CHAPITRE PREMIER
TERRITOIRE
Belgique en general. — Situation. — Longueur et largeur. — Limites. — Superficie. — Provinces. — Aspect du pays. — Nature du sol. — Fertilité. — Plaines et vallées. — Culture et bâtiments. — Bassins. — Fleuves et rivières. — Puits artésiens. — Salubrité et climat. — Marées. — Pression atmosphérique. — Température. — Humidité. — Vents. — Pluie, grêle, neige, gelée, tonnerre, brouillard. — Divisions territoriales pour l’administration provinciale et communale , la justice , les finances , les postes , la milice, l’agriculture, les mines , l'armée et les cultes. — Position et distance des villes.
La Belgique se compo^ï des provinces qui formaient anciennement le duché de Brabant, le marquisat d’Anvers, la principauté de Liège, la seigneurie de Malines, les comtes de Flandre, de llainaul et de Naniur, et les duchés de Limbourg et de Luxembourg. Son territoire avait formé les provinces méridionales du royaume des Pays-Bas jusqu’en 1850, époque à laquelle elles se séparèrent violemment de la Hollande, et se constituèrent en État indépendant.
A la suite de la révolution de 1850, les plénipotentiaires des cinq grandes puissances, réunis en conférence à Londres, résolurent de mettre un terme au différend hollando-bclgc. Leur résolution, consignée dans le traité du 15 novembre 1851, modifie, principalement quant à la dette, par celui du 19 avril 1839, a reçu son exécution; et, pour ce qui concerne la question territoriale, la Belgique a abandonné aux Pays- Bas, près de la moitié de la province de Limbourg et plus du tiers de celle de Luxembourg; c'est, pour tout le Royaume, environ un septième du territoire et un douzième de la population.
Situation. Le pays, dans sa consistance antérieure à l'exécution des traités, s'éleud entre les 19 degrés 27 minutes, et 31 degrés 51 minutes de latitude septentrionale, et les 0 degré 11 minutes et 1 degrés 12 minutes de longitude orientale du méridien de Paris.
Après le démembrement des deux provinces susnommées , la longitude est de 0 degré 1 1 minutes et de 5 degrés 12 minutes à l'Est de Paris.
Longueur et Largeur. La Belgique a 61 lieues (de 5,000 mètres) de longueur et 12 de largeur; d’après les traités, sa plus grande longueur, du point Sud-Est de la province de Luxembourg à l’extrémité orientale de la Flandre occidentale, n’est que de 55 lieues et i/t, et sa plus grande largeur, de l'extrémité septentrionale de la province d’Anvers à l'extrémité méridionale de celle de Namur, de 52 lieues.
Limites. Elle est circonscrite, au Nord, par la Hollande, sur une longueur de 580,000 mètres; à l’Est, par la Prusse, sur 577,000 mètres; au Sud, par la France, sur 591,000 mètres, et à l'Ouest, par la mer du Nord, sur 69,000 mètres. Ainsi, le développement de ses frontières de terre et de mer est de 1,117,000 mètres, ou de 285 lieues et s/s. Les traités ont réduit le périmètre de la Belgique à 981,900 mètres ou 196 lieues et s/s, et ses frontières de terre à 268,100 mètres du côté de la Hollande, 102,800 mètres le long de la Prusse, et 512,000 mètres vers la France.
Superficie. Le pays ombrasse, d'après le cadastre, une surface de 5,122,571 hectares ou 1509 lieues carrées (i); mais, comme elle perd 220,000 hectares ou 88 lieues carrées dans le Limbourg, et 260,000 hect. ou 10* lieues carrées dans le Luxembourg, sa superficie est réduite à 2,012,571 hccL ou 1177 lieues.
(i) Nous avons employé In lieue carrée métrique, qui est égale à 2,500 hectares.
