‹ Essai sur la rhétorique grecque avant AristoteChapitre 66 sur 224 · Platon, Phèdre, 230 C · texte numérisé non relu

Platon, Phèdre, 230 C

Lysis, dit Ctésippos, raillant la passion de son ami Hippothalès. Il nous assassine devers et de prose. Et ce qu'il y a de plaisant, c'est qu'il ne trouve rien autre chose à dire que ce qui se chante par toute la ville sur Démocrates et Lvsis, père et grand-père de son bien-aimé, et sur tous ses aïeux, sur leurs richesses, leurs chevaux, leurs victoires isthmiques, néméennes et pythiques aux courses de chars et de chevaux : voilà ce dont il nous rebat les oreilles en prose et en vers, sans compter mainte autre histoire plus vieille encore. L'autre jour c'était la visite d'Héraclès qu'il nous racontait dans un

poème, comment leur ancêtre reçut ce héros Voilà,

Socrate, ce qu'il nous condamne à entendre soit en poésie, soit en prose '. » Inutile d'ajouter d'autres exemples. Au total, on définirait donc fort exactement les diverses variétés de l'éloquence épidictique en les appelant des encômia en prose.

De cette filiation de l'éloquence d'apparat le plus illustre des disciples de Gorgias, Isocrate, avait encore pleine conscience. Il aime en effet à comparer son art à celui des Ivriques. Dans VAtitidose ne déclare-t-il pas que ses discours ont plus de ressemblance avec les compositions r\thmiques et musicales (-su i/sri \i.zuz:-/.f,i /.a.': puOiJ.(iv r£7::'.r,|j.îv;iç) qu'avec les plaidoyers, ajoutant qu'ils ne procurent pas moins de plaisir à ceux qui les entendent que la poésie elle-même". Plus explicite encore est le parallèle qu'il établit au début de son Evagoras entre les encômia en prose et les encômia en vers. « .le sais que c'est une tâche diflicile que de louer en prose la vertu

d'un homme Mille ornements sont sous la main du

poète ; il dispose non seulement des mots usuels.

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