RÉSUMÉ
Litl* des puissance» dont Us navires jouissent , en Belgique , de l'assimilation aux navires du pays, et chez lesquelles nos navires sont, en revanche, traités sur le même pied que les navires nationaux (i).
Amérique septentrionale.
Angleterre.
Autriche.
Brème.
Brésil.
Danemarck.
Hambourg.
Lubeck.
Mecklenbourg.
Norwége.
Oldenbourg.
Oost-Frise (Hanovre).
Portugal.
Prusse.
Russie.
Rio de la Plata (Provinccs-Unics de).
Salonique.
Sardaigne.
Suède.
Syrie , y compris Alep et x\lexandrie.
Turquie, et en général tous ceux qui naviguent sous pavillon turc et appartiennent à quelque partie de l’Empire Ottoman.
Chambre» de Commerce.
Comme représentation directe des intérêts commerciaux et industriels du pays, les Chambres de commerce et des fabriques recherchent constamment ces intérêts, les étudient et les font connaître au Gouvernement qu’elles secondent dans scs investigations et dans l'accom plissement de la tâche qui lui incombe comme dépositaire des intérêts généraux de la Société. Les fonctions des Chambres de commerce et des fabriques sont purement consultatives; elles sont réglées par l’arrêté du 8 octobre 1815, mais il est question de réviser
(i) Cette liste ne comprend pas les nations avec lesquelles des traités de commerce ont été conclus depuis 1858, année à laquelle s’arrêtent les tableaux du commerce. Parmi les puissances avec lesquelles des traités de commerce et de navigation ont été conclus depuis 1858, sc trouvent 1a France, l’Espagne, les Etats-Romains et la Grèce. — Voy. Recueil de lois maritimes et commerciales , d'actes et traites de commerce, contentions pour l'abolition du droit d'aubaine, etc., etc., par Martial Cloqnet; 1 vol., Brux., 1840.
cette matière par une loi. — Aujourd'hui ces Chambres se composent comme suit :
Anvers. . . .
. il membres.
Bruxelles. . .
Louvain. . .
Bruges. ... *
Ostende. . .
Courtrai. . .
Y'pres. . . .
Garni. . . .
S* -Ni colas. . .
Mons. . . .
Tournai. . .
Cliarleroi. . .
Liège. . . .
Verriers. . .
Naniur. . . .
Dans le Limbourg et le Luxembourg (à Hasselt et h Arlon ) , les fonctions de Chambre de commerce sont remplies par la Députation permanente du Conseil provincial.
Résumé de la «itcintloai Industrielle et commerciale du pays.
Une de nos Chambres de commerce, celle de Liège, a présenté l'état du pays sous le double point de vue commercial et industriel , dans un rapport du 50 août 1859, adressé au Départctement de l'intérieur; elle croit que le meilleur moyen de mettre un terme à l’état de malaise dans lequel se trouvent l'industrie et le commerce, serait de conclure des alliances commerciales avec l'Allemagne et la Hollande. Ce document est un exposé bien réel de la situation manufacturière et commerciale, non seulement de la province de Liège, mais de la Belgique en général; il présente avec une grande précision, a dit l’auteur de la proposition d'enquête commerciale dont il sera parlé lout-à-l’ heure, les causes de la détresse de notre industrie d’exportation et de l’impuissance de notre commerce extérieur : c'est pourquoi nous avons cru devoir en donner ici la reproduction textuelle.
Liège, 50 août 1839-
A .V. le ministre de F intérieur et des affaire* étrangère* , à Bruxelles.
Monsieur le Ministre,
La crise financière qui, h la fin de l'année dernière , s’est aaanifestcc en Belgique , et dont Liège a surtout
RàsUMf,
ressenti le contre-coup, a , ainsi que les complications politiques survenues à la suite de l'acceptation des XXIV articles, introduit dans les affaires en général une perturbation et une incertitude dont il convient de tenir compte dans l'appréciation de notre situation industrielle et commerciale.
Placée sous l'influence de ces circonstances, la chambre a cru devoir déroger à ses précédents en modiiiant le cadre dans lequel elle avait l'habitude de retracer les vicissitudes qu'ont subies le commerce et l'industrie de notre province.
