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la capitale du Royaume le premier concours annuel, institué par le Gouvernement, entre les 81 établissements d'instruction moyenne qui reçoivent un subside de l'État : « 17 ont pris part au concours. Trois établissements nouvellement créés ont dû s'abstenir, faute d'élèves dans les classes appelées. Un seul a refusé de laisser concourir les élèves. — Pour le latin, les 17 établissements renfermaient 115 élèves de la classe de rhétorique; 101 élèves ont concouru. Pour le français, le nombre des élèves s'élevait à lai; 140 ont pris part à la lutte. Pour le grec, on comptait 182 élèves; 96 se sont présentés. Enfin, pour les mathématiques, les élèves des classes supérieures étaient au nombre de 124; 90 ont concouru, partie sur le tout, partie sur les éléments. — Quelques collèges ont obtenu de beaux succès : cependant, on ne peut sc le dissimuler, les études classiques laissent à désirer, mais sous le rapport de la force ; l'administration est en droit de demander davantage; sous les autres rapports, elle n’a eu qu'à se féliciter du xèle cl de l'empressement avec lesquels les établissements ont répondu à l'appel qui leur avait été fait, et l'élan que ce concours a imprimé ne peut être que d'un favorable augure pour l'avenir (s). » Dans cette Imposante solcmnilé. qui se répétera tous les ans, des récompenses publiques furent décernées aux élèves les plus méritants et à leurs professeurs; deux d’entre ces derniers furent créés Chevaliers de l'Ordre de Léopold.
Il a été constaté qnc la population des établissements d'enseignement moyen , suit en générai un mouvement ascensionnel.
Bonnet if élude». Près de 360,000 francs de revenus, provenant de fondations de bourses d'études, sont à la collation des autorités provinciales; le nombre de jeunes gens qui participent aux avantages do ces fondations est de mille, ce qui fait pour chacun une moyenne de 360 fr. La répartition par province est comme suit, d'après les comptes arrêtés pour 1838.
REVEXUS. aoCSSIERS.
Fr. C.
Anvers 71,191-84 165
Brabant 150,000- t 332
Flandre occidentale. . 13,669-53 24
(<) Discours de M. le directeur de l'administration de l'instruction publique et des beaux-arts, Haas le Moniteur belge du 25 septembre 1840.
llainauL ....
Liège
Limbourg
Luxembourg. . . .
Séminaires. Un séminaire pour les études théologiques est établi près de chaque évêché, à Malines, à Bruges, à Gand, à Liège, à Naniur et à Tournai. Il y a en outre dans chaque diocèse un petit séminaire : à Malines pour l'areiievécbé de ce nom, à Huniers pour le diocèse de Bruges, à Saint-Nicolas pour celui de Gand, à Saint-Trond pour celui de Liège (i), à Bonne-Espérance pour celui de Tournai, à Baslugnc et à Floreffc pour celui de Namur. Dans les petits séminaires, les études comprennent les humanités, la philosophie et une introduction aux sciences théologiques. Des écoles normales sont établies près des petits séminaires : celle do Bonne-Espérance compte 82 élèves-instituteurs, celle de Baslogne 54; l'Étal et la province de Limbourg ont fondé auprès de l'école normale de S‘-Trond un certain nombre de bourses en faveur d'instituteurs.
Écoles inolstrielles. L'école centrale de commerce et d'industrie à Bruxelles (au faubourg de Schaerbeck), l'école des mines à Mons, et celle des arts et métiers à Tournai , forment, pour ainsi dire, la branche supérieure des études industrielles et commerciales en Belgique, abstraction faite toutefois de l'école du génie civil à Gand et de l'école spéciale des mines à Liège, que nous avons déjà fait connattre à propos des universités. — L'école centrale de commerce et d’industrie, qui compte à peine cinq années d'existence, était fréquentée en 1840 par 250 élèves dont 120 internes Vcrvicrs possède une école industrielle
qui compte 12 professeurs cl 165 élèves, dont 54 suivaient, en 1839, les cours de langues anciennes; on y forme des aspirants à l'école spéciale des mines, du génie civil, des arts et manufactures. — Il y a à Gand et à Liège des écoles spéciales, mais d'un ordre inférieur, et à Tournai nnc école des arts et manufactures, fréquentée
(i) la- petit séminaire de Saint-Trond remplace celui de Roiduc situé dans la partie de territoire cédée à la Hollande. ■ — La ville de Saint-Trond occupe une étendue de 18 hectares, dont la moitié est couverte par des établissements publies.
