SCIENCES ET ARTS
Le mouvement intellectuel s'est prodigieusement accéléré en Belgique; tout y respire le progrès des idées. Grèce à son émancipation politique, la Belgique indépendante possède déjà des écrivains qui font honneur aux lettres et à leur patrie. Les beaux-arts surtout comptent parmi nous de hautes renommées.
Ouvrages nationaux. Après le relevé des littérateurs, savants et artistes belges, inséré dans notre première édition, pag. 292 à 291, nous donnons ici, d'après un article de M. le baron Jules de S'-Gcnois, dans le Messager de» «eieneei historiques de la Belgique qui se publie à Gand (t), une statistique approximative des ouvrages originaux publiés en Belgique pendant l'année 1839.
< Le nombre des différents écrits originaux qui ont paru en Belgique depuis le l* r janvier jusqu'à la fin de décembre 1839, est de 300, ainsi répartis par langue :
En français 107
En flamand 88
En latin J
En allemand 5
En anglais fl
En italien 1
(l) 4' Livraison de 1839.
< Yoici les différentes branches des connaissances humaines dont traitent ces publications :
Histoire de Belgique -17
Littérature 69
Voyages 7
Bibliographie. . 6
Grammaire et lexicographie 30
Archéologie 2
Médecine, chirurgie et anatomie. ... Il
Chimie et botanique 6
Économie politique, statistique 10
Écrits politiques et pamphlets 32
Recueils périodiques 18
Géographie S
Sciences mathématiques 1
Sciences juridiques 7
Numismatique I
Biographie 2
Hygiène et géologie 3
Architecture 3
Ascétique 1
Stratégie 1
Beaux-arts 5
Philosophie 1
I ndustric et sciences commerciales. . . 5
Mémoires scientifiques. 5
Ouvrages divers 16
Tolal. . . 300
SCIESCES ET «ETE.
f On remarquera que l'histoire de Belgique occupe une gronde place dans cette statistique. En effet, tout le inonde sait que c’est dans notre passé qu’il faut surtout chercher des éléments de nationalité. Le chiffre des écrits purement littéraires est encore plus élevé , car c’est le genre où il est le plus facile de s'exercer. Celui des écrits politiques s'explique par la position exceptionnelle où la Belgique s’est trouvée celte année (t). Le nombre des écrits sur la grammaire est assez remarquable; les discussions auxquelles donnent lieu depuis quelque temps les principes de grammatologic flamande prouvent l’intcrét que l’on porte à la langue que l’on parle dans les deux Flandres, les provinces d’Anvers, de Brabant et de Limbourg. Encore n'avons-nous pu nous procurer la liste des opuscules flamands qui se publient chaque année, en grand nombre, i Boîtiers, à Courtrai. à Saint-Nicolas et à Malines.
< En comparant le relevé de cette année avec celui des deux années précédentes, nous trouvons une différence qui est tout en faveur de 1859.
< En effet, en 1857, il a été publié 180 écrits;
en 1858, — SID —
< On volt que nous avons toujours marché progressivement. >
Le progrès intellectuel en Belgique, prouvé par les chiffres qui précèdent, ressort mieux encore, s’il se peut, de la Notice suivante du Journal historique rt littéraire de Licqe (cahier de février 1840), qui complète en quelque sorte l’article du Messager des sciences.
t Le total de ces ouvrages, nous dit-on, ne monterait qu’à 500.
s Un ou deux exemples vont nous montrer combien l'auteur de cette notice est resté, au moins en certaines matières, au-dessous de la réalité. Par exemple, il ne compte que trois mémoires scientifiques. Or, nous avons énuméré les mémoires et les notices publiés par la seule Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, et nous arrivons à un tout autre résultat.
