CAMPAI.*. TOTAL
Nombre des ramilles.
Nombre d'individus
qui les composent.
Nombre d'individus
occupés & la pré-
paration du lin. .
Nombre de rouets si-
multanément en ac-
Quantité moyenne de
(il annuellement lilé.
Nombre de métiers à
tisser simultané-
ment en activité. .
Quantité moyenne de
(oile annuellement
tissée, en métros. .
Quantité moyenne de
lin annuellement
mise en rouissage,
7tG,300 lti.128,178 10,874,178
Quantité moyenne de
lin annuellement
peigné, en kilog. .
Dans le but de répandre le tissage à la mécanique, une école d'apprentissage a été établie à Gand, en 1841 ; et au mois de mars 1812, 551 tisserands s'étaient déjà exercés au maniement
de la navette volante et aux uouvoaux perfectionnements apportés aux métiers à tisser la toile, généralement en usage dans les campagnes des Flandres. Une somme de 25,000 francs, accordée par le Gouvernement, en 1842, et celle de 5,000 francs allouée au budget de la province pour le même exercice à titre de subsides pour l'industrie linière, ont été mises à la disposition de la Commission directrice de l'atelier d'apprentissage du tissage de la toile à la navette volante. Les dépenses de cet atelier, qui, pour les six premiers mois de son institution (du 10 octobre 1841 au 10 avril 1842), s'étaient élevées à fr. 14,212-84, montent pour le restant de l'année 1842, à fr. 25,581-55. Dans cette somme se trouvent compris les ustensiles perfectionnés que l'on distribue gratuitement aux tisserands à leur départ de l'école , avec recommandation d'en faire immédiatement l'application aux métiers qu'ils possèdent.
llainaut. — La députation, jugeant avec raison que le meilleur moyen d'encourager la classe ouvrière qui s'occupe de l'industrie linière, c'était de répandre dans les campagnes l'usage des métiers perfectionnés, 14 métiers d'après le système Pareil ont élé achetés et placés à l'alelier d'apprentissage établi à Alh. Les tisserands des euvirous d'Ath ayant élé mis à même de se former à la nouvelle méthode de lissage, la Députation du llainaut a pris, le 7 avril dernier, un arrêté qui accorde aux tisserands peu aisés, demeurant dans les cantons de la province, autres que celui d'Ath, et qui voudront se rendre à l'atelier, une indemnité de roule de 50 centimes par lieue et d'un franc 20 centimes par journée de séjour à Alh. La Commission directrice de cet atelier, dont on ne peut trop louer le zèle, se promet les plus heureux résultats des mesures prescrites par la Députation i»ermanente.
La situation précaire dans laquelle se trouve l'industrie linière a du nécessairement influer sur les blanchisseries, qui sont également en souffrance ( Enq. parlem. )
Cotons. Gand. L'industrie colonnière y est en souffrance par suite du défaut de protection efficace et du grand renchérissement des vivres, qui a nécessité une réduction sur les salaires. — A S 1 - Nicolas l'industrie colonnière compte 40 fabriques, et emploie six mille ouvriers; on ne fabrique pas à la mécanique. — Mons. L'établissement de
lilature de S'-Denis compte 250 ouvriers. — A Braine-le-Comte, il y a trois on quatre filatures qui ont une assez grande importance; on ne file pas plus fin que le n° 70; les numéros communs et surtout les 50 et 40 sont l'objet de la plus grande consommation. — ta filature de coton compte dans la ville de Tourhay cinq ou six établissements; elle fournit le fil nécessaire à la bonneterie. — Verviers compte aussi une filature de coton. — Bruxelles en a plusieurs. (Enquête parlementaire.)
D'après des renseignements particuliers, il y a actuellement à Gand 41 filatures en activité, mettaut en mouvement 352,000 broches; le nombre de broches pour le pays entier est porté à 505,000, et la production totale, en moyenne, à six millions de kilog. de colon brut.
Tittut de soie. Celte branche d'industrie, qui s'exploite presqu'uniquement à Anvers, est en voie de progrès et continue à trouver dans la consommation intérieure un débouché assez important ! pour pouvoir se dispenser de viser à des exportations. Elle est restreinte à la fabrication de la soie dite noire d'Anvers, et du fil de soie. Les i étoffes de soie de mode ne se fabriquent pas à Anvers. (Enquête parlemenUireet administrative.)
Dentelles et tulles. Les tulles sont aujourd'hui pour ainsi dire abandonnés; on revient partout j a la dentelle. Des renseignements particuliers assignent une valeur d'une dizaine de millions annuellement à la production des dentelles en Belgique. La France, l'Angleterre, la Hollande, la Russie , toute l'Allemagne s'en approvisionnent chez nous. Les centres principaux de la production sont Bruxelles, Malines, Anvers, Gand, Bruges, Termonde, Y près, Court™ i , Grammont, S'-Trond, Alost, Binche, où une partie de la population féminine est constamment employée à la fabrication de la dentelle de fil et de coton. L'ne ouvrière habile, travaillant 46 heures par jour, peut gagner jusqu'à deux francs et demi. Le gain ordinaire est de 1 fr. 75 c.