IHSTRUr.TIOft PUBLIQUE.
provisoirement par 25 élèves, et destinée à former des industriels et des chefs d’ateliers. — Des propositions sont faites au conseil provincial de la Flaudre occidentale pour ériger dans la province une ou deux écoles industrielles d'art et métiers.
Nous ne terminerons pas ce paragraphe sans faire mention de la réorganisation qui vient d'avoir lieu du Musée de l’industrie à Bruxelles, où tout ce qui se produira de nouveau en industrie dans le pays et à l’étranger, toutes les idées nouvelles, tous les procédés, tous les perfectionnements qui se révéleront, viendront aboutir, pour de là se répandre dans nos districts industriels et dans leurs ateliers. Le directeur de ce Musée, M. Jobard, est chargé de rédiger et de publier un bulletin technologique, comme aussi de communiquer à ceux qui le consulteront les renseignements qu’il possède sur leur art, de mettre sous leurs yeux les machines, les dessins qui y ont rapport; en un mot, il devra tenir le public au courant des progrès qui se font dans le monde industriel.
Écoles de navigation. Des écoles de navigation se trouvent à Anvers et à Ostcndc : fondées par le Gouvernement en 1825, elles ne comptaient chacune guère plus de 10 à 15 élèves jusqu'au moment de leur réorganisation au mois d’octobre 1855. L'école d’Ostende a été fréquentée, pendant le premier semestre de 1840 par 107 élèves, dont 49 marins et 58 non marins; celle d’Anvers avait, en 1859, 61 élèves. L’une cl l’autre école confère les grades cl diplômes de capitaine au long cours, de 1 er lieutenant id., de 2 e lieutenant id., de maître au grand ou au petit cabotage, et de pilote lamaneur. Seize bourses du Gouvernement, de 400 fr. chacune, sont attachées à ces écoles, savoir : à Ostcndc dix et à Anvers six. Parmi les quinze navires nationaux perdus en 1858 (i), il s’en trouvait quatre de long cours et de grand cabotage, qui ont péri en mer corps et biens. L'école d'Ostende a perdu dans ces sinistres quinze élèves qui étaient déjà très-avancés. — A Nieuport, l'administration locale a également établi une classe pour renseignement de la navigation ; c’est une branche accessoire de l’enseignement primaire.
AcadAmesde peintuie. La Belgique possède 45 académies et écoles publiques de dessin et d'architecture, fréquentées par six à sept mille élèves;
(i) Voy. page 298, col. 1.
nous al Ions en donner l'énumération par province.
Anvers. L’académie royale des beaux-arts à Anvers, dont presque tous nos meilleurs peintres sont sortis, compte 502 élèves; renseignement, donné par neuf professeurs et deux adjoints, comprend les matières suivantes : principes de figures ombrées et au trait, principes d’ ornement, modelages ou sculpture, gravure en deux sec»
tions, dessin et modelage d'après l'antique, dessin et modelage d’après le modèle vivant, ordres d'architecture, architecture régulière, composition d'architecture, coupc des pierres, architecture navale; en outre les cours suivants sont attachés aux classes supérieures : peinture et modelage d’après le modèle vivant , peinture et modelage pour la composition d’histoire, expression des passions, anatomie, perspective pittoresque, perspective architecturale, leçons d'histoire et d’antiquités, algèbre, géométrie. Les dépenses s’élèvent annuellement à 27,000 fr. environ , et sont supportées, un tiers par l’État, deux tiers par la ville. Le Gouvernement alloue en outre deux bourses de 2,500 fr. chacune, qui sont accordées, pendant quatre ans, aux lauréats du grand concours triennal, pour leur faciliter les moyens d'aller étudier, à l'étranger, les ouvrages des grands maîtres. — L’académie de dessin de Matines, créée en 1771 au moyen de souscriptions volontaires, et dont la ville supporte toutes les dépenses, a 450 élèves; l’enseignement donné par cinq professeurs et deux adjoints, comprend les principes du dessin et de l’architecture, la sculpture, la perspective pittoresque, le dessin et le modelage d'après le plâtre, d'après l'antique et d'après le modèle vivant. — Lierre et Turnhout possèdent des écoles gratuites de dessin : la dépense est supportée presque tout entière par les caisses communales; un léger subside est alloué par la province. Passé trois ou quatre ans , l'école de Lierre comptait 190 élèves, cl celle de Turnhout 59.