« Plusieurs de ces notices sont même de grands mémoires, et s’il fallait réunir, par exemple, tout ce qui a été écrit dans la question sur Hngonet et linbrrcflurl, on obtiendrait déjà un bon volt) Nos différends avec lu Hollande et la conclusion du traité de paix définitif.
lume. Nous connaissons, d’ailleurs, un auteur qui, à lui seul, a publié, soit en français, soit en anglais, plus de 14 mémoires scientifiques, et un autre qui en a publié l(i.
i L’Académie de Bruxelles a publié dans le courant de 1859, — 1° dans la division des sciences : astronomie, i mémoires; météorologie, 18; mathématiques, 14; géologie, 4; botanique, 17; zoologie, 16; chimie, 9; physique, 15; anthropologie, 1 ; physiologie, 4 ; anatomie, 4 ; technologie, ; — i» dans la division de littérature : philosophie, 5; littérature ancienne, 4 ; archéologie, 2; littérature du moyen-âge, 4; histoire générale, 1; histoire, de la Belgique, 26: littérature flamande, 1; statistique, 4; biographie, 4. — Total 155.
t Si l’on y ajoutait les mémoires publiés, 1° par la Société de médecine de Gand, 2° par celle de Bruxelles, etc., on arriverait à un nombre fort considérable de travaux académiques.
( La statistique ne donne qu'un seul ouvrage de philosophie, tandis qu’il en a paru au moins deux à Louvain. >
Cette statistique intellectuelle, publiée par le Messager d'après son bulletin bibliographique, est la seule qu'on eût encore essayée jusqu'ici. Tout incomplète qu’elle soit, nous ne pouvons qu’engager son auteur à la continuer comme il vient de le faire déjà pour 1840 (t), et à l’améliorer successivement.
Pendant celle année, il a été livré à l'impression en Belgique 520 différents ouvrages originaux, 20 de plus que le nombre constaté pour
1859. Leur répartition par langue est
comme
suit (a) :
F rançais
Flamand
Latin
Allemand
Anglais
Italien
(t) 4" livraison de 1840.
(«) Pour faciliter la comparaison des deux années, nous reproduisons ici les chiffres de 1859, déjà donnés à la page 541 , colonne 1.
KlUCIt KT ARTS.
Voici les différentes branches dont traitent les 520 ouvrages publiées en 1840 (■) :
Histoire de Belgique 52
Littérature. 05
Bibliographie 0
Grammaire et lexicographie 14
Histoire littéraire. 1
Instruction publique 9
Médecine, chirurgie, hygiène, anatomie. 15
Minéralogie 1
Statistique, économie politique, sciences
administratives 15
Écrits politiques cl religieux , pamphlets. 1 0
Recueils périodiques 24
Sciences mathématiques 6
Législation, sciences juridiques. ... 10
Numismatique 4
Héraldique 2
Biographie 11
Ascétique 9
Stratégie ( 5
Beaux-arts 4
Annuaires et almanachs 17
Ouvrages divers 24
Total. . . 320 (s)
A ces extraits dn Messager des sciences et du Journal historique, nous devons ajouter cette réflexion , que parmi les productions des auteurs nationaux, il y a beaucoup d'ouvrages sérieux : la littérature légère, importée de France, est principalement exploitée eu Belgique par la contrefaçon, et l'on croit pouvoir dire que ce genre semble diminuer parmi nous, tandis que les esprits se dirigent de plus en plus vers les études fortes et positives.
Joi nNAMSME. L'effectif de la presse belge quotidienne est d’environ 80 journaux, ou un journal par 50.000 habitants, sans compter les recueils périodiques, les journaux étrangers ni les feuilles qui ne donnent que des annonces et renseignements. De ces 80 journaux, les trois quarts sont rédigés en français; 18 le sont en flamand , 1 en anglais et I en allemand. On doit
(l) Comparez ce tableau avec celui de 1839, à la pag. 3AI , col. 3.
(t) L’addition des chiffres donne un total de 300 au lieu de 330.
