TA
raul cl l'usage des eaux intermediaires entre ce fleme et le Rhin, n’a point, jusqu’à présent, exerré sur le commerce les résultats avantageux qu’on était fondé à en attendre.
Divers événements ont concouru il empêcher ce développement : D’abord le fléau dit désordre financier aux États-Unis, dont l’origine remonte à l'année 1837, a continué à exercer une influence désastreuse sur le eommerre de l*Euro|ie en général; ses ramifications se sont étendues de plus en plus, surtout depuis la suspension de la Banque des États-Unis, dont le contre-coup a été ressenti en France, en Angleterre, et quoiqu'il un moindre degré, en Belgique et en Hollande. f /affaiblissement des ressources de l'Amérique, les nombreuses catastrophes, dont ses principaux marchés ont été atteints, ont répandu sur le continent Européen une défiance qui a arrête les opérations, et qui a plus tard amené une grande baisse, principalement sur les articles de production Américaine. Cet état de choses a occasionné des pertes sensibles, dont , grâce à son faible approvisionnement , notre place est. restée en gronde partie présence.
L’état de stagnation où se trouvait le commerce à la suite de ces grondes secousses, a été aggravé par la cherté des grains. La population , obligée à dépenser une plus grnnde fraction de son revenu , pour sc pourvoir de ces denrées de première nécessité , a du réduire sa consommation de produits coloniaux et manufacturiers. Comme toutefois In Belgique n’a reçu, jusqu’à présent , que de faibles approvisionnements de l’étranger, et que les grains de sa propre récolte lui ont presque suffi, les hauts prix des céréales n’ont pu avoir pour effet d’appauvrir le pays et se sont bornés a déverser sur l’agriculture une pnrt des bénéfices, prélevés ordinairement par l'industrie et le commerce.
La cession du Limbourg et du Luxrmlmurg nous a enlevé le débouché d'enxiron un dixième de la population à alimenter et ensuite la navigation vers l’Allemagne par les eaux intérieures de la Hollande, qui devait, d'après le texte et l’esprit du traité des 24 articles, nous être ouverte à des fiais permettant la concurrence avec les ports d'Amsterdam et de Rotterdam vers le Rhin , n'est jusqu’à ce jour qu’un bénéfice illusoire, cette voie fluviale nous étant interdite de fait , par les péages immodérés et injustes dont elle est imposée de la part de la Hollande, en vertu des arrêtés provisoires du 11 juin 1830.
Nonobstant les circonstances si défavorables que nous avons traversées, l'état général du commerce n'a point subi une décroissance remarquable; l'on peut même dire qu’il est resté stationnaire, la place est d’ailleurs restée fidèle à sa précieuse réputation de solidité; peu de faillites d’une certaine gravité ont été déclarées en justice
Anvers a perdu par décès et liquidation volontaire deux établissements, dans le courant de l’année, une maison de banque et un établissement ayant pour objet priueipat les impor talions d'Amérique. Par contre, trois nom plies maisons s’y sont érigées.
En somme, la position du commerce doit être envisagée comme satisfaisante et de nature à faire rsj>érer
de l'amélioration et du progrès, dès le moment qu’il sera affranchi des obstacles qui ont, jusqu'à ce jour, eut rasé son développement.
Conim(ft*(oii* d'enquête.
Sur la proposition d'un de ses membres ( M. De Foere). dont la conviction est que la cause principale et dominante du malaise dans lequel su trouvent plusieurs de nos industries, c’est le défaut de débouchés, de commerce d'exportation, et que ce défaut de débouchés doit s’attribuer à l*in su Aisance de notre législation commerciale, la Chambre des Représentants, usant du droit que lui confère l’art 40 de la Constitution, a. dans sa séance du 18 mai 18i0, institué une Commission d'enquête, composée de neuf membres et d'un secrétaire, chargée de procéder à une enquête à l’effet : 1" d’examiner la situation actuelle du commerce extérieur dans ses rapports avec Pindustrie et l’agriculture du pays; 2° de s'enquérir si la législation existante est insuffisante; 3® en cas d'affirmative, de présenter les bases du système commercial et naval qu’il conviendrait d'établir dans l'intérêt de la nation (i).
De son côté, le Gouvernement, qui parait ne pas partager en tous points les opinions jde l'auteur de la proposition d'enquête, ni sur la situation fâcheuse de notre industrie et de notre commerce, ni sur les modifications à faire subir au régime auquel le commerce maritime eût présentement soumis en Belgique, a invité les différentes Chambres de commerce du Royaume, ainsi que les Députations permanentes des Conseils provinciaux du Limbourg et du Luxembourg, à déléguer chacune à Bruxelles un de leurs membres, pour être interrogés sur les souffrances qu'on attribue à Pindustrie et sur les moyens propres à porter remède à cette situation. La réunion de ces délégués a eu lieu, vers la fin du mois de septembre 1840, sous la présidence de M. le Ministre de l’intérieur.
Ces investigations de la Chambre des Représentants et du Gouvernement amèneront, il faut l'espérer, la solution impartiale des réclamations qui se font entendre si diversement de la part des principales branches de notre industrie manufacturière et commerciale.
(0 La Commission d’enquête vient déjà de publier une partie de ses travaux. Cette partie comprend :
1 les documents parlementaires qui ont amené la l création de la ('.onimission d’enquête; N p 2 les avis des Chambres de commerce; N" 4 3 et 4 les interrogatoires. Il reste à faire le Rapport à la Chambre des Représentants, lequel complétera la série des publications de la (Commission.