Celte industrie a été longtemps en souffrance, tant dans le Brabant que dans la province d'Anvers et les Flandres; mais depuis quelque temps elle a pris un grand développement. Il y a à Anvers un établissement fondé sous la direction de M r Melchior Kramp, sous le titre d' école-modèle : c'était une institution toute de bienfaisance dans son principe; on y forme des élèves pour la
fabrication des dentelles. Cet établissement est en voie de prospérité et compte 145 élèves. A Courtrai, celte fabrication occupe trois à quatre mille ouvriers, dont le salaire varie de 75 centimes à fr. 1-50. L'arrondissement d'Ypres occupe environ 20,000 dentellières, et une seule maison d'Ypres emploie 2,000 personnes à cette fabrication. Bruges et ses environs emploient 15,000 ouvriers. A S^Nicolas, les dentelles se fabriquent particulièrement dans les hospices et les écoles des pauvres. Le salaire des dentellières varie de 25 centimes à fr. 1-50 par journée de travail. (Enq. parlera, et admin. et exposés des prov. )
Rubannerie. Avant notre séparation de la France, la rubannerie occupait au moins 600 personnes dans l'arrondissement d'Ypres. Il y a quelques années, elle fabriquait pour 400,000 fr., et aujourd'hui elle ne fait plus que pour 200,000 fr. Le nombre de métiers est aujourd'hui moitié de ce qu'il était il y a vingt ans. On peut donc considérer celte industrie comme morte à Ypres; mais il n'en est pas tout-à-fait de même dans le Brabant, où se trouve un établissement fondé depuis six ou huit ans, et qui fait très-bien, à en juger d'après le nombre des ouvriers qu'il emploie. (Enq. parlent, et admin. )
Passementerie et tissus de crins. Celte industrie compte une fabrique très importante à Bruxelles, et trois autres petites, deux à Yilvorde et une à Anvers. La fabrique de M r llanssens, à Vilvorde, occupe à peu près 150 ouvriers. La passementerie est moins florissante qu'il y a quelques années. Le fournitures militaires étant beaucoup moins considérables depuis la paix. (Enq. adm. et pari.)
Corderie. Les corderics se trouvent dans un élat assez prospère, quoiqu'elles aient perdu beaucoup par suite de l'émigration de nos bâtiments en Hollande; des lois moins prohibitives pourraient procurer à ses produits un excellent débouché dans ce pays. (Enq. parlent.)
Chapellerie. La chapellerie de feutre perd beaucoup depuis l'innovation des chapeaux de soie dont l'usage est aujourd'hui général. La fabrication des chapeaux de paille, d'abord concentrée dans un village voisin de Liège, Glons, où elle a pris naissance, s'est étendue dans plusieurs autres communes, et est dans un état prospère; les exportations qu'on fait pour Francfort et pour toute l'Allemagne, sont très considérables. D'après les renseignements fournis à la Députation
ISDl'STME MASVrACTliaiERE.
du Conseil provincial du Limbourg, par l'autorité locale de la commune de Koclangc, plus de 7,000 personnes sont constamment occupées aux travaux de celle fabrication. (Enquête parlementaire. )
sur celte industrie, qui est cependant importante (voir 2 me édition, page 98) ; seulement les exposés de la Flandre occidentale indiquent qu'on compte dans la province 82 tanneries en 1840, 84 en 1841, et 85 en 1812.
Ganterie. Nous avons été longtemps tributaires de l'étranger pour la ganterie. Cette industrie n'a pris naissance en Belgique qu'en 1817, et de 1817 à 1820 une vingtaine de fabriques s'établirent dans le pays, mais aucune ne réussit. Ce n'est qu'en faisant de grands sacrifices (pie les fabriques actuellement existantes peuvent se maintenir; elles ont dû faire venir de France tous leurs ouvriers : depuis, elles se sont attachées à fournir des élèves. L'importance de cette fabrication en Belgique pouvait élrc évaluée à 3,000 ouvriers en 1840, mais depuis cette époque ce nombre est considérablement réduit : cela provient de ce que les fabricants français affluent en Belgique, et quoique nos produits soient aussi bien confectionnés que ceux de nos voisins, et malgré la supériorité des peaux que nous employons, par caprice le consommateur préfère la ganterie française. On évalue à 120,000 douzaines la consommation de gants qui se fait en Belgique. (Enq. parlem. )
Toiles cirées et cuirs laqué». Cette industrie a fait des progrès sous le rapport de la fabrication : mais la vente a diminué; elle manque de débouchés. A Anvers, il y a deux fabriques de toiles cirées. Une industrie qui se rattache à celle-ci est celle des cuirs laqués; elle est assez prospère.
