‹ Essai Sur La SaccharineChapitre 12 sur 19 · COURTES · texte numérisé non relu

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ment et à fortes doses n'a aucune influence sur les fonctions de nutrition. Des hommes et des chiens ont reçu. pendant un grand nombre de jours, 5 gr. de saccharine par jour. En donnant à un chien amaïigri, avec une bonne nourriture, 5 gr. de saccharine par jour, on a constaté un accroissement de poids de 5 kilog. en onze jours.

3° Les variations que l'état de l'urine présente à l’état normal s'observent égalemènt avec l’ingestion de la

saccharine.

4° La saccharine passe exclusivement dans l'urine.

5° La saccharine ne passe pas dans le lait (expérience sur une accouchée) ni dans la salive. |

6° La saccharine introduite dans l'estomac et dans la peau est très rapidement absorbée et se trouve dans l'urine en un peu moins d'une demi-heure.

7° La saccharine est une substance parfaitement inoffensive pour les hommes ainsi que pour les animaux.

M. le docteur Van Heurck, à Anvers, qui a fait sur la saccharine de longues et nombreuses recherches, cite le cas d’un de ses proches, atteint du diabète, qui fit usage de ce produit pendant 2 ans, et qui maintenant se porte à merveille.

M. Mercier, a pris pendant 15 jours, une dose quotidienne de 5 gr. de saccharine ; il ne s'est ressenti d'aucun trouble gastro-intestinal. |

M. le docteur Reynier a fait absorber de fortes quantités de saccharine à des poissons rouges, pendant plus de 6 mois ; l'eau dans laquelle ils vivaient était additionnée de 3 gr. de saccharine par litre, et toutes les

Semaines, une nouvelle dose de ce produit y était

dissoute. Aucun poisson soumis à ce breuvage n'a

succombé, tandis que dans le même liquide, additionné

de salicylate de soude, les poissons manifestaient dès le

lendemain une vive agitation et mouraient en moins de

48 heures.

Le docteur Leyden, médecin de l' hôpital de la Charité e) Berlin, a administré à un grand nombre de ses ma-

lades, de fortes doses de saccharine, introduite au

moyen de mets sucrés et de breuvages ; les essais étaient

faits en vue de déterminer si son goût pouvait être

perçu dans chaque expérience, quelle serait son action

sur le système et si des ennuis ou Hess pourraient

| résulter de son emploi.

En même temps, elle était donnée à des diabétiques

et ses effets thérapeutiques notés.

Le résultat de ces essais et expériences, est que la

saccharine convient aussi bien aux malades qu'aux gens

bien portants, qu al n'y a aucune crainte à avoir sur la

santé et qu ‘elle peut être consommée pendant des périodes prolongées : quelques-uns de ses malades en ont

pris régulièrement pendant $ mois, sans qu'il y ait eu la moindre apparence d'action fàcheuse sur le système

humain : ni diarrhée, ni vomissements, ni amaigrissement.

M. le docteur Dujardin-Beaumetz (/ournal de méde-

cine de Paris, 17 février 1889) a administré pendant

longtemps la saccharine à ses malades, il l’envisage

au point de vue thérapeutique comme un précieux médi-

cament et la considère comme inappréciable, soit

L 94e comme remède contre la fermentation, soit comme agent hygiénique chez les diabétiques.

« Au point de vue de l'hygiène publique, il la proscrit de la liste des substances alimentaires, non pas qu'elle soit nuisible à la santé, mais parce qu'elle ne possède aucune propriété nutritive, et que son emploi est de nature à tromper les consommateurs en servant à falsifier les aliments ».

Il faut donc retenir que, pour M. Dujardin-Beaumetz, la saccharine est un excellent produit au point de vue thérapeutique, d’une innocuité absolue et d’un pouvoir antifermentescible incontestable.

Pour nos préparations sucrées destinées aux colonies et où le sucre ne remplit que le rôle d'agent de conservation, pourquoi ne pas lui substituer la saccharine, beaucoup plus antifermentescible, comme du reste, le font les Anglais, les Hollandais, etc...?

