‹ Essai sur la statistique générale de la Belgique, composé sur des documents publics et particuliers. Supplément à la 2. édChapitre 12 sur 100 · QUANTITÉ · texte numérisé non relu

QUANTITÉ

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MOYEN

MOYEN

MOYEN

MOYEN

Fr. C.

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Fr. C.

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Froment blanc. .

Id. roux. .

Métcil

Seigle

Sarrasin. . . .

Avoine.

Orge escourgeon.

Id. tardive. .

Pommes de terre.

Paille

PRODUCTIONS AGRICOLES DE LA BELGIQUE, D' AMIES LES DOCUMENTS LES PLUS RÉCENTS («).

Froment. La Belgique en produit, année moyenne, 4,090,000 hectolitres. — Dans la province d'Anvers, il ne réussit que dans les polders le long de l'Escaut et du Bupel, et dans quelques localités du sud d'Anvers. Le froment

(i) Voir 2 mr édition , pag. 68 et suiv.

(t) Les rapports des commissions d'agriculture, dans les exposés de la situation des provinces, complétés par d'autres renseignements.

blanc de Bham, importé en 1840, est très productif et d'un beau grain; la culture s'en répand de plus en plus, il doit être semé de bonne heure, parce qu'il résiste plus difficilement a la gelée que le froment indigène. Le froment dit Mary Coldred, a été cultivé pour la première fois en 1842, et a donné une belle récolte. — Dans le Brabant, 42,773 hectares étaient livrés à la culture du froment en 1830, et ont produit chacun 16 à 18 hectolitres d'un poids moyen de 82 kilog. ; l'arrondissement de Louvain ne figure dans ce chiffre que pour 9,386 hectares. En 1810,

ACniCll.Tl'RE.

on comptait, pour la culture du froment, 49,331 hectares, dont 18,197 dans l'arrondissement de Bruxelles, 11,907 dans celui de Louvain, et 19,227 dans celui de Nivelles : le produit moyen du froment par hectare, a été de 19 hectolitres du poids de 77 kilog. Dans le Brahant, comme dans la province d'Anvers, le nouveau froment d'hiver nommé Mary Coldred, a donné un produit supérieur à celui du froment ordinaire : non-seulement le produit en est de honne qualité; mais la paille en est encore fort belle, aussi haute et aussi abondante que la paille de seigle. — Bans la Flandre occidentale, le froment occupe, année moyenne sur cinq, 13,616 hectares, produisant 835,182 hectolitres, ou, par habitant, 6 ares, 73 centiares, et 1 hectolitre, 29 litres de produit. La récolte de 1810 a donné par hectare 24 à 28 hectolitres du poids de 77 à 79 kilog., au pris de fr. 17-22; en 1812, année trois quarts d'une bonne récolte ordinaire, les 80 kilogrammes de farine, telle qu'elle sort du moulin après moulure, ont donné 112 kilog. de pain, soit 8 •/„ de plus qu'en 1841. Le froment Mary Goldred, reçu en 1811 , a bien réussi dans la Flandre occidentale. — Le froment forme aussi une des grandes cultures de la Flandre orientale : 29,284 hectares lui sont consacrés année moyenne, et produisent 567,157 hectolitres, ou 19 hectolitres, 57 litres, par hectare. — Dans le Hainaul,le froment d'hiver a rendu, en 1810, 20 à 30 hectolitres par hectare, 15 à 20 hectolitres en 1841, 25 à 50 hectolitres de grain et 600 bottes de paille de 5 kilog. en 1842. Le froment rouge d'Angleterre, dont une partie avait été semée en avril 1842, est demeuré en herbe; le défaut d'épis a fait supposer que e'est une plante bis-annuelle : ou continue les essais. — C'est dans la partie de la province de Liège, appelée la Flesbaye, que le froment est cultivé sur la plus grande échelle : le Condroz n'en produit que fort peu. On compte dans la province entière 20,905 hectares de terres employées à la culture du froment; le rapport moyen est de 16 hectolitres 47 litres par hectare. Le froment de Bham y a paru mériter d'être propagé dans le pays. — Le Limbourg produit peu de froment ; il ne s'en sème pas dans les parties sablonneuses de la province : le froment d'hiver, qui est le seul que l'on cultive, a rapporté, en 1840, 15 à 16 hectolitres par hectare, et en 1841, 14 hectolitres seulement; ce produit est consi-