regretter de ne point connaître, au moins approximativement, le nombre d'abonnés aux productions de la presse périodique; mais il est un fait incontestable qui témoigne du goût de la lecture en Belgique : c'est qu'il n'est pas un journal , quelle que soit sa couleur, qui ne compte un grand nombre de lecteurs jusque dans les dernières conditions sociales, l'nc si louable habitude d’une nation doit faire désirer que les journaux renferment plus de matières propres à instruire et à moraliser les masses, au lieu de s'occuper presqu'exclusivemcul de politique comme ils le font tous. — La presse jouit eu Belgique de la liberté la plus large (Constitution, art. 18) ; rien ne l'entrave , ni censure ni aucune autre mesure préventive; l’autorité se renferme strictement dans la répression des abus. < On ne doit s’al-
> laquer qu'aux abus dans lesquels tombent les
> journaux, et non au journalisme lui-méme. Le
> vice de celui-ci est que trop de gens, qui n'ont
> pas assez d'aptitude pour ce genre de travail, t se rnéleut d'écrire. Ils nuisent au journalisme
> en lui donnant un caractère de futilité dans scs
> quatre parties principales, c'est-à-dire les par-
> tics amusante, instructive, critique et politi-
> que (i). i
Voici le tableau général des journaux politiques et semi-politiques qui se publient dans toutes les provinces. Les titres des journaux flamands sont en italiques. Le format est indiqué par le coût du timbre qui est comme suit d'après la loi du 21 mars 1859 :
Centimes.
La feuille de 17 i/s décimètres carrés
de superficie et au-dessous 2 a/a
Au-dessus de 17 i/s décimètres carres jusqu'à 25 décimètres inclus. .... 3
Au-dessus de 25 décimètres carrés jusqu'à 52 décimètres inclus. .... 4 Au-dessus de 52 décimètres carrés. . 5
rRoviscE i>'axvers.
Le Précurseur, à Anvers, quotidien, 4 centimes coût du timbre. Parait depuis le commencement de l'année 1858.
(l) Statistique générale et raisonnée de ta civilisation européenne, publiée eu 1853 par Jean Schoen (en allemand J.
SCIESCI
Le Journal d'Anvers, à Anvers, six fois la semaine , 5 c.
Le Journal du Commerce, à Anvers, six fois la semaine, J c. Parait depuis 1833.
Le Contrôleur, à Anvers, semi-hebdomadaire, 5 centimes.
L'Hebdomadaire, à Anvers, 3 1/1 c. Parait depuis le 38 juin 1840.
Anlteerpteh A teuir jWad , A Anvers, 3 fois la semaine, 3 t/t c.
Ven Antieerpenaer , A Anvers, 3 fois la semaine, 3 i/t c. Paraissait avant 4856.
Den Pottryder, A Anvers, 3 fois la semaine, Sijtc.
L'Abeille de la Campine, (en français et en flamand), à Turnhout, hebdomadaire depuis le commencement de l'année 1859.
Ven Kempenaer, A Turnhout, 3 fois la semaine,
Aenkondigingtblad ron ket arrondissement Turnhout , à Turnhout , 3 fois la semaine, 3 t/s c. Parait depuis l’année 1854.
Advertentieblad van Lier, k Lierre, semi-hebdomadaire, 3 t/i c.
SILABAXT.
Le Moniteur belge, journal officiel, à Bruxelles, quotidien, 4 c. Parait depuis 1851 ; avant le Moniteur, le journal officiel était l'Union qui ne parait plus drpuis plusieurs années.
L'Indépendant, à Bruxelles, quotidien, 4 c. Ce journal a commencé à paraître en 1851, sous le nom de Mémorial belge, puis il a pris celui d'indépendant que portait un autre journal devenu Le Libéral qui depuis a cessé de paraître.
L'Emancipation (édition du matin) ou l'Eclair (édition du soir), A Bruxelles, quotidien, 4 c. Parait depuis 1831.
L'Observateur, à Bruxelles, quotidien, 4 c.
Parait depuis le mois de décembre 1835.
Le Courrier belge (édition du soir) ou Le Fanal (édition du matin), A Bruxelles, quotidien, 4 c. Cest l'ancien Courrier des Pays-Bas.
Le Jonrnul de Bruxelles, A Bruxelles, quotidien,
4 c. Parait depuis le l ,r janvier 1841 , et a remplacé le Courrier de la Meuse qui se publiait A Liège depuis 1830.
Le Journal de la Belgique, A Bruxelles, quotidien, 3 i/a c. Parait depuis le 3 février 1814.
Le Commette belge, A Bruxelles, quotidien, 5 c. Son litre actuel date du mois de juillet 1837 ; auparavant c'était le Mercure belge, fondé en 1834.
Le Belge, A Bruxelles, quotidien , 3 i/t c. A succédé A l'Ami du Itoi et de la Patrie.
Le Lynx, A Bruxelles, quotidien, 3 c- A succédé au Vrai Patriote qui paraissait sous le Gouvernement précédent.
