‹ Essai sur la puberté chez la femmeChapitre 167 sur 173 · II. — INFLUENCE DE LA PUBERTE SUR LES MALADIES AIGUËS · texte numérisé non relu

II. — INFLUENCE DE LA PUBERTE SUR LES MALADIES AIGUËS

L'influence de la puberté sur la marche des maladies aiguës, paraît très peu marquée. Il est certain qu'à l'époque de transition, de crise, où l'organisme subit d'importantes modifications en luttant pour rétablir l'équilibre de ses forces, Faction des influences morbides ambiantes est à redouter. Néanmoins dans la plupart des cas, les maladies aiguës évoluent normalement, sans emprunter aux circonstances spéciales dans lesquelles elles apparaissent, un caractère de gravité exceptionnelle.

La puberté n"est pas, en effet, une entité morbide, comme certains auteurs l'avaient cru. C'est un stade dans l'évolution organique ; ce stade peut être quelquefois difficile à parcourir; il ne constitue cependant pas, par luimême, un danger réel pour l'existence de l'enfant.

La période d'invasion d'une maladie infectieuse a quelquefois une action sur la première apparition des règles, ou sur la périodicité de règles déjà établies.

Obermeïer * a étudié ces faits pour la variole, et il arrive aux conclusions suivantes.

Le fait d'une époque menstruelle voisine agit en raccourcissant la période d'incubation de la variole.

1. Obermeïer (Otto). Beitrâge zur Kenntniss der Pocken. Archiv. fur. pathol. Anat., Berlin, 1873, vol. LVII.

La menstruation survient ordinairement avec le premier stade de la maladie et se poursuit jusqu'à la période d'éruption. Dans la moitié des cas, la menstruation coïncide avec l'invasion de la fièvre éruptive, ce qui semble résulter d'une modification probable de la durée de l'incubation.

Raciborski a pu constater pour d'autres maladies infectieuses, scarlatine, rougeole, typhus, les mêmes faits. Suivant Gubler, les hémorrhagies utérines du début des maladies infectieuses, ne répondraient pas à l'hémorrhagie cataméniale, mais constitueraient des hémorrhagies spéciales, dues à l'influence de la pyrexie ; ce seraient de véritables épistaxies utérines.

III. — INFLUENCE DE LA PUBERTÉ SUR LES MALADIES INFECTIEUSES CHRONIQUES

Je n'étudierai ici que les deux plus importantes de ces maladies, la syphilis et la tuberculose.

Syphilis. — L'influence de la puberté sur l'évolution de cette maladie, présente différentes modalités empruntées aux circonstances dans lesquelles s'est développée l'infection syphilitique.

Tantôt il s'agit de syphilitiques héréditaires, dont l'affection, connue depuis l'enfance, a été bien soignée; tantôt, on est en présence de malades ayant une syphilis acquise, ou de syphilitiques héréditaires qui n'ont jamais été traités.

L'enfant atteint de syphilis héréditaire, chez lequel a été pratiqué, dès le premier mois de la vie, le traitement spécifique, parcourt les phases de son développement d'une manière ralativement satisfaisante.

J'ai vu souvent, à laconsultation de l'hôpital des Enfants- Malades, ou dans le service de mon maître, M. Comby,des nourrissons cachectiques, d'aspect misérable, se trans-

former sous l'influence des frictions mercurielles quotidiennes et longtemps prolongées. Ces enfants, suivis et revus pendant plusieurs années, semblaient avoir triomphé de leur mal. Ils % avaient, en tous cas, évité ou guéri les accidents delasyphilis héréditaire précoce. Malheureusement, chez beaucoup de ces enfants surviennent, malgré tout, certains stigmates de la syphilis héréditaire tardive. Leur évolution physique est retardée ou même arrêtée; « ils grandissent doucement et ne se développent que d'une façon insuffisante, plus ou moins inférieure à la moyenne normale » (Fournier). Les jeunes filles « trompent sur leur âge » ; elles semblent être des enfants alors qu'elles sont déjà adolescentes. Chez elles, les règles n'apparaissent qu'à 17, 18 ou même 20 ans 4.

Chez les enfants présentant une syphilis acquise, et l'on sait qu'en dehors des causes génitales la contagion de cette affection est fréquente, on voit survenir quelquefois des accidents tertiaires cérébraux, très gravés, à l'époque de la puberté. Ces complications peuvent même emporter en quelques jours les jeunes malades.

Enfin, chez les sujets atteints de syphilis-héréditaire ignorée, non soignée ou insuffisamment traitée, on assiste parfois, lors de la puberté, à l'éclosion de tous les accidents qui constituent la syphilis héréditaire tardive.

Celte variété de la syphilis, se manifeste par des symptômes graves constitués, comme les lésions de la syphilis tertiaire, par un processus gommeux ou scléreux. Les lésions peuvent affecter tous les systèmes de l'économie. Leur gravité dépend surtout de leur localisation.

D'après le professeur -Fournier, les lésions qu'on observe sont par ordre de fréquence : les lésions oculaires, osseuses, les gommes cutanées, les lésions de la gorge,

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