déré comme médiocre; en 1842, le produit moyen a été d'un peu plus de 16 hectolitres. — Dans le Luxembourg, la culture du froment est restreinte aux arrondissements d'Arlon et de Yirton : dans cette province, la culture du froment et du roéteil a occupé en 1842, 10,097 hectares. Le méteil est seul cultivé dans l'arrondissement d'Arlon. On continue, dans l'arrondissement d'Arlon, les essais de culture du froment anglais. En 1840, 15 litres de ce froment, semés un peu tardivement, ont produ i t une dcmi-récol te qu i, ay a n t é té de 80 litres, a m il ii pour ensemencer 40 ares de terre; le froment était parfaitement levé et donnait l'espoir d'en récolter pour pouvoir ensemencer une dizaine de journaux en 1811. Les épis avaient de six à sept pouces de longueur et contenaient jusqu'à 90 grains, tandis que ceux du froment du pays n'en ont que 40 à 45, c'est-à-dire moitié. Son volume est double de ce dernier, et riche en farine en proportion. — Enfin, une partie seulement de la province de Namur, dans l'arrondissement du même nom, est consacrée à la culture du froment, qui est presque inconnue dans les deux autres arrondissements, de Philippcvillc et de Dinant. Le froment envoyé par le Gouvernement en 1811, sous le nom de Mary Goldred, a bien réussi; il est très productif, les grains sont magnifiques et la paille très forte.

Seigle. Le produit moyen annuel, pour la Belgique entière, est de 5,130,000 hectolitres. — Il est généralement cultivé dans la Campine anversoise, où il forme la principale nourriture des habitants. La récolte en a été belle et abondante en 1840. — Dans la province de Brahant, plus de 50,000 hectares sont ordinairement livrés à sa culture, produisant, chacun, 15 à 20 hectolitres d'un poids moyen de 73 kilogrammes. L'arrondissement de Louvain se trouvant dans un état d'infériorité relative avec l'arrondissement de Bruxelles, quant à l'étendue de la culturc du froment, il a, en revanche, la supériorité quant à l'étendue du terrain consacré à la culture du seigle : sur 54,447 hectares emblavés de seigle en 1840, 18,072 appartiennent à l'arrondissement de Bruxelles, 22,153 à celui de Louvain, et 13,922 à celui de Nivelles. — Dans la province de la Flandre occidentale 33,947 hectares, emblavés de seigle, produisent 655,363 hectolitres, année moyenne sur cinq, ou, par habitant, 5 ares, 25 centiares, et 1 hectolitre, 1 litre de pro-

AC Kl CULTURE.

duit. — Le seigle fait partie de la grande culture dans la Flandre orientale, el y occupe, année moyenne, 56,671 hectares, produisant 1,112,346 hectolitres, ou 19 hectolitres, 65 litres par hectare. En 1859, 98,465 hectolitres de seigle ont été employés par les brasseurs et les distillateurs.

— Dans la province de Hainaut, le seigle d'hiver a produit en 1840, 25 à 30 hectolitres par hectare, 20 à 23 en 1811, produit des deux tiers d'une récolte ordinaire, 50 hectolitres et 1,100 bottes de paille de 5 kilogrammes en 1812. — Dans la proviuce de Liège on a fait la remarque que la culture du seigle diminue généralement dans la proportion de l'accroissement de celle du froment. On évalue a 17,886 hectares l'étendue des terres consacrées a la culture du seigle; l'hectare rapporte en moyenne 16 heclol. 50 lit.

— Dans la province de Limbourg le seigle fait partie de la culture principale; mais on n'y cultive que le seigle d'hiver : en 1840, il a produit, dans les bons terrains, de 15 à 21 hectolitres par hectare et beaucoup de paille; dans les mauvaises terres des cantons de la Campinc on n'a obtenu communément que sept hectolitres : en 1811, le produit a été en général de 11 à 12 hectolitres; c'est un tiers de moins que la moyenne ordinaire. En 1812, il n'a produit, terme moyen, que 12 à 15 hectolitres, d'une qualité supérieure. — Il est cultivé avec succès dans les arrondissements de Virton, d'Arlon et dans une faible partie de l'arrondissement de Marche, province de Luxembourg, où celle culture a occupé en 1812, 14,088 hectares. — Le seigle de mars ne parait plus être cullivé dans la province de Namur.