Le Patriote belge, A Bruxelles, quotidien, 3 c.
La Presse libre (en français et en allemand), A Bruxelles, 5 fois la semaine, 3 i/t c. Parait depuis le commencement de l’année 1840.
Le Méphistopbélès, A Bruxelles, semi-hebdomadaire, 3 i/i C. Parait depuis 1851.
La Gazette des ThéAIres, A Bruxelles, semihebdomadaire, 3 i/i c.
Le Courrier des ThéAhres, A Bruxelles, semihebdomadaire , 3 i/i c.
Le Vert-Vert, journal des théâtres, quotidien.
The British Journal (en anglais), A Bruxelles. Parait depuis quelques années; avant 1841, ce journal portait le titre.de The British Advertiser.
L'Annonce, A Bruxelles, semi-hebdomadaire, 3 c. Parait depuis le mois de janvier 1837.
Le Magnélophilc , A Bruxelles , hebdomadaire , 3 l/l c. Parait depuis le commencement de l'année 1839.
Le Moniteur du Commerce et de l’Industrie, A Bruxelles , hebdomadaire , 3 i/i c.
L'Echo du Commerce, A Bruxelles, semi-hebdomadaire, 3 i/i c.
Le Journal de Louvain, A Louvain, semi-hebdomadaire, 3 i/i c.
Annoncenblad tan Leuven, A Louvain, hebdomadaire, 3 i/i c.
L’Electeur de la Dylç, A Wavre, hebdomadaire. Parait depuis le 36 décembre 1840.
L'An Quarante, A liai, semi- hebdomadaire.
Parait depuis le commencement de l'année dont il porte le titre.
En outre, il existe A Bruxelles des réimpressions de journaux français; tels sont le Journal des Débats, la Gazette des Tribunaux, le Charivari , etc.
FLAXDBE OCCIDEXTALE.
Le Nouvelliste des Flandres, A Bruges, 6 fois la semaine, 4 c.
Le Journal de Bruges, G fois la semaine, 4 c.
L’Annonce de Bruges et de la Province, A Bruges, 5 fois la semaine, 3 i/i c.
SCIRRC.K» KT ART».
Ven Slandacrd, à Bruges, 3 fois la semaine, 3 centimes.
Gazelle der Provincir , à Bruges, 3 fois la semaine, 3 c.
La Chronique de Courtrai , à Courtrai , seniibebdomadai re , - l/s c.
Les Petites Affiches, à Courtrai, semi-hebdomadaire , 2 i/i c.
La Publicité, à Ypres, hebdomadaire, 2 i/i c. Parait depuis 1839.
Le Propagateur, à Ypres, semi-hebdomadaire, 2 i/i c.
Gazelle van Frurtic, à Pûmes, semi-hebdomadaire, 2 l/l c.
La Feuille d' Annonces, à Ostende, hebdomadaire, 2 i/i c.
FLANORE ORIENTALE.
Le Journal des Flandres, à Cand, G fois la semaine, 4 c.
L'Organe des Flandres, à Gand, quotidien, 3 c.
Le Messager de Gand , quotidien , 5 c.
Ven Vaderlander, à Gand, 3 fois la semaine, 3 c.
Gazette van Gend, 3 fois la semaine, 3 c.
Cest le plus ancien des journaux belges; son origine remonte au 17 e siècle.
Gendsehen Mercurius , h Gand , 3 fois la semaine, 4 c.
Den Vlaming, à Gand, 3 fois la semaine, 3 c.
Gazette van Andenaerd e , à Audenacrde, hebdomadaire , 2 l/l C.
Annonccnblad , h Audenaerdc, hebdomadaire, 2 i/i c.
Acnkondigmgtblad van Aeltl, à Alost, hebdomadaire, 5 c.
Den Onparlydigen , à Termonde, hebdomadaire, 3 c.
naiNAt'T.
La Gaaette de Mons, G fois la semaine, 4 c.
L'Observateur du Hainaut, à Mons.
Le Modérateur, à Mons, 2 fois la semaine, 2 l/l c.
La Chronique, à Mons, hebdomadaire.
Le Courrier de l'Kscaut, à Tournai, 3 fois la semaine, 3 c.
