‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 137 sur 224 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons jusqu'ici étudié la rhétorique grecque extérieurement, dans son histoire. 11 nous reste maintenant à pénétrer dans son contenu, je veux dire dans le détail de ses observations et de ses préceptes. Rien ne serait plus facile, si les lÉ/va; antérieures à Aristote n'avaient toutes péri. (Chaque rhéteur de ce temps avait publié la sienne, où il donnait un résumé de sa doctrine. Il suffirait donc de compiler ces traités pour avoir ainsi une vue d'ensemble des inventions de la rhétorique au cinquième et au quatrième siècles. C'est le travail qu'avait fait Aristote dans sa S'jvavwYf, te/viôv. « Tous les an- « ciens rhéteurs, dit Cicéron, depuis Tisias, le premier « de tous et l'inventeur de l'art, ont été rassemblés en un « seul corps par Aristote ; il recueillit avec le plus grand « soin, sous le nom de chacun d'eux, les préceptes qui « leur appartenaient, les exposa avec netteté, les éclair- « cit par d'excellentes explications; et il a sur ces au- « teurs eux-mêmes un tel avantage par l'élégance et la « précision de son style, que personne ne va plus cher- « cher leurs leçons dans leurs propres écrits, et que « tous ceux qui en veulent prendre quelque connais- « sance s'adressent à Aristote, comme à un interprète « qu'on entend plus aisément'. » Mais, de même que les traités qu'elle analysait, cette Som))ie d'.\ristote s'est perdue à son tour. Faute de ces secours, c'est donc in-

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