Andocide, Mystères
représente les victimes des Trente, et parmi elles son frère, écoutant les débats et prenant intérêt à la sentence qui va être prononcée '. De même dans le plaidoyer Contre Macarlatos le pseudo-Démosthène montre les mânes des ancêtres, mêlant leurs instances à celles de leur petit-fils'. Plus hardiment encore Lycurgue prête aux objets inanimés, à la terre Attique, à ses arbres, ses ports, ses arsenaux, ses remparts, ses vaisseaux et ses temples, des supplications contre l'accusé' : prosopopée que Dinarque a plagiée dans son accusation Contre Démosthène, mais en la gâtant par beaucoup de pathos*.
Même l'exhortation traditionnelle aux juges de rester fidèles aux lois et à leur serment peut aussi être vivifiée par la prosopopée : « Lorsque Midias, tenant ses petits enfants par la main, vous demandera par égard pour eux de le renvoyer absous, alors figurez-vous qu'ayant moi-même à mes côtés les Lois et votre Serment, je vous prie et vous supplie de ne point les trahir par votre vote » (Démosthène, C. Midias, i88). Une personnification des lois, toute semblable, se lit aussi dans l'épilogue du discours du pseudo-Démosthène Contre Néèra ^
Enfin il n'y a' pas jusqu'à l'appel aux synégores, qui ne se transforme chez P^schine en une brillante prosopopée, où l'orateur invoque à son aide contre Démosthène les grands citoyens du temps passé : Solon, Aristide, Thémistocle, les morts de Marathon et de Platée''.
Il semble donc que l'emploi de cette figure fût de tradition à la fin du discours. Mais comme on est loin des