19 TERRITOIRE
Provinces. La Constitution politique a divisé le territoire de la Belgique en neuf provinces; il n'apparlicnt qu’au pouvoir législatif de changer cette division territoriale, qui est basée d’ailleurs sur des traditions historiques. En rangeant les provinces selon leur étendue relative, voici dans quel ordre clics se suivent :
HfcUrn. Liflirt
Luxembourg, borné au Nord par la prorince de Liège, à l'Ouest par celle de Namur, au Sud par la France, et à l’Est par la Prusse et par le Luxembourg néerlandais. .... 140,000 17G
Hainaul, au Nord, le Brabant et les Flandres; au Sud et à l'Ouest, la France; 4 l'Est, la province de Namur. 572,208 149
ffamur, au Nord, la province de Brabant et de Liège;
4 l'Ouest, le llainaul; au Sud, la France ; à l'Est , le Luxembourg belge 306,177 140 t/t
Brabant, au Nord, la province d’Anvers; à l'Ouest, la Flandre orientale; au Sud, le llainaut; à l'Est, les provinces de Namur, de Liège et de Limbourg 528,523 131 t/s
Flandre occidentale , au Nord, la mer; 4 l'Est, la Flandre orientale; au Sud, la France; à l'Ouest, la mer et la France 323,449 129 1 /«
Flandre orientale, au Nord, la Hollande; 4 l'Ouest, ta Flandre occidentale; au Sud, le llainaut; 4 l'Est, les provinces de Brabant et d’Anvers. 299,789 120
Liège, au Nord, le Limbourg; 4 l’Est, la Prusse; au Sud, le Luxembourg belge et la province de Namur; 4 l’Ouest, le Brabant et la province de Namur 289,319 113 s/s
A reporter. . . . 2,419,265 907 s/s
Report. . .2,419,205 967 U
Anvers, au Nord, la Hollande; 4 l’Ouest, la Flandre occidentale; an Sud, le Brabant; à l'Est, le Limbourg belge 283,309 113 s
Limbourg, au Nord, la Hollande; 4 l’Ouest, les provinces d'Anvers et de Brabant; au Sud, la province de Liège;
4 l'Est, le Limbourg néerlandais. 240,000 96
Aspect dc pats. Dans son aspect général, le pays est diversifié, fertile et riant. Il n'off « point de montagnes proprement dites; mais F-s Ardennes y projettent leurs rameaux le long i!e la Meuse, et forment,^ l'Est, un pays decollim's et dc montagnes boisées et métalliques, doul lus plateaux n’ont pas 200 mètres d'élévation audessus de la mer. Dans le Sud-Est règne ucc chaîne dc collines arrondies, qui se lie pareillement aux Ardennes et va d'Audenaerde 4 Maes- Iricbt, en séparant la Sanibrc de l'Escaut. L'nc autre ramification des Ardennes couvre la partie la plus méridionale du royaume; les plus hauts sommets dépassent rarement 650 mètres. Le reste du terrain, au Nord-Ouest, se termine par des plaines qui s’étendent jusqu'aux bords dc la mer. Les cèles sont généralement basses cl relevées en dunes ; en plusieurs endroits , elles sont garanties par des digues contre l'envahissement de la mer (i).
Nature dc sol (i). Le terrain dc la Belgique, composé d'argile et de sable, que l'on combine en différentes proportions , est d’une grande fertilité. Dans la partie septentrionale se trouvent
(i) Un arrêté royal du 5 avril 1840, a chargé le Directeur dc l'administration des chemins dc fer de procéder au nivellement général du Royaume, en prenant le chemin de fer pour hase ; une carte spéciale indiquera les points de repère et ies résultats de ce nivellement.
(«) La constitution géologique de plusieurs de nos provinces a été décrite dans des Mémoires couronnés par l'Academie Royale de Bruxelles. Ces provinces sont : llainaut , par M. Drapier, en 1821 ; jYowinr, por M. Laurin , en 1824; Luxembourg , par M. Engelspaehl.uriuère et par M. Stcininger, en 1828; Litge, par M. Davreuxel par M. Dumont, eu 1850; Brabant, par
Qigitizadby Googlg.
TEIRITOIKK
les terres les plus fertiles : elles sont en général sablonneuses; celles purement argileuses dominent principalement dans les polders, terrains d'alluvion entourés de digues et rendus susceptibles de culture, qui sont, pour la plupart, dans la province d'Anvers, où ils occupent une étendue de près de 12 mille hectares sur 79,500 mètres ou IG lieues de digues; les principaux polders de cette province sont : celui de Rumpst, situé contre la Grande-Nèthe; celui de Ballcnbroek , au conlluenl de la Nèlhc et de la Dylc; celui de Willcbrock, contre le Rupcl et la Dylc à l'Est du canal de Rruxelles ; celui de Ruysbroek, contre le Rupel; ceux de Lillo, de Stabroek, de Zanlvliel, de Beerendrecht près de l'Escaut, etc. Les polders sont particulièrement propres à la culture de la garance et renferment une quantité prodigieuse de lapins. Les simples alluvions, qui ne sont pas encore parvenues au degré de maturité nécessaire pour les entourer de digues cl les convertir en terres labourables, s'appellent schoorcs, qui produisent une herbe fine que paissent les moutons. Une partie des champs les mieux cultivés de la Flandre et toute la lisière de l'Escaut sont des terrains d'alluvion ; le village de Watorvlirt, aujourd'hui à une lieue de la mer, se trouvait dans la mer même à la fin du XV« siècle. La partie méridionale du Royaume renferme beaueoup de terres pierreuses et fertiles. Les terres arrosées par la Meuse sont couvertes d'une couche formée du dépôt successif de matières charriées par les débordements, ce qui les rend très propres à la végétation; la contrée appelée la llcsbaic est une des plus favorables â la culture des plantes céréales et oléagineuses («). Dans les contrées agricoles de la Belgique, les
M. Galrolti, en 1835. Nous devons citer aussi : Mémoire mie la géographie phgAque du Brairont méridional , pur M. Kickx, dans les iXomenux Mémoires de Vsicwlémie de Bruxelles , III, 228, et Mémoires pour sert ir à la description géologiqw des Pags-Bas , de la Fr rt rire et de quelques root rets voisines , par M. d'OmalillS d’Halloy, in-8", Namur, 1828. — Le Gouvernement fait dresser U carte géologique du Royaume, sous In direction de I* Académie de Bruxelles. Ce travail important, confié ù M. le professeur Dumont, de l'université de Liège, se poursuit avec activité depuis cinq ans; chaque année les bulletins de l’Aeadémie rendent compte de la marche des travaux de la carte géologique.
