GO TRAVAIL MUSCULAIRE
L'influence de cette expérience se fait sentir pendant quatre jours.
On se rend aisément compte de ce qui s'est passé. Les combustions du muscle à l'état de contraction sont bien plus vives qu'à l'état de repos. Cl. Bernard etBrown- Séquard ont vu que le sang- en retour des muscles vivement excités est noir et chargé d'acide carbonique. 11 se produit aussi, par un travail prolongé des muscles, divers autres acides, et spécialement de l'acide sarcolactique. Le suc musculaire alcalin à l'état normal devient acide par la fatigue musculaire ; à cet état il ne peut plus remplir ses fonctions, la mjosine et la sjntonine se coagulent.
Nous avons bien observé ces faits, mes amis et moi, nous ne saurions les oublier.
Nous n'avions ressenti, jusqu'à 5 kilomètres avant de nous arrêter, qu'une raideur un peu douloureuse, mais supportable des muscles des mollets et des cuisses. Mais plus tard, les muscles du bras ont été pris à leur tour ; tous nos muscles étaient douloureux, durs comme à l'état de contraction. Les articulations ne jouaient que difficilement, nous ne faisions plus que des pas excessivement petits. Les muscles du bras étaient rétractés, l'avant bras dans la flexion, les mouvements provoqués nous arrachaient des cris.
L'acidité de l'urine si élevée le lendemain de la course tient certainement à l'élimination de l'acide sarcolactique et des autres acides formés par le travail musculaire. Cette élimination se continue jusqu'au quatrième jour. Nous ferons une courte digression dans le domaine thérapeutique. Le fait que la fatiguo musculaire provient de
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l'acidité du suc musculaire paraissant démontré, puisqu'on peut la produire instantanément par une injection d'acide lactique dans le tissu du muscle, on se demande naturellement s'il ne serait pas indiqué de neutraliser l'acide par les alcalins, le bicarbonate de soude, par exemple, qui agit rapidement. Nous nous étions proposé de faire cette expérience, nous regrettons beaucoup de ne l'avoir pas faite.
Voici ce que nous avons trouvé dans les auteurs à propos de l'influence musculaire sur l'acidité de l'urine. Bjasson a observé sur lui-même une acidité correspondant à 0 gr. 30 de potasse, tandis qu'il n'avait que 0 gr. 1 1 dans le repos au lit. Kliipfel a également trouvé une augmentation de l'acidité après le travail musculaire.
Savi'icki n'a pu constater un résultat appréciable. Robin va plus loin ; d'après lui il existe une cause d'alcales cence des urines par les alcalis fixés, indépendante de l'alimentation, cette alcalescence apparaît par exemple à la suite d'exercices violents. Il en est de même pour Légué.