Papeterie. Les papeteries de Gand sont en souffrance. Avant la révolution il n'existait qu'une papeterie dans la province de Namur, celle de John Cockcrill, à Andenne; depuis il s'en est monté plusieurs sur une grande échelle. Mais la plus importante de tout le pays est celle de MM. Godin, à Huy : cet établissement, et la papeterie en général, sont, on peut le dire, dans un étal de prospérité vraiment remarquable. Les papeteries de MM. Hennessy, Bvliagre et C'*, Soudain et C'«, Malhicu-Nelis et C io , et autres
d'une importance moindre, sont à Bruxelles, également dans une situation prospère. Nous n'avons pas à rechercher les causes de celte situation florissante; mais ou peut, sans sortir de la vérité, l'attribuer en grande partie à la réimpression des ouvrages étrangers. La fabrication des papiers peinte a également fait des progrès; mais la concurrence française lui porte encore un grand préjudice. L'industrie des papiers de couleurs compte trois établissements à Turnhout; celte industrie est susceptible de prendre du développement; mais elle a à lutter contre les produite allemands qui ne paient qu'un droit de 5 °/o à la valeur. Les papiers de couleurs les plus employés, sont ceux de 7 à 35 francs la rame de 480 feuilles. (Enq. parlem. et adm.) L'enquête parle aussi d'une fabrique à la paille qui devait s'établir à Termonde.
Cartes géographiques. Celle industrie, qui occupe un grand nombre de bras, est en voie de perfectionnement; mais malheureusement nos cartes géographiques el nos estampes ne peuvent pas soutenir la concurrence sur les marchés français, à cause des droits énormes dont la France frappe nos produite à l'entrée. L'établissement géographique de Bruxelles est à juste titre placé au premier rang. (Enq. parlem.)
Cartes à jouer. L'introduction de celte branche d'industrie en Hollande, où nos fabricants trouvaient leur principal débouché, a réduit considérablement la fabrication des cartes à jouer, («lie industrie est dans une situation peu prospère. (Enq. parlem.)
Êbénislerie. Celle industrie qui est 1res répandue dans le pays cl surtout à Bruxelles, est très souffrante depuis quelque temps : avant la révolution nous exportions dans toutes les parties du monde, mais surtout au Mexique el dans le Levant; aujourd'hui nous en sommes réduite au marché intérieur, el encore avons nous la concurrence française pour quelques objets. Les Français et les Anglais, à la faveur d'une prime d'exportation de 10 p. °/o, nous oui remplacé sur les marchés étrangers; à conditions égales nous pourrions concourir avec ces pays. ( Enq. parlem. )
Orfèvrerie. Druxelles compte un grand nombre d'orfèvres et de bijoutiers donl les produite sont très recherchés. Celle industrie est très florissante. ( Enq. parlem. )
Instruments de musique. Celle industrie est
florissante; elle est en possession exclusive du marché intérieur. (Enq. adm.)
Métallurgie. Cette industrie s'est développée d'une manière extraordinaire en Belgique, et surtout dans les provinces de Liège et de Hainaut : l'arrondissement de Charleroi qui, avant la révolution, ne comptait que trois ou quatre hautsfourneaux, en compte actuellement 26. En général, les hauts-fourneaux chôment partout, par la raison qu'ils produisent plus qu'ils ne peuvent écouler. (Enq. parlem.)
En 18-42, il y avait dans l'arrondissement de Charleroi, dix hauts-fourneaux au coak en activité, douze en non activité, et quatre en construction, total 26; 25 machines à vapeur de la force totale de 1,554 chevaux, et 627 fours à coak. Les dix hauts-fourneaux en activité ont consommé 119,710 tonneaux de minerai de fer lavé, 52,7t3 tonneaux de castine et 4 53,255 tonneaux de houille, et ont produit 41.240 tonneaux de fonte valant sur place 4,002,740 francs. Des huit hautsfourneaux an charbon de bois , près desquels une machine à vapeur de la force de 20 chevaux , et 7 roues hydrauliques sont établies, deux seulement ont continué à travailler en 1842; ils ont consommé 4,985 tonneaux de minerai lavé; 844 tonneaux de castine et 2,575 tonneaux de charbon de bois; le produit a été de 1,695 tonneaux de fonte, valant fr. 245,831-85. 11 existe encore dans le Hainaut des aflineries de fer à l'anglaise, au charbon de bois, des fenderies, des platineries et martinets et des fonderies de fer. ( Rapport de l'ingénieur-en-chef des mines du Hainaut.)
