‹ Essai sur la silicose pulmonaireChapitre 10 sur 39 · PT REP · texte numérisé non relu

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Ars

ETIOLOCGIE RATE

On peut dire que tous les travaux, toutes les recherches poursuivies depuis le début du xx: siècle au sujet. de la silicose ont abouti au moins à ce résultat d’avoir déterminé, sans que l’ombre d’une controverse puisse subsister, l’étiologie de la silicose, qui fut énoncée au congrès de la silicose, en 1930, à Johannesburg, en ces termes : « La silicose est un état pathologique des poumons, dû à l’inhalation du bioxyde de silicium. Cet état peut être reproduit expérimentalement chez les animaux et chez l’homme ».

C’est M. E.-L.' Cozris, de Cardiff, qui démontra que c’est le bioxyde de silicium, et non pas tel autre composé de la silice, comme par exemple les silicates, qui détermine Ja silicose. Il fit remarquer, en effet, que les ouvriers fabriquant le ciment, les maçons, les travailleurs à la pierre de chaux, quoiqu’absorbant de grandes quantités de poussières minérales, ne sont pas particulièrement

sujets aux affections pulmonaires, alors qu’on trouve chez d’autres ouvriers exposés aussi à la poussière, des mineurs par exemple, une grosse mortalité par maladies pulmonaires. C’est que les poussières inhalées n’ont pas la même composition chimique dans les deux cas :

Celles du deuxième cas sont, à coup sûr, toujours

riches en bioxyde de silicium (Si O?).

Alors que celles du premier cas contiennent seulement des silicates ou autres combinaisons de silice.

Des expériences sur les lapins, les cobayes, les chiens sont venus confirmer cette théorie au moment où elle était formulée. Elle fut vérifiée en un quart de siècle par ‘tous les savants qui se sont intéressés à la question. Il n’est personne qui ne la combatte sérieussment actuellement.

Sur la silice libre, des études très poussées ont été faites, tant au point de vue physique que chimique. Sa “cristallisation, sa solubilité dans les différents liquides de l'organisme ont fait l’objet de recherches méthodiques, ainsi que la teneur en silice libre des poussières différentes et des silicates en particulier. (Tableau de KixG, 1938.) (Expériences de ARCHER, KING et Mc GEORGE, BRris- «COL, DENNY, WHITEHOUSE.) (1)

1) Elles ont abouti aux conclusions suivantes, vérifiées par l'observation. La novicité des poussières dépend principalement des facteurs suivants :

1° Nature chimique des corps constituants;

2° Nombre des particules par unité de volume (densité);

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Ces études sont nécessaires pour l’étude de la patho-

génie de la silicose; elles n’ont pas, au point de vue pratique, un intérêt immédiat. Nous y reviendrons brièvement encore tout à l’heure.

Pour ce qui est, d’autre part, du risque d’inhalation de la silice libre, il existe dans de nombreuses industries, dont nous ne pourrions donner une énumération complète : par exemple, dans toutes les mines et, en particulier, celles d’or, d’étain, de plomb, dans les carrières de silex, de pétro-silex, de grès, de silice (quartz, quartzite), de roches, de granit, de pierre meulière, dans les opérations d’apprêtage, de meulage, d’équarrissage, de ciselage, de moulage, de cassage de cailloux, de pulvérisation du silex et du quartz, pour polissage, dans l’utilisation des poudres minérales pour la fabrication des poteries, .

du papier de verre, de certains savons abrasifs, de pou-

dres désinfectantes et à la silice, dans les manufactures de briques réfractaires, etc.

Mais l'intérêt de la question de la silicose n’est pas dans la détermination des métiers à risque silicotique. Notons seulement que ce risque existe chez tout mineur quel qu’il soit. C’est ce métier qui fournit aujourd’hui le plus fort contingent de malades pulmonaires silicotiques. La distinction longtemps établie entre les anthracoses, les pneumokonioses d’origines diverses et la « chali-

3° Durée de l’empoussiérage; 4° Taille des poussières.

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cose » fut en effet abolie dès le jour où des expériences très précises sur les poussières ont montré qu’une poussière minérale ne présente de véritable danger pour l'organisme qu’autant qu’elle contient une certaine quantité de silice libre.