L’Écho Toumaisien , à Tournai , 3 fois la semaine, S c. A succédé en 1839 au Journal de l'arrondissement de Tournai qui paraissait depuis 183G.
La Feuille de Tournai , 3 fois la semaine.
Parait depuis 1801.
Le Journal de Charlcroi, 3 fois la semaine, 3 c. Parait depuis 1838.
Le Mémorial de la Sambre, à Charlcroi, 6 e année.
LIÈGE
Le Journal de Liège, quotidien, S c.
La Tribune, à Liège, quotidien, 4 c. Ce journal vient de remplacer le Politique et l'F.spoir qui cessent de paraître; le Politique avait succédé au Mathieu Lacnsberg.
La Gazette de Liège, G fois la semaine, 3 c.
L'Industrie à Liège, G fois la semaine, 4 c.
Le Franchimontois, à Verriers, G fois la semaine, 3 c.
Le Nouvelliste de Verriers, G fois la semaine, 3 centimes.
Le Journal de Vervicrs, 6 fois la semaine, 3 c.
MMUOCRG.
Le journal du Liinbourg belge, J ilassclt, 3 fois la semaine, 3 c.
La Vedette, à Tongres.
LCXEMBOCRG.
L'Écho du Luxembourg, à Arlon, 3 fois la scmaiue, 3 c.
na» es.
L’Éclaireur, à Namur, quotidien, 3 c. Parait depuis l'année 1832.
L'Ami de l'Ordre, 6 fois la semaine, 3 e. Parait depuis le 1 er septembre 1839.
L'Ami du peuple et des lois, 3 fois la semaine, 3 centimes.
Parmi les autres productions périodiques, politiques, littéraires ou artistiques, nous citerons : la Revue de Bruxelles (mensuel) la Revue nationale à Bruxelles (tous les deux mois), la Revue belge à Liège ( mensuel ) , la Revue orientale (mensuel), la Renaissance (mensuel), la Fsmcrahla (hebdomadaire), la Mode, la Belgique musicale; puis des réimpressions de la Revue de Paris, de la Revue des deux Mondes , du la Revue britannique, de la Revue universelle. — A cette liste il faut ajouter les recueils consacrés aux
SCI «ICI
sciences historiques (la seule ville de Gand en compte trois), les bulletins de l'académie royale de Bruxelles, ceux des Sociétés médicales; puis enfin les recueils spéciaux pour la magistrature, le barreau, le notarial, les administrations de l'enregistrement et des contributions, l'année, le clergé, les administrations communales (mémorial administratif), etc., etc.
Encoibagements. Le Gouvernement soutient et encourage les sciences, les lettres et les arts. — Des commissions sont données à des savants pour enrichir les collections scientifiques cl artistiques , et pour rechercher dans de lointains voyages ce qui peut intéresser les sciences naturelles et agricoles. — Des pensions sont allouées aux artistes pour aller perfectionner leurs talents dans les pays étrangers par l’étude des ouvrages des grands maîtres. — Une commission royale d'histoire , instituée par arrêté royal du Si juillet 1831, est spécialement chargée de réunir les documents isolés ou peu connus qui pourraient jeter plus de lumière dans l’histoire nationale. Cette commission, pour laquelle est allouée une somme annuelle de 3,000 fr. pendant toute la durée de sa mission, publie des bulletins de scs travaux et met au jour les chroniques belges inédites; celles qui ont paru jusqu'à présent sont : Bataille de Woeringen de Jean van Heelu (en flamand). Chronique rimée de Philippe Mouskes; Corpui chronicorum Ftandriœ et les Geitet des Duce de Brabant. La commission a entrepris la confection de la table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de la Belgique, ordonnée par l’arrété royal du 8 décembre 1 837.