L'épeautre forme la principale culluredu Condroz, province de Liège : 11,275 hectares sont consacrés, dans celle province, à la culture de répeautre, donl le produit, par hectare, est de 22 heclol. 78 lit. par année moyenne. — Dans le Limbourg, la culture de l'épeautre est sans importance; elle ne se rencontre que dans quelques districts du cdté de la Meuse : on évalue le produit à 26 hectolitres par hectare. — En 1842, elle a occupé dans le Luxembourg, 5,115 hectares. Il existe, dans l'arrondissement de Marche, des terrains où l'on pourrait cultiver avantageusement le froment; mais jusqu'à présent on y a donné la préférence à répeautre. — On cultive avec succès dans divers cantons de la province de Namur, notamment dans certaines parties de

l'arrondissement de Dînant, une nouvelle espèce de grain dit épeautre rouge ou épeaulre d'Italie; ce grain présente l'avantage de mûrir avant l'épeautre ordinaire, sa paille est meilleure et le grain en est plus pesant; il convient surtout comme méteil avec le seigle, parce qu'il mûrit eu même temps que oc dernier. — L'épeautre est aussi la principale culture dans les arrondissements de Philippeville et de Dinanl, province de Namur, où il remplace le froment.

Orge. Le produit lolal en est évalué a 1.590,000 hectolitres par année moyenne. — D'une culture générale dans la province d'Anvers, elle y a cependant sensiblement diminué dans quelques parties par suite de l'extension progressive de la culture du lin, pour laquelleon choisit d'ordinaire les terres employées à la culture de l'orge d'été : le sol des jiolders convient essentiellement à la culture de l'orge comme à celle du froment. L'orge chevalier, distribuée par le Gouvernement depuis cinq à six ans, offre l'avantage de venir dans les champs où l'orge ordinaire a manqué; les orges de Notliugham et de Moldavie, introduites en 1810, semblent ne point élre préférables à l'orge indigène : la même observation a été faite dans d'autres provinces. — Dans le lirabanl, 6,896 hectares produisent 28 à 30 hectolitres, par hectare, d'un poids moyen de 60 à 61 kilog. Les 6,524 hectares employés à celle culture en 1840, se répartisse ii 'i 1 1 ainsi entre les arrondissements : Bruxelles 1,550, Eouvain 1,898, Nivelles 5,076. En 1841, l'orge chevalier a donné un bon produit, 28 hectolitres environ par hectare. — Dans la Flandre occidentale la culture de l'orge occupe 9,741 hectares produisant 561,521 hectolitres, année moyenne sur cinq, ou, par habitant, un are, 50 centiares, et 54 litres de produit. — Elle est très répandue dans la Flandre orientale, étant un des principaux ingrédients de la bière du pays. On a calculé qu'en 1859, les brasseurs et les distillateurs ont employé 486,015 hectolitres d'orge, donl 55,545 hectolitres sont mirés dans la fabrication du genièvre. La culture de l'orge occupe dans la province, année moyenne, 8,979 hectares, produisant 261,56-1 hectolitres, on 29 hectolitres, 41 litres par hectare. — Elle esl également cultivée dans la province de llainaul : l'orge de mars, mal venue en 1842, a donné 24 hectolitres par hectare; l'orge d'hiver (escourgeon) a rapporté, en 1841, 15 à 20 hectolitres par hectare, et, en

Ai.UCtl.Tl RE.