Brabant . L'académie de peinture de Bruxelles, montée sur une grande échelle comme celle d'Anvers, est fréquentée par plus de six cents élèves ainsi repartis; classe de dessin et de sculpture, 520 élèves; classe de dessin linéaire, 60; classes d'architecture, 250. L’école de gravure, que nous avons déjà mentionnée à la page 99, colonne 1 , est encore trop récente (i) pour avoir
(i) Fondée par arrêté royal du 23 juillet 1836.
msTai'CTion
pu former de bons sujets dans l'art si difficile de la gravure au burin, qui exige de longues études. — Les académies de Louvain, de Tirlomonl et de Nivelles continuent A prospérer : vers 1837, l’école de Louvain était fréquentée par 467 élèves, celle de Tirlemont par 103, et celle de Nivelles par 39 ; il est certain que ces nombres ne cessent pas d'augmenter encore chaque année. — Le Conseil provincial do Brabant accorde annuellement des subsides aux jeunes peintres qui , ayant donné des preuves de talent, désirent aller compléter leurs études en pays étranger : l’un d’eux M. Van Eyclen, de retour dans sa patrie après avoir achevé ses études à Borne, a exposé A Bruxelles et à Paris des tableaux qui ont obtenu les suffrages des amis des beaux-arts ; la médaille d’or lui a été décernée A la grande exposition française.
Flandre occidentale. L'académie des beauxarts de Bruges compte 399 élèves, et l’insuffisance des locaux a obligé la commission à écarter plus de cent demandes d’admission. — L'académie de Courtrai est fréquentée par 218 élèves, celle (TYprcs par L49, et celle d’Ostende par 115. — Les écoles de dessin de Tliiclt, Menin, Boulers, Iseghem, Nicuport et Poprringhc sont également florissantes. — La province accorde des subsides A cinq jeunes gens qui se livrent A l’étude de la peinture A Anvers.
Flandre orientale. Cette province compte huit académies de dessin et d’architecture à Gand (523 élèves vers 1837), Audenaerde (HO), St.- Nieolas (H6), Grammont (30), Termonde (150), Alost (228), Rcnaix et Sottoghem. — Deux jeunes artistes de cette province, un statuaire et un peintre, ont obtenu des subsides sur les fonds du trésor public et de la province pour aller se perfectionner A l’étranger dans l’élude de leur art; en outre, la province a subsidié, dans le même but, quatre autres jeunes gens.
Hainaut. Les villes qui possèdent des académies ou écoles de dessin et d’architecture sont : Mons (200 élèves en 1839), Tournai (157),Cliarleroi (85) , Atii (114), et F.nghicn (56).
Liège. L'académie royale des beaux-arts de Liège, dont l'institution date de 1819, compte 306 élèves; plus de 200 autres réclament instamment la faveur d’étre admis , et l'on approprie A cet effet l’hospice de Su-Abraham dont la ville a fait l’acquisition.
Limbourg. L'école de dessin de Tongrcs avait
PtlM.IQOE. 363
33 élèves vers 1837. — Trois élèves sont subsides par la province et les communes, et deux le sont par l’État, pour fréquenter l’académie de peinture d'Anvers.
Luxembourg. Une école de dessin est établie près des collèges d’Arlon et de Virlon.