Elle a pensé, M. le Ministre, qu’elle servirait utilement les intérêts qui lui sont confiés en vous exposant les craintes que lui donne le présent.
Les commotions produites par la crise financière perdent de jour en jour de leur intensité première; cependant la eonlinnce est lente à reliai Ire; le capital continue à se montrer timide et & fuir la circulation ; le crédit, en un mot, n'est pas encore rétabli; mais c’est là une épreuve passagère qui bientôt , nous aimons à le croire , ne laissera plus après elle qu’un sévère enseignement destiné à nous garantir d’entreprises trop aventureuses et à imprimer à l’esprit d’association une direction plus sage et mieux appropriée aux besoins de l'époque.
Une considération plus grave et plus digne à la fois de toute la sollicitude du gouvernement , ce sont les futures destinées que réservent au négoce et à l’industrie de notre province le prix actuel de la production industrielle et manufacturière , nos alliances commerciales avec les autres nations, nos moyens de communication et de transport, enfin les suites de l’acceptation des vingt-quatre articles, qui ont fixé la délimitation de nos frontières.
Ce traité, M. le Ministre, a considérablement rétréci le rayon dans lequel s’exercait le commerce de débit d’objets manufacturés, des liquides, ainsi que des denrées coloniales et indigènes.
Liège était depuis un temps immémorial en possession d’approvisionner, en gronde partie, les villes et les nombreux villages qui garnissent les deux rives avalantes de la Meuse.
Les transactions commerciales étaient alimentées dans les localités que nous venons de désigner, et particulièrement dans les bourgs et villages qui s’échelonnent depuis Eysden, Meerssen , Fauqucumnt, (îaloppc, Kerkraede, Hcerlcn, jusqu’à la frontière prussienne, au moyen du commerce interlope que les habitants de ces contrées entretenaient avec la Prusse et la Hollande.
Liège recevait en retour les grains et le bétail , qui font surtout l’objet des opérations mercantiles des négociants du bas de la Meuse.
Ce système d'échange, mutuellement avantageux, avait étubli entre les deux provinces une co-relation commerciale qui avait fait échouer les efforts de la concurrence étrangère.
La perte de ces débouchés est d’autant plus importante , que Liège ne peut espérer étendre ses relations dans les autres parties du Limbourg, lesquelles sont
placées dans le voisinage d’Anvers et retirent directement de cette ville les objets de consommation.
Le territoire cédé dans le Luxembourg recevait également de notre ville une grande partie de ses approvisionnements ; le commerce de cette contrée appartenait du reste à Liège, non-seulement par la disposition topographique des débouches, mais aussi par la raison que Liège se présente à ce pays comme point de convergence vers lequel affluaient, au moyen du batclagc sur la Meuse et sur l’Ourte, ses productions minérales et forestières, ainsi que les denrées animales et agricoles.
Sans pouvoir préciser la perte qu'essuiera, de ce chef, le négoce de notre province, nous pensons qu'elle diminuera au moins d’un quart l’ensemble des operations commerciales.
C’est là, M. le Ministre, une nécessité à laquelle il fout se résigner sans sc plaindre, c'est une partie du contingent que Liège apporte dans les sacrifices que nous vaut le traite de paix avec la Hollande; aussi les observations qui précèdent ont - elles moins pour objet d’exprimer de stériles regrets que de concilier à la province la sollicitude du gouvernement et d'appeler son attention sur la part que Liège a droit de réclamer, en compensation de pertes éprouvées, à titre de justice distributive, dans les ameliorations de son régime industriel, dans la navigation de lu Meuse, dont les destinées sont aujourd’hui l’objet do négociations diplomatiques, et dans les travaux susceptibles d’en faciliter la navigation.
Telles sont les observations générales que comporte l’étal actuel du commerce et du négoce dans la province.