1842, année de récolle très-abondante, 45 hectolitres de grain et 1,000 bottes de paille de 5 kilogrammes. — Parmi les céréales, l'orge est peu cultivée dans la province de Liège, où elle n'occupe que 4,077 hectares, l'hectare produisant 18 hectolitres, 50 litres. — Cependant elle est une des principales cultures dans celle de Limbourg; en 1811, l'orge d'hiver, qui a beaucoup eu à souffrir des gelées, n'a produit que 19 hectolitres par hectare; celle d'été, mieux venue, en a donné 23. L'année suivante, l'orge d'hiver a produit, en moyenne, 25 hectolitres par hectare; sa qualité a été bonne; le produit de l'orge d'été a été celui d'une année ordinaire, 21 à 22 hectolitres. — Dans les arrondissements d'Arlon et de Virlon, province de Luxembourg, la culture de l'orge s'étend beaucoup par suite de l'établissement de brasseries dans cette contrée; elle est presque nulle dans les autres arrondissements de la province, où l'on a compté en 1842, 1,781 hectares consacrés à cette culture. L'orge chevalier, introduite dans l'arrondissement de Marche, parait avoir des chances de succès. La culture de l'escourgeon est inconnue dans la province. — L'orge d'été se cultive généralement assez peu dans la province de Namur, où la culture de l'escourgeon, ou orge d'hiver, parait diminuer depuis quelques années. L'orge dite chevalier se cultive toujours avec succès dans la province, et son produit l'a encore emporté, en 1841, sur les autres espèces.

Sarrasin. La Belgique produit, année moyenne, 040,000 hectolitres de blé sarrasin. — Il croît dans toute* les parties de la province d'Anvers.

— Sa culture est peu signifiante dans la province de Brabant : 4,005 hectares, dont les deux tiers (2,0ô2) pour l'arrondissement de Louvain, 937 pour celui de Bruxelles, et 434 pour celui de Nivelles, en 1840; le produit d'un hectare a été trouvé être de 20 hectolitres du poids de 50 kilog.

— Il occupe 2,072 hectares dans la Flandre occidentale, produisant 56,209 hectolitres, année moyenne sur cinq, ou, par habilaul, 32 centiares, et 5 litres et demi de produit. — il forme une des grandes cultures de la Flandre orientale, où il occupe, année moyenne, 10,587 hectares, dont le rendement est de 201,550 hectolitres, on 19 hectolitres et 4 litres par hectare. — La province de Hainaut produit peu de ce blé. — Il est aussi peu cultivé dans celle de Liège, où il n'occupe que 114 hectares; le produit par hectare est, en

moyenne, de 23 hectolitres, 75 litres. — Il est une des principales cultures de la province de Limbourg : en 1841, sou rapport n'a été que de 7 hectolitres par hectare, ce qui fait la moitié seulement d'une année ordinaire. — 11 se cultive avec succès dans les arrondissements d'Arlon et de Vu-ion et dans une faible partie de celui de Marche, province de Luxembourg, où il a occupé, en 1842, une étendue de 229 hectares; celte culture est presque nulle dans les deux autres arrondissements (Bastognc et Neul'chalcau). — Dans la province de Namur, le blé sarrasin n'est point cultivé.

Avoine. La Belgique en produit, année commune, 0,170,000 hectolitres. — Elle est généralement cultivée dans la province d'Anvers, où l'avoine précoce de llampton a été introduite depuis peu d'années, mais n'est pas à préférer à celle du pays. — En 1840 , 53,709 hectares, livrés à la culture de l'avoine dans la province de Brabant, ont produit chacun 55 hectolitres, d'un poids moyen de 46 kilogrammes : 8,571 hectares appartiennent à l'arrondissement de Bruxelles, 11,140 à celui de Louvain, et 15,998 à celui de Nivelles. L'avoine précoce de llampton a bien réussi dans la province en 1841 ; elle produit autant que celle du pays, et le poids en est plus fort. — Dans la province de la Flandre occidentale, la culture de l'avoine occupe 15,708 hectares, produisant 504,026 hectolitres, année moyenne sur cinq, c'est, par cheval, 62 ares, 41 centiares, donnant un produit de 19 hectolitres, 97 litres. L'avoine précoce de llampton a donné des résultats satisfaisants. — L'avoine est une des grandes cultures dans la Flandre orientale, où elle occupe, en moyenne, 18,299 hectares, qui donnent 575,364 hectolitres de produit, ou 51 hectolitres, 44 litres par hectare. — Elle est aussi cultivée dans la province de Hainaut où elle parait employée dans les brasseries. La récolte, satisfaisante en 1841, a été de 40 à 45 hectolitres par hectare, et 1842, année de demi-récolte, a produit 50 à 40 hectolitres par hectare et 2,500 kilog. de pille. — Dans la province de Liège, le produit en a été le plus abondant en 1840; cependant, comme les autres céréales, elle est peu abondante dans le Condroz. Celte culture occupe dans la province 29,118 hectares, qui produisent chacun, eu moyenne, 24 hectolitres, 21 litres. L'avoine de llampton se cultive avec succès dans la province; une nouvelle distribution de graines a été deman-

dée au Gouvernement. — L'avoine est une des principales cultures dans la province de Limbourg : la récolle, qui a été abondante et de bonne qualité en 1841 , a produit 25 hectolitres par hectare.