A'nmur. L'académie de peinture de Namnr compte 180 élèves, et l’école de dessin A l’athénée de la même ville, 100; c'est surtout sur les ouvriers que cette école parait produire de bons résultats. Un élève peintre reçoit un subside de la province.
Conservatoires de mi siqve. Les principaux établissements en ce genre sont les Conservatoires royaux de Bruxelles et de Liège, fondés sous les auspices du Gouvernement et dont la dépense est supportée par l’État avec le concours de la Commune, puis le conservatoire de musique de Gand créé par la ville. Viennent ensuite l'école de musique de Louvain formant une section de l’académie, et celle de Namur érigée en partie aux frais de la ville et en partie aux frais d'une société particulière.
Le Conservatoire de Liège a 300 élèves et 20 professeurs, cl celui de Gand, 260 élèves et dix professeurs.
Le Conservatoire de Bruxelles a remplacé, A la révolution , l'École royale de musique qui avait été fondée en 1822. A l’époque de sa réorganisation, en 1853, il comptait 73 élèves et 10 professeurs; pendant l’année scolaire 1839-1840, il avait 550 élèves, 19 professeurs et autant de répétiteurs. Les résultats obtenus A cet établissement, sous l'habile direction de M. Fétis, ont dépassé toutes les espérances : depuis 1855, il en est sorti plus de 30 élèves qui brillent A l'étranger comme des artistes de la plus grande distinction, et plus de 450 professeurs qui dirigent et répandent le goOt de la musique sur tous les points du Royaume (i). L’école de composition, que les gazettes musicales de Paris, de Lcipsick, de Berlin, citent parmi les premières de l’Europe, a déjà formé une dixainc d’élèves qui seraient considérés comme de lions maîtres dans les meilleures écoles de France, d’Italie et d’Allemagne.
(l) Aujourd'hui ce ne sont plus les villes seules qui ont le privilège de posséder des sociétés de musique: il V en a en grand nombre dans les campagnes où elles sont surtout utiles comme moyen de civilisation. Pour
IMSTRUCTIO» PCBI.lQlK
Dans la vue de favoriser davantage encore les I Dans sa consistance; actuelle, c’est-à-dire non fortes études musicales en Belgique, un arrêté compris les parties de territoire passées à la llol-
royal du 19 septembre 1859 a ouvert à Bruxelles lande par suite du traité du 19 avril 1859, le
un grand concours bis-annuel entre les composi- Royaume compte (lin 1839) 4,950 écoles primaires
leurs nationaux ; la récompense réservée au vain- | fréquentées par 423,908 élèves ou un élève sur 9 queur consiste en une pension de 2,500jr. qu’il habitants dans les villes et 10 dans les campa-
rocevra pendant quatre années pour aller se gnes (*). Dans ces nombres les sept provinces
perfectionner dans son art en Allemagne, en restées intactes sont comprises pour 4,259 écoles
France et en Italie. et 582,039 élèves : en 1850, ces sept provinces
Écoles frimaires (t). On a constaté, il y a avaient 5,571 écoles et 207,422 élèves; d’où il
huit à dix ans, que la propagation do l’instruction résulte qu’en dix années le nombre des écoles
primaire est deux fois aussi étendue dans notre s’est accru dans les sept provinces de 088, c’estr
pays que dans le Nord de la France, et cinq fois à-dire de plus du sixième, et que celui des élè-
plus que dans le Midi. vos s’est augmenté de 174,617, faisant environ
Depuis, le nombre des écoles primaires et celui I 1*4 deux cinquièmes; accroissement infiniment des élèves, pour tout le Royaume, ont été en aug- | plus rapide que celui de la population qui, comme mentant, comme le prouvent les chiffres ci-après. 1 nou8 lavons vu, pag. 27 et 28, est du quart au
| cinquième en 23 ans (2815-1838). Les trois laécoles. ÉLfcvF.s. . blcaux suivants donneront de plus amples détails
1853 5,229 370,990 j sur le mouvement de l’enseignement populaire
1836 5,622 421,503 en Belgique dans les six dernières années.
axxée 1855.
NOMBRE
DM ICOLk*.