En abordant l'examen de notre situation industrielle, vous eussiez , M. le Ministre, partage la satisfaction que la chambre eût éprouvée à vous présenter, sous des couleurs moins sombres, les phases qu’ont parcourues celte année nos divers genres de fabrication. Mais on eut méconnu vos intentions, si clairement manifestées dans votre dépêche du 31 juillet dernier, de connaître les causes qui ont contribué à l'allanguisscmcnl de l’industrie, si nous avions mis quelque restriction à l'impartialité des renseignements demandés.
Le moyen, en effet, d'appliquer un remède efficace, c’est de mettre lu plaie à découvert; exposer les causes réelles de notre malaise, c’est déjà foire entrevoir la possibilité d'échanger l'actualité contre un meilleur avenir.
Parmi les industries dont l’état de souffrance ou de prospérité exerce le plus d'influence par les nombreuses ramifications qui la rattachent au commerce en général, lu production et le traitement du fer forment dans la province l’une des brauchcs les plus importantes de la fabrication.
L'extension qu’elle a prise est telle que ses produits débordent les besoins de la consommation indigène.
Il s'agit moins d’empêcher l’introduction du for étranger que de s’efforcer à verser au dehors la partie surabondante de ee métal; ce dernier résultat obtenu, l'importation n’est plus à craindre.
ut: mm K
Le grand problème a résoudre consiste donc à pouvoir produire à meilleur compte que les autres nations; en d'autres tenues, h dompter la concurrence étrangère : cette victoire industrielle devient un préalable indispensable à l'écoulement de l'excédant de nos fahricats.
La nécessité d'obtenir des débouchés par suite de traités de commerce ne vient qu’en seconde ligne.
Cependant on se montre généralement plus préoccupé du soin d’obtenir des débouchés nouveaux que d’aviser aux moyens de rendre la fabrication moins coûteuse.
Une des conditions essentielles pour arriver à ce dernier résultat consiste dans la jouissance d'un prix de main-d'œuvre proportionné; mais dans ces dernières années on s’est complètement écarté de ces vues sages en économie ; on a généralement, empiétant sur l’avenir, exécuté à l’envi d’immenses constructions; des sommes considérables ont été simultanément dépensées en bâtisses do toutes espèces; les ouvriers recherchés de toute part, parce qu’ils ne sufilsaicnl pas à la demande, ont exigé une augmentation de salaire hors de proportion avec leur travail.
Les combustibles, les matériaux ont renchéri audelà de la valeur réelle , le prix des subsistances s’est accru outre mesure, et la conséquence de ces augmentations successives ne peut aboutir qu’à une forte réduction des capitaux imprudemment employés dans une foule d’entreprises.
Ce renchérissement des salaires sous le rapport des manufactures, hauts-fourneaux, usines à fer, etc., tend à placer les ouvriers belges sur le pied des ouvriers anglais, et nous perdons ainsi les seuls avantages sur lesquels nous pouvions compter pour soutenir la concurrence de l’Angleterre.
En présence de cet état de choses, qu’il soit permis à la chambre d’insister sur cette question vitale pour notre industrie, et dont la solution ne peut s'obtenir que par le concours réuni du gouvernement et des industriels.
Une des causes premières de la cherté de nos produits, et sans contredit la plus rationnelle, c’est le renchérissement de la main-d’œuvre, laquelle, à son tour, est en partie le résultat du prix élevé des céréales.
La loi qui admet ou prohibe riinjKirtation de cette denrée équivaut en quelque sorte à une prohibition , puisqu’elle tixe le minimum du prix, et enlève u la S|>éculnlion toutes les chances favorables; en efTet. le capitaliste qui, s'étant enquis des besoins probables du pays, achète dans le Nord des approvisionnements en grains, alors que l’entrée est permise en Belgique, risque toujours de voir ses achats repoussés de nos marchés, vu qu’il peut, lorsqu’ils arriveront dans nos ports, survenir dans la cote des prix une baisse qui atteigne le taux auquel l’entrée est interdite.
Cette éventualité, qui entraîne à sa suite l’obligation d’entreposer, les déchets et la perte de qualité qu'essuient les grains en vieillissant, »’op|>osent à ce qu’il nous arrive de l’étranger des céréales susceptibles d’être livrées à la consommation a un prix convenable.