— La culture de l'avoine a occupé 26,847 hectares dans le Luxembourg, en 1842. — C'est aussi une des principales cultures des arrondissements de Philippevilleet de Dinant, province de Namur.

Pomma de terre. Les pommes de terre de la Campine (province d'Anvers) sont très estimées; on a remarqué que bien rarement, dans ce pays, la récolle de ce précieux tubercule trompe l'espoir du cultivateur. La pomme de terre de Rohan, essayée dans la province d'Anvers, se propage partout; celle des Cordilières, venant des montagnes du Chili, n'est point d'un grand rapport.

— Le produit moyen de l'année 1840, dans la province de Brabant, était de 185 hectolitres par hectare. La pomme de terre des Cordilières a été trouvée de bonne qualité, mais d'un petit rapport; elle ne convient que pour la consommation particulière. — Celle culture occupe dans la Flandre occidentale 19,857 hectares, produisant 5,591,717 hectolitres. — Elle fait partie de la grande culture dans la Flandre orientale ainsi que dans le Ilainau t . où la pomme de terra des Cordilières a également peu produit : dans cette dernière province, la récolte, satisfaisante en 1842, a produit 140 hectolitres par hectare. — Dans la province de Liège, la pomme de terre des Cordilières a été reconnue peu productive à la vérité, mais se recommander par son bon goût. — Dans le Limbourg, les produits en pommes de terre ont été évalués, en 1842, à 114 hectolitres par hectare, tandis que la moyenne ordinaire est de 154 hectolitres. — Les pommes de terre ont occupé dans la province de Luxembourg 12,875 hectares, en 1842, et réussissent dans toutes les parties de la province. La culture des pommes de terre des Cordilières, essayée depuis deux ans, parait avoir donné des produits chélifs en 1842; déjà l'année précédente elles n'avaient presque rien produit : les tubercules sont restés extrè-

Fourrageg. Dans la province de Brabant, l'hectare de prairie a produit, en 1840, environ 5,200 kilog. de foin médiocre; la luzerne est encore peu répandue dans le Brabant. — Le trèfle est un des produits de la grande culture dans la Flandre orientale. — Dans leUainaul, on Tait grand usage

du plâtre, qui est très salutaire à la culture du trèfle. — Dans la province de Liège, comme dans le Brabant, on a Tait la remarque que la luzerne y esl trop peu cultivée. — Dans la Campine limbourgeoise, les agriculteurs apportent un soin particulier à l'entretien des prairies artificielles, qui leur donnent le moyen de nourrir un nombreux bétail. En 1841, la récolle du foin de prairie dans la province, a été évaluée à 5,000 kilog. par hectare. La spergule a moins bien réussi en 1841, que les années précédentes : on n'a obtenu en foin que 1,800 kilogrammes par hectare; le trèfle en foin a donné, en 1840, 2,000 kilog. par hectare, 5,000 kilog. en 1841 , cl 2,550 en 1842 : celte dernière quantité est un sixième de moins qu'une récolte commune; il faut en excepter les environs de la Meuse, où le produit a été satisfaisant. Dans le Limbourg encore, la graine de trèfle, qui, en 1841 , n'était pas venue à maturité à cause des grandes pluies, n'a produit moyennement que 65 kilogrammes par hectare. — En 1842, 5,319 hectares étaient consacrés, dans le Luxembourg, à la culture des prairies naturelles, et 8,260 aux prairies artificielles. Le trèfle réussit dans toutes les parties de la province. Les sainfoins ne sont cultivés que dans les arrondissements d'Arlon et de Virton; on leur préfère la luzerne qui produit parfois jusqu'à trois récolles : dans l'arrondissement d'Arlon on avait semé une grande quantité de luzerne en 1841, et elle a produit trois belles coupes sur des terrains de médiocre qualité.

