IV^nioslMnp, C. Thifocrinès
« chien du peuple' », donnant à entendre qu'il aboyait et faisait la garde autour de la démocratie et des lois. Pourtant l'intérêt de l'État était leur moindre souci. Les poursuites qu'intentait de préférence le sycophante étaient celles où une part des biens du condamné revenait à l'accusateur (par exemple, l'àTCypaîp'f,)*. Ses victimes désignées étaient les citoyens riches et d'humeur timide (lE ir.pi'^ij.c'/ic; y.a'i TrXiuatot). Il les menaçait de quelque procès, tout prêt, du reste, à vendre son désistement^. D'ordinaire ce calcul odieux réussissait; les innocents mêmes transigeaient, trop heureux d'éviter l'incertitude et les mille tracas d'un procès^. Le chantage, comme on le voit, n'est pas une industrie moderne. Les sycophantes tenaient Athènes sous le régime des suspects. Qu'on en juge par le cas du riche Nicias : « 11 donnait à tous ceux qui le menaçaient...; sa timidité était un revenu pour les méchants... Telle était sa crainte des sycophantes qu'il n'acceptait d'invitation chez aucun de ses concitoyens, qu'il ne se mêlait à aucune société, à aucune réunion d'amis'. » Ces coquins étant légion,