PREMIER STADE DE TOLÉRANCE OU DE LATENTE ABSOLUE
Il est de durée fort variable. Nous venons de voir qu’il peut s'étendre sur des dizaines d’années.
En 1898, RaJaoNAH en donne la description suivante dans sa thèse :
« La chalicose peut même être latente. Ainsi,
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KüssmAüL a montré qu’à la naissance il n’y avait pas de silice dans le poumon. Dès l’âge de sept mois, on en trouve des traces et chez tout adulte on en trouve un à deux grammes dans les poumons. »
Et plus loin : !
« Dans une première période très longue, le malade tousse d’une toux d’irritation. Il expectore des mucosités contenant des parcelles de silice. Bientôt survient de la fatigue et de l’accablement à la fin de la journée, en même temps qu’une dyspnée, d’abord purement vespérale. A cette période, la sonorité thoracique est intacte; on trouve purement et simplement quelques râles de bronchite disséminés dans la poitrine. »
Nous pensons qu’il y a dans cette description quelque confusion qui peut naître au sujet du mode « latente ». RAJAONAH veut sans doute parler d’une accumulation en quelque sorte physiologique de silice dans le poumon, qui ne peut constituer ce que nous appelons le premier * stade de la silicose ou de latence absolue. Il semble que la distinction de RAJAONAH soit purement dialectique.
D'autre part, lorsqu'il en arrive à la description clinique de la silicose au premier stade, nous voyons dans son tableau clinique les signes d’une silicose au deuxième stade (de tolérance relative). ,
Ceci s’explique par l’absence en l’année 1898 des moyens radiographiques que nous possédons actuellement.
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La distinction rigoureuse du premier stade repose, en effet, sur des constatations radiographiques. |
Et pour ce qui est de ce premier stade, le terme de latente absolue a une signification précise :
L'examen radiographique montre à cette époque des modifications du parenchyme parfois discrètes, parfois déjà grossières, massives, mais traduisant en tout cas des désordres anatomiques certains — mais qui ne s’extério-
risent pas.
Nous constatons d’ailleurs dans d’autres études de la même époque, fin du xix° siècle, que l’on pressentait cette phase de latente de la silicose, mais que l’on ne pouvait la définir, faute de pouvoir affirmer la réalité des lésions à un moment où les signes cliniques sont nuls.
Pour cette première période, nous retiendrons que nous ne possédons qu’une sorte de données : les données radiologiques.
C’est en effet la période où les nodules fibreux silicosiques, quoique formés, réels, sont trop petits pour donner aucune modification de la respiration, ni de la circulation pulmonaire. Ils ne sont décelables que par la constatation directe de leur ombre.
Cependant, quelques auteurs, et en particulier Mip- DELTON, dans un article du supplément du « Bureau International du Travail », distinguait à cette période des signes cliniques ténus.
Signes physiques légers : dénutrition, modification thoracique (capacité diminuée).
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. À l’auscultation : bruits respiratoires caractéristiques, marqués par une dureté du timbre élevé, soufflant et un allongement du temps expiratoire: matités fugaces, signes d’emphysème. ;
Des signes fonctionnels : dyspnée légère, toux.
Au point de vue radiologique, on signale en général deux aspects de l’image : subnormale ou nodulaire.
A la vérité, on n’imagine guère la signification que peut avoir une image dite « subnormale » dans un cas de silicose. Il s’agit, sans doute, des images peu nettes, ininterprétables que certains ont rangé dans un groupe qu'ils ont appelé: images subnormales. à
Et D aspect typique. reste ‘unique. C’est l’image donnée par les ombres de tous les petits. nodules fibreux formés ou æn voie de formation à travers le parenchyme pulmonaire. Comment sont répartis ces nodules ? Orxdistingue en général à ce stade trois aspects de la nodulation : 1° Une répartition partielle des nodules qui sont presque toujours groupés dans la partie médiane de l'ombre pulmonaire et dans la partie inférieure — en aïles de papillon.
2° Une dissémination plus étendue, avec des taches plus sombres les unes que les autres, confluentes. Les sommets, par exemple, ne deviennent pas aussi clairs que dans le premier cas. Cette forme ne serait qu’une transition entre la nodulation partielle et la nodulation généralisée,
3° Une nodulation généralisée : l’image, dans ce cas,
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est uniformément ponctuée d’ombres nodulaires, aussi bien aux bases qu'aux sommets (image pseudo-granulique). PLUME rs Ne
On retrouve évidemment, outre l'aspect nodulaire, une image pathologique banale des hiles, qui s’inserivent ‘en ramifications souvent très sombres. : | |
Ce stade est celui pendant lequel l’ouvrier travaille sans fatigue, ne se plaint de rien, si ce n’est de quelques signes d’irritation que produit toute poussière sur le poumon. La maladie est bien en état de latence. Et l’on conçoit dès maintenant l'intérêt que peut présenter cette singularité au point de vue prophylaxie, puisqu'elle permet de faire d’après la radiographie un diagnostic . très précoce de la silicose avant l’apparition d’aucun signe Sérieux.