‹ Essai sur la silicose pulmonaireChapitre 21 sur 39 · DEUXIÈME STADE OU DE TOLÉRANCE RELATIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME STADE OU DE TOLÉRANCE RELATIVE

Le premier signe qui éveille l'attention de l’ouvrier sur sa santé déficiente est en général la dyspnée — dyspnée d’effort d’abord, puis dyspnée constante. La toux devient plus fréquente, fatigante, paroxystique, surtout la nuit. Elle s’accompagne de crachats gris, mous- -seux ou gélatineux, quelquefois muco-purulents, traduisant l’irritation de la trachée et des bronches. L’hémoptysie, à cette époque, est exceptionnelle,

L'expansion thoracique est notablement diminuée; au niveau de la ligne mamelonnaire, elle ne dépasse pas deux à trois centimètres. La respiration est de type infé-

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rieur très net, presque uniquement diaphragmatique; les ‘muscles thoraciques et'intercostaux ne semblent plus avoir qu’un rôle accessoire.

Les douleurs thoraciques témoignent de lirritation de la plèvre et sont fréquentes.

L’auscultation révèle une sclérose du parenchyme et de l’emphysème, très nets. Ainsi que l’irritation des bronches. Puis, la lésion des alvéolés, qui ont perdu leur | élasticité : diminution du murmure vésiculaire, râles de bronchite, humides, crépitants, assez souvent aussi des crépitations franches à la base des poumons.

A la percussion, on découvre des zones de matité à topographie variée. ”

On note à cette époque une légère tachycard'e, que certains auteurs nient au contraire (A. FEIL), traduisant une fatigue‘du myocarde. A. BRETON, de Lilleïen fait un signe capital.

Les signes physiques sont peu accentués : l’état général est assez bon, l’homme n’a pas maigri. « Il a, dit PoLicaRD, plutôt l'apparence d’un asthmatique. » La température, comme tout au long de l'évolution dune silicose pure, reste normale.

Mais, à la radiographie, les symptômes $e sont accentués. Les formations fibreusés nodulaires s’étant épaissies, les images sont naturellement devenues plus nettes. On distingue encore ici plusieurs apparences :

1° Celle d’une simple nodulation interstitielle péri hilaire, en général bilatérale.

Ou celle d’une accentuation hilaire, avec l'existence de nombreuses taches rondes péri hilaires, allant de la grandeur d’une épingle à celle d’un pois, assez symétriques, diffusant comme plus haut en ailes de papillon. Le granité, souvent, simule l’image granulique. La confluence des nodules donne souvent une image, désignée par le terme de « tempête de neige ». |

Les sommets sont souvent respectés : mais il n’est pas rare de voir les deux plages pulmonaires complètement envahies.

- MAGNOT distingue ce qu’il appelle le s'gne du feston,

dû à un épaisissement pleurodiaphragmatique.

2° Ou bien, alors, les ombres sont denses, unies, étendues, plus ou moins homogènes et accolées — dues, sans doute, à ce que les nodules se sont agglutinés, feutrés par une fibrose interstitielle. La netteté des contours

est souvent diminué de ce fait. On peut apercevoir des :

« traînées de pluie » fibreuses, des zones d’emphysème vicariant à grosses bulles.

3° Quelquefois, on constate plutôt des ombres d’allure pseudo-tumorale, avec des opacités très accusées et des contours très nets.

Mais la radiographie révèle encore d'autres signes.

On note souvent une hypertrophie du cœur droit — que G. ANCIRA lit sur l’image dans une modification du contour cardiaque droit, qui déborde l’ombre sternale, ou bien dans une échancrure du profil gauche (ASSHMANN).

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