Il résulte encore de oc système de législation , qui protège outre mesure les intérêts agricoles, que le prix normal des grains sera celui auquel l'importation est prohibé ; ce taux est trop élevé , et tend non seulement à une augmentation progressive et permanente des salaires, mais aussi à propager le paupérisme. Les événements qui agitent en ce moment l’Angleterre nous disent assez combien il importe de garantir le pays de ce terrible fléau.
Une autre cause, qui concourt également à maintenir la cherté de la main-d’œuvre et des céréales, consiste dans le prix du bétail, dont l’importation pourrait , dans les circonstances actuelles , devenir l’objet d’une transaction avantageuse dans les négociations entamées avec la Hollande.
U est pour la vie industrielle un autre objet de première nécessité, qui en constitue l’élément générateur, c’est le charbon de terre. Ix?s variations que subit le prix de ce combustible réagissent d’une manière incessante sur toutes les branches de la fabrication.
Le taux auquel il se cote actuellement ne doit pas laisser aux productions métalliques, et surtout à celles du fer , l’espoir de se relever bientôt de l’état de langueur et d’inaction qu’elles éprouvent.
U arrive ainsi que ni la fonte, ni le fer ouvré, non seulement ne peuvent s’exporter, mais encore qu’ils peuvent à peine, malgré un droit protecteur, écarter des marchés de l'intérieur les fabricats similaires des autres nations, aujourd'hui surtout que l’Angleterre cherche à faire argent à tout prix; cependant nos moyens de production dépassent , ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer plus haut, les exigences de la consommation indigène.
Parmi les causes qui concourent à maintenir le prix exagéré du combustible, il en est une que la chambra croit devoir signaler à l'attention du gouvernement; elle réside dans la singulière combinaison adoptée par la plupart des sociétés qui ont entrepris l'exploitation des charbonnages.
L’extension donnée à l’extraction de la houille , loin d’en diminuer le prix, tend au contraire à le faire hausser ; c’est qu’en effet , à côté d'un producteur vient se pincer un agent qui en absorbe le revient sans compensation utile.
Tel est le résultat des hauts-fourneaux , qui semblent former l’accessoire obligé des exploitations charbonnières ; les bénéfices qui proviennent de cette dernière industrie compensent les pertes de la première; il y a, pour ainsi dire, une production égnle en fonte et en charbon; en sorte que la houille nécessaire aux transformations diverses dont le fer est susceptible manque ou bien est cotée à un prix trop élevé, et refuse son indispensable concours aux diverses branches de la fabricat ion.
Le moyen de parer à ees inconvénients, c’est d’admettre les houilles étrangères moyennant une diminution d’une moitié sur les droits d’entrée. Une exportation de houilles de l’Angleterre contribuerait à rapprocher ce combustible à un taux uniforme pour les deux pays.
nbiiHK.
Cette inintelligence dans la distribution des agents producteurs, donne pour conséquence finale une fonte qui ne peut s’exporter à l’état brut, ni devenir à l’intérieur l'objet d'une fécondante industrie, et entraîne à sa suite le renchérissement des produits de nos manufactures cpii empruntent généralement à la vapeur les forces motrices qui leur sont nécessaires.
Placés dans cette position critique, les propriétaires des liauts-fnumeaux fondent leur espoir sur une future augmentation du prix du fer.
Cependant , à moins d‘une hausse sur le même métal en Angleterre, celle qui pourrait avoir lieu et» Belgique serait nuisible à l'intérêt de tous les fabricants qui emploient le fer pour des articles destinés à être exportés, car alors In concurrence sur les marchés étrangers n’est plus soutenable.
Os observations conduisent à cette conséquence que le producteur de fonte doit nécessairement trouver dons l’économie de ses procédés, dans l'abondance d'un minerai k bon marché, dans lu diminution du prix du combustible, dans rabaissement des salaires, et enfin dans la réduction de ses frais généraux, le moyen de réaliser un bénéfice modéré, tout en maintenant les cours actuels, afin que le grand nombre <Tindustrii*s dont le fer constitue la base puisse produire pour l’exportation.