(s) La Hesbaie, située sur la rive gauche de la Meuse, renferme Sninl-Trond, Liège, Tongrcs, tlerstal, Waremme, Landcn, llannut et le cote gauche de Huy.
qualités du sol donnent h ses produits une assez haute valeur, et il est vrai de dire que, sous le rapport de la science agronomique, la culture ne laisse rien à désirer.
Fertilité. La plaine la plus étendue est la Campinc, entre l'Escaut et la Meuse; elle borde la frontière hollandaise ù peu près dans toute son étendue, et a beaucoup de bruyères avec de vastes marais et des étangs, au milieu desquels se présentent cependant des terres dont la fertilité est due au limon que contiennent les sables le long des fleuves et dans d'autres endroits (t). De la Meuse à la mer s'ouvrent des vallées couvertes des plus abondantes moissons et des plus gras pâturages presque tous naturels; nulle contrée de l'Europe ne surpasse la richesse du sol de la Flandre. Dans le Sud, la fertilité du territoire est très-variée : tantôt on rencontre d'immenses forêts, des landes, des marécages et des pâturages maigres qu'on ne peut livrer à la culture qu'après un long intervalle; tantôt des vallées arrosées par de petites rivières, et bordées de rochers escarpés, présentent des terres régulièrement cultivées et aussi productives que dans les meilleurs pays.
L’étendue des terres mises en culture atteint en Belgique, y compris les parties du Limbourg et du Luxembourg cédées au Royaume des Pays- Bas, 2,216,000 hectares, les forêts et les bois 650,000, et les terrains bâtis, plus de 21,000 hectares. Ainsi les u/n de la surfacr du territoire sont exploités et occupés d'une manière profitable, saus compter les routes, chemins, canaux, étangs, etc., qui cependant ne laissent pas que d'élrc productifs (s).
IlYDROGRAruiB (s). Deux grands fleuves, YEscaul et la Meuse, divisent la Belgique en deux bassins : leurs eaux, grossies d'une multi-
(i) On distingue la Campinc anversoisc ou brabançonne (Turnlmut, Ilerenthalx, Ghccl, Hoogxtraeten , Moll, Postel, Hcyst-op-dcn-Berg, Meerhout, Vossclaere, Wortcl, Mrrxplas, Ryckcvorsel, etc.) et la Campinc liiolmurgcoise ou liégÿoise (Hcrck, Bcringcn, Peer, Orée, Hainunt , Ovcrpclt, NeJcrpcU, etc.)
( 1 ) Voyez, pour le détail des cultures et des bâtiments, le tableau qui se trouve ou chapitre des produits naturels.
(s) Pour l'hydrographie du pays, nous avons consulté principalement les Dictionnaires géographiques et spéciaux des différentes provinces de la Belgique, par Ph. Vandermaelen.
TERRITOIRE
tude do courants subalternes, se rendent à la mer du Nord. La partie du Luxembourg arrosée par la Moselle appartient au bassin du Rhin, et est comprise dans la partie cédée.
V Escaut a sa source à Beaurevoir, dans le département de l'Aisne, traverse le département du Nord par ('.ambrai, Valenciennes et Condé, et entre dans la province de Hainaut, à gauche de Permvelz, immédiatement après son confluent avec la Scarpe. Dans sa direction jusqu'à Tournai, il laisse sur la rive droite la ville d’Anloing. L'Escaut partage la ville de Tournai en deux parties, passe sur les territoires de plusieurs communes jusqu'à Ilérinnes, où il forme la ligne de démarcation entre le canton de Celles et la Flandre occidentale qu’il baigne par la gauche. Il sort de la province à Escanalfles, côtoie les deux Flandres jusqu’au-dessus de la commune de Berchem, où il pénètre dans la Flandre orientale, en passant par Gavre, Audenaerde, Gand, Wetteren, Tcrmonde, forme ensuite une partie de la limite entre la Flandre orientale et la province d’Anvers, en baignant par sa rive gauche Tamise, Rupclmonde, les forts de la Této-de- Flandre, de Sainte-Marie, de la Perle, de Liefkenshoek et la commune du Docl, dans la Flandre orientale; la ville d’Anvers où il forme un des plus beaux ports du monde, les forts du Nord, Saint-Philippe, La Croix et Lillo, dans la province d'Anvers. Parvenu près du fort de Balli , à trois lieues d’Anvers, ce fleuve devient un golfe et se divise en plusieurs bras qui forment l'Archipel zclandais ( Hollande) et se jette par deux issues dans la iner du Nord. Les eaux qu'il reçoit dans le Hainaut sont |K*u considérables; ses affluents navigables dans la Flandre orientale et dans la province d'Anvers sont, parla rive gauche, la Lys à Gand, et la Durme à Tielrodc, et par la rive droite, la DendreàTcmnonde, et le Rupel à Rupclmonde. La navigation de l'Escaut, depuis Cambrai jusqu'à la mer, est de 558,485 mètres, dont 212, 000 en Belgique; des bateaux du port de 200 tonneaux naviguent sur la partie supérieure; on voit sur la partie inférieure de petits bâtiments marchands, dont les plus gros ne dépassent pas Audenaerde.