Carottet. Une espèce nouvelle de carottes, dite d'Alieringham, introduite depuis peu dans les provinces d'Anvers et de Brabant, est meilleure que la carotte ordinaire et se recommande particulièrement pour la table; les produits que l'on continue à en obtenir sont abondants et de bonne qualité. — Les carottes entrent dans la grande culture, pour les fourrages des bestiaux, dans la Flandre orientale ainsi que dans le Ilainaul Dans la première de ces provinces on les emploie pour la nourriture des chevaux et des bêles à cornes. Cette racine engraisse promptement les chevaux; mais en revanche, elle occasionne des coliques et la paralysie. — Dans le Limbourg, les carottes ont donné, en 1841, un produit de 150 hectolitres; c'est à peu près celui d'une année ordinaire; la récolte de 1842, n'a été que de 95 hectolitres. — Dans le Luxembourg,

la culture de la carotte n'est pas encore très étendue en dehors des jardins; des essais en ce genre ont été pratiqués dans l'arrondissement d'Arlon.

Naveit. Nulle part le navel jaune de Suède, ou ralubaga, n'est mieux cultivé qu'à Schoolen, province d'Anvers : la récolte en est prodigieuse et fournit au bétail, durant l'hiver, une nourriture excellente; mais la culture en est asseï difficile : le navet à tête rouge de Norfolk est celui qui a été cultivé avec le plus de succès. — Dans le Brabant, le navet jaune de Suède a été reconnu être peu abondant, mais d'un bon goût; le navet blanc rond de Norfolk est d'un bon rapport; le navel hybride jaune et le navet jaune à léle rouge sont d'un très bon produit, mais c'est surtout le navet rond jaune qui mérite d'être cultivé en grand.— Dans la province de la Flandre orientale, les navets fonl partie de la grande culture pour le fourrage des bestiaux. — Ils réussissent également bien dans la province de Liège. — Dans le Limbourg, ils ont rapporté, en 1811, 5,560 kilogrammes par hectare. — La culture du navet commence à s'étendre en plein champ, dans les arrondissements d'Arlon, de Neufchateau et de Virton, province de Luxembourg. Ou propage de plus en plus, dans la province, la culture des navels jaunes de Suède, de Norfolk blancs ronds, des navets hybrides jaunes, des navets jaunes à téle rouge, qui se distinguent par leur prodigieuse grosseur et leur bonne qualité.

Chanvre. Il ne se cultive dans la province d'Anvers que pour les besoins domestiques. — 11 est également peu répandu dans le Brabant, où il ne se cultive pas non plus pour le commerce : la récolte de 48iO a été de G 00 kilog. de chanvre leillé et de 14 hectolitres de graines. — Dans la Flandre orientale, il forme un des produits de la grande culture. — Le chanvre ne se sème avec le plus de succès dans le llainaul que dans quelques communes voisines du cheflieu de la province (la banlieue de Mons et Cuesmes), où le terrain est plus convenable à la plante, qui demande un 6ol profond, léger, frais et riche en principes nutritifs. — En 1840, le chanvre, dont la culture csl très restreinte dans la province de Liège, a donné un produit ordinaire. — Celte culture n'est pas sans importance dans le Limbourg : son produit moyen est de 5,705 kilogrammes. — Elle s'exerce dans l'ar-

rondissement d'Arlon plus que partout ailleurs dans la province; elle est presque nulle dans les autres arrondissements; le chanvre cl le liu ont occupé, dans celle province, 800 hectares en 1842. — La culture du chanvre, comme celle du lin, est peu répandue dans la province de Namur; elle l'est encore moins, cl n'a lieu, pour ainsi dire, que pour l'usage domestique des cultivateurs : on ne le rencontre que dans deux cantons, de Fosse et de Gembloux.