La nomenclature de ces objets est des plus importantes; elle comprend les machines à vapeur, les locomotives, les mécaniques en général, les chaudières, les rails, les moulages en fonte, dont l’extension s’accroît de jour en jour, les armes, les clous, la quinraiflcritx, les outils de taillandiers, etc. , etc.
Cette citation choisie übiis les diverses branches do la fabrication dont le fer est l’élément essentiel est susceptible d'être appliquée a d’autres objets de manufacture; mais elle suffit pour prouver que l'avenir industriel de la Belgique, resserrée dans ses étroites limites, dépend du lias prix de ses produits, et que les efforts du gouvernement , comme ceux des entrepreneurs d'industrie, doivent tendre à adopter les mesures les plus propres à atteindre ce but.
La question des débouchés et de l’économie des transports se présente dans les conjonctures actuelles, comme l’une des plus dignes de l'attention du gouvemement.
Cernée depuis la mer du Nord jusqu'à la Prusse par les douanes françaises, et de là jusqu'à la Hollande par celles de l'association allemande, la Belgique n'importe dans chacun de ors pays qu’une petite quantité des produits de son sol et de son industrie.
Les seuls pays qui pré-c nient quelques moyens d'exportation, sont la llollundc, le Levant et les Amériques; mais l'introduction de nos fabrieats dans ces contrées ne peut, dans l'hypothèse où l’industrie jiarvicnne à produire à un taux qui soit en rapport avec les prix des objets similaires fabriqués soit en Fronce, soit en Allemagne et surtout en Angleterre, s’oiitenir et s’accroître que sousla condition que le transport s’oj ère avec autant d'économie que celui des nations rivales.
C'est une nécessité de notre situation au centre de grands états qui ont adopté un système exclusif ou
des droits équivalents à la prohibition , nécessité qui crée pour le gouvernement l'obligation de seconder l’industrie qui s’efforce de faire bien et à bon marché; le moyen dont il |>eut disposer consiste surtout à doter le pays de voies de transports à la fois faciles et peu coûteuses; les roules, les canaux, l'amélioration de la na\igation de nos rivières et de nos canaux peuvent en partie contribuer à nous faire jouir de cet avantage.
On ne peut se le dissimuler, les circonstances actuelles font naître à ce sujet de tristes et de désespérantes réflexions ; do forts péages pèsent sur nos rivières sans eu améliorer le cours navigable, uu droit de barrière élevé étaldi sur nos grandes rouira, le chemin de fer ne réalisant , au prolit du commerce, qu'une partie des avantages qu'il avait promis, et tardant à arriver à la frontière prussienne : ces faits gênent et chargent de frais do toutes sortes le transport par terre et par eau.
L'état d'uhandon de la Meuse est surtout déplorable : déjà M. le gouverneur de Namur a signalé Ira inconvénients que la navigation rencontre dons la province confiée à son administration.
À Liège cette rivière, sur plusieurs points, présente des olwtaclra souvent insurmontables. L’est ainsi que depuis uu mois les bateaux mémo d’un petit tonnage, et n’exigeant qu'un faible tirant d’eau, vicuncul journellement, au risque d'échouer, s’engraver à l’entrée du Pont-des- Arches.
Pendant la saison d'hiver, scs atterrissements, résultant du défaut de dragage, se convertissent en rcscifs d'autant plus dangereux qu’ils sont moins apparents.
Le mauvais.ëliit des chemins de hallage, la construction vicieuse du pont qui modifie le cours de l'eau , et dont les arches offreut , pendant une partie de l’année, un passage insuffisant sous le rapport de la hauteur du débouché, sont autaut d'entraves suscitées à la navigation.
