constitution, d'un tempérament lymphatique et sanguin. A l'époque de la première menstruation, le 8 octobre 1842, elle eut une frayeur très vive. Les règles qui avaient déjà coulé pendant deux jours, s'arrêtèrent immédiatement, et le lendemain se déclara un délire de quelques jours, qui reparut pendant cinq mois, deux ou trois jours avant l'écoulement des règles, et qui disparut chaque fois presque en'même temps que les règles cessèrent de couler.
Un an après, en 1843, de nouveaux accès de délire se reproduisirent pendant quatre mois dans les jours qui précédèrent l'écoulement menstruel. Enfin en octobre 1844, les accès se
renouvelèrent avec les mêmes caractères, et comme précédemment, quelques jours avant l'écoulement des règles. La famille de cette jeune personne la garda jusqu'au mois de janvier 1845. L'accès de ce mois paraissant plus grave que les précédents, fut cause qu'on la plaça à la maison de santé de Gharenton. Son entrée eut lieu le 10 et un délire violent existait déjà depuis quatre jours ; il persista jusqu'au 24. Les deux accès qui eurent lieu au commencement des mois de février et de mars ne se prolongèrent pas comme celui de janvier. Ils débutèrent avant l'apparition des menstrues et cessèrent avec l'écoulement.
Des bains antispasmodiques seulement, furent employés dans l'intervalle de ces deux derniers accès; après celui de mars, on y ajouta le valérianate de quinine. Tous ces moyens n'empêchèrent point cette malade de ressentir à la fin de ce mois de mars, toutes les souffrances qui lui annonçaient habituellement qu'elle allait avoir un nouvel accès de délire. C'étaient des lassitudes dans les membres, des douleurs dans les lombes, dans l'hypogastre, de la céphalalgie, des vertiges, des coliques, des nausées avec accélération du pouls, dont les pulsations s'élevaient de 116 à 120 par minute. Un bain d'affusion à 18° centigrades fit disparaître toutes ces souffrances. Les règles reparurent le lendemain presque sans difficulté, et l'accès de délire n'eut pas lieu.
Au mois d'avril, la nuit qui précéda l'apparition des règles, Mlle L... eut des crises hystériques caractérisées par des cris, des mouvements désordonnés des membres, sans convulsions, et par une douleur vive dans la région hypogastrique; l'écoulement menstruel mit fin à ces désordres.
Au mois de mai, la menstruation s'opéra sans aucune difficulté, et il n'y eut aucun désordre dans les fonctions cérébrales.
A la fin de ce mois on permit à la jeune fille de rentrer dans sa famille.
Observation GXXXII. — In thèse de Fachatte.
Hystérie convulsive ayant débuté à la puberté. Mort à la suite aéclampsie puerpérale, sept jours après un accouchement.
P. Marthe, 24 ans, mariée depuis un an, a une mère nerveuse, un père arthritique. Dans son enfance elle a eu des phénomènes méningitiques qui n'ont duré que quelques jours; l'enfant était extrêmement bien douée au point de vue intellectuel. Réglée à 13 ans, peu abondamment. Trois jours avant l'ap^-
parition des premières règles, attaque d'hystérie précédée d'une aura. Depuis cette époque, tremblement continuel qui, au dire des parents de la malade n'a jamais cessé jusqu'aujourd'hui. Très fréquemment, environ à une période menstruelle sur trois, la jeune fille avait dans l'un des deux ou trois jours qui précédaient ses règles, une et quelquefois deux attaques de nerfs.
Il y a eu un an la malade se maria. Son caractère s'assombrit progressivement; depuis ce moment plusieurs crises se manifestèrent les trois jours qui précèdent les trois époques menstruelles qui suivirent son mariage. Elle devient enceinte; à ce moment, elle présente les stigmates hystériques : hémianesthésie, disparition du réflexe pharyngien, vomissements incoercibles pendant toute sa grossesse, albumine dans les urines depuis le sixième mois. Cette albumine persiste malgré le régime lacté. Accouchement à terme d'un garçon bien conformé; éclampsie puerpérale et mort le septième jour qui suit l'accouchement.
Observation GXXXIII. — In thèse de Barbier. Paris 1849.
Attaques d'hystérie et de détire passager consécutifs à une, ^aménorrhée -primitive.
Mlle M..., est entrée à la maison de santé de Gharenton le 13 avril 1844. Elle est âgée de 21 ans; sa constitution est bonne; elle est d'un tempérament lymphatique.
Il n'y a pas d'aliénés dans la famille.
Dans l'enfance, pas de maladie grave, pas d'accidents et dans l'ordre des causes morales, seulement quelques contrariétés mais qui n'ont eu lieu que longtemps après le début de la maladie mentale. Dès sa première enfance, MUo M... a montré un caractère irritable et une si grande indocilité qu'il n'y a pas eu d'éducation possible. S'il faut en croire son père, ce n'était pas l'intelligence qui lui manquait, mais son caractère était indomptable et ses penchants vicieux.
Mlle M... n'a jamais été réglée; vers l'âge où les règles apparaissent ordinairement, son caractère devint plus violent, son intelligence s'obscurcit. Elle se plaignait plus souvent de céphalalgie, elle éprouva des saignements de nez fréquents, des accès de violence plus graves, accompagnés d'un égarement de la raison et de mouvements tumultueux paraissant avoir le caractère de convulsions hystériques.
M110 M..., placée alors dans une Communauté par ses parents, éprouva à peu près tous les mois, des accès ou des convulsions hystériques, précédés pendant quelques jours d'un trouble assez grave dans l'exercice des fonctions cérébrales ; impulsions violentes, mouvements irascibles, céphalalgie, insomnie, saignements de nez, etc.
Tel aurait été l'état de M1IeM... jusqu'à l'âge de 21 ans. Ayant alors atteint sa majorité et réclamant contre sa séquestration, dans la maison de refuge où ses parents l'avaient placée, elle rentra chez eux ; mais à peine de retour dans sa famille, cette jeune fille a éprouvé de violents accès d'hystérie, sa raison s'est complètement égarée. C'est alors que ses parents l'internèrent à la maison de santé de Charenton.
Cet accès dura encore quelques jours, puis la malade, en revenant à la raison se montra douce, docile, et se conforma sans difficulté à ce qu'on exigea d'elle. On appliqua à la fin du mois, des sangsues à la partie interne et supérieure des reins pour amener l'évolution des règles (quatre pendant deux jours).
Le 6 mai, on remarque chez cette malade quelques symptômes qui feraient croire au début d'un nouvel accès : défiance, un peu de taciturnité, indocilité, impatience, mouvements de colère, menaces de frapper. Un baind'affusionà 18° centigrades fait disparaître tous ces signes d'un nouvel accès.
A la fin de ce mois, état mental très satisfaisant (nouvelles applications de sangsues).
Le 14 juin. — Les règles paraissent, et les bonnes dispositions de M110 M... se maintiennent.
Le 31 juillet. — Gomme les règles étaient revenues à une époque convenable et sans amener aucun dérangement dans la santé de cette jeune fille, elle sort guérie.
Épilepsie. — C'est à la puberté, que l'épilepsie a sa plus grande fréquence, chez la jeune fille surtout. Sur 9 femmes malades, l'affection s'est développée 3 fois, de 12 à!5 ans ; 4 fois de 15 à 20 ans1.
Lawson-Tait - reconnaît également l'influence active de la crise pubérale, sur l'apparition du mal comitial, et