‹ Essai sur la réaction de l'urineChapitre 3 sur 37 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Nous croyons utile, avant d'entrer en matière, de rappeler les essais tentés par divers expérimentateurs sur la réaction des urines.

Quatre ou cinq noms se rattachent à cette étude. Delavaud, en 1851, présente à la Société de Biologie un Mémoire intitulé : Recherches sur les variations de V acidité de V urine aux différentes émissions du jour. Plongeant un papier de tournesol sensible dans l'urine à diverses périodes de la journée, il constate que les repas augmentent l'acidité et que l'urine est neutre ou alcaline chez lui-même de six heures du matin à onze heures. Il croit qu'il existe un minimum d'acidité à onze heures du soir. Les observations de Delavaud sont in complètes et très approximatives.

M. Byasson, en 1872 (Etudes sur les causes de la réaction acide de V urine normale chez V homme, et de ses variations), trouve l'urine très acide après le sommeil. L'urine de la matinée, d'après lui, serait moins acide. L'urine d'après le repas serait neutre ou peu acide.

Bence Jones, cité par Golding Bird, dit également que l'urine est neutre ou alcaline après les repas. 11 pense que l'acidité est uniforme pendant l'abstinence, Nisseron (thèse de Paris, 1869) reconnaît l'urine alcaline pendant l'abstinence.

Après le travail musculaire, Byasson trouve l'acidité de l'urine augmentée. Kliipfell (Med. chem. Untersuchungen herausgegehen, v. Hoppe Seyler; Heft 3j, comparant trois jours de repos à trois jours d'exercice musculaire, a également rencontré dans ce dernier cas une augmentation d'acidité notable. Sawicki n'a trouvé aucune influence appréciable pour le travail musculaire. Ch. Robin dit que les exercices violents rendent l'urine alcaline par les alcalis fixes. Il en est de même pour Légué.

Andral et Ch. Robin disent que l'urine est plus acide après la diaphorèse.

Après le bain, l'urine serait alcaline, d'après Homolle (Union médicale, 1853), Hébert et Ch. Robin.

Au point de vue de l'action médicamenteuse, on a expérimenté les acides et les sels alcalins, surtout Vohler, Ralfe (Lancet, 1878).

Bence Jones prétend que le sesquicarbonate à haute dose augmente l'acidité de l'urine, ce que Beneke avait annoncé en 1854 pour le bicarbonate de soude.

Ralfe croit remarquer que, donnés une heure avant

chacun des deux repas, 3 grammes de bicarbonate de potasse diminuent l'acidité de l'urine, mais l'augmentent le lendemain. Si le bicarbonate de potasse est pris après le repas, l'acidité diminue le lendemain.

L'urine serait alcaline dans certains troubles de l'innervation, dans la chlorose (Icery, thèse de Paris, 1854). D'après Gubler, l'urine de la convalescence serait alcaline.

La plupart des auteurs s'accordent à reconnaître que dans les maladies aiguës l'acidité relative serait augmentée, tandis que l'acidité totale des 24 heures serait diminuée. (Armand Gautier, Traité de chimie appliquée à la physiologie et à V hygiène, p. 352.)

Dans les quelques lignes qui précèdent nous avons passé en revue les opinions variables, souvent contradictoires, émises par les auteurs sur la réaction de l'urine dans les divers états de l'organisme. Nous n'avons pas insisté longuement et surtout nous nous sommes gardé de formuler une appréciation, nous réservant, après l'exposé de nos expériences, défaire les critiques qui nous paraissent fondées. Pour l'instant, nous nous bornons à faire toucher du doigt le caractère incomplet des renseignements que la science possède sur la réaction des urines, et les contradictions souvent frappantes qui subsistent entre les auteurs, afin de démontrer que de nouvelles expériences étaient nécessaires. Nous les avons tentées. Puissions-nous avoir contribué pour une part tant faible soit- elle aux progrès de la science !

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