Huit fourneaux au coak continuent à être tenues en activité dans les environs de Liège. Les grands ateliers de mouleric de Liège et des environs, sont montés de manière à fournir à très bas prix, les plus fortes pièces en fonte de fer, telles que balanciers de machines à vapeur, cylindres, ponts, cornues, tuyaux à gaz, etc. (Exposé de la prov.)
Il s'est établi en 1842, à Leefdael, un hautfourneau pour la fonte du minerai de fer. Cette usine qui produisait environ 2,500 kilog. de fonte par jour, n'a été en activité que très peu de temps. Toutefois on a l'espoir de le voir remettre à feu dans quelque temps. La qualité du fer et de l'acier qu'il produisait était fort bonne. (Exp. de la prov.)
Cuivres. C'est surtout dans les provinces de Liège et dc^Nauiur que l'on trouve les fabriques
de cuivre. Cette industrie, jadis si prospère, est aujourd'hui dans une situation fâcheuse; on attribue principalement sa décadence au droit exorbitant dont ces produits sont frappés à l'étranger, et surtout en France, et à la modicité de celui qu'on paie pour introduire les mêmes articles en Belgique. (Enq. parlement.)
Zinc. H y a plusieurs fabriques de zinc dans la province de Liège. La société de la Vieille Montagne en a deux fabriques, l'une à Chénée et l'autre à Liège, qui en fournissent d'immenses quantités. 11 n'y a pas en Europe une production de zinc semblable : la société de la Nouvelle Montagne à Rayon , près de Liège, et deux fabriques à Huy, en produisent également une forte quantité.
L'extraction de la calamine augmente tous les jours, et il s'élève de nouvelles fabriques. La société de la Vieille Montagne exporte dans l'Europe entière; elle expédie en France ses lingots pour y être laminés. En Angleterre on y lamine ses zincs, on les consomme et on les exporte. ( Enq. adm.)
Construction de machines. On fait aujourd'hui en Belgique des machines qui peuvent supporter la comparaison avec les meilleures machines anglaises. Indépendamment de l'établissement de Seraing, la Belgique compte un grand nombre d'autres fabriques de machines. La Société du Phœnix, à Gand, celle du Renard, à Bruxelles, St-Léonard, à Liège, emploient un très grand nombre d'ouvriers. (Note parlicul.)
Les locomotives sorties des ateliers du Renard et de S'-Léonard, peuvent hardiment soutenir la comparaison avec celles qui nous viennent de l'Angleterre, dont la Belgique a cessé d'être tributaire. ( Enq. parlem. et adm. )
L'établissement du I'hœnix, érigé en 1824, par M r J. HuyUens-Kcrrcmans, et reconstitué en 1857 en Société anonyme, 6uflit aux nombreuses demandes du dedans et du dehors; mais dès sa réorganisation, il s'occupa activement d'une branche nouvelle, alors inconnue dans le pays, a-Ile de la construction des mécaniques à fllcr le lin, d'après les procédés anglais. Le succès qu'il obtint dans cette branche fil préférer ses produits à ceux de ses rivaux, et l'on peut dire qu'à peu d'exceptions près, nos établissements liniers sont meublés exclusivement de machines du Phœnix. Ces mécaniques ne le cèdent sous aucun rapport aux
UDUSTME MARU FACTORISEE.
meilleures machines anglaises. (Exp. de la prov.)
11 existe dans l'arrondissement de Charleroy huit ateliers de construction pour la fabrication des machines à vapeur. Ces ateliers ne se trouvent point dans la meilleure situation, les demandes leur ayant manqué, ce qui a occasionné ou leur cessation de travail ou peu d'activité. Des établissements qui pourraient, en marchant avec tous leurs moyens, donner au commerce G (M) chedc force en six mois, ne lui en fournissent amande plus de 50 par année. (Chambre de commerce de Charleroy. )
La province de Liège possède plusieurs ateliers des plus complets pour la fabrication des machines à vapeur, des mécaniques et métiers à fller et à tisser de tout genre. Indépendamment des locomotives pour les chemins de fer belges, ils en ont livré à l'Allemagne et à la Russie. Ou sait qne c'est l'établissement de Seraing qui a fourni les belles machines d*s plans inclinés de Liège.
Cardetiei. Cette industrie, pour ainsi dire naissante en Belgique, y a pris quelque développement. Verviers et Liège possèdent des fabriques de cardes très bien montées et dont les produits sont très estimés. Mais cette fabrication aurait besoin d'être favorisée par une réduction de droits sur les fils de fer. La culture des chardons cardiéres a formé depuis longtemps une branche de revenus fort importante pour les cultivateurs de la province de Liège.
Clouterie. Cette industrie est en souffrance parce que les débouchés extérieurs manquent et que la consommation du pays est insuffisante. On compte trois fabriques de clous à la mécanique dans la province de Liège, et trois dans le Usinant. (Enq. psrlem.)