Compromis par ces obstacles matériels, le batelagc sur la Meuse est menacé d'un complet anéantissement, si jamais l'arrêté du roi des Pays-Bas du 1 1 juin 1830, qui applique à cette rivière le tarif de Mayence, reçoit son exécution. Il résulte des dispositions contenues dans cet arrêté, que les droits établis sur la navigation des eaux de la Hollande sont tels que les bateaux l>elges ne peuvent soutenir la concurrence avec les bateliers de Macstricht et du Limbourg hollandais, qui sont affranchis de toute redevance en oc qui concerne le batelagc proprement dit.
l^es mesures restrictives du gouvernement hollandais ont la double portée de favoriser le batelage et d'encourager la construction des bateaux; c’est ainsi que, pour jouir de toutes les exemptions accordées au pavillon néerlandais, il ne suffit pas que les bateliers soient domiciliés et patentés en Hollande, il faut en outre que les bateaux y soient construits et Oaptuéa.
Cet état de choses destructif du batelage aura en outre pour résultat de laisser aux bateliers hollandais la latitude d’adopter, pour les transports, un tarif d'autant plus élevé qu’ils n’auront aucune concurrence à redouter.
RFSUMÉ
O traité et se* disposition* accessoires enlèvent | aussi aux provinces de Liège et de Namur, outre leur j industrie batelière, le moyen d'expédier directement leurs produits dans les villes de Kntterdam, Dordrecht , Amsterdam, etc., etc., et par conséquent la Faculté de rencontrer dans ces ports des navires qui, entreprenant des voyages de long cours, prendraient à tard les expéditions en destination soit pour les États-Unis, les Indes, les côtes du Levant, soit pour d'autres contrées lointaines.
Cet intermédiaire qu'offri raient les villes maritimes serait d'autant plus important qu'il ne sc rencontre que bien rarement à Anvers des navires qui puissent »o charger de nos expéditions pour les contrées que nous venons d'indiquer.
C’est ainsi, pour ne citer qu’un exemple, que, depuis 1830, nos fabricant* d’armes sont obliges de confier leurs ehargemens au roulage, qui les voiture au Ilâvre, d’où on les embarque pour les États-Unis.
Outre cet inutile et dispendieux circuit, les fabricats scfal soumis r de nombreuses visites douanières et sujets à essuyer les détériorations inséparables des déchargements successif» que nécessite le mode de transport par roulage.
Les inconvénient* qu’éprouve de ce chef la fabrication «les armes s'appliquent à la plupart des branches de notre industrie et de nos manufactures.
Cependant il faut, nous le répétons, de toute nécessité , pour rendre possible In concurrence sur les marchés de l'extérieur, que l'exportation de nos produits puisse s’effectuer à l’aide de moyens de transport aussi prompts, aussi économiques que ceux dont jouissent les pays les plus favorisés sous ce /apport.
Ln nécessité de contracter, avec les nations du continent, des alliances commerciales se présente aujourd’hui avec une importance qu’elle n’avait pas alors que notre état de guerre avec la Hollande plaçait h Belgique dans une position équivoque et exceptionnelle à l'égard de certaines puissantes.
Aujourd’hui que notre indépendance est reconnue, que notre rang dans le inonde politique est fixé, il est urgent de sc soustraire, sous le rapport commercial, à l’influence de l'Angleterre et de la France, dont les actes et les tendances, semblent prouver qu'elles sont plutôt intéressées à notre ruine qu’à notre prospérité industrielle.
Les efforts réitéré* du gouvernement pour obtenir de b France l'adoption d’un tarif de douanes approprié aux tasoins des deux pays téinoigneut assez du mauvais vouloir de celle puissance et de l'insuccès réservé a de futures tentatives destinées à dompter l’esprit exclusif de cette nation qui , actuellement encore , menace d’un nouveau droit d'entrée les produit* de notre industrie linière et prouve ainsi que , loin de vouloir consacrer pour l'avenir un système plus libéral, elle persévérera au contraire dans sa politique anti-commerciale.
louant à l’Angleterre, où les productions similaires aux nôtres surabondent , la réciprocité dans les relations devient impossible parle fait de sa supériorité induit rielle et manufacturière; heureux si nous par-
venons à écarter de nos ma reliés la concurrence de nos voisins d'oui re-mer.
