‹ Essai sur la statistique générale de la Belgique, composé sur des documents publics et particuliers (volume 2)Chapitre 59 sur 299 · ORFÈVRERIE ET FABRIQUE DE BRONZE · texte numérisé non relu

ORFÈVRERIE ET FABRIQUE DE BRONZE

Quoique l'orfèvrerie soit travaillée en Belgique d'une manière satisfaisante, elle laisse cependant à désirer pour la pureté et l'élégance des formes comme pour le fini de l'exécution; en général nos produits restent au-dessous de ceux de Paris qne nous cherchons à imiter. Les établissements

les plus importants sont à Bruxelles et à Liège , et c'est aussi dans ces deux villes que la joaillerie et la bijouterie fines s'exécutent le mieux. La bijouterie d'Anvers jouit d'une estime méritée.

La fabrication des bronzes a été essayée à diverses reprises à Bruxelles; mais la supériorité de ceux de France les fait préférer aux nôtres qui soutiennentainsi une concurrence difficile avec les produits des manufactures de Paris, lin établissement, qui vient de se créer à Gand, paraît avoir plus d'éléments de succès que n'en ont les fabriques de Bruxelles,

Horlogerie. L'horlogerie belge, qui tire de la Suisse la matière première des articles qu'elle livre au commerce, est loin d'en être arrivée à la perfection. La France et la Suisse nous inondent de leurs produits. En 1855, H. Lefebvre, horloger à Liège, a établi, entre cette ville et Chenée, une fabrique d'horloges mue par une machine à vapeur ; cet établissement est en progrès, il produit des mouvements d'horloge qui remplacent avantageusement, et pour la qualité et pour le prix, les horloges en bois d'Allemagne. Dans le but d'encourager l'horlogerie de précision, le Gouvernement, par arrêté du il septembre (859, a institué des médailles pour être décernées à ceux qui produisent les instruments les plus perfectionnés ; jusqu'ici deux chronomètres seulement ont été présentés, et il n'y a eu qu'une médaille décernée, elle était en vermeil.

Instruments de fhysique et de mathématiques. Nous possédons, particulièrement à Bruxelles, plusieurs fabricants d'objets qui servent à l'étude des sciences exactes. An premier rang de tous ceux qui s'occupent chez nous de cette partie, sont MM. Thémar et Sacré : leurs ouvrages jouissenl, dans toute la Belgique clà l’étranger d'une réputation justement méritée, et cependant leurs établissements comme tous les autres du même genre se soutiennent difficilement, parce qu’on préfère généralement les instruments qui viennent d'Angleterre et de France à ceux fabriqués dans le pays.

Instruments de musique. Cette industrie a fait chez nous des progrès importants depuis peu : il n'y a qu'une douzaine <f années, Bruxelles n'avait que deux constructeurs de pianos pour tout le pays; aujourd'hui cette ville en compte quatorze, et il s'en trouve à Anvers, à Gand, à

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FABRICATION -

Bruges, i Liège, à Namur et dans d'autres villes moins importantes. Ils livrent tous les ans mille il onze cents pianos qui présentent le double avantage de la solidité cl du bon marché. Bruxelles compte plusieurs fabricants de pianos du premier ordre : les produits perfectionnés des Liclitenlh.il, des lloebercchls , des Groetacrs, réunissent, à un degré remarquable, les avantages qui constituent le mérite de ces instruments; ils sont déjà plus estimés que ceux d'Allemagne, presque aussi bons et aussi beaux que ceux de Paris et de Londres. Puis viennent les instruments & vent de tont genre, dont la supériorité est incontestable, tant pour la justesse des sons que pour l'élégance des formes et la richesse des ornements. Bruxelles possède, pour la fabrication de cet article, un établissement qui est, dans son genre, sans rival en Europe : c’est celui de M. Sax, qui a pris rang parmi les premiers fabricants d'instruments A vent; ce facteur a non seulement fait subir une révolution complète aux instruments à vent, il a encore embrassé à la lois la fabrication de tous les instruments, ce qui était sans exemple jusqu'A-préscnk II expédie ses produits à Paris et dans d'autres villes de France, A Francfort, à Cologne et à Lisbonne. Les instruments A cordes qui sortent des ateliers de nos facteurs sont justement estimés; mais il s’en fabrique peu en Belgique.

MéTALkunciE. L'abondance du fer et du combustible en Belgique a donné lieu A l'établissement de plusieurs forges considérables où l'on fabrique la fonte, le fer, la télé, l'acier, le zinc. Celte industrie est agglomérée en trois groupes principaux : celui du rivage , sur les bords de la Meuse, depuis l'entrée en Belgique de ce fleuve, jusqu'à la limite des proviuces de Namur et de Liège ; le groupe de rEutrc-Sambre-ct-Meusc (dans lequel nous comprenons ici les usines du canton de Couvin), et le groupe de Cbarleroi (auquel noos rattacherons les usines de Clabeeq près de Tubise). D'autres hauts-fourneaux sont échelonnés sur le lloyoux , sur l’Ourle et sur les affluents de cette dernière rivière. Indépendamment des hauts-fourneaux, il y a dans le pays 175 forges, laminoirs, afDneries et martinets pour la conversion de la fonte en fer en barres. C'est A la Belgique qu’est dû l'honneur de l'invention des hauts-fourneaux; les premiers essais pour le traitement du minerai par Ig coak

(houille carbonisée), importé d'Angleterre, ont eu lieu vers 1788. A partir de 1834, l'esprit d'association a imprimé A la forgeric en Belgique le plus grand développement qu'elle ait jamais eu ; d'immenses établissements s'élevèrent sur les bords de la Sambre, au Monceau, A douillet, A Châtelineau et sur les rives de la Meuse dans la province de Liège. En 1837, il y avait en activité dans le Royaume 93 hauts-fourneaux au coak, et 66 au charbon de bois, ensemble 89; mais, en 1839, il n'y en avait plus que 17 au coak et 59 au bois, total 69 (<).

Tableau général det Haute-Fourneaux en 1839.

NOMBRE

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