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quelques acquittements faciles, dans plusieurs autres de ces cas. Mais nous n'avons jamais songé, bien qu'ils soient évidemment passionnels, à invoquer la passion et le déterminisme psychologique, pour prétendre que la volonté de ces diverses personnes n'avait pas existé, que leur activité n'avait pas été libre et qu'elles n'avaient aucune
responsabilité.
Mais alors, nous direz-vous, qu'avez-vous donc invoqué ?
Nous nous sommes borné à montrer la faiblesse de la nature humaine, en présence des mobiles passionnels. Nous n'avons jamais dit qu'on ne pouvait pas s’y soustraire, mais nous avons excité la pitié des juges, nous avons insisté sur ce que notre nature avait de conforme à ces mobiles, et nous avons flétri, avec la plus énergique indignation, les lâches et les infâmes séducteurs qui s'étaient servi de cette conformité.
Sans doute, le coupable était responsable, mais cette responsabilité était atténuée, dans une large mesure. Les hommes doivent avoir pitié des faiblesses de la nature humaine. Aussi, sans être déterministe, peut-on arriver à obtenir qu'un accusé, après plusieurs mois de prévention, soit
déclaré « non-coupable » par le jury, d’un crime
méritant le bagne ou l’échafaud, alors qu'on ne pense pas à nier sa responsabilité.
Il y a, dans ces procès multiples et leurs analogues, sinon une cause, un mobile, un motif déterminant, du moins quelque chose qui y ressemble beaucoup. Et jusqu’à un certain point on peut comprendre, qu’à la suite d’une analyse superficielle, on nie, dans tous ces cas, l'existence de la volonté libre. Ainsi, par exemple, nous avons rencontré, dans un procès d’une particularité très singulière, que nous reproduisons d’après un journal qui en a donné l’aperçu, un cas très caractéristique (1).
Dans un crime passionnel de la sorte, les déterministes ont beau jeu : la preuve que les motifs sont déterminants et que la volonté n'intervient pas dans l'acte, c'est que, quand l'intelligence prend conscience et délibère, quand la volonté intervient, elle arrête l’activité qui s’est fatalement produite. La fille vitriolise fatalement, sous l'empire d'une passion qui la détermine. Et cela
est si vrai, que lorsqu'elle délibère, lorsque sa
(1) Voir Annexe n°9, Il s’agit d'une vitrioleuse qui cesse brusquement de commettre son crime, aussitôt qu’elle peut réfléchir et reprendre possession d'elle-même.