Expériences. — Six lapins, pendant un mois, furent soumis aux expériences suivantes:

1° Deux lapins, pendant la première semaine, absorbèrent par ia voie stomacale, au moyen de la sonde œæsophagienne, cinq centigrammes de saccharine acide matin et soir ; les dix jours suivants, dix centigrammes le matin et cinq le soir, et les quatorze autres jours, la dose fut portée à dix centigrammes matin et soir.

2° Deux autres lapins reçurent matin et soir, pendant la première semaine, en injection intraveineuse, dans la veine marginale, deux centigrammes de saccharine acide; la semaine suivante, augmentation de la dose, trois centigrammes matin et soir; enfin les quinze

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autres derniers jours, cinq centigrammes matin et soir. 3° Les deux autres lapins servaient de comparaison et étaient soumis à l’action du saccharinate de soude.

Au premier, on introduisait dans l'estomac, quinze centigrammes de saccharinate matin et soir ; cette dose lui fut continuée pendant le mois entier.

Au second, une injection intraveineuse représentant cinq centigrammes de saccharinate de soude lui était faite matin et soir et continuée pendant un mois.

Comme nourriture, des poids égaux de pain, choux et carottes furent donnés quotidiennement et séparément à chacun d'eux.

Le poids de chaque lapin était noté au débutet à la fin de ces expériences; chacun d'eux subit une légère diminution dé poids, de deux à trois‘erammes par cent grammes.

Faut-il attribuer cette diminution du poids à l’action de la saccharine, ou bien au changement de régime auquel ces animaux ont été soumis, ou peut-être à l'isolement ? Placés dans des cages, où ils ont été privés de

tout exercice, ils étaient certes dans des conditions suf-

fisantes pour expliquer ce changement dans leur poids.

En tout cas, pendant tout ce temps, leur état général ne nous a pas paru troublé : rien d’anormal à noter du côté de l'appareil digestif, ni du côté du système nerveux. me

L'examen des urines, pratiqué un certain nombre de tois, n’a rien montré de particulier : urines sucrées,

limpides, ne renfermant ni albumine ni glycose,

Les excréments, également sucrés, avaient leur aspect et leur consistance habituels.

Enfin, le dernier jour, les six lapins reçurent le même repas, au milieu duquel, à trois d’entre eux, on introduisit dans l'estomac, trente centigrammes de saccha-

Y rine acide. - AT Deux heures aprés ce repas, les six animaux furent sacrifés.

L'examen de l'estomac a permis dé constater une digestion à peu près également avancée pour chacun. d'eux, les chylifères étaient gonflés, lactescents, et l’in-

testin grêle contenait ure certaine quantité de liquide.

Les reins, le foie, le cœur ont paru sains.

En résumé, l'usage prolongé de la saccharine, soit

acide, soit en combinaison et neutre, administrée de

différentes façons, a été indifférente pour ces animaux,

ét n’a déterminé aucune lésion appréciable sur leurs i viscères. |

Plusieurs grenouilles ont été tenues pendant un mois

dans une solution de saccharinate de soude, renouvelée Le : tous les 2 ou 3 jours. Elles restèrent bien portantes et | ne présentèrent jamais la moindre différence avec les: témoins tenus dans l’eau pure. Le contenu stomacal et l'urine avaient un goût sucré.

AUS Avec d’autres grenouilles, où plusieurs seringues pleines de solution de saccharinate de soude à 2 pour cent, furent injectées sous la peau du dos, pas le moin-

dre trouble à constater. Ni cœur, ni poumons, ni centres

nerveux, ni organes de réceptions, ni les muscles ne

Li montrèrent la moindre altération.

berne ‘documents, ce qui serait superflu, qui ont trait à l’innocuité de la saccharine, il est bien prouvé quela saccharine constitue une substance absolument. inoffensive; elle n'exerce aucune influence nocive sur le corps, qu ’elle quitte après un court séjour, sans avoir subi le moindre changement, in natura, par l'inter- = médiaire des urines et des selles. Vis- à-vis des diverses Le fonctions organiques, ‘ellese comporte comme uni Corps

influence sur les échanges nutritifs ou les processus di-.

gestifs. ver

parfaitement indifferent, sans exercer la plus minime id

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