Lin (i). La cullurc du lin s'exerce en Belgique sur 4 1,000 hectares; le produit, parannée moyenne, csl de 20,900,000 kilog. de lin teille. — Dans quelques parties de la province d'Anvers, la culture du lin remplace celle de l'orge et y devient une des branches les plus importantes de l'économie rurale. Le liu se plait dans les terres légères de la Campinc, et c'est surtout dans l'arrondissement de Matines que cette culture a pris beaucoup d'extension, par suite des demandes des négociants anglais. Le marché du chef-lieu a acquis même une grande importance : le bon lin est rare cl se vend toujours fort cher; le lin commun au coulraire tombe souvent à des prix lies bas. Le lin d'Egypte, importé l'année dernière, a dit en 1842 la Commission d'agriculture d'Anvers, a donné un produit bien iuféricur au lin ordinaire et a semblé ne pas convenir à notre chinai. — Le lin récolté dans la province de Brabant ne sert guère que pour les besoins du cultivateur; 5,000 hectares seulement sont consacrés à ce genre de culture; le uombre de pièces de toiles fabriquées n'excède pas 10,000. La récolle a été, en 1840, de 575 kilog. de liu leillé. On a remarqué, en 1842, que la culture du liu diminue scnsiblcineut dans la province, et que les semis de graines de lin de Riga avaient donné un produit supérieur aux graines du pays. — Le lin forme dans la Flandre occidentale l'un des produits les plus importants de l'agriculture. C'est dans la partie méridionale que cette cullurc est le plus perfectionnée, et elle a pris beaucoup d'extension par suite des fortes demandes de l'étranger. Elle occupe 12,255 hectares, produisant 0,1 55,550 kilog. En 1840, le lin s'est vendu sur pied, par hectare, 675 à 750 francs. — Il fail partie de la grande culture dans la Flandre orientale, dont

(»•) Voyc* aussi plus loin l'article Toika à H> lum nn

AGUK tl.TlUK.

les paysans loacnt des terres jusque dans la province d'Anvers pour la culture du lin. — Dans le Hainaut, cette culture est presqu' entièrement circonscrite dans l'arrondissement de Tourna)' : en 1841, les lins, vendus jusqu'à 600 fr. l'hectare avant d'être versés par les pluies, n'auraient pas, après ce désastre, trouvé d'acheteur pour la moitié de ce prix; en 1842, année de demirécolte et de médiocre qualité, l'hectare a produit 350 bottes (avec la paille) et 15 hectolitres de graine de bonne qualité. La culture du lin devient de plus en plus chanceuse dans le Hainaut; les lins teillés sont d'un prix très bas parce qu'ils ne sont pas demandés. — La culturc du lin est très restreinte dans la province de Liège, et rarement essayée par les agriculteurs dans la province de Limbourg, où elle ne s'exerce que dans la Campine : on a obtenu, en 1840, 220 kilogrammes par hectare, et 240 en 1841.

— Dans la province de Luxembourg, le lin n'est guère cultivé que dans les arrondissements d' Arlon et de Virlon; la récolle de 1840 en a été assez satisfaisante. Des essais qui ont eu lieu avec succès dans certaines parties de l'arrondissement de Bastognc et dans les environs d'Houffalizc, font espérer que cette culture pourra y prendre de l'extension. — La culture du lin est peu répandue dans la province de Namur; elle n'a lieu que dans deux ou trois cantons de la province.

Colza el autres plante» oléagineuse». Dans la province d'Anvers, le colza ne réussit que dans les polders le long de l'Escaut et du Rupel, et dans quelques localités du sud d'Anvers; mais sa culture n'a d'importance que dans l'arrondissement de Malines. Le madia saliva, importé du Chili, dont la culture avait été essayée dans la province d'Anvers, a été abandonné. Le pavot ne s'y cultive pas non plus. La spergule croît dans toutes les parties de la province. — Cette dernière plante est peu répandue dans le Brabant; mais le colza y est beaucoup cultivé. Le madia saliva parait aussi complètement abandonné à cause des résultais peu avantageux que l'on a obtenus jusqu'ici. — Dans la Flandre occidentale la culturc dir colza occupe (en 1840) 10,037 hectares, produisant 258,296 hectolitres; le madia cultivé a donné des résultais satisfaisants en 1841. On y cultive aussi la spergule et la cameline; en 1810, la récolte de l'œillette a été de 20 à 24 hectolitres de graine par hectare, chaque hectolitre donnant

