‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 6 sur 224 · Cicéron, Bi-ulus, M'i · texte numérisé non relu

Cicéron, Bi-ulus, M'i

n'a vu Sicilien en si mauvaise posture qu'il ne trouvât quelque trait plaisant et inT;énieux'. » Entre toutes les parties de l'art oratoire, il y en avait une surtout, beaucoup plus prisée à la tribune antique que chez nous, où les Siciliens excellaient d'instinct et sans étude : c'est l'action. Il courait mê:"ne à ce propos dans l'antiquité une légende bizarre. On racontait que, par un raffinement subtil de cruauté, Hiéron, tyran de Syracuse, avait interdit à ses sujets l'usage de la parole, et que de l'obligation de communiquer par signes leur était venue cette merveilleuse habileté dans la mimique^. Par cet ensemble d'aptitudes le peuple sicilien était donc particulièrement prédisposé à l'éloquence.

Mais il y fut porté aussi par les circonstances politiques. Aristote, dans un ouvrage aujourd'hui perdu, probable Tient dans sa SuvavwYY) te/^vûv, rattachait la naissance de la rhétorique aux innombrabips prnrps en reveniication qui éclatèrent en Sicile a£)rès__rexpulsion des tyrans. Ce bref renseignement nous a été transmis accidentellement par Cicéron 3 ; il a besoin d'être éclairci. Heureusement sur les révolutions auxquelles fait allusion Aristote, sur leurs causes et leurs effets, Hérodote, et surtout DioJore, en dépit de son habituelle sécheresse, nous ont conservé de précieuses indications •. On

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