La Meuse (i) est formée par la jonction de
(l) Yoy. Elude* sur ta Meuse fuite* jmr ordre du Gouvernement belge, par M. Guillcry, ingénieur des
deux ruisseaux qui prennent naissance en France, dans le département de la Haute-Marne, et dont l'élévation au-dessus du niveau de la mer est de 456 mètres; elle ne prend son nom qu’auprès du village de Meuse et, après avoir parcouru les départements des Vosges, de la Meuse et des Ardennes, entre dans la province de Namur à une demi-lieue de Givet, passe à Binant qu'elle laisse par sa rive droite, et à Namur où elle se grossit des eaux de la Sambre; puis elle baigne, par la droite, la ville dWndennes, non loin de laquelle elle entre dans la province de Liège où elle arrose Huy, qu'elle sépare en deux parties et de là se dirige jusqu’à Liège, laisse à sa droite Seraing et à sa gauche Chokier, et traverse la ville de Liège où un pont de pierre réunit les deux parties de la ville qu’elle sépare, coule au Nord en laissant sur sa rive droite le village d'Argcntcau, et sur sa rive gauche, Herstal, et sort de la province, de Liège à Navagne, pour entrer dans celle du Limbourg. Ici elle arrose Saint-Pierre, traverse Maestricht qu'elle sépare du faubourg de àVyck, continue son cours par Macseyck, Ruremonde et Venloo, et sort de la province à Mook, pour pénétrer en Hollande où elle gagne une largeur d'une demi-lieue, et se jette dans la mer du Nord, après s’étre jointe au Waal , bras occidental du Rhin, sous le fort Saint-André. l!n grand nombre d'affluents viennent grossir la Meuse : dans la province de Namur, elle reçoit par la gauche l'Hermeton, ou la Grandc-F.au, à Hermeton-snr- Meusc, la Molignée à Warnant, le Burnot à Rivière, la Sambre à Namur, et par la droite la Lesse à Anseremme, le Bocq à Yvoir et le Sanson au hameau de ce nom; dans la province de Liège elle s'enrichit, outre un grand nombre de ruisseaux, de la Méhaignc au-dessus de Huy et du lloyoux dans cette ville même, de l'Ourte à Liège, du ruisseau de Légie et de la Bervvinne au-dessous de Visé; scs principaux affluents dans le Limbourg sont le Geer à Maestricht, la Geule, la Geleen, la Roer à Rurciiiondc et la Neers. Le développement de ce fleuve en Belgique, depuis le morcellement «lu Limbourg, est de 155,000 mètres, savoir : à partir de son entrée en Belgique jusqu'à Namur, 40,000 mètres, la largeur varie
ponU-rl-chaussées: ce l'apport est imprimé dans les actes de In chambre des Représentants, session 1839- 1K40, N- 90.
TKRIUTOIKE
île 80 à 130 mètres, la pente générale est de 0“, 00031, et la hauteur de 30 à 60 centimètres dans les basses eaux, et de 90 centimètres à 1“<,10 dans les eaux moyennes; de Namur à Liège 07,000 mètres, la largeur est de 100 à 140 mètres, la pente générale de 0", 000190 et la profoudeur de l’eau varie de 50 centimètres sur une largeur de 5 à 0 mètres, à 1 mètre 40 qui est le passage le plus étroit de tout le cours de la Meuse en Belgique; de Licge à Eysdcn, où la rive droite devient hollandaise, 19,000 mètres, la pente générale est de 0”, 00038, la largeur varie de 100 à 140 mètres et sa vitesse moyenne est de 35 centimètres. La Meuse ne commence à être navigable qu'à Verdun (Ardennes); mais ce n’est qu’à partir de Sédan que s'établit la véritable navigation avec un volume d'eau d’environ 30 mètres cubes; les plus forts bateaux ont habituellement 40 à 45 mètres de long sur 5 m à 5"*,50 de large, et leur charge est de 100 à 150 tonneaux. Près de 150 bateaux, parcourent continuellement la Meuse de Namur à Civet, et l’on eu comptait 313 de Liège à Namur cl à Maeslricht, à la fin de 1835.
Une multitude d’autres cours d’eau parcourent le pays dans toutes les directions; nous allons décrire les principaux, en les classant par ordre alphabétique.
L'Aa, rivière, prend naissance près de Tumliout, dans la province d'Anvers, et se réunit à la Pelile*-Nèlhe à Grobbcndouck , après avoir reçu, par la rive droite, la Cale et le Langc- Beck , par la rive gauche, le Sloot.
L’AlsclIe prend sa source en France, à peu de distance des limites qui séparent le département de la Moselle de la province de Luxembourg, passe à Escli, Luxembourg et Ellclbruck où elle se jette dans la Sure.