Sociétés savantes. On compte dans le pays un grand nombre de Sociétés académiques : les unes s’occupent de tout ce qui a rapport aux sciences, aux lettres et aux arts; d’autres sont purement littéraires; enfin il y en a qui n'embrassent qu'une branche spéciale des connaissances humaines, telles sont les Sociétés des sciences naturelles et médicales, tes Sociétés des bibliophiles, des antiquaires, etc. Presque toutes publient des bulletins et des mémoires, et mettent des questions au concours. De tous les corps savants du pays , le plus influent et le plus actif est, sans contredit, l'Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles, dont la création remonte au règne de Marie-Thérèse ; le Gouvernement alloue à
cette compagnie savante un subside annuel de 25,000 fr. Ses séances sont reproduites par la plupart des journaux qui en répandent dans le public des comptes-rendus plus ou moins étendus. « Pendant la dernière partie du XVIII e siècle « est-il dit dans uu rapport fait par M. Quelelel en 1835, t l'histoire des sciences et des belles-lettres
> en Belgique est pour ainsi dire tout entière
> dans l'histoire des travaux de l'ancienne Aca-
> démie de Bruxelles (t). >
Fbanc-Maçonnebie belge (t). La Franc-
maçonnerie fut introduite en Belgique par l'armée anglaise au commencement du XVIII e siècle. La première loge fut instituée à Mons, sous le titre de La Farfaile-Union , le Î1 février 1721. D'autres loges furent successivement établies dans la plupart de nos villes. Les loges belges se rallièrent, après le 18 brumaire, au Grand Orient de France. Du temps des Hollandais, avant 1830, la Franc-maçonnerie était administrée par un Grand Orient qui sc subdivisait en trois sections, un conseil supérieur et deux grandes loges d'administration. Le conseil supérieur connaissait de toutes les affaires qui touchent aux grands principes de l'ordre et exerçait la haute surveillance. Les grandes loges d'administration avaient chacune leur juridiction particulière; l'une comprenait dans son ressort toutes les loges des provinces septentrionales, l’autre celles des provinces méridionales (la Belgique). Le Prince Frédéric devint grand-maître national le 16 septembre 1818. Le Prince d’Orange, aujourd'hui Hoi des Pays-Bas, s’était fait initier le 14 mars 1817. Cette organisation fut détruite par les événements de 1830. Sur les débris de la grande loge d'administration des provinces méridionales, on résolut de reconstruire un Grand Orient pour le uouveau Royaume de Belgique; le travail préparatoire fut fait en 1832 par les membres de l'ancienne graude loge d'administration. Ensuite furent convoquées toutes les loges du Royaume. Un des premiers soins du Grand Orient belge fut de placer la maçonnerie sous la protection du Roi.
(l) Ceux qui désirent connaître ce qui doit composer une collection complète dca écrits de l'Académie de Bruxelles, en trouveront l’indication dans les Annuaire» de ta BiUwthèque royale de tu Belgique, année 1840, pag. 155-188 et 456-238, et année 1841, pag. 425-251.
(S) .dtinuaire maçonnique du Grand Orient de Belgique , pour ton de la emie lumière 5840; vol. io-18, Bru\. 1840.
SCI EXCES CT MTi.
Le Grand Orient se compose du sérénissime grand-maître, de son représentant et de trois députés de chaque loge active élus pour trois ans. La liste alphabétique des membres du Grand Orient comprend aujourd'hui (ii noms : il nomme pour présider et diriger ses travaux un grandmaître , dont les fonctions sont à vie , et qui s'adjoint un représentant révocable à sa volonté. Il nomme de plus, dans son sein, un grand premier surveillant, un grand deuxième surveillant, un grand orateur, un grand secrétaire, un grand trésorier, un grand économe architecte, un grand garde des sceaux, un grand archiviste, un grand aumônier, un grand maître des cérémonies et quatre grands experts. Les loges qui reconnaissent l’autorité dn Grand Orient de Belgique, sont les suivantes : La Bonne Amitié, à Namur; Lee Frères Réunie, à Tournai; Lee vrais Amie de CUnion. A Bruxelles; Les Amie Philanthropes , dans la même ville: La Parfaite-Union, à Mons; La Constance, à Louvain; L'Aurore, à Audenaerde; La Persévérance , à Anvers; La Simplicité , AVenloo; Les Amis de l'Ordre , à Bruxelles; Les Défenseurs de Léopold et de la Patrie, à Namur; Les Frères Réunis, loge militaire attachée à la 3* division de l'armée belge; Le Bouclier Belge, an 4* régiment d'infanterie de ligne; La Régénération , à Matines; L’Union Militaire , au camp de Beverloo; L'Avenir, h Charieroi; La Fidélité, A Garni; Les Amis du Progrès, à Bruxelles; Amicitia, à Yprcs; L'Industrie, A Lodelinsart-lei-Charleroi ; Les Enfants de la bonne Amitié, à Binant; La Renaissance , h Ath; La Tolérance, h Bruges; Les Amis discrets, à Nivelles. Il y a de plus une loge en instance, c'est-à-dire, une loge qui a adressé au Grand Orient une demande en constitution (t). Quatre loges, dépendant dn Grand Orient, ont suspendu leurs travaux; ce sont ; L'Espérance et Paix et Candeur, à Bruxelles; L'Amitié, A Conrtrai, et Les Amis du Commerce, A Anvers. Enfin, il existe sept loges actives qui ne veulent pas reconnaître le Grand Orient. C’est d'abord une loge orangistc de Gand, nommée Le Septentrion, qui s'est mise en 1831 sous l'obédience de la grande loge de
(i) Cette loge, qui a pris pour nom Le Travail , a été définitivement installée au Waux-Hail à Bruxelles le 17 octobre 1H40. Ainsi, la capitale du Royaume compte aujourd'hui cinq loges de francs-maçons en activité.