23 litres d'huile. — Le colza est d'une grande i mportance dans la Flandre orientale; la spergule aussi y fait partie de la grande culture. — Le colza est la seule plante oléagineuse qui soit cultivée dans le Hainaut, et cette culture, presqu'entièrement circonscrite dans l'arrondissement de Tournay, diminue encore à cause des chances qu'elle présente, des grands frais qu'elle exige, de la division des propriétés, de l'éclairage par le gaz et de l'usage étendu des huiles de poisson. Le produit par hectare a été, en 1842, de 26 à 50 hectolitres. Les essais qui ont été faits du madia saliva font craindre que la culture n'en puisse avoir lieu en grand : dans l'arrondissement de Soignies, il a produit 28 hectolitres par hectare. — Dans la province de Liège, le madia saliva a paru pouvoir être cultivé avec facilité et succès. — Dans le Limbourg, le colza d'été ne se cultive qu'exceptionnellement : en 1841 , il a donné, en moyenne, 7 hectolitres par hectare; le colza d'hiver- a donné, l'année suivante, eu moyenne et par hectare, plus de 15 hectolitres de graine de bonne qualité. Cultivées dans les parties sablonneuses de la province, les plantes de spergule ont produit, en 1840, 2,500 kilog. par hectare, el les graines 5 hectolitres. — Dans le Luxembourg, la culture du colza a occupé dans les arrondissements de Bastogne, de Marche çt de Ncufchàtcau, 542 hectares, en 1842. Le madia saliva, introduit en 1840, continue de prospérer dans les arrondissements d'Arlon et de Virton ; il a été essayé dans ceux de Marche et de Ncufchàtcau, où il a réussi, en 1842, sur des terres de qualité médiocre et peu fumées. Deux années auparavant, on avait obtenu 21 hectolitres par hectare el la plante rapportait 25 °/ 0 d'huile; il lui a fallu trois mois et demi pour mûrir. On cultive aussi la navctle et la lupuline dans l'arrondissement d'Arlon. En 1840, la cameline a remplacé le colza dans le même arrondissement; elle a été cultivée assez en grand et a bien réussi : les cultivateurs la préfèrent a la navette et au colza, parce qu'elle est moins sujette à être dévorée par les pucerons de terre. — Le colza, dans la province de Namur, ne 6e rencontre que dans quelques cantons, et l'on commence à cultiver dans quelques localités le madia saliva qui, d'après une expérience faite en 1841 , produit 16 à 17 litres d'huile par hectolitre de graine.

w.i.ir;i 1.1 i m

BeUerave (i). On consacre en Belgique annuellement environ 2,000 hectares à la culture de la betterave à sucre. — Dans la province d'Anvers on a reconnu que la betterave jaune ronde est généralement préférable à la betterave rouge pour la nourriture du bétail. — Depuis quelques années on a entrepris dans la province de Brabaut la culture en grand de la betterave; cependant elle commence à diminuer, les cultivateurs attribuant généralement à celle plante une action nuisible aux terres. La betterave jaune, nouvellement essayée dans la province, a donné un bon produit en 1841, et quant à la rouge, celle du pays lui est préférable. — La betterave est aussi cultivée dans la Flandre occidentale. — Celte culture s'est introduite dans la province de Hainaut et était exercée, en 4841, dans 48 communes : 1,255 hectares y étaient consacrés en 1850, 1,286 en 1810, et 1,088 seulement en 1841; le produit par hectare est évalué à 56,558 kilog. de betteraves. Dans son dernier rapport, la Commission d'agriculture du Hainaut a fait valoir, pour prouver que les sucreries de betteraves méritent une protection spéciale du Gouvernement, que la culture de cette plante offre un nouvel assolement de culture sarclée, que la préparation des terres qu'elle exige, augmente les récoltes subséquentes des céréales et améliore le sol; que ses produits sont supérieurs à ceux des autres plantes, que la manipulation fournil du travail aux ouvriers dans les moments où l'ouvrage manque et que les résidus forment une ressource précieuse pour la nourriture d'un plus grand nombre de bestiaux, ce qui augmente les fumures. — La récolte en a bien réussi en 18*0 dans la province de Liège. — Les betteraves qui, dans le Limbourg, ne se cultivent que dans les environs de Tongres et de S'-Trond, ont offert de superbes récoltes en 1840 : celle de l'année suivante, également abondante, a rapporté moyennement 4,250 kilog. par hectare; le fermage des terres propres à leur culture a notablement haussé. — La betterave est peu cultivée dans le Luxembourg; on ne la rencontre guère que dans les arrondissements de Marche et de Virton , où elle est généralement destinée à la nourriture du bétail; les betteraves des jardins, entre autres

(0 Voy» aussi plus loin l'article Sucra à flmomil

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