I A mblrvc prend naissance en Prusse, entre dans la province de Liège à Wargc, passe à Stavclol, parcourt le territoire de Itcmouchamps, et se perd dans l’Ourtc à Doux flamme, après s’être grossie considérablement par les eaux d’un grand nombre d'affluents. Elle est navigable jusqu’à Kemouchamps , et Ooltable depuis ce point jusqu'à la limite de la province.
Le berner a sa source dans la bruyère de 11erbrock, près de Tongres, dans le Limbourg, arrose liilscn et llasselt, reçoit la ilerck, la Celte et le Vclpc, qui s’y joignent à gauche au-dessous de llaclcn, entre dans le Brabant près de Dicsl,
lasse à Acrschot et va se réunir à la Dyle à Werehler. Son cours est d’environ 75,009 mètres, dont 51,000 en navigation jusqu'à Dirai.
La bendre, rivière canalisée depuis Alosl jusqu’à Tennoude , est formée par la réunion dedeux branches qui prennent leur source aux environs de Lcuzeel de lierchies, dans le Hainaut. Ce n’est qu’à partir d’Ath que la Dendre prend son nom ; elle arrose cette province et la Flandre orientale, en passant par Lessines, Grauunont, Ninovc, Alost, et va se réunir à l’Escaut à Termonde. Elle est navigable depuis Ath, sur une longueur de 07,650 mètres; ses principaux affluents sont la Selle et la Marcq.
La burme , rivière canalisée, forme la continuation du canal de Moerwaert, dans la Flandre orientale, passe à Lokcren et se jette dans l’Escaut, par la rive gauche, près de Ticirode ; sa longueur est d'environ 33,300 mètres.
La byle prend naissance près du mont lloutain, au Sud-Est de Nivelles, province de Brabant, passe à Gcnappe, à Wavre et à Louvain; quitte la province à Muysen, entre dans celle d’Anvers, traverse Malines, reçoit la Senne à Battcnbrock, et se réunit à la Nèlhe, au village de ltumpst, pour former le Kupcl. Le cours de la Dyle est d'environ 86,000 mètres, dont 33,000 de navigation , depuis la jonction du Demer, un de ses principaux affluents, jusqu'à l eudroit où elle perd son nom. Scs eaux alimentent le canal du Louvain.
Le G ter ou Jaar prend sa source dans la commune de Lcns-Sainl-Kcmy, province de Liège, arrose la ville de Waremme, traverse la route à Orey, forme la limite entre la province de Liège cl celle de Limbourg, entre dans celte dernière province, passe à Tongres, revient dans la province de Liège, en sort de nouveau, après uu court trajet, baiguc le village de Saint-Pierre, et va se jeter dans la Meuse , par la rive gauche , à Maeslricht. Le Gecr reçoit les eaux de l’ïcrne et de la Mule, et donne le mouvement à plusieurs moulins à farine.
La Gelle. — La Grande-Gctlc prend sa source dans le canton de Perwez, province de Brabant, traverse la route de Namur à Louvain, arrose Jodoignc, llocgaerdc et Tirlciuont, reçoit la l'clitc-Geltc à Budingcn, passe à Belz, entre dans le Limbourg, et se jette dans le Demer près de Haelcn. — La PelHe-Getle a sa source à Thisncs,
territoire:.
dans la province de Liège, arrose la partie Nord-Ouest du canton de Landen, reçoit plusieurs petits ruisseaux par sa rive droite, sort de la province non loin de Neerhespen, entre dans le Brabant cl va porter ses eaux à la Grandc- Gette.
La Geule, qui prend naissance en Prusse, entre dans la province de Liège à Moresnet, puis dans celle de Limhourg, passe à Fauqucinont, reçoit la Guipe ou Galoppe et va se jeter dans la Meuse à une lieue environ au-dessous de Macstricht.
La Haine, autrefois navigable, avant la construction du canal de Mons à Condé, a donné son nom au Hainaut. Formée par trois ruisseaux qui se réunissent à Carrières, elle arrose Mons, Jcnunapcs, Sainl-Ghislain et Pommerocul , et se jette dans l'Escaut à Condé, après un cours de 15 lieues environ. Ses principaux alllucnls sont la Trouille, à Jcmmapcs, et la Honclle, près de Thivencelles. Aujourd'hui la seule partie de celte rivière qui soit encore navigable, et qui serve aux expéditions de charbons, est située sur le territoire de Boussu et de Hainin. Los bateaux qui prennent charge à ces rivages, viennent du canal de Mons et débouchent dans la Haine par celui de Curaman.
L'Howimc a sa source près de Saint-Hubert, dans le Luxembourg, entre dans la province de Namur à Jemelles, passe à Rochefort, et se rend dans la Lcssc un peu au-dessus d'Eprave, après avoir traversé deux conduits souterrains.
