rsocrate, A nlidosis. 'i
mais aussi des termes étrangers, des néologismes et des métaphores, et, ne négligeant aucun moyen, relève de mille figures variées sa poésie. Le prosateur n'a aucune de ces ressources; force lui est de s'exprimer avec brièveté, de se borner aux termes de la langue commune et aux pensées propres à son sujet. De plus, le poète a pour lui la mesure et le rythme, qui manquent l'une et l'autre aux écrivains en prose : or tel en est le charme, qu'y eût-il. morne à reprendre au style et aux pensées, la mesure et le rythme sut'lisent pour séduire l'auditoire... Mais, malgré tous ces avantages de la poésie, il ne faut pas balancer; faisons l'essai de la prose, voyons si elle n'est pas capable, tout aussi bien que le chant et la mesure, de célébrer la vertu des hommes'. » Voilà des idées qu'à coup sûr Gorgias avait eues avant Isocratc. Toute la théorie de l'éloquence épidictique y est en efk't C(;ntenue.
Mais il est temps de revenir à l'objet propre de ce chapitre, qui est la création de la prose savante, et de montrer par quels biais les observations précédentes s'y rattachent. Qu'avons-nous établi jusqu'ici? Que l'ambition de Gorgias avait été d'ériger son art en rival de celui d'un Simonide et d'un Pindare; — que, pour lutter avec plus d'avantages contre les lyriques, il leur avait dérobé leurs sujets, leurs plans, leurs lieux communs mêmes; — qu'en un point essentiel pourtant, l'absence du mètre et de la musique, subsistait aux yeux mêmes des prosateurs épidictiques l'infériorité de leur art.
La dernière observation est capitale, car elle nous révèle le bot^ commun de^ja plupart des innovatfons de (îorgias en fait de style. Ce but, c'était de compenser en quelque mesure la perte du mètre et de l'accompagne-