Dans le courant de l'année 1841 , l'arrondissement de Charleroy a exporté en clous de diverses qualités et dimensions, 4,068,007 kilog. La Chambre de commerce de Charleroy ne pense pas que les exportations sien t diminué en 1842; elle croit au contraire qu'il y a eu accroissement; cette industrie serait donc sous ce rapport dans un état prospère; malheureusement l'on ne peut dire qu'il en soit ainsi pour ceux qui l'exercent; la concurrence est telle entre les divers fabricants, et par suite les prix sont tombés à un taux si minime, qu'il devient impossible de continuer longtemps sur ce pied. (Chsmbre de de Chsrleroy. )
Épingles et aiguilles. La fabrication d'épingles de M r De Cuyper, à S'-Nicolas, est la seule importante dans ce ressort; elle continue à donner de l'occupation à un grand nombre d'adolescents. Liège a également plusieurs fabriques d'épingles et d'aiguilles : M r Bauduin, de Liège, a récemment introduit en Belgique l'industrie les; jusqu'à présent elle n'est pas d'une importance. (Enq. parlcm.)
Armureries. Sans être dans un état bien prospère, celte branche d'industrie se soutient dans la même proportion que par le passé. L'exportation des armes sera puissamment encouragée par l'établissement de la navigation transatlantique, et se trouvera ainsi affranchie des frais considérables qu'exige le transit par les ports français, auxquels on a été forcé de recourir jusqu'à présent, vu l'absence de départs réguliers pour les Amériques dans nos villes maritimes. L'Étal a établi à Liège une manufacture d'armes qui est en activité depuis plusieurs années. (Enq. parlem. )
Le tableau des armes éprouvées à Liège en 1841 , présente sur celui de 1840 une augmentation de 51,592 pièces ou paires; cette augmentation se répartit sur les différentes espèces d'armes. Il serait intéressant de rechercher dans quelle proportion chaque nation a contribué à former celte augmentation ; cependant, les exportations pour les pays transatlantiques se composent principalement de fusils à un coup, de fusils bords, de pistolets d'arçon et de fusils de guerre; on peut en conclure qu'ils y ont pris uue large part. (Exp. de la prov.)
Coutellerie. La coutellerie , principale industrie de Namur, de Gembloux et d'un grand nombre de villages environnants, était, avant la réunion des douanes allemandes, une branche extrêmement florissante; mais elle a perdu beaucoup de son importance. Ses produits qui n'ont pour ainsi dire plus que le marché intérieur, diminuent de plus de moitié. La coutellerie a encore vu diminuer son marché par la cession du Limbourg et du Luxembourg. (Enq. parlem.)
Quincaillerie. Cette industrie a une assez grande importance dans la province de Liège; mais la France ayant frappé de droits élevés Is majeure partie de nos articles, nous n'y expédions plus que très peu de chose. Nos exportations d'outre mer sont de très peu d'importance, parce
Ml. Il \UMHi.Tir.lli;i
que les Allemands et les Anglais ont des débouchés mieux établis que les nôtres. Une des fabriques les plus importantes est celle de M r Regnier-Poncelet, à Liège, dont les limes sont très renommées. ( Enq. parlem. )
Carrosserie. Celle industrie si renommée à Bruxelles, est dans un état prospère; elle fournil à la consommation du pays et exporte en Hollande. (Enq. adm.)
Sabotiers. Le nombre de sabotiers dans l'arrondissement d'Alost est toujours le même, et s'il y a du changement dans la situation de cette industrie, il paraîtrait pencher pour une amélio-" ration , parce que maintenant il y a plus de facilité pour la vente et la livraison des sabots en Hollande, qui de tout temps a été un débouché assuré pour elle. (Enq. parlem.)
Faïencerie. Cette industrie est dans l'état le plus déplorable dans la province de Namur. Il y a plusieurs établissements qui ont cessé de travailler. Le Luxembourg surtout lui fait le plus grand tort; il peut importer chez nous pour une valeur d'au moins un million. Les fabricants de faïence d'Andenne réclament avec instance, la révocation de la loi exceptionnelle qui a été faite en faveur du Grand Duché. Cette industrie ne parait pas souffrir autant à Tournay. (Enq. pari.)
Porcelaine, poterie. Tournay compte deux établissements dans ce genre. Bruxelles a aussi une fabrique de porcelaine qui tire de France ses matières premières. La porcelaine de France, et la faïence anglaise nuisent à la vente de la porcelaine du pays. (Enq. parlem. et adm.)
Verreries. Une verrerie assez importante est établie à Penmelz (Hainaut). Elle s'occupe particulièrement des verres à vitres. Elle a quatre fours; presque tous ses produits sont exportés. Il y avait avant la révolution 24 verreries dans l'arrondissement de Charlcroi; il y en a maintenant f>2. La cause du malaise de cette industrie doit être attribuée, comme pour bien d'autres, à leur production hors de toute proportion avec la consommation. (Enq. parlem.)
