‹ Essai sur la silicose pulmonaireChapitre 14 sur 39 · CARTES · texte numérisé non relu

CARTES

tact avec le milieu ambiant. Or, cette surface est liée à la dimension des particules. » PoLicARD, pour en faire la démonstration, imagine un cube de quartz de 1 mm. de côté, Ce cube a une surface de 6 mm. 2. (Cube ou sphère, indifféremment. Le cube est pris ici pour simplifier le raisonnement.) Or, ce cube, plongé dans l’eau, ne livre aucune trace de silice. Sous la peau d’un animal, demeure sans action. Brisé au contraire en cubes de un micron de côté — c’est-à-dire en un milliard de cubes de un micron de côté — le quartz offrira une surface de contact awmilieu ambiant de 60 em? Le même calcul fait pour des particules dé 0,1 micron de côté donne une plus grande surface. Ces particules laissent aux liquides qui les baïgnent des traces considérables de silice.

«Seulement, écrit PoLICARD, il ne faut pas commettre l'erreur ‘si fréquente de faire des extrapolations indues. En particulier, rien ne permet d’affirmer que la solubilité est directement dépendante ile Ia petitesse des particules. (Expériences de ROLLER, 1932.) »

POLICARD, à ce propos, comme l'avait déjà fait Watkins Prrcarorp en 1921, envisage l’existence de particules ultramicroscopiques.

« Dans les nuages de poussières, on observe des particules de toutes dimensions, à partir de vingt ou trente

microns, jusqu’à la limite de visibilité : 0,1 micron, par exemple. Mais il y a lieu de penser qu’au delà de ce que nous pouvons voir, il y a encore des particules, et ceci jusqu’à des dimensions atteignant le domaine des molé-

NANTES MURS The

cules. C’est là une région du domaine colloïdal. Les parti-

cules de poussières minérales, invisibles à l’œil, sont en suspension dans l'air et constituent des aérosols. »

Et l’auteur envisage dans quelle mesure et dans quelles conditions ces aérosols interviennent dans la pathogénèse des pneumoconioses.

Malheureusement, il n’arrive à aucune conclusion nette. « Les documents possédés sur ces points, écrit-1},

sont très réduits, épars, sans précision. On a à faire à .

impressions, plutôt. Cependant, dans l'ensemble, on

parait s’accorder pour considérer les poussières à nom- ‘breuses particules ultramicroscopiques comme plus dangereuses que les autres. Mais il faut bien souligner que

cett e opinion appelle une démonstration formelle. » Nous retenons cependant de cette question des aérosols trois points, d’après lesquels PoLicARD nous invite à juger: " 4 1° Les fines particules des aérosols ont peut-être une solubilité aecrue, 2° Elles sont très sensibles aux phénomènes d’oxydation de carbonation. Donc, leur nocivité peut varier avec le temps. D’où la distinction de poussières fraîches et de poussières vieillies.

3° Elles ne se sédimentent pas facilement dans Pair. Et il est bien vraisemblable qu’elles ressortent en majeure partie avec l’air expiré et ne se fixent pas dans les alvéoles.

- Envisageons maintenant le processus proprement dit

Page 1