Hollande. Le Grand Orient de Belgique l'a déclarée irrégulière le 11 décembre 1833. La loge de La Parfaite Intelligence et de l’Étoile réunies, A Liège, s'est détachée du Grand Orient de Belgique, parce qu'elle voulait remplacer ce grand corps par une Fédération, et que ce projet, proposé par elle dans une assemblée extraordinaire et solemnelle le 1" mai 1837, u'avait pas été adopté. Les cinq antres loges indépendantes et irrégulières, sont : Les Philadelphes , A Verriers; Les Amis de la Parfaite Intelligence, A Huy; La Félicité Bienfaisante , A Gand; Les V rais Amis, dans la même ville, et L’Aménité, A S'-Nicolas : ces trois dernières loges dépendent du Grand Orient de Hollande. — L'Annuaire maçonnique ne contient pas de données sur le nombre des frères qui composent les loges; mais il y est dit qn’A la fête solemnelle que la maçonnerie célèbre chaque année au mois de mars , il se trouva , en
1838, plus de huit cents adeptes présents A Bruxelles.
Bmi.ioTHkQi F.» pibi.iqies. Il y a en Belgique de riches bibliothèques publiques; le Gouvernement met tous scs soins A les accroître et A veiller A leur conservation. L'histoire de nos trésors bibliographiques se trouve dans deux ouvrages qui ont paru récemment ; l'un de M. Voisin, que nous avons déjà eu occasion d'indiquer (pag. 29, note 3) et qui embrasse toutes les bibliothèques publiques du Royaume ; l'autre intitulé Histoire des Bibliothèques publiques de la Belgique, par M. Namur, se composera de 4 vol. in-8 a , dont le premier est publié. Brui., 1840, et traite des trois grandes bibliothèques de la capitale, c'est-à-dire la bibliothèque de Bourgogne, celle de la ville et la bibliothèque royale. M. Voisin avait présenté, en
1839, A l’Académie Royale de Bruxelles, une statistique des bibliothèques publiques, qu'il a rectifiée depuis dans son ouvrage dont il vient d'être parlé : c'est d'après celle statistique rectifiée, travail assez complet sur la matière, que nous donnons le tableau détaillé des dépôts littéraires du pays.
Anoer» : bibliothèque de la ville, 14,000 volumes imprimés et Î6 manuscrits.
Bruges : bibliothèque de la ville, 10,000 volumes imprimés et 330 manuscrits; du séminaire, 7,000 volumes imprimes et quelques manuscrits.
Bruxelles : bibliothèque royale (fondée par le Gouvernement en 1837, par l'acquisition de la
sci eu ers et arts.
bibliothèque de feu M. Ch. Van Hulthem, au prix de 279,400 fr. ), 70,000 volumes imprimés et 23,000 manuscrits, dont <5,000 proviennent de la bibliothèque des Dues de Bourgogne, fondée vers 1560 (t); de la ville, <00,000 volumes imprimés; paroissiale, <0,000 vol. iiup. ; des Bollandistes (s), 6,000 vol. imp. ; du Sénat, 3.000 vol. imp.; des Beprésentanls, 5,000 vol. imp.; des Archives générales du Royaume, 2,000 vol. imp.; de l'Académie, 1,600 vol. imp.; de l’Observatoire, 750 vol. imp.; de l’École militaire, 1,500 vol. imp.; du DépOt de la guerre, 500 vol. imp. (s).
