Arislotf, liluHorique. 11], 1. p. l'itl'i A
'ï. fmatîiiiL'Z une tirade quelconque de trunètres tragiques déliDuillée du mètre ; <iue restera-t-il, sinon une série de cota d'é^jale iHendue, en d'autres ternies de parisa ? — Je prends ù dessein pour exemple le triniètre tragi({ne, jiarce que, les substitutions de pieds y étant fort rares, le nomlire des syllabes y reste à peu près constant. Sur les cinipianto premiers vers de l'Aniigone, par exemple, quaranto-ein([ ont douze syllabes. 11 est assez vraisemhlable, du reste, (jue c'est le trimètre tragique qui a suggéré ii ciorgias l'idée du ;:âpi3ov. Ce n'est pas le seul point, on le verra par la suite, où nous constations l'influence du style des tragiquei* stu' la prose de (iorgias.
giques. Cf. KrOger, Griechische Sprachlehre, II, % 47, lo, Anm. 2.
b) Tous ces artifices harmoniques que nous avons énumérés plus haut. Entre autres le redoublement, la paronomasie, V homœoteleuton et la paréchèse sont de très vieilles choses dans la poésie grecque, aussi vieilles que cette poésie môme. C'est ce qu'il importe de mettre en lumière.
Le scoliaste d'Homère, Eustathe, s'est appliqué à relever dans l'Iliade et l'Odyssée toutes les figures à la façon de Gorgias. Bien que ce travail dénote plus de zèle que de critique, il en appert pourtant que dès l'époque primitive l'esprit grec s'amusait volontiers à ces menus artifices de style. Exemple : Iliade, XI, 216 : sTpùvîiv, -/.aptûvïiv, ip-6v£'.v'. — Ibid., XIII, i3o-i3i : çpaçavTE; cipu Ssupi, oây.iç siy.sï xpsOî/.'JiJ.vio. | 'As-'ç âp' àc-;o' IpeiSs , •/.ipuç ■/.iç,\i'i^ x^eçia o'àvr,p. Etc.
Mais le fait est plus frappant encore chez Hésiode. Peut-être les proverbes populaires, avec leurs rimes et leurs allitérations instinctives, lui ont-ils servi de modèle. Exemple : Travaux et Jours, v. 5 sq.
péa ij.kv '(àp 3 ?'•»£'., p£x Sk fj p '. g ; vt g yjx/.ir.-ti, p;Ta c' ip'.Zr^'/.o') [j.'.vjfi£'. y.ai à£r,"/.;v àéÇs'., pet a ce t'îOùvei cy.:/,'.cv y.a\ àyriVipa y.àpçjt.
Quadruple répétition de pia (psTa) , redoublement de Ppiocît et Ppiàcvxa, quintuple homœoteleuton formé par la
1. Eustathe, ad Iliad., A, 216, 808, 839. — Cf. Nieschke, Be Thucydide Antiphonlis discipulo et Hoineri imilalore (l'rogr. Miinclen, 1885). L'auteur rapporte l'usage des figures chez Anliphon et Thucj'dide à l'imitation d'Homère plutôt que de Gorgias. C'est là un paradoxe insoutenable.
— 9^ — finale — si, antithèse avec paronomasie de ip'Xfilvt et de
y.7.'. v.zpx ') £ J ; '/.-.^ 1- \i- 1 '. -/.OT £ ; '. y.at T;/.Tiv'. •cey.Tuv, y.al zTdJ/b; ~Tii)/(o g-O^viî'. y.al à 1 1 1 b ; à ; '. c (o . Tit; o'r|V ■/ i'/.Y.toL \j.ï'/ TîJ/ïi, y i'KY.iz: Si •:£ îTxîi, y g/.y.iT) o'îîp'ciCîvT:.
V. 182. — sùok ttîi-TjP t 31 ! I : ; t '. y i[A5!i:î î'jCÉ t- ■ra??;;, 5Ù0Ï Seïvo; ;£tvGc6y.(;> y.g't £-:aTpî; £Ta(pi;) .
Chez Sappho certains retours du môme mot, certaines symétries ou correspondances d'expression ont une grâce un peu mièvre et apprêtée. Exemple :
fr. 93. — ot;v To ■^X'jvM[i.3.\vi àpsùOsTat «y.piii krS 'Jzom
ày.piv stc' iv.pziizM.
fr. 104. — t{(i) g', (Ô y.Kz '[iijApî, y.iAi.); èVy.iiid);
îp-ay.i jilpas'!v(;) c£ y. i/acx' èïy.àcSd). Ir. yg. — sA6t£ vijxspî, cc'i i;.'=v îr, 7x1^:;, ô); 3v àpao,
ixtâTÉXesT', £X£iç cï wipOsvsv âv âpzs'.
Mais, sans plus tarder, arrivons à des poètes contemporains de Gorgias. Parmi ceux-ci il est tout naturel de songer d'abord à ses compatriotes, Empédocle et Epicharme. Doit-on croire, avec un savant allemand, M. H. Diels, que c'est Empédocle qui a le premier donné l'exemple, non seulement dans ses poésies, mais encore
1. Cf. encore fr. '.Il v. i, 95, 101, 103, lOi, lOû, 10'.). — Il y a des pavallélisnies du môme genre dans la pièce LXII de CuluUo, qui est 11110 traduction do Sapplio. Les jeunes filles : Ilespere, qui coelo fertui- cnuk'lior i;,'uisf (v. 20). Les jeunes hommes : Hcspere, qui coelo lucet jucundior ignis (v. 20). Cf. Lafaye, Catulle et ses modèles, p. 77
dans ses œuvres oratoires, de ces enjolivements de stvie ' ? Certes, c'est là une thèse séduisante, et la tentation est vive de retrouver chez ce poète, ne fût-ce qu'à l'état d'ébauche, la rhétorique de Gorgias, son élève. Toutefois il y faut peut-être résister". Après lecture attentive des fragments poétiques d'EmpédocIe, j'estime en somme que ces figures n'y sont ni plus nombreuses, ni plus frappantes que chez la plupart des poètes du même temps -\
Elles sont en tous cas infiniment plus rares chez Empédocle que chez Epicharme. Des trois cent vingt vers que nous a laissés ce dernier, il n'y en a pour ainsi dire pas un qui ne brille de quelque clinquant : rime, calembour, paréchèse. C'est un procédé continu. Rien là, du reste, qui ressemble au feu roulant de calembredaines d'un Plaute. Chez Epicharme le jeu de mots est fin et amusant, un peu puéril parfois, mais jamais grossier. J'imagine que nous goûtons là le meilleur de cet esprit sicilien tant vanté par les anciens :