Voici, pour l'année 1842, un tableau statistique des verreries et fabriques de glaces dans le Hainaut. (Exp. de la prov.)
Nombre de creusets. . . .
Nombre de fours d'élendage. .
Moulins.
Nombre. .
<ré
ls. . .
..... ( Nombre. . .
Machines a vapeur. \ Fwcc
Consommation en houille, tonneaux. 45,181 Valeur de la production, fr. . . . 4,105,688
Sur la proposition de la Dépulation permanente de Liège, la société anonyme des Verreries d' À vroy a été définitivement et régulièrement autorisé*; par arrêté royal du 4 octobre 1841. Cette autorisation porte sur la fabrication des cristaux et du verre blanc
Glaces. La fabrication des glaces, pour lesquelles la Belgique a été jusqu'ici tributaire de l'étranger, a été introduite en Belgique par une société dont rétablissement se trouve à Oignies, près de Charlcroi. Les produits que cette société offre à la consommation, sont tels qu'ils peuvent soutenir la comparaison avec les manufactures étrangères. La réussite d'une entreprise aussi vaste, et qui présentait des difficultés pn squ'insnrmon tables, a déterminé les fabricants étrangers à se soumettre aux plus grands sacrifices, pour parvenir à la destruction de l'établissement belge, dont ils redoutent la concurrence et qui ne pourra soutenir longtemps la lutte s'il n'obtient du Gouvernement la protection à laquelle toute industrie naissante, et susceptible de succès, a des droits incontestables. (Enq. parlem.)
La fabrique de glaces d'Oignies, commune d' Ai seau, occupe 100 ouvriers. Cette magnifique usine, qui a pour moteur deux machines à de la force totale de 52 chevaux, et hydraulique, et dont un fourneau de fusion est en activité, a consommé à elle seule, en 4842, 458,720 kilog. de sable blanc, 480,288 kilog. de carbonate de soude, 60,072 kilog. de chaux, 450,000 kilog. de débris de glaces ou grésil, et 2,044 tonneaux de houille, et a produit 60,000 pieds carrés de glaces coulées, valant 400,000 fr. ( Rapport de l'iogénieur-en-chcf des mines du Hainaut.)
Cristalleries. Celte industrie est en souffrance. Depuis la révolution, la Hollande a frappé nos cristaux de droite élevés, de sorte qu'ils ne peuvent plus y entrer. Nous avions quelques débouchés en Allemagne; le traité d'union des douanes allemandes nous les a fait perdre. D'un autre
INDUSTRIE MAKUFACTUMKUE.
côté, depuis la levée de la prohibition, en 1833, qui pesait sur les cristaux, la France prend une grande part dans la consommation intérieure. On évalue cette part an cinquième de la consommation totale. ( Enq. parlera. )
Tabact. Liège et Menin sont les deux villes où il se fabrique le plus de tabac. Avant la cession du Luxembourg, la fabrication du tabac était plus prospère qu'aujourd'hui dans la province de Liège, à cause du commerce interlope établi sur la frontière, commerce exploité maintenant par la Hollande, qui sert d'intermédiaire entre nous et la France. (Enq. parlera, et adm.)
Les manufactures de tabac dans les arrondissements de Courtrai et d'Ypres, étaient au nombre de 75; mais à présent elles sont diminuées par suite du ralentissement de la fabrication faute de débouchés suflisants. (Exp. de la prov.)
Le chiffre des importations en tabacs d'Amérique, pendant l'année 1841 dans le port d'Anvers, a dépassé de beaucoup la moyenne des dix années précédentes; cependant ce chiffre ne parait pas devoir être le dernier terme de l'importance que cette branche est susceptible d'acquérir, surtout lorsque l'achèvement du chemin de fer vers l'Allemagne permettra aux nombreux consommateurs de ce pays de venir s'approvisionner en Belgique à de meilleures conditions qu'en Hollande. (Exp. de la prov.)
Produits chimiques. Il y a une fabrique de produits chimiques annexée à l'établissement de glaces d'Oignies, dans le Hainaut; une autre dans l'arrondissement de Namur; plusieurs à Bruxelles, et, entr'autres, la fabrique de M. de llemptinne qui est montée sur une très vaste échelle. Liège, Namur et Andennes possèdent des fabriques de minium ( oxyde de plomb rouge à l'usage de la peinture), mastics, etc. Il y a dans les environs de Bruxelles des teintureries en rouge d'Andrinople : c'est une spécialité propre à cette localité; plusieurs personnes prétendent que cela lient à l'eau. ( Enq. parlem. et adm. )
La manufacture des produits chimiques d'Oignies est en pleine activité depuis 1811. Les commandes sont tellement nombreuses, qu'elle peut à peine y suffire. En 1811, elle a livré au commerce 1,200,000 kilog. de sulfate de soude. Elle en avait fabriqué une quantité de 2,200,000 kilog. ; mais elle s'en est réservé une partie pour sa fabrication de sel de soude, et les besoins de
la manufacture de glaces et de cristaux dont elle dépend. (Chamb. de commerce de Cbarleroi.)