Courlrai : bibliolhèque-Coethals, <2,000 volumes imprimés et 300 manuscrits.
Gand : bibliothèque primitivement de la ville, aujourd’hui de l'université, fondée en 1797, 55,922 volumes imprimés et 576 manuscrits; du séminaire, 8,000 volumes imp.; paroissiale, 1,700 volumes imprimés.
Liège : bibliothèque de l’université, 62,000 volumes imprimés et <00 manuscrits; du séminaire, 14,000 volumes imprimés et quelques manuscrits.
Louvain : bibliothèque de l’université, <00,000 volumes imprimés et 246 manuscrits; des jésuites, 22,000 volumes imprimés.
Matines : bibliothèque du séminaire archiépiscopal, 30,000 vol. imprimés et <00 manuscrits.
Morts : bibliothèque de la ville, 12,500 volumes imprimés et 310 manuscrits.
Xamur : bibliothèque de la ville, <5,000 volumes imprimés et 80 manuscrits; du séminaire, <1,000 volumes imprimés.
Termonde : bibliothèque paroissiale, 4,500 volume* imprimés.
Tournai : bibliothèque de la ville, en partie formée des débris de celle du chapitre, laquelle avait été fondée en <737, ouverte au public en <818, 27,800 volumes imprimés et <27 manuscrits; du séminaire, 5,800 volumes imprimés et <50 manuscrits; épiscopale, 9, <50 vol. imprimés.
Ypres : bibliothèque de la ville. 2,000 volumes imprimés.
En comparant la population des villes avec le nombre des volumes dont elles peuvent jouir librement, on trouve les rapports suivants :
Nombre de
Population au
Nombre de vol u mes
volumes imprimés.
t" janvier 1839.
pour 100 habitants.
Bruxelles (2 bibliothèques). . .
Louvain
1 oo.wM)
Liège.
Tournai
Nam ur
Anvers
Mon*
Courtrai .
Bruges
Ypre*
Total. . . .
Total. 508,275
Moyenne. . 95
(« ) Cos nombres sont donnes dans les Jnnuairc* de la bibliothèque royale de Belgique, commences en 1810, par le Conservateur Baron de Reiffonbcrg. Dans les <5 premiers mois de In fnndntion de rette bibliothèque, la sectiou des imprimés s’est enrichie de 8,331 volumes, ou 556 par mois, ce qui, continué de même, donnerait au bout d’uu demi siècle un accroissement de 353,600 volumes. Cette progression ne s’est pas soutenue en 1810 : la moyenne des acquisitions n’a été que Î03 volumes par mois, au lieu de 536; mais cela provient de l'acquisition de plusieurs ouvrages relatifs aux sciences dont le prix excessif aurait suffi à l'achat d’un grand nombre de volumes concernant d’autres sujets. — Pour ce qui concerne les ouvrages exclusivement manuscrits, nous croyons savoir que le nombre de 25,000 volumes n’est pas exact : il y a 20,000 ouvrages manuscrits
( Xotice historique sur Cantique dépôt littéraire de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne à Bruxelles, par Florian Frocheur; Gand, 183'J, page 28), et ces 20,000 ouvrages ne forment guère plus de <5,000 volumes.
(a) Association religieuse qui continue la publication des monuments des vies de* saints, sous le titre de Jeta Sanctorum , dont 53 vol. in-fol. ont paru. J^o fondateur de cette vaste entreprise est Jean Bollandus, jésuite, né à Tirlemont vers 1396.
(s) Puisque cette nomenclature comprend, outre les dépôts publics, les collections dont l’acccs, sans être public, est cependant ouvert aux hommes de science, on aurait pu y ajouter : les bibliothèques des différents Ministères, la bibliothèque de l'Etablissement géographique (20,000 volumes), et même celles du Koi (9,000 volumes) et de la Reine (3,000 volumes).