Le Hoyoux prend sa source près de Verlée, dans la province de Namur, entre dans la province de Liège, et se jette dans la Meuse à Hiiv, après avoir reçu, par ses deux rives, un grand nombre de petits ruisseaux. Le Hoyottx fait mouvoir un nombre considérable de papeteries, de moulins à farine, de forges et d’autres usines.
La Lesse prend son origine à Oponl, près de Paliseul, dans la province de Luxembourg, entre à Chanly dans la province de Namur, et s’engouffre, près de Bclvaux, dans une montagne calcaire, pour ne reparaître qu’à un quart de lieue plus bas, non loin de Han-sur-Lcsse. Elle sc dirige ensuite vers le Nord-Ouest, reçoit le ruisseau d* Ave, par la gauche, et les eaux de l'Homme, par la droite, à Éprave, puis elle continue son cours par plusieurs villages, et, grossie des eaux du NVimbc, du Wadiot, du Biron, de
l'Iwognc et du Mahoux, elle vient enfin se jeter dans la Meuse, dans la commune d’Anseremme, après un cours d’environ 14 lieues.
La Lieve, rivière canalisée, formant la continuation orientale du canal de Damme, prend sa source dans l'arrondissement de Bruges, parcourt l'arrondissement de Gand en passant par Eccloo, et sc joint au canal de Bruges à une lieue et demie Nord-Ouest de Gand; son développement est de 8 lieues.
La Lys, rivière canalisée, a sa source dans le département du Pas-de-Calais , entre dans la Flandre occidentale par Menin, passe par Courtrai , puis dans la Flandre orientale près d'OIsene, traverse Dcynzc, et après un cours trèssinueux d'environ 209,970 mètres, dont 90,000 en Belgique, sc jette dans ('Escaut, par la rive gauche à Gand. Cette rivière établit des communications très-impo riantes pas scs affluents navigables, ou les canaux qui sunisscul à elle; elle reçoit, en Belgique, la Mandèle et le canal do Bruges à Gand.
La Marck prend naissance dans les bruyères au Nord de Tumhout, dans la province d’Anvers, qu'elle parcourt sur une longueur de trois lieues deux tiers, passe près de Hoogstraclen, se grossit de plusieurs petits ruisseaux et va se perdre sur le territoire hollandais, à quelque distance au-dessous de Broda.
La Mvhaiyne prend sa source dans la province de Namur, près du village de Meux, traverse Méhaigne et Novillc-lcs-Bois, entre dans la province de Liège à Wasseige, passe par plusieurs communes, et 6e jette dans la Meuse près de Uuy. Les principaux affluents de la Méhaigne sont les ruisseaux de Longchamps , ifAschc et de Renigle, dans la province de Namur, et de la Socle, du Henemont, du Séron, dd Burdinal et de la Montzée, dans la province de Liège. Elle active plusieurs moulins à farine, a huile , etc.
La Moselle, rivière navigable, a sa source en France, dans le departement des Vosges, traverse les départements de la Mcurthe et de la Moselle, et se jette dans le Rhin, près de Coblence; elle entre en Belgique un peu au-dessous de la petite ville de Sierk, côtoie une partie de la province de Luxembourg, qu'elle sépare de la Prusse, et marque la limite entre les deux pays. Elle passe à Rcmich, Grcvenmacher et Wasserbillig, où elle reçoit les eaux de la Sure.
TERRITOIRE
La A ’èlhe. — La Grande-Nèlhc a sa source près d'IIcchtcl, dans la province de Limbourg, pénètre bientôt dans la province d’Anvers, et va se réunira la Petite-Nèlbc, à Lierre, après avoir arrosé plusieurs communes. Celte rivière, dont le cours est d'environ 14 lieues dans la province d’Anvers, n’est navigable que jusqu'à Westerloo. — La Pelite-Nèthe prend uaissauce dans les bruyères de Postel, de la province d’Anvers, passe par Ucrcntbals et Lierre, où elle se réunit à la Grande-Nèthe, après un cours de 10 lieues. Elle u'esl navigable que jusqu’à Grobbendonck. Ses principaux affluents sont le Wympc, l’Aa, le Pullesche-Beek et le llanck-Beek , qui s’y jettent tous par la rive droite. — • Ces deux Nèllies forment, par leur jonction à Lierre, une nouvelle rivière appelée la Nèthc, dont le cours est d’environ 3 lieues, et qui passe près de DufTel et à Waclhem, où elle traverse la route de Malines à Anvers. Grossie par le confluent de la Senne et de la Dyle, et par les eaux du canal de Louvain, près de Rumpst, elle prend le nom de Rupcl.
La Nèllie est navigable pour des bateaux d'assez forte dimension, qui peuvent la remonter sous voile jusqu'à Lierre.
L'Orncau a sa source près de Perwcz, dans le Brabant, entre dans la province de Naiiiur, arrose Gembloux, et, après un cours de quatre lieues et demie, se jette dans la Sambrc à Jcmeppc.
Cette rivière alimente un grand nombre d’usines.
L'Our prend naissance à Sainl-Vilh, en Prusse, dont elle forme la limite avec le Luxembourg, se dirige vers Vianden qu’elle traverse et où elle se réunit à la Sure.
