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III. — THYMUS

Le thymus augmente de volume et de poids pendant la vie intra-utérine et dans les premiers temps qui suivent la naissance; puis il s'atrophie progressivement. Le suc thymique devient moins abondant à mesure que l'enfant avance en âge, et sa composition chimique se modifie. Sa structure subit également d'importants changements : d'abord épithélial, l'organe devient lymphoïde ; c'est un véritable ganglion, à la naissance.

Chez le chat et le chien, le thymus ne régresse qu'à la

puberté; chez l'homme, l'organe augmente sa longueur continuellement jusqu'à 25 ans, puis diminue ensuite progressivement ±.

Du 3e au 5e mois de la vie intra-utérine la longueur, de l'organe serait de 13 millimètres, le poids de 0,3 gr. A deux ans la longueur serait de 69 millimètres et le poids de 26,2 gr. A vingt-cinq ans, la longueur serait de 106.6 mm. et le poids de 21 grammes.

Le thymus arrête sa croissance entre les deuxième et quatrième années de la vie (Friedleben), mais ne commence à régresser qu'à partir de la puberté, bien qu'il continue de s'accroître en longueur après cette époque. C'est à partir du moment où les glandes génitales commencent à fonctionner que le thymus diminue de poids.

La fonction de cette glande paraît limitée à la vie embryonnaire et aux premières années de la vie extrautérine (Schedel et Flemming).

L'action du thymus sur la nutrition générale n'est pas reconnue par tous les auteurs. Garbane 2, Fischl3 n'ont vu survenir aucun trouble chez des chèvres, des chiens et des lapins privés de thymus.

Cependant Friedleben, Tarulli et Lo Monaco4 admettent que le thymus exerce une action sur la nutrition générale. Les animaux qui ont subi la thymectomie présentent souvent des anomalies du squelette, une diminution de la consistance des masses musculaires.

1. Calzolari (A.). Recherches expérimentales sur un rapport probable entre la fonction du thymus et celle des testicules. Archiv. ital. de biologie, t. XXX, année 1898, p. 71.

2. Carbane- Expériences sur l'extirpation du thymus. Giornale Acad. méd. di Torino, 1897.

3. Fischl et Lucksh. Société des médecins allemands de Prague, séances des 19 et 25 novembre 1904.

4. Tarulli etLo Monaco. Recherches expérimentales sur le thymus. Rollottino délia. R. Acad. med. di Roma. 1896-1897,

Basch1 estime que le thymus conserve, au moins un certain temps après la naissance, une fonction spécifique dont la suppression peut amener dans la nutrition générale des troubles très accentués.

Cette fonction aurait pour résultat de constituer une réserve de matériaux nutritifs (Seydel), ou de régulariser par la sécrétion interne, les échanges nutritifs (Durante).

L'hyperthymisation semble déterminer chez le chien, une déformation des côtes -, analogue à celle signalée par Bouchard chez les jeunes filles, au moment où le thymus achève de se résorber, à la puberté. Le ramollissement des os, observé par Gharrin chez les chiens nourris de thymus, est à rapprocher de l'action pathologique exercée par l'ovaire sur le tissu osseux, et déterminant l'ostéomalacie. La similitude des fonctions du thymus et des glandes génitales, a d'ailleurs été observée chez le mâle, et étudiée par Gazolari3. Cet auteur avule thymus s'atrophier plus lentement chez les animaux privés de testicules, et d'autre part, les testicules remplacer dans une certaine mesure le thymus après l'extirpation de cette glande.

L'analogie des sécrétions thymiques et ovariennes a été encore invoquée pour expliquer l'apparition de la chlorose, chez des sujets ayant une atrophie prématurée du thymus. (Blondel). Cette maladie, suivant certains auteurs, serait produite par un poison lié à la croissance. C'est la sécrétion interne de l'ovaire qui détruirait cette substance toxique (Spillmann et Etienne). On a pensé que le thymus remplaçait la glande ovarienne dans sa fonction avant la puberté, moment où elle entre en activité.

1. Basch. Société des médecins allemands de Prague. Séances des 19 et 2o novembre, 1904.

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