Christin. Loco cit., p
2. Hernandez (B.). Dyspepsie hyposthénique de la puberté, Thèse de Paris, Juillet, 1905, p. 21.
fîsent à assurer la digestion des aliments, dans les cas d'hypochlorhydrie, même lorsque celle-ci est très prononcée.
Le chimisme normal, n'est d'après Mathieu et J. Ch. Roux qu'un chiffre fictif, intermédiaire, obtenu en faisant la moyenne des chiffres fournis par un grand nombre d'examens de suc gastrique, provenant de personnes dont la digestion semble normale.
En réalité, ce chimisme est souvent variable, alors que la digestion s'accomplit normalement. Pour que la dyspepsie existe, il faut que la motilité et la sécrétion de l'estomac arrivent à être viciées. Â ce moment, il se produit toujours des modifications de la sensibilité stomacale, une hyperesthésie siégeant au niveau du creux épigastrique et correspondant au plexus solaire (J. Ch. Roux).
La dyspepsie atonique, conséquence de la viciation de la digestion stomacale, a pour cause l'altération. de la motilité et de la sensibilité de l'estomac. Cette variété de dyspepsie procéderait uniquement d'un trouble fonctionnel de l'innervation de. l'estomac (Leube). Hayem admet cependant quelle s'accompagne toujours d'un certain degré de gastrite. Boas voit là un trouble de la tonicité et de l'élasticité de la tunique musculaire de l'estomac, une myasthénie. Enfin Mathieu, sous le nom de dyspepsie sensitivo-motrice, admet les modifications de la sensibilité et de la motricité stomacales, sans exclure les modifications sécrétoires qui peuvent accompagner l'état dyspeptique. La dyspepsie hyposthénique trouve donc un terrain particulièrement favorable à son évolution au moment de la puberté. A cet âge, le système nerveux est surmené; le sang qui doit fournir les matériaux d'accroissement s'appauvrit. Le développement rapide de l'enfant stimule l'appétit, provoque souvent de la boulimie. Les aliments, mal mâchés, irritent la muqueuse de l'estomac, et déterminent l'hyposthénie de ses parois.
L'établissement de la menstruation détermine quelquefois chez des jeunes filles, qui présentent une atonie gastrique habituelle, l'apparition d'une dyspepsie hypoténique, ordinairement accompagnée de douleurs survenant peu de temps après le repas, durant autant que la digestion, et disparaissant d'ordinaire lorsque les règles sont terminées. Elles peuvent reparaître à chaque période cataméniale, sans que la malade souffre dans l'intervalle des règles, ou bien l'état dyspeptique étant devenu continu s'exaspère au moment du flux menstruel.
Les dyspepsies de la puberté diffèrent peu d'ailleurs, de celles qu'on observe dans les périodes qui précèdent ou qui suivent l'établissement de la menstruation.
Voici quelques exemples de dyspepsie hyposthénique de la puberté.
Observation GXXXVIII. — (résumée) In Thèse de Hernandez.
Jeune fille de 14 ans à hérédité névropathique. Croissance très rapide. Elle a eu ses règles, une fois, et vient consulter pour des troubles dyspeptiques assez accusés ; digestion pénible, pesanteur après le repas, constipation chronique avec tendance à l'entéro-colite muco-membraueuse.
A l'examen on trouve une légère dilatation de l'estomac ; peu de douleur au creux épigastrique ; le caecum et la corde colique sont perceptibles; le rein droit est ballottant.
Ghimisme gastrique variable.
Lorsque la malade est debout, la sangle abdominale est insuffisante.
Observation GXXXIX. — (résumée) In Thèse de Iïernandez.
Jeune fille de 15 ans, réglée depuis peu. Présente surtout des symptômes de neurasthénie: découragement, fatigue, céphalalgie, sommeil agité, difficulté de travailler.
Troubles dyspeptiques, digestion pénible, conslipation chronique. Légère viscéroptose, amaigrissement assez prononcé.
Les observations que je transcris ici, se rapportent à
des dyspepsies bénignes, forme la plus commune d'ailleurs, de cette maladie. Il arrive parfois, surtout chez les jeunes filles, que la dyspepsie revête une forme douloureuse. Les douleurs dans ce cas, ressemblentaux douleurs tardives de l'hyperchlorhydrie. Leur paroxysme revient trois ou quatre heures après le repas. Il peut cependant arriver que les malades souffrent à jeun et que l'ingestion d'aliments calme leur douleur.
Enfin, chez les sujets à antécédents héréditaires chargés, chez les neuro-arthritiques en particulier, la dyspepsie prend quelquefois une forme grave, non seulement par l'intensité des symptômes, mais aussi par leur ténacité et leur tendance aux récidives.
En résumé, la dyspepsie hyposthénique de la puberté, a pour cause habituelle la débilité congénitale du système musculaire à fibres lisses, l'atonie stomacale par tendance congénitale, un état névropathique héréditaire, encore latent à la puberté ; sous l'influence de la crise pubère, de l'établissement de la fonction menstruelle, de l'intoxication d'origine génitale par insuffisance ovarienne, dans les cas où les règles viennent difficilement1; sous l'influence aussi de la mauvaise alimentation, la dyspepsie hyposthénique fait son apparition. Son pronostic est le plus souvent bénin. Néanmoins il est utile, par une hygiène bien comprise, de prévenir les troubles qui surviennent si aisément dans l'organisme en état d'équilibre instable, à l'époque de la puberté.
DEVIATIONS DU RACHIS
Les déviations du rachis, en particulier les scolioses, sont extrêmement fréquentes entre 10 et 15 ans. La scoliose juvénile compte les 9/10 de la totalité des cas, dont les 3/4 pour la femme.