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| te M. sue que nous avons examiné récemment, et qui est à SRE fondeur, affecté au moulage des pe de métal Lin

x (magnésium), nous faisait le récit suivant : <« Dès huit ‘A

“M heures, dès que nous arrivons à l’usine, dès que le pre- | S ; 4 mier ouvrier a commencé à manipuler la maudite pou- & L. dre blanche qui sert à faire les moules, l'atmosphère Ê 4 devient irrespirable, tout est blanc, nous ne nous voyons + pas entre nous à la distance de deux mètres, et cela dure | <

; jusqu’ au soir >». Peut-être y a-t-il quelque exagération dans ce récit. Mais il n’en reste pas moins qu’il nous donne une idée de ce que peut être l'exposition à la poussière dans cer- ; taines usines, Il y a là des conditions de travail scandaleuses, que l’on ne saurait passer sous silence. Nous concevons aisément que, plus, sera grande la densité de l’atmosphère poussiéreuse, plus sera grand le risque de pneumokoniose, et qu’il croîtra ainsi avec la

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durée pendant laquelle l’ouvrier est tenu de vivre chaque jour dans son atelier dangereux. Nous avons vu d’autre part, plus haut, qu’il faut tenir compte aussi {KING) de la nature chimique des composants de la poussière envisagée, de la présence en plus ou moins grande quantité, et des constituants qui l’accompagnent, dont on soupconne qu'ils puissent influencer son action sur l’organisme (en modifiant sa solubilité dans les liquides organiques). so |

La taille, d’autre part, comme nous le verrons par la suite, a une grosse importance : il est bien facile d’imaginer que les poussières les plus fines seront les plus nocives. POLICARD cite, à ce sujet, le cas des habitants des régions désertiques, où règnent des nuages de poussières continuels, et qui ne sont atteints d'aucune affection, car les poussières sont « de gros calibre ». re

Certains auteurs ont voulu discuter l’influence du temps d’exposition aux poussières sur la pathogénie de la silicose.

Il est, évidemment, des résistances exceptionnelles de organisme. Mais comment aussi affirmer l’absence absolue de lésions silicoliques dans un poumon, même à l’autops'e ? Ces auteurs pensent qu’à partir d’un certain temps d'exposition, la durée ultérieure de l’empoussiérage importe peu. Si la silicose ne s’est pas déclarée, elle ne se déclarera pas. Nous pensons plutôt qu’elle s’est sans doute déclarée, mais qu’elle est restée bénigne.

Il est un autre facteur sans lequel on ne peut compter,

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PL AT à savoir les causes prédisposan‘es tenant à l'individu : 1° Perméabilité plus ou moins grande des voies aériennes supérieures : mode de respiration (nasale ou buccale), végétation adénoïde en premier lieu. Il est aisé en effet de comprendre que la densité des poussières arrivant dans les poumons sera différente selon que l'air aura passé par le filtre nasal ou non; que l’action des poussières sera plus ou moïns pénétrante, selon que la respiration sera habituellement superficielle ou, au contraire, profonde.

2° Etat habituel des poumons {bronchit ques chroniques, congestifs, emphysémateux).

PoLIcARD a insisté dans ses travaux sur le mécanisme de passage des poussières à travers l’épithélium pulmonaire, sur l’importance de l’état pathologique préexistant dans ces tubes qui forment la paroi alvéolaire ou bronchique. (Nous y reviendrons plus loin.) Et, en effet, dans les stastistiques des médecins sud-africains, dans celles des centres médicaux des bassins miniers du Nord, nous lisons sans peine que la silicose s’attaque plus volontiers à ceux des ouvriers qui travaillent en des endroits humides, et sont par conséquent exposés à des variations brusques de température pouvant engendrer un état congestif pulmonaire chronique.

Cette remarque n’a d’ailleurs rien qui soit particulier au processus pathogénique de la silicose. Nous savons bien que tout facteur nocif trouve d’autant mieux la possibilité d'exercer son action néfas'e sur l’organisme

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lorsque celui-ci se trouve, pour quelque raison que ce soit, affaibli et placé dans un état de résistance, diminuée. | | Toute affection chronique prédispose aux atteintes de la . et les affections pulmonaires en particulier.

3° Etat général. Nous n ‘insistons pas sur ce chapitre de pathogénie générale. Dan

4 Conditions habituelles d existence et de vie, hygiène. Il ne faut pas douter que l'existence particulièrement misérable des nombreux mineurs, des centres métallurgiques, le manque d'hygiène, de confort, de leur vie, leurs habitudes d’alcoolisme, n’aient été pour beaucoup dans les causes des ravages exercés par la « phtis: e des mineurs » vers 1900.

En résumé, les facteurs pathogéniques les plus importants de la silicose se classent comme suit : cé 1° Facteurs tenant à la poussière è a) Nature chimique.

b} Densité.

c) Durée de Pexposition.

2° Facteurs tenant à l'individu :

a) Etat pulmonaire. Constante respiratoire.

b) Etat général.

c) Habitude d’intempérance.

3° Facteurs tenant aux conditions de travail et de vie..

Etant établi que l’étiologie de la silicose est fournie par l’action nocive d’une certaine silice — bioxyde de

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