Ce serait réellement se complaire dans nnc décevante illusion que de se reposer sur la France et l’Angleterre du soin de protéger nos intérêts industriels; comment, en effet, leur supposer des intentions bienveillantes à notre égard, alors que le* organe* de la pensée ministérielle du gouvernement français invoquent, pour justifier l'augmentation progressive des droit* de douanes, les services rendus à lu Belgique lors de l’invasion de farinée hollandaise , cl qu’il* préconisent l’état avancé de noire industrie pour repousser toute alliance commerciale et douanière; c’est assez nous dire que la France ne consentira à donner accès à nos produits qu’alors qu’elle aura tout à gagner et rien à nous offrir en compensation.
Là ne s'arrêtent pas les prétentions exorbitante* de la France; pour conserver entière son influence sur les destinées de notre pays sans déroger a son système prohibitif; non seulement elle s’oppose à toutes concessions réciproques, clic s’efforce d’éviter à la Belgique tout contact avec les autres nations, et se montre, sous ce rapport , d’accord avec l’Angleterre, pour préparer par cet isolement la chute de notre industrie, soit afin de nous rendre tributaires de la sienne, soit pour pouvoir lever les obstacles qu'elle rencoutre dans le prétendu avancement de notre industrie et nous présenter à la suite un traité qui lui assure tous les bénéfices.
Ce rôle, tout à fait secondaire, que voudrait nous assigner la France, né peut sc concilier avec la dignité de notre indépendance , avec notre fierté nationale. La chambre, M. le Ministre, applaudit à la résolution que vous avez prise d'envoyer auprès des état* de l’Allemagne des agents capables de pressentir le* dispositions de ces puissances et de prouver ainsi que le temps est venu de secouer le protectorat de la France , et qu’il y a moyen d’acquitter envers elle b dette contractée au jour du danger, sans compromettre notre existence industrielle et commerciale.
Vous avez compris, M. le Ministre, qu’il y avait hâte de sortir de cette fausse position, que, pour l’industrie, attendre c’est languir, ou plutôt succomber sous espoir de se relever.
L'inaction pendaut une année consommerait notre ruine , nous perdrions en quelques mois l'expérience si laborieusement acquise pendant 20 .'innées de dispendieux essais et par l'avance d’un capital considérable.
Liège deviendrait ainsi b victime de ses propres succès cl de sa confiance dans le gouvernement, qui, par les encouragements qu’il a accordés à l’industrie, serait involontairement complice de cette désastreuse péripétie.
Vous avez compris aussi, M. le Ministre, que le temps presse, qu’il y a urgence de sc rallier aux nations du continent chez lesquelles il est possible de rencontrer des tendances commerciales susceptibles de sympathiser avec les nôtres.
Inutile de dire que ce résultat ne peut s'obtenir qu’nutnul qu’il se fonde sur le* intérêts matériels, qui
seuls doivent être interroges en pareille occurrence, parce que seuls ils peuvent donner de la durée et de la fixité à des conventions internationales , qui ne peuvent subsister qu'autnnt qu’il y ait entre les parties contractantes mutualité d’avantages et communauté dans les profils.
Dans cette situation toute précaire, nos regards et nos espérances se reportent nalurclheinent vers l'Allemagne et la Hollande.
Mais les douanes allemandes, ramenées à un tarif uniforme pour les états qui fout partie de l'association, comprennent déjà une population de £15 millions d'habitants et une surface de 8 millions de lieues carrées; les industriels de ces pays se sont déjà distribué leur genre de production d'après la nature de leur territoire respectif, et telle est l'intelligence et l’habileté qui président à cette confédération commerciale, véritable renovation de la Hanse Tcutonique, et qui promet de réaliser les avantages recueillis autrefois par cette puissante association , que les nations de la réunion douanière ne tarderont pas à se suffire h elles mêmes, que les importations et les exportations diminueront d’année en année; c'est là, du reste, une conséquence naturelle, vu que, d'un côté, le marché s’est agrandi pour chaque état, et que, de l'autre, le pays qui en était isolé retirait du dehors les produits qu*il trouve actuellement dans l’union.