L 'Ourle est formée par la réunion de deux brandies qui prennent leur source dans la province du Luxembourg, l’une au village d'Ourle, à trois lieues au Nord-Ksi d’Houflalizc, l’autre près de Bemagne, au Sud-Est de Saint-Hubert : ces deux branches, réunies à deux lieues au Sud-Est de Laroche, forment l'Ourlc proprement dite, qui sort de la province au-dessous de 'Bornai , pour aller se jeter, par trois embouchures principales, dans la Meuse à Liège. Sur l'étendue que l'Ourte parcourt, elle arrose Houflalize, Laroche, Durbuy et Barraux, dans le Luxembourg, et passe par Tilf et Chênéc, dans la province de Liège. Celte rivière est navigable depuis Laroche, sur un développement de 102,000 mètres; mais ce n’est que de Barvaux à Liège que
sa navigation prend de l’activité. Ses principaux aflluents sont l’Amblève et la Vesdrc dans la province de Liège.
Le Piéton a sa source dans la commune du même nom, dans le llainaut, passe à Gosselies, et se jette dans la Sambre à Cliarleroi. Ses eaux alimentent une partie du canal de Cliarleroi.
La Iloer prend sa source dans les états prussiens, régence d'Aix-la-Chapelle, entre dans la province de Limbourg, près de Ylodorp, et se joint à la Meuse à Buremonde; son cours, en Belgique, est de deux lieues.
Le llupcl, rivière navigable, se forme près de Rumpst, dans la province d'Anvers, par la réunion de la Nèthc cl de la Dyle grossies des eaux de la Senne, coule entre les arrondissements d'Anvers et de Malines, passe à Boom où il reçoit le canal de Bruxelles, et va se joindre à l’Escaut, presqu’en face de Rupelmondc, après un cours, généralement très-large, d’environ deux lieues et demie.
La Sambre a sa source dans le département de l’Aisne, passe dans celui du Nord et entre dans le llainaut à Erquelinnes, baigne la ville de Thuin et un grand nombre de communes; traverse les villes de Charleroi et de Châtelet, puis elle pénètre dans la province de N’amnr, un peu au-dessous d’Aiseau, coule au pied de la citadelle de IN’amuret y forme son confluent avec la Meuse. Des bateaux du port de 55 à 120 tonneaux peuvent naviguer sur cette rivière dont le développement, en Belgique, est de 94,556 mètres. Ses principaux aflluents sont la Thure, la rivière de Beaumont, la Bicmèlc, l’Heure , l'Acoz et la Biesmes, dans le llainaut, et les ruisseaux de Floreffe et de Malonnc, et l'Orneau, dans la province de Na mur.
La Semois prend naissance prèsd’Arlon, dans la province de Luxembourg, passe à Étalle et à Chiny, sort de la province, à deux lieues à l'Ouest de Bouillon, et va se jeter dans la Meuse, entre Charleville et Bavin, eu France.
La Senne prend sa source dans le bois d’Ottignies, province de llainaut, passe à Soignics, pénètre dans le Brabaul, arrose liai, Bruxelles et Vilvorde, et sort de la proviucc pour entrer dans celle d’Anvers où elle se jette dans la Dyle à Baltenbroek. Le cours de la Senne est d'environ 25 lieues; scs eaux alimentent le canal de Bruxelles à Willcbroek.
TERRITOIRE
La Sure prend 6a source dans le bois de Wase, au Nord du village de Vaux-les-Rosières , dans la province de Luxembourg, traverse à Martelange la grande route d'Arlon à Bastogne, arrose les territoires de Diekirch et d’Echternach, et se jette dans la rive gauche de la Moselle à Wasscrbillig. Celte rivière, dont les principaux affluents sont la Willz, l’Alzettc et l’Our, ne devient navigable qu'aux environs d'Ettelbruck.
La Trouille prend naissance à Grand-Reng, canton de Mcrbcs-le-Cli;Ueau, dans le llainaut, sc dirige vers la France et rentre immédiatement dans le llainaut, partage la ville de Monsen deux parties inégales, se réunit à la llainc, sur le territoire de Jcmniapes. Ses principaux affluents sont la rivière de Nouvelles et Rognaux. Un grand nombre d'usines sont établies sur ses bords La Trouille est navigable depuis le pont de l'hôpital de Mons jusqu'à son confluent avec la Haine à Jcmmapos.
La Yclpe prend sa source dans le Brabant, entre Louvain et Tirlcmont, passe à Corlenacken, pénètre dans le Limbourg ou elle arrose Haeleo et se réunit au Demer, à une demi-lieue de Riest.
La Vendre, rivière navigable, a sa source en Prusse, entre par Ncau, dans la province de Liège, sépare la ville de Limbourg du village de Dolhain, passe par Verviers, arrose Chaudfontaine, et va se jeter dans l'Ourte à Chénée, après un cours de six lieues environ. Les eaux de cette rivière servent à alimenter un grand nombre 1 d'usines et la pompe des bains de Chaudfonlainc. Ses principaux affluents sont la Gileppe, le Hockel, le Mangonbroux, le Dison, la Hocgnc et le Ri-de-.Mosbeux. Entre Yervicrs et Limbourg, et à Pépinster, la Ycsdre se perd sous des roches calcaires pour reparaître à une demi-lieue plus loin.