Céruse. Ce n'est que depuis la révolution que cette industrie s'est introduite dans le pays, et elle se trouve dans une situation assez prospère. Le plus important des établissements de ce genre qui existent en Belgique, est celui de Lacken. On peut y fabriquer 2,000 kilog. de céruse par jour. En 1857, les fabriques d'Anvers ont expédié à l'étranger 500,000 kilog. de céruse; ce chiffre a notablement diminué en 1858 et 1859, mais il parait que cette diminution n'est due qu'au défaut d'occasions, lesquelles seront plus fréquentes aujourd'hui par suite de l'établissement de la navigation transatlantique. (Enq.
parlem. )
Chandtllerie. Cette industrie, au moins en ce qui concerne la fabrication des bougies, aurait besoin d'une protection assez large pour atteindre le développement dont elle est susceptible. ( Enq. parlem.)
Huiles. Nous avons dans le pays un grand nombre de fabriques d'huile. Dans la Flandre orientale seule, il y a, en ce moment, en activité 020 moulins à huile, dont :
21 sont mus par la vapeur.
550 » par le vent.
170 » par les chevaux.
82 » par l'eau.
Les 24 moulins à vapeur à eux seuls emploient, année commune, 450,000 hectolitres de graines, représentant un capital d'environ 9,000,000 de francs; consomment pour 200,000 francs de charbon , et paient aux ouvriers 500,000 francs de journées. La province de Brabant compte audelà de 700 fabriques d'huile, et l'on a calculé que le salaire des ouvriers travaillant à la fabrication des huiles, s'élève annuellement de 7 à 800,000 francs. On compte dans le ressort de la Chambre de commerce de Bruges 90 moulins à huile, dont 2 à vapeur, 900,000 à un million d'hectolitres de graines consommées. Le district de Courtrai renferme 144 moulins ordinaireset 5 moulins mus par la vapeur; celui de S»-Nicolas, 700 moulins donl24à vapeur, consommant au-delà de 280,000 hectolitres de graines, représentant cinq millions et demi de francs. Celte industrie répand
ISDUSTRIE M.»HH(H!illfU
140,000 francs dans la classe ouvrière. Enfin on trouve dans l'arrondissement d'Ainsi 6 moulins à vapeur et 30 ou 55 moulins à eau, à vent et à chevaux, consommant, année ordinaire, 160 à 170 mille hectolitres de graines, produisant environ 55 à 54 mille hectolitres d'huile, estimés à une valeur de 4 millions de francs, le produit des tourteaux y compris. (Enq. parlcm.)
En 1840, on comptait, dans la Flandre occidentale, 569 moulins à huile, 570 en 1841, et 574 en 1842 (Exp. de la prov.).
Sucres. Depuis 1856 à 1857. la fabrication du sucre de betterave a reçu un grand développement dans le pays. Un grand nombre de fabriques de sucres se sont élevées dans les provinces de ilainaut, Brabant, Liège et Limbourg. (Knq. parlem.)
La Flandre occidentale est prcsqn'enlièrement dépourvue de fabriques de sucre indigène; on en compte seulement deux, l'une à Iseghem et l'autre à Eesscn.
Bruges possède 5 raffineries de sucre exotique qui emploient 60 ouvriers et mettent en raffinage annuellement 1,900,000 kilog. de sucre brut. Les sucreries de betteraves, au nombre de 18 dans la province de Hainaut, se maintiennent. La plupart même, s'il faut en croire la Chambre de commerce de Touruay, ont augmenté le chiffre de leur production. Tous les établissements de la province ont produit, en 1859, 1,891,000 kilog.; en 1840, 1,935,800, et en 1841, 1,541,600 kilog. de sucre. Le prix moyen de ce sucre brut était en 1841 de 61 fr. 55 c. les 100 kilog. (Exp. des prov.)
Une loi du mois de mai 1845 a établi un droit de 45 fr. par 100 kilog. sur le sucre exotique et de 20 sur le sucre indigène (i).
Sel. Voici, d'après des renseignements authentiques, quelle a été l'importation du sel, de 1855 à 1858, pour les six ports par lesquels elle a eu lieu.
Par le port d'Anvers ... 65 navires.