Os résultats, obtenus après une période de neuf années seulement, ont révélé à l’association sa puissante influence sur le système industriel et commercial du continent : il y a donc hâte pour la Belgique de négocier son accession aux étals de l’union allemande, sinon elle court risque d’arriver trop tard : plus l’association acquerra de consistance et de développement, plus elle se montrera revêche à agrandir le cercle de ses agrégations douanières.
Déjà In Belgique a fait , lors du royaume des Pays- Bas, l’essai des avantages qui résulteraient, pour son industrie, d'un traité do commerce avec la Hollande basé sur une véritable réciprocité d'intérêts.
Comme acheminement à une. convention de cette nature, il faut, de toute nécessité débarrasser la Meuse des droits qui pèsent actuellement' sur la navigation de ce fleuve et tendent à enlever ainsi aux provinces de Liège et de Namur la seule voie économique par laquelle pouvait s’exporter l’excédant des produits de leur sol et do leur industrie.
La généralité des iutéréts qu’embrassent les observations qui précèdent , et que la chambre , M. le Ministre, a l'honneur de vous présenter coin me un simple aperçu de nos besoins, semble devoir interdire de plus longs développements.
Résumant notre rapport à la province de Liège , la chambre est convaincue que notre commerce, notre industrie métallique et manufacturière ne peuvent sortir de l'état de malaise qui les minent, que pour autant :
1° Que la fabrication soit rendue moins coûteuse;
2® Que les voies de communication et de transport tant a l'intérieur qu’à l'extérieur deviennent plus praticables et plus économiques;
3® Que des alliauces commerciales réellement fructueuses se concluent, soit avec l'ussoeiatioii allemande, soit avec la Hollande, et mieux encore avec l’uno et l'autre de ces puissances.
Le précaire dans lequel la Fronce et l’Angleterre cherchent ù nous confiner ne peut avoir d'autre conséquence que noire ruine industrielle et commerciale.
La chambre, M. le Ministre, s’abstient de vous présenter le relevé statistique des changements qu'ont éprouvés nos diverses branches de fabrication ; le tableau qui en a été dressé l'année dernière n’a subi que quelques légères modifications; nos craintes d'alors se sout réalisées bien au-delà de notre attente, l’état de souffrance qui s’est manifesté dans les grands etablissements a réagi sur ceux d’une moindre importance, et a généralisé ainsi leseffelsde notre crise industrielle.
Les circonstances actuelles sout d’autant plus critiques, qu'elles s’accomplissent dans un moment de véritable transition , et que la cessation des hostilités avec la Hollande avait fait concevoir des espéra unes d'amélioration; mais loin de les voir sc réaliser, le présent semble devoir rendre le provisoire du statu quo regrettable, car les 24 articles nous ont enlevé un territoire considérable sans aviver notre industrie , sans ctendre notre commerce.
Telles sont, M. le Ministre, les réflexions que suggère l’état de l’industrie et du commerce de la province de Liège; la chambre, confiante dans la sollicitude du gouvernement , aime à croire qu'elles deviendront l'objet d'une sérieuse appréciation, et qu'il déploiera tous ses efforts pour porter remède au mol, pour arrêter les progrès d’une ruineuse stagnation qui dévore toutes les ressources de l'industrie et du commerce.
Veuillez recevoir, M. le Ministre, etc.
Par la chambre.
Le vice-président,
PlRLOT TeRWAXCXE.
Par la chambre.
Le secrétaire ,
Fréd. Gilxax.
La Chambre de commerce de Liège a annoncé, nu commencement de 1810, que les causes signalées dans son rapport du 50 août 1859, comme ayant directement contribué à la stagnation des affaires industrielles en général, continuent à subsister, et qu'aucun changement n'est survenu depuis lors ni dans le système commercial qui nous régissait, ni dans les obstacles qui s’opposaient au développement de la fabrication, si cc n’est une baisse dans le prix du cbarbon de terre et de la fonte.
Maintenant voici comment Vêlai général du commerce en 1859 est apprécié par l’un de ses principaux organes, la Chambre de commerce d'Anvers ;
Le traité de paix, qui n rétabli sur des bases régulières nos relations commerciales avec la Hollande, en même temps qu'il nous a garanti la liberté de FEs-
comiisftioaft d’mqi Érr..