‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 174 sur 224 · Quintilien, III · texte numérisé non relu

Quintilien, III

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aux frontières mêmes de l'époque classique, si nous n'y pénétrons pas tout à fait. Et la chose peut être plus ancienne encore que le nom. 2" Nous connaissons par Aristote le contenu des manuels de Pamphilos et de Callippos, deux autres rhéteurs du quatrième siècle. Ils y avaient étudié les causes qui poussent l'homme à l'ac- ,tion ou qui l'en détournent : pour accuser, disaient-ils, il faut prouver que la chose était possible, aisée, avantageuse à l'accusé, ou du moins que le profit à en retirer était plus grand que la peine; pour se défendre, l'accusé développera les considérations contraires '. Or n'avonsnous pas vu plus haut que cette discussion des mobiles moraux ou des circonstances matérielles constituait précisément presque tout l'état de conjecture?

En résumé donc, si la théorie des états de cause n'a été formulée avec rigueur qu'à une époque récente, il est certain en revanche que tout ce qu'elle contient d'utile et de pratique, — savoir les principales positions que peut prendre toute accusation et toute défense, et la série des arguments par lesquels on peut soutenir ou attaquer chaque position, — tout cela était connu et enseigné dès le cinquième siècle. Et qu'on ne s'en étonne pas, puisque la division en états était depuis Dracon le fondement même de la procédure criminelle à Athènes. En matière d'homicide en eflfet, c'était de la détermination préalable de Vétat que dépendait le choix du tribunal. Imaginez un .Athénien accusé de meurtre prémédité. Ou bien il niait {étal de conjecture), et le jugement revenait de droit à l'Aréopage. Ou bien il ne se reconnaissait coupable que de meurtre non prémédité {état de définition); et l'affaire ressortissait du Palladion. Ou bien enfin il objectait qu'il avait eu le droit de tuer

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