> d'Ostende ... 41 »
> de Bruges ... 21 »
» de Bruxelles . . 4 • » de Loti vain (i). 5 »
» de Nieuporl 1 »
Total 155 navires
(i) On peut voir, pag. 1,019 et suiv. de l'Enquête parlementaire, une Statistique très détaillée des raftï-
qui ont importé 27,516,241 kilog. Il résulterait de là que nous ne consommons que 6 à 7 kilog. de sel par personne en Belgique. Toutefois les sauniers disent que la consommation du sel s'élève de 12 à 15 kilog. par individu; alors la fraude introduirait autant de sel qu'il s'en importe légalement. (Enq. parlem.)
La Flandre occidentale compte 55 raffineries de sel sur lesquelles on possède les renseignements suivants (Exp. de la prov.) :
Quantitéscmmagasinécs, matières
Quantités raffinées, kilog
Quantités livrées à la consomma-
Quantités exportées, kilog. . . .
Restant en magasin, kilog. . . .
Brasseries. Les brasseries, qui form
ent une très
grande industrie dans le pays, sont dans une situation favorable. Deux choses concourraient efficacement à les rendre plus prospères encore; d'abord la restitution des droits en faveur des bières que l'on exporte, ensuite le maintien de la loi (temporaire) du 28 décembre 1859, c'està-dire la libre entrée de l'orge, ou avec un faible droit. (Enq. parlcm.)
Il existait dans la Flandre occidentale, en 184 1, 552 brasseries qui ont produit 457,828,88 heclol. de bière, et en 1842, 568 brasseries qui n'en ont produit que 425,977,21. De ces 568 brasseries, 25 ont été inactives en 1842. (Exp. de la prov.)
Dtslilleries. Celte branche d'industrie est extrêmement répandue dans le pays, mais elle n'y est pas généralement florissante. Il est des localités où elle prospère et d'autres où elle est en décadence.
Quoi qu'il en soit la fabrication du genièvre occupe une place très importante dans l'industrie du pays. Hassclt seul en fabrique trois millions de litres par an. (Enq. parlem.)
ncries de sucre exotique et des fabriques de sucre de betterave , avec l'indication de l'importance totale de la production des unes et des autres.
(i) Le commerce du sel a repris quelque vivacité à Louvain : sur l'importation de 30,315,841 kilog. de sel brut (commerce général) constatée par le Tableau du commerce pour 1842, 6,611,333 kilog., soit plus du cinquième, ont été importés à Louvain.
EXPOSITION DE l '»Dl STRIE. — BREVETS D'iS VESTIOS . — FABRIQUES ET USINES
EXPOSITION DE L'INDUSTRIE (l).
. Comme nous l'annoncions, 2 œe édition, page 1 1 4, la deuxième exposition industrielle de la Belgique indépendante a eu lieu en 1841; elle fut inaugurée le 1 er août. « L'intervalle de six ans, qui sépare les deux expositions, a dit le Ministre de l'Intérieur, M r Nolhomb, a été rempli par d'autres fêles du travail; plus de soixante lieues de chemins de fer ont été successivement inaugurées. — . Ce qu'on avait demandé principalement à l'exposition de 1835, c'était de montrer que notre industrie n'avait point péri dans cette révolution de 1830, qui nous a donné une patrie. — Nous attendons, et nous avons le droit d'attendre davantage de l'exposition de 1811 ; celle-ci attestera qu'auxeonquétes anciennes nous en avons ajouté de nouvelles; elle constatera que non seulement nous avons tout conservé, mais tout perfectionné et agrandi. — Quelle carrière que celle de la Belgique depuis moins d'un demi-siècle. L'industrie belge n'avait pris aucune part à la première exposition française, assez précipitamment décrétée en 1798; elle fait acte d'existence aux expositions de 1801 , de 1802 et surtout à celle de 1806; elle occupe
une grande place, la place principale, aux quatre expositions du royaume des Pays-Bas, à Gand en 1820, à Tournay en 1824, à Harlem en 1823, à Bruxelles en 1850. Pour la seconde fois la Belgique entreprend de se présenter seule : tels ont été les progrès, qu'aucune des expositions que je viens de rappeler, n'oserait peut-être se mesurer avec celle-ci, dont nous faisons seuls les frais. »
< L'exposition de 1841, dit M r Perrot dans sa Revue, a laissé bien loin derrière elle toutes celles qui l'ont précédée, et cela, moins par le luxe et la richesse des objets exposés, que par le caractère d'utilité usuelle qui les distinguaient généralement. Les tours de force y étaient rares, les produits exceptionnels peu nombreux; mais on y trouvait en foule de ces articles sur lesquels repose la véritable prospérité industrielle d'un pays. * II y a eu 631 exposants en 1833, et 975 en 1841 , c'est-à-dire plus de moitié en sus sur ce dernier nombre; 41 obtinrent la médaille d'or, 40 la médaille de vermeil, 109 la médaille d'argent, 282 la médaille de bronze, 76 des rappels, et 148 des mentions honorables. Huit des principaux fabricants furent décorés de l'ordre Léopold.