‹ Essai sur la statistique générale de la Belgique, composé sur des documents publics et particuliers (volume 2)Chapitre 228 sur 299 · SCIENCE · texte numérisé non relu

SCIENCE

Tandis qu'en Belgique, la moyenne des livres mis à la disposition du public n'est que de 95 volumes par cent habitants, elle est en Allemagne de 375 volumes. Nos bibliothèques, comparées même à celles des villes des départements français, leur sont également inférieures. Nous ne parlons pas de celles de Paris, dont la Bibliothèque royale (700,000 vol.) contient environ un tiers de plus de volumes imprimés que toutes les bibliothèques publiques de la Belgique, qui n'en comptent ensemble que 481,222. Il est chez nous des villes de plus de 10,000 et jusqu'à près de

20.000 habitants, qui sont privées des bienfaits d'une bibliothèque publique; telles sont : Verviers (province de Liège); S*-Nicolas, Lokeren, Alost et Rcnaix (Flandre orientale); Lierre et Tnrnhont (Anvers); Osteude, Thielt et Poperinghe ( Flandre occidentale), line telle situation, il faut en convenir, est bien peu satisfaisante; elle commande l'attention sérieuse des dépositaires du pouvoir et de tout véritable ami du progrès social : à notre avis, rien n'est plus propre au développement intellectuel des nations que la mise en circulation de bons ouvrages sur l'une ou l'autre branche spéciale des connaissances humaines, et l'absence d'un si puissant moyen d'instruction dans nos villes de second et de troisième ordre est une lacune qu'il faut signaler. — Disons cependant que depuis quelques années on voit s’ouvrir en Belgique des bibliothèques paroissiales dues au zèle éclairé d'associations religieuses et soutenues par des souscriptions de personnes charitables : c’est ainsi qu’ont été établies successivement les sociétés des bons livres de Bruxelles et de Gand, la bibliothèque de Termonde, et qu’on organise de semblables bibliothèques dans d’antres villes du pays, comme à Liège, Namur, Ypres, S^Nicolas. Ces collections, on le pense bien, se composent, pour la plupart, d'ouvrages édifiants (i). La société des bons livres de Bruxelles, ouverte le l« r juin 1855, contenait environ

2.000 volumes; à la fin de 1839, ce nombre était de 10,000 volumes, parmi lesquels se trouvaient 1,800 livres flamands. Le nombre de volumes donnés en lecture la première année (1855-1856) s’est élevé à 13,037, et pendant les deux années

(l) Cette observation s'applique plus particulièrement aux ouvrages écrits en flamand : depuis deux siècles, les trois quarts des livres flamands qu'on publie, appartiennent au genre ascétique.

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