PRÉFACE
L'étude que j'ai l'honneur de vous présenter est plutôt le fruit de mes réflexions et de mes études personnelles qu'un de ces longs travaux de compilation et d'érudition soumis d'ordinaire à vos suffrages.
Certes j'aurais pu, au milieu des ouvrages très nombreux qui traitent de l'intelligence et de la volonté en droit pénal, glaner par ci, par là, de fort belles choses. En les réunissant les unes aux autres, j'aurais constitué, avec la fortune d'autrui, un trésor très honorable et j'aurais pu paraître un jurisconsulte et un philosophe très distingué.
Je n'ai pas voulu agir ainsi. Lorsque mon excellent et savant ami, M. Bonneville, m'a indiqué
il y a bientôt dix ans — le sujet que je présente aujourd'hui avec la fidélité de son souvenir, je lui ai déclaré que je voulais tout tirer de mon propre fonds, soit par l'analyse, soit par le raisonnement, soit par mon expérience personnelle.
J'ai été fidèle à cette résolution. Tous les actes psychologiques pénaux que j'ai rencontrés dans ma carrière d'avocat, je les ai analysés. Tous les multiples faits divers
des journaux judiciaires ont été scrutés par moi avec l'attention la plus méticuleuse. Et au bout de cette longue période de dix années d'expérience personnelle, soit sur mes clients, soit sur les clients d'autrui, je me suis formé l'opinion, la théorie que je vais essayer de développer dans cette thèse.
J'ai beaucoup réfléchi. Cet ouvrage, modeste, n'est pas le résultat hâtif d'un surchauffage d’écolier. J'ai surtout désiré m'instruire, en y travaillant.
Il sera le couronnement de mes études juridiques... Et si je me suis si longuement attardé à fréquenter l'Université de Dijon — au cours de ma carrière d'avocat d'assises — c'est que je ne pouvais me séparer volonüers des éminents professeurs qui la composent, ayant toujours à profiter de leurs doctes enseignements.
Josepn PERRAULT,
Avocat à la Cour.
DASJUIRATO OS