INTRODUCTION
Un accident des plus redoutables, qui survient dans la maladie de Bright, est l’urémie. Sous ce nom, les auteurs ont décrit différents troubles morbides, résultant d’une même cause : l'insuffisance de la fonction urinaire. Ce sont tantôt des accidents nerveux, tantôt des symptômes gastro-intestinaux, tantôt des phénomènes respiratoires.
De là, les diverses formes de l’urémie. Les causes de cette insuffisance sont variées. Mais que le point de départ de la maladie de Bright soit le rein, ou un obstacle mécanique apporté au cours de l’urine par la compression et l’obstruction de l’uretère, ou l’impuissance de la vessie à éliminer l’urine, ou bien encore un rétrécissement de l’urèthre, ou encore l’élimination de substances toxiques et irritantes, toujours le résultat est le même : « insuffisance de l’urination. »
Il devenait intéressant, au pomt de vue clinique,
LOTO es
de rechercher si à telle forme de l’urémie ne correspondait pas telle cause; en un mot, de faire le jour sur les relations causales de ces différents symptômes.
C'est là une vue qui nous a été suggérée par notre éminent maître, M. le professeur Lépine. Qu'il veuille bien accepter l'hommage de cette thèse. En la lui dédiant, je ne fais que lui exprimer bien faiblement ma profonde et sincère reconnaissance pour ses bontés, et mon admiration pour ses savantes lecons.
Notre travail comprendra trois chapitres: dans le premier, j'étudierai la forme de l’urémie survenue : à la suite des modifications subies par le rein sous l'influence d’un obstacle, à l'écoulement de l’urine ; dans le second, celle qui reconnaît pour cause la néphrite scarlatimeuse ; dans le troisième, celle que l’on rencontre dans le rein saturnin et dans le rem goutteux.
Je dois à l’obligeance de M. le professeur Perroud la communication de trois observations d’urémie survenues à la suite de scarlatine. Je lui adresse ici mes sincères et respectueux remerciments.