La Wormt a sa source et son embouchure en Prusse; elle entre dans la Province de Limbourg à Kerkraede et en sort au-dessous du village de Rimbourg pour aller se réunir à la Roer.
L 'Y perlée, rivière canalisée, qui donne son nom à la ville d’Ypres, prend naissance à Zillebeke, dans la Flandre occidentale, qu'elle arrose .sur une longueur d'environ 15,000 mètres, dont 2,(100 en navigation, et va se jeter dans FYzer, au fort de Knockc (aujourd’hui démoli).
L’Fxer, l'une des plus utiles rivières de la Flandre pour l'assèchement des terres, a sa source dans le département du Nord, pénètre sur le territoire belge, au village de Ronsbrugge où elle devient navigable, reçoit l’Yperlée, passe près de Dixmude et se jette dans la mer à Nicuporl.
La Zu'alm , formée par la réunion de plusieurs ruisseaux qui prennent leur source dans la partie méridionale de l'arrondissement d’Audenaerde, arrose plusieurs communes et se jette dans l’Escaut, à une lieue et demie Nord d'Audcnacrde.
Puits artésiens. Le premier essai en ce genre qui ait été fait en Belgique, est dû A M. Jobard qui creusa le premier puits en 1828 près de Mariembourg (province de Namur) au moyen d’instruments perfectionnés par lui; il atteignit à une profondeur de 75 pieds dans un banc de phylade ou ardoise dure. Depuis, des travaux de sondage furent entrepris avec plus on moins de succès sur plusieurs points du Brabant : à Tirlcmont, lloegaerde et Pietrain, Courl-S 1 - Étienne, Glahbais, Waterloo, et à Bruxelles sur les bords de la Senne. Des tentatives furent également faites, mais inutilement, à Hassell (Limbourg) et à Anvers. 11 existe aussi un sondage dans une commune près de Bel-OEil (llainaut). C’est à Tirlcmont que les puits artésiens se trouvent en plus grand nombre : l'administration de la ville en a fait creuser quatre depuis 1834; leur profondeur varie de 156 à 270 pieds, et dans trois d'entre eux l'eau jaillit à la surface de la terre. La mémo ville possède encore d'autres puits forés par des particuliers; dans plusieurs l’eau est ramenée à un, deux et trois pieds au-dessus du sol. Le puits de Cessingen, près de Luxembourg (partie cédée à la Hollande), touche à la couche salifèrc à une profondeur de 1787 pieds qui dépasse de beaucoup la plus profonde excavation du pays, celle des houillères de Seraing qui ont au-delà de 1400 pieds (470 mètres), et approche de très près de la plus grande profondeur qu'on connaisse, celle des mines d'argent de Guanaxuato au Mexique, qui avaient, suivant Malte-Brun, 1840 pieds en 1804. Le forage de Cessingen, qui a exigé 25 mois de travail à partir de février 1837 et a coûté 116,500 fr., est abandonné par suite de la dissolution de la société qui avait obtenu la concession de cette vaste et difficile entreprise.
TXftRITOIRE.
Climat. Notre climat doit être rangé parmi les climats variables, avec une tendance néanmoins à se rapprocher des climats excessifs. Kn général, l'air est vif et sain dans le pays montagneux ; humide et brumeux dans la plaine : le Uainaut, le pays de Naniur et le Luxembourg, paraissent être les provinces les plus salubres du royaume; les deux Flandres sont dans une position opposée. En hiver, les vents de la mer amènent dans les provinces d’Anvers et des Flandres nne température froide et malsaine, et l'influence des polders y fait naître, chaque année, des fièvres intermittentes. Dans notre pays, la température du mois d'octobre et celle de la fin d’avril représentent assez bien la température moyenne de l'année; on compte annuellement à peine une douzaine de jours parfaitement sereins d'un bout à l'autre.
Le sol de la Belgique est sujet à l'humidité ; l’hiver, ou plutôt la saison pluvieuse, est souvent précoce et se prolonge assez tard; le mois de
novembre et celui d'avril sont presque toujours pluvieux. Ccst vers le milieu du mois d'avril que les hirondelles viennent annoncer l’été aux bords de l'Escaut. — Dans nos ports, comme dans ceux de France, les plus grandes marées suivent d’un jour et demi, à peu près, la nouvelle et la pleine lune. Voici la hauteur moyenne des marées pour quelques points des côtes de Belgique.
Fort Sainte-Marie I"* 20
Anvers 1 92
Nieuport I 96
Ostende 2 22
Blanbenberg 2 28
MÉTÉonoi.OGiE. Le tableau ci-après offre les résultats généraux des observations météorologiques faites, quatre fois par jour, i l'Observatoire de Bruxelles, tels qu'ils sont publiés, tous les ans, par M. Quctelet, dans l'Annuaire de cet